‹ Le Naturaliste canadien (volume 2)Chapitre 14 sur 21 · UB PHOQUE · texte numérisé non relu

UB PHOQUE

Fig. 30.

Il en est du phoque comme de beaucoup d'autres animaux, dont le nom vulgaire n*a parfois aucune analogie avec celui que leur a assigné la science. En France, le nom de phoque est généralement connu du vulgaire. Cuvier a tenté de le remplacer dans la science par celui de calocéphale (de kalos, beau et kephalè, tête), mais l'ancien nom semble vouloir prévaloir. Les Anglais donnent au phoque le nom de seal, et les Canadiens ne le désignent jamais autrement

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que par Tappellation de loup-marin. Les marins ont baptisé de veaux, cochons, lions, loups, chiens &c. de mer, les différents animaux de l'élément liquide, suivant qu'ils leur ont trouvé plus ou moins d'analogie avec les quadrupèdes de mêmes noms habitant la terre. Et quant au phoque, la ressemblance de cet amphibie, surtout quant à la tête, avec le chien ou le loup, a pu, avec raison, lui faire imposer son nom de loup-marin.

Mais le phoque, quoique couvert de poil, vivant continuellement dans l'eau, n'est-il pas au poisson? Le

phoque malgré sa forme générale qui se rapproche assez de celle des poissons, malgré ses membres racourcis, à extrémités conformées en nageoires, malgré sa vie aquatique et sa quasi impossibilité de pouvoir courir sur la terre, n'est pas plus un poisson que le chien ou le loup dont on lui fait porter le nom ; mais bien, comme ceux-ci, un mammifère, qui met au monde ses petits vivants, qui les allaite et en prend soin à la manière des autres quadrupèdes. Quoique vivant habituellement dans l'eau, le phoque, comme la baleine et le marsouin, ne respire pas par des branchies comme les poissons, mais par des poumons auxquels l'air libre est indispensable ; aussi ne pourrait-il demeurer longtemps sous l'eau, une heure, par exemple, sans périr.

Le Phoque yeau-marin, Phoca vitulina^ Lin. Calocephalus vitulinus, Cuv., le phoque commun, est un mammifère appartenant au grand ordre des carnassiers et à la famille des amphibies ou pinnigrades de cet ordre. C'est un animal d'apparence extérieure pisciforme, variant de 3 à 5 pieds de longueur. Ses membres sont très courts et en partie engagés sous la peau ; il n'y a pour ainsi que les pieds qui se détachent à l'extérieur, encore ressemblent-ils plus à des nageoires qu'aux pieds ordinaires des quadrupèdes. Les membres postérieurs, amplement palmés entre les doigts, sont déjetés en arrière et se rapprochent l'un de l'autre de manière à figurer la queue des poissons avec son échancrure. La queue courte, no dépasse pas l'extrémité des membres postérieurs. Les oreilles sont dépourvues de conque extérieure et les narines sont pourvues d'une espèce de valvule au moyen de laquelle l'animal peut les clore lorsqu'il s'en-

fonce sous Teau. L'œil est grand, vif et doux. Le crâne est très développé, aussi ces animaux sont-ils rangés parmi les plus intelligents. Tout ie corps, à l'instar des autres quadrupèdes terrestres, est entièrement couvert de poil. Cette fourrure se compose de deux sortes de poils, dont le plus court forme un épais duvet qui, eu égard à Thuile que secrète la peau, met celle-ci à l'abri du contact de l'eau ; l'autre plus long, plus clair, plus raide, est toujours collé sur le corps. La couleur varie avec l'âge ; elle est généralement jaunâtre sous le ventre et d'un gris cendré mêlé de petites taches brunes sur le dos. Lorsque le phoque sort de l'eau, il parait ordinairement d'un gris ardoisé, et ne reprend sa véritable couleur que lorsque le poil extérieur est devenu sec.

Destiné à se trainer sur les glaçons et les rochers et à passer la plus grande partie de sa vie dans les eaux glacées ds la mer, le phoque, en outre de sa double fourrure et d'un cuir d'une forte consistence, est encore muni d'une épaisse chemise pour le mettre davantage à l'abri du froid ; mais à rencontre des bipèdes habillés, il porte cette chemise sous sa peau, au lieu de la porter comme eux, par dessus. Cette chemise se compose d'un tissu de graisse qui enveloppe l'animal de toutes parts, mesurant souvent plusieurs pouces d'épaisseur. C'est de ce tissu qu'on tire l'huile pour laquelle les phoques sont particulièrement recherchés.

