LE VIN DU RHIN
Qui sait de vaillants bataillons Soudain rëcbauffer le courage?
Le raisin des riants vallons Qui du Rbin forment le riirage.
Oh ! béni soit donc le raisin Qui cro!t au riva^ du Rhin î
Que les ornements, les fourrures Que les dépouilles d'animaux , Despotes, couvrent les troupeaux Des soldats dont mille blessures Signalent les exploits rivaux.
Je serais glacé sans la flamme Du Tin qui réjouit mon âme, Lorsque le givre des forêts Est descendu sur les marais.
Ne LA MAISON ïfâSPËJX.
OiM« tiHr 1« Bkw, têt le Rlûo B«itMBt«
Les grappes de ce jus divin, Qoi, lorsque les soldsts s'afiaissent, Vient réveiller leur çttttr soudain :
Brfni soit le nectar du Rhin 1
CONRAD
Bien chanté, Widcerd ! tu eus toujours un coeur jovia);
CUa soldat oa Atox onlrant.) WICKERD.
As-tu fait les rondes, Franck ?
FRANCK
Oui ; jusqu'au marais de la Ciguë. Il fait une nuit bien orageuse; la lune brillait sur la colline du LoupS ^t sur les corps morts dont le travail du jour a couvert ce lieu. Nous avcos entendu l'esprit de la maison de Maltingen, éveillé sur le carnage de ses adhérents ; je n'ai osé aller plus krin.
WICKERD.
Misérable cœur de poule ! L'esprit de quelques vieux corbeav\' qui a sur leurs os recueilli sa pâture.
CONRAD
Non, Wickerd ; les gens d'église prétendent qu'il existe de pareilles choses.
FRANK
Oui ; et le père Ludovic nous a dit dans son dernier sermon comment le diable tordit le cou à dix fermiers à Kletterback , pour avoir refusé le denier de saint Pierre.
WICKERD.
Oui, quelque diable d'église, sans doute.
FRANK
Non ; le vieux Reynold nous a dit qu'en passant près de la vieille chapelle de notre château, il l'a vue tout éclairée, et il a entendu chanter en chœur le service funéraire.