La bouche du phoque est munie de fortes dents, disposées comme suit; incisives, î ; canines, |— |; molaires, f— I ; ces dents sont terminées en pointes aigùes, si bien que les poissons une fois saisis s'échappent rarement.

Les phoques se nourrissent de mollusques, de crustacés et plus particulièrement de poissons, aussi sont-ils d'habiles pêcheurs. On en a même dressés pour faire la pêche au profit de leurs maîtres. Les goélands, albatros, et autres oiseaux aquatiques, qu'ils parviennent souvent à atteindre» leur fournissent aussi une proie qu'ils paraissent assez apprécier. Autant leur démarche est lourde et embarassée sur terre, autant ils se meuvent avec grâce et agilité dans l'eau. Quoique rapides nageurs, et pouvant poursuivre leur

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proie au loin ils ne dédaignent pas de faire bombance dans les filets et les lignes des pêcheurs lorsqu'ils en rencontrent.

Sur terre, le phoque avec ses membres essentiellement natatoires, semble tout-à-fait impropre à la marche. Cepen. dant comme les vertèbres de son épine dorsale sont excessivement mobiles, il peut, par une espèce de reptation ou une succession de petits sauts, fournir une course encore assez rapide. Appuyant ses mains en avant, et s'aidant aussi des dents, lorsque les objets s'y prêtent, il courbe son corps en voûte, à la manière des chenilles arpenteuses, les extrémités postérieures rapprochées alors des antérieures poussent, comme par une espèce de ressort, la tête et le thorax en avant, et la répétition subite de ces mouvements^ en apparence pénibles et fatiguants pour l'animal, constitue une marche encore assez rapide pour le soustraire aux poursuites des chasseurs qui n'ont pu lui dérober leur approche.

Une superstition très répandue sur les côtes d'Irlande, attribue au phoque un charme au moyen duquel il peut impunément se pourvoir sans gêne dans les filets à sa portée. La lance la mieux poussée, le harpon le plus aigu, la balle même de la meilleure carabine no pourraient l'atteindre, dit-on ; et dans cette croyance on se donne bien le garde de tenter de l'attaquer. Part-on pour aller jeter les filets au large, monte-t-on sur un vaisseau pour un voyage quelque peu long, si au départ, on rencontre un phoque, c'est un mauvais présage, et souvent il ne faut rien de plus pour faire renoncer à un projet depuis longtemps arrêté. Nous ne sachons pas que de tels préjugés soient en vogue parmi nos pêcheurs Canadiens du Grolfe.

La femelle dti phoque met bas de bonne heure au printemps, un seul petit ordinairement, qu'elle allaite et protège pendant plusieurs mois avec une grande sollicitude. C'est toujours sur les rochers du rivage, où, en compagnie du mâle, elle s'est préparé un bon lit de mousse et de plantes marines, qu'elle se rend pour faire son petit. Elle y demeure d'ordinaire jusqu'à ce que celui-ci soit capable d'être conduit à la mer, c'est-à-dire douze à quinze jours, et pendant ce temps le mâle pourvoit à sa nourriture en lui apportant mollusques, poissons &c. fruits de ses pêches.

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Les phoques sont polygames ; chaque mâle est ordinairement suivi par trois ou quatre femelles qu'il protège et défend souvent jusqu'au sacrifice de sa propre vie. Une fois hors de Peau, sûr un rocher ou un banc de glace, chaque famille s'établit à part, et le droit de domicile parait être reconnu comme chose sacrée dans toute la république, car si la jalousie ou le vagabondage pousse parfois quelque mauvais sujet à violer un domicile voisin, il s'ensuit aussitôt un combat qui ne se termine que par la mort de l'un des combattants, si toutefois l'intrus, conscient de son infériorité, u'a pas cherché plus tôt son salut dans la fuite

(J. œntinuer,)

Le dixhuitième Congrès annuel de l'Association Américaine pour Tavancement de la Science.

De Québec à Montréal. — Le Québec. — Les employés du Grand Tronc. — Le Frère Ogérien. — De Montréal à Portland et de Portland à Salera.

(^ConHnué d* la page 239).

Dëjà les campagnes so montrent sous un aspect différent de celles da Canada. Ce ne sont plus les verges d'or et les chardons qui hérissent les talus des remblais, mais c'est l'ambrosie, ambrosia artemisiœfolia^ et qui se montre parfois si abondante, qu*elle a fait disparaitre toute autre plante. Les eupatoires et les astères se montrent en larges touffes sur les berges des fossés, et la clématite entrelace les aunes et les saules dans les endroits humides. Mais partout les plantes des forêts dans leurs espèces et par leur venue, nous annoncent un seul pauvre, et les excavations pour la voie ferrée ne nous montrent qu'une couche superficielle de quelques pouces seulement de terre arable ; et n'était la manière h bile et rationnelle qu'on emploie pour cultiver ce sol, on ne verrait pas de tous côtés ces champs de si belle apparence et ses bâti, ments de ferme qui ne dénotent rien moins que l'aisance de leurs propriétaires.

Nous passons successivement Oxford, Mechanic Falls avec ses jolies cascades et ses moulins, Danville, Pownal, Yarmouth, Cumberland etc. et nous arrivons à Portland, où la brume dissipée par le vent, nous permet de plonger le regard jusque dans le fond de la baie de Casco d'un côté, et sur l'immensité de l'océan de l'autre.

Portland s'est bien vite relevée de son désastre de 1864; on n'en

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connaît plu? guère les traces que par la fraîcheur des édifices qui dénotent de toutes parts une construction récente. Nous ne mettons pied à terre dans la gare que pour laisser les chars du Grand Tronc et prendre ceux de V Eastern Railroad qui en 4h. 15m. nous transporte directe. ^■ ment à Salem, distance de 92 milles, en nous faisant traverser les villes de Saco, Berwick, Portsmouth, Newburyport etc. Cette route suit le bord de Tocéan, mais on est étonné en la parcourant de ne pouvoir jouir de la vue de la mer ; c*està peine si les bas fonds et les marais que nous traversons, entrecoupés de quelques légers cours d'eau, nous annoncent son voisinage. Enfin à 12 h. 55 m. nous mettons le pied dans la gare de Salem, d'où une voiture de l'Association nous transporte au palais de justice lieu de ses séances. Notre humble qualité de rédacteur du Naturaliste Canadien nous fait accueillir avec des égards que nous étion. loin d'attendre. On nous fait insérer notre nom dans un registre, au numéro 168, en suivant l'ordre des arrivées, puis on nous conduit à une table si abondamment servie, que les besoins de l'estomac nous font passer par dessus les scrupules que nous imposaient bien légitimement le désorde de notre toilette. Après une nuit passée dans les chars et une course de plus de 100 lieus sans interruption, la toilette exige nécessairement quelques réparations; mais ** ventre aiFaraé n'a point d'oreilles," dit le proverbe ; satisfaisons d'abord l'estomac, nous cour rons ensuite à une pension. Heureu.sement pour nous qu'une circons. tance imprévue nous met en rapport avec les prêtres des églises St Jacques et Immaculée Conception, les Révds. MM. Healj, Delahunta e^ Higgins, chez lesquels nous recevons une hospitalité qui nous fait presque oublier que nous sommes en pays étranger. N'oublions pas de mentionner aussi les nœurs de Charité, auxquelles nons donnons la messe tous les matins, et qui nous font l'honneur de leur table avec une cordialité toute canadienne.

Salem. — Sessions de l'Association. — Section A, section B, section C. — Mémoires présentés. —Séances du soir. — Etudes microscopiques.

Après un coup d'œil rapide jeté dans les salles réservées aux sections de r Association, qui toutes sont en pleines séances, nous faisons quelques promenades dans les rues pour étudier la physionomie de la ville qui avait mérité cette année de renfermer pendant plusieurs jours dans son enceinte, les princes de la science de la grande République, et à chaque pas nous sommes enchanté du coup d'œil qu'elle présente. Les nombreux marroniers, ormes, érables, etc., qui ornent ses rues, mariant leur tremblant feuillage au lourd granite ou à la moelleuse brique des constructions, les bras de mer qui en plusieurs endroits viennent s'entre-

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mêler aux édifices, en permettant aux mats des vaisseaux de se confondre avec les bâtisses du voisinage, les dimensions considérables de manufactures importantes, l'élégante simplicité de la plupart des édifices, tout contribue à donner à la ville un air de fraicbeur et de vie qui frappe au premier coup d'oeil, et l'ordre qui règne au milieu de l'animation de la rue, difiérant de la cobue des gens affairés, qui vous beurtent et vous bousculent dans les rues commerciales de Boston et de New York^ vous permet ici de vaquer à vos affaires tout en poursuivant les réflexions que vous aura inspirées la lecture du livre que vous n'avez fermé que pour sortir ; de sorte que Salem est bien calculée pour être la vi!lo de l'étude, la ville de la sicence, la ville des savants ; et de fait aussi elle en renferme un grand nombre.

Salem est une des plus anciennes villes de la Nouvelle Angleterre j sa fondation remonte à 1626. Pendant longtemps le commerce des Indes l'a maintenue la rivale de Boston, sa sœur cadette, dont elle n'est éloignée que de 16 milles. Mais un port plus spacieux et de plus facile accès, de plus grandes facilités pour les communications avec l'intérieur^ et diverses autres causes, ont élevé depuis plusieurs années cette dernière sur son ainée. Salem cependant n'en demeure pas moins une cbarmante ville. Sans compter guère plus de 30,000 habitants, elle égale au moins Montréal en étendue ; c'est que dans la plupart de ses rues, leg demeures, au lieu de présenter leur façade à la rue en s' accolant les unes aux autres, ne présentent que leur pignon, et sont toutes entremêlées de jardins ou de parterres. On n'est pas peu surpris en arrivant dans la rue Washington, par le chemin de fer de Portland, de se voir tout à coup enfoncé dans l'obscurité d'un tonnel, pour n'en sortir qu'à quelques pieds de la gare. On comprend qu'une tranchée ouverte dans une rue si fréquentée, eût été une nuissance sérieuse pour la ville. Mais au moyen de ce travail, pendant que les engins s^enfoncent sous terre avec les chars nombreux qu'ils trainent à leur suite, les chars urbains sur leurs lisses, avec les carosses privés, traînés par leurs montures, font ré. sonner au dessus le macadam pierreux de la rue.

Comme les grandes cités, Salem à son aqueduc^ son éclairage au gaz, et plusieurs lisses ferrées pour le service de la ville. Les catholiques y comptent deux belles églises et deux couvents, l'un des Sœurs de Notre-Dame pour l'éducation des jeunes filles, et l'autre des filles de Mad. d' You ville, des Sœurs de Charité de Montréal, pour le soin des malades et la garde des orphelins. Les canadiens-français y sont aa nombre d'environ 200, presque tous employés dans les manufactures ; ils paraissent y vivre assez à l'aise, mais tous regrettent la terre du Canada et travaillent dans l'espoir de pourvoir y retourner un jour.

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Le programme des séances nous fait voir q\ie déjà. 72 mémoires ont été présentés, embrassant dans leur réunion presque toutes les sciences : cbimlcj botanique, géologie, zoologie, pbysique, etbnologie, géographie etc., etc. L* Association, pour une plus prompte expédition des affaires, est divisée en deux sections qui siègent simultanément dans deux salles différentes. La première, section A, présidée par le professeur J. Henry, de Washington avec le professeur H. Wurtz, de New-York, pour secrétaire, s'occupe des mathématiques, de la physique et de la chimie. La seconde, section B. avec le professeur Agassiz, de Cambridge, pour président et le professeur T. S. Hunt, de Montréal, pour secrétaire, s'occupe de géologie et d'histoire naturelle. Tous les matins, à ]0h., une séance générale s'ouvre pour l'admission des nouveaux membres et les autres affaires de routine, et incontinent après commence le travail des sections dans leurs salles respectives. Les séances sont publiques, et l'assistance est partout très considérable j les dames surtout s'y montrent en foule, et ne contribuent pas peu à donner de l'animation à l'assemblée. Comme les sessions se tiennent dans les salles d'audience, le président avec le lectureur se partagent le siège des juges, et le secrétaire avec, les rapporteurs, les tables des greffiers; l'enceinte réservée aux avocats est remplie par les membres qui se répandent aussi sur les bancs voisins. Les dispositions ont été si bien prises que l'ordre règne partout, et le contentement parait briller sur toutes les figures, tant sur celles de ceux à qui incombait la tâche d'une si perplexe organisation, que sur celles des étrangers qui viennent satisfaire leur simple curiosité ou chercher de nouvelles connaissances.

Les principaux sujets traités dans la section A furent ce jour : sur la classification et la pesanteur atomique des éléments chimiques par G. Henrichs j sur la détermination mécanique de la chaleur par P. H. Van der Weyde etc., etc.

Dans la section B, le professeur C. D. Cope, de Philadelphie, lut un intéressant mémoire sur deux nouveaux genres de cétacés éteints. Il exhiba une portion de l'incisive de l'espèce Hernicaulodon, trouvée dans |e New-Jersey. Ces dents paraissaient être destinées à arracher les racines des plantes des rivages. Il fit voir encore une énorme dent d'un rongeur allié au genre Chinchilla, trouvée à l'île St. Martin, dans les Indes Occidentales, et qui ne devait pas être de moindre taille qu'un ours gris j il donna à cet animal le nom de Amhlysira, .

Le professeur Agassiz parla de l'empiétation de la mer sur les rivages de l'embouchure de l'Amazone et de l'Orénoqne ; suivant lui la formation des îles des Indes Occidentales n'est due qu'au lavage des terres du continent par la mer.

Mr. E. Morse lut un papier sur le premier âge des Brachiopodes et développa la croissance embryologique de ces mollusques par des figures, sur le tableau noir, des plus intéressantes.

Mr. Hamlîn lut un mémoire plein dlntérêt sur les pierres précieuses des Etats-Unis. A part le diamant, toutes les pierres précieuses ont été trouvées dans les Etats, et il pourrait fort bien arriver qu*on y découvrirait aussi des diamants purs, puisqu*on en a trouvé en Californie. Dans l'Alabama, la (Géorgie et les Carolines Tltaeobemite, qu'on regarde au Brézil comme la matrice du diamant, se trouve en telle quantité qu'elle forme des collines entières en certains endroits. A la fin de sa lecture Mr. Hamlin, ezbiba un collier de pierres précieuses de TAmérique ne contenant pas moins de 150 pièces, dont plusieurs n*ont jamait été décrites. Parmi ces pierres se trouvaient des tourmalines rouges» bleues, vertes, jaunes, roses et blanches, avec des saphirs de presque toutes les nuances connues aux différentes espèces.

Le professeur Meehan lut un mémoire sur les lois qui gouvernent la production des feuilles dans les plantes. D'après l'auteur la production du pistil dans les plantes exigerait une plus grande force végétative que la production des étamines. Les faits cités à l'appui nous parurent réels, mais les conclusions tirées de ces faits nous laissèrent quelques doutes sur leurs juste application.

Le professeur L. H. Morgan présenta un mémoire sur les migrations des indiens, etc., etc.

Le professeur H. F. Walling, dans la section A, lut un mémoire sur la conservation de la force. L'auteur pense que les lois reçues aujourd'hui sur la conservation de la force sont fausses et illusoiecs, que la force n'est pas une existence capable d'être conservée, etc., etc.

Une foules d'autres mémoires furent aussi présentes sur des sujet^ variés. Par C. A. Seely, sur la classification des éléments de la matière ; par E. N. Hansford, sur quelques nouvelles propiétés de Tacide phosphorique, etc., etc.

Aujourd'hui le président annonça que, vu le grand nombre et la longueur de quelques uns des mémoires présentés dans la section B, il a été décidé de former une sous -section C, qui s'occupera particulièrement d'Archéologie et d'Ethnologie : le Dr. E. G. Squier, de New-York, fut assigné président de cette nouvelle section et M. W. H. Dali, de Washington, secrétaire.

Après le travail de chaque jour, le . comité local a encore pris des mesures pour assurer aux étrangers des distractions et des amusements

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variés pour chaque soirée. Hier c'était un lever chez Mr. W. C. Endicott, et ce soir c'est une réunion au Lyceum ïuill, où des expériences des plus curieuses, particulièrement à l'adresse des médecins, sont déduites des données de la science.

H s'agissait d'abord d'un certain Dr. Qroux qui est venu au monde sans sternum, c'est àdire privé de cet os qui forme la charpente de la poitrine par devant Lo Dr. se dépouilla de ses habits pour laisser voir que chez lui il n'y avait que des muscles entre la poitrine et la peau, et au moyen de plumes et de cloches, les battements du cœur furent rendus visibles et purent être entendus de tout l'auditoire. Le Dr. Groux est né à Hambourg, en 1831, et quoiqu'il eut été visité déjà par plus d'un savant, c'était la première fois qu'il comparaissait devant une audience scientifique. On avait déjà des cas de sternums tronqut^s ou mal conformés, mais c'était la première fois qu'on le voyait faire totalement défaut.

On procéda ensuite à des expériences curieuses avec le télégraphe. Au moyen du fil électrique, mis en communication entre le City Hospital^ à New York, et la salle du Lyceum, à Salem, où nous étions réunis, on put noter la fréquence et compter les pulsations du poulx des malades de cet hôpital (distance de 252 milles). Yoici le mode de procéder. Le patient est assis dans une chaisse, le bras appuyé sur un coussin. Les pulsations du poignet sont communiquées au fil du télégraphe au moyen d'une colonne d'eau renfermée dans un tube de verre terminé à chaque extrémité par une boule. Ces boules sont elles-mêmes terminées par une membrane élastique. L'une des boules est appliquée ^ur l'artère et l'autre touche à un levier communiquant avec le fil télégraphique ; à chaque pulsation, la membrane appliquée sur l'artère est soulevée en même temps que la colonne d'eau et la membrane de l'autre extrémité, qui par ce soulèvement fait lever le levier et interrompt le courant électrique. Le premier malade soumis à l'expérience fut Uq convalescent dont le poulx battait à la vitesse ordinaire. Chaque coup fut rendu avec une netteté parfaite. On répondit do suite à New- York que le résultat était tout à fait satisfaisant. L'expérience suivante fut faite sur un Mr. Folsom, qui au moyen de stimulants, s'était considéra blement accéléré les pulsations ; le résultat fut aussi parfait. La troisième épreuve fut faite sur le Dr. Clark, qui s'était grandement ralenti les pulsations au moyen d'une dose de varaire ; le poulx donna 52 coups à la minute. Le cas suivant fut celui d'un malade de pulmonic chro- DÎque ; et l'on put compter distinctement 122 coups à la minute. Mais l'épreuve la plus concluante fut celle faite sur un patient aflfecté

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d'une maladie du cœur. Son poaix battait très irrégulièreraeut, et Texp(5rience cr6& une vive sensation dans tout Tauditoire. Ces expériences furent, de l'avis de tous, les mieux réussies et les plus conclu^ves quî aient encore été mentionnées.

En même temps que les sections poursuivent leurs lectures sur les sujets de presque toutes les branches des sciences, les amateurs de microscopic, science si apf)réciée de nos jours, se livrent, sous la direction de Mr. Bickncll, dans la bibliothèque de la cour, à l'examen des instruments les plus perfectionnés et des préparations qui étonnent autant par l'habilité de ceux qui les ont exécutées, que par les merveilles cachées qu'elles rendent visibles.

Vendredi, 20 août. On remet à chaque membre aujourd'hui une invitation de la part des autorités civiques de Salem pour une promonade demain dans les havres de Salem et de Boston. Il va sans dire qud l'invitation est acceptée avec empressement ; une petite excursion sur l'océan ne peut manquer d'intérêt pour un habitant des terres intérieures.

Comme nous voulons voir et étudier autant qu'il nous est possible de le faire, nous consacrons cette journée à la visite des musées et à la chasse des insectes, car nous tenons beaucoup comme objets de comparaison à voir les bêtes américaines, yankees dirions-nous mieux, dans leur home, comme on dit ainsi. Nous entrons cependant dans la salle de la section B où nous écoutons le Dr. Edwards, de Montréal, lecturer sur la Trichina spiralis, si souvent mentionnée depuis quelques temps dans les journaux et les revues. Le lectureur nous donne une hbtoire complète de ce nématoïde dans laquelle cependant nous ne trouvons rien à ajouter à ce qu'en ont dit les auteurs qui en ont parlé avant lui.

(A continuer).

A NOS COBRESPONDANTS.

A. Mr. L. J. A. Papineau, Montréal — Le champignon transmis est, comme vous le supposez, une vesse-de-loup, lyœperdon. C'est une espèce très intéressante et que nous n'avions pus encore rencontrée ; nous en donnerons une description dans notre prochain numéro.

Elevage des G-renOUilles.— On dit qu'un français a acheté un marais de pas moins de 500 acres d'étendue dans le Tenessee, pour y élever des grenouilles, pour le marché de Memphis. On sait que les grenouilles constituent un aliment sain et délicat.

Airellefi.— On évalue à $10,000 la valeur des airelles (hUets) exportées des Trois-Uivières j^endant le mois d'Août.

Observations Météorologiques.

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