‹ Le Naturaliste canadien (volume 2)Chapitre 16 sur 21 · NOTRE PUBLICATION · texte numérisé non relu

NOTRE PUBLICATION

Le présent numéro termine le premier volume du Naturaliste. C'est un devoir bien doux pour nous d'avoir à offrir aujourd'hui aux amis des lettres qui nous ont soutenu, nos plus sincères remerciments, tout en les priant de nous continuer leur bienveillant patronage. Avons-nous rempli les conditions de notre prospectus ? Avons-nous répondu à l'attente des amis des sciences qui nous ont si spontanément offert leur appui et leur support ?. . . . Notre entreprise était si considérable, la route à suivre était si peu apparente, les sujets à traiter étaient si nombreux et si variés, que nous préférons laisser la réponse à ces questions à ceux qui nous ont lu assidûment, à ceux qui se sont donné la peine de suivre nos pas pour nous juger avec impartialité. Les témoignages flatteurs et les appréciations désintéressées que nous avons reçus de hautes autorités dans la science, tant de ce pays que de l'étranger, les critiques mêmes qu'on nous a adressées, quelque injustes et partiales qu'elles aient été parfois, disent assez que nos données n'ont pas été dénuées d'à propos ni d'intérêt, quoique nous n'ayons fait qu'effleurer une partie des mille sujets qui peuvent se ranger dans notre cadre. Ce dont nous sommes certain toutefois, ce qu'on ne saurait nous contester, mais ce qui ne suffit pas toujours pour satisfaire, ce sont les efforts que nous n'avons pas épargnés pour intéresser, pour instruire, pour amuser; et pour peu que nous ayons pu plaire jusqu'à ce jour, nous croyons pouvoir promettre une plus grande satisfaction pour l'avenir.

270 Lb Naturaliste Canadien.

Forcé par la faiblesse de notre santé d'abandonner l'exercice du ministère cuiial, nous pouvons, dès maintenant nous livrer librement à l'étude des matières que nous avons à traiter ; et retiré dans la capitale, nous avons à notre dis. position, pour nous aider dans nos recherches, les grandes bibliothèques et les musées de la métropole des lettres en Canada, et nous sommes tous les jours en contact avec des érudits, tels que les savants professeurs de TUniversité Laval et autres, dont la bienveillance nous assure le con. cours lorsque nos connaissances nous feront défaut. Eh ! le domaine des sciences est si vaste ! Içs mystères cachés à notre intelligence sont si nombreux ! Mais que disons-nous nombreux ? Ils sont innombrables, ils ne peuvent se numérer ! Bien téméraire serait donc celui qui dans renseignement de la science ne voudrait compter que sur son propre fonds! La somme de connaissances du plus érudit des hommes pourrait-elle être mise en parallèle avec le reste de ce que peut embrasser Tintelligence humaine ?

Les journaux comme les individus font d'ordinaire une fête de l'anniversaire de leur naissance. Pour les uns et pour les autres c'est souvent l'époque des bons souhaits, des vœux ardents et même des étrennes.

D'ordinaire les publicistes offrent à leurs lecteurs au renouvellement de l'année, en retour de leur patronage et de leur support, un agrandissement de format, une augmentation de matière ou quelqu'autre amélioration; malheu" reusement pour nous, nous n'avons guère de telles améliorations à promettre, bien que nous en sentions l'a propos, même la nécessité. Forcé de traiter à la fois plusieurs matières différentes, pour nous prêter aux différents goûts de nos lecteurs, nous nous trouvons souvent obligé de partager nos articles en trois et quatre parties, au grand mécontentement du lecteur qui doit attendre deux mois, trois mois pour avoir la suite de l'article qui l'intéresse : de là la nécessité d'un plus grand nombre de pages. Mais le moyen d'y pourvoir, lorsque nos revenus surpassent à peine nos dépenses ? le moyen de courir, lorsque nous pouvons à peine marcher?

Notre Publication. 271

Nos observations météorologiques occuperont à l'avenir un feuillet séparé, ce qui donnera deux pages de plus de matière à lire ; c'est là, à peu près, avec quelques augmentations dans le nombre des gravures, les seules améliorations que nous pouvons promettre pour le moment. Mais que nos souscripteurs veuillent bien employer leurs conçeils et leurs sollicitations auprès de leurs amis, que chaque abonné nous en procure un nouveau, et de suite nous doublons le nombre de nos pages, nous nous procurons des illustrations plus nombreuses et plus parfaites, et nous nous assurons une collaboration qui vienne plus souvent rompre la monotonie que ne manque pas de prendre la même voix auprès des mêmes lecteurs.

Nous n'en sommes encore qu'à notre enfance, nos pas ont pu paraître vacillants à plusieurs, mais vienne un encouragement suflB^ant, avec le temps et les sources que nous avons maintenant à notre disposition, nos lecteurs pourront bientôt voir notre marche s'affermir, notre cadre s'agrandir et notre journal perdre ses caractères de faiblesse, pour se mettre au niveau de semblables pubUcations dans les autres pays.

Nous osons nous flatter que nos anciens amis ne nous feront pas défaut et que de nombreux adhérents nouveaux viendront se ranger parmi les amateurs de l'étude de l'histoire naturelle. Nous espérons aussi que les personnes distinguées, actuellement à la tête du gouvernement, conscients des services que nous rendons à l'agriculture et à la cause des sciences en ce pays, vont augmenter la faible allocation qu'ils nous ont octroyée l'année dernière, de manière à pouvoir nous permettre de nous occuper plus longuement des insectes nuisibles ou utiles à l'agriculture, partie si appréciée à l'étranger et encore si peu connue en Canada.

Veuillent bien nos amis de la presse, tant du pays que de l'étranger, agréer aussi nos sincères remerciments pour leurs bienveillantes appréciations et leurs sympathiques encouragements.

272 Li Naturaliste Canadien.

COUP D'ŒIIa SXm L'HISTOIBE NATUBEU^S.

{Continué de la page 248).

IiM Rats Nag enn.

Mêmes caractères que dans la famille précédente, à l'exception des pieds postérieurs, dont les doigts sont palmés ou à demi-palmés, c'est-à-dire réunis par une membrane, à la façon des oies, canards, etc.

Genre Castor, Castor, Lin. Les castors ont 22 dents, savoir : incisives, I ; molaires, î-î, composées ; queue large, aplatie horizontalement, couverte d'écaillés imbriquées.

Voir l'histoire du Castor dans les numéros 1, 2 et 3 du Naturaliste, pages 10, 30, 66.

Jxenre Ondatra, Ondatra, Lacép. Ces nageurs n'ont que 16 dents, lèo-^molaires n'étant qu'au nombre de douze ; doigts des pieds postèSr^eurs à demi-palmés ; queue linéaire, comprimée latéralement

L*Oiidatra du Canada, OndObira zibethicus, Le.ss. Castor zib. Lin. Mus zib. Grmel. a 13 pouces ^e longueur, non compris la queue ; pelage d'un brun gris, teîn.^ de roux. Il exhale une forte odeur de musc. C'est notre RcLt» -.musqué y musk-rat des anglais, x

Bongeoni herbivores. \

Ce sont tous des animaux timides et inoffensifex . jig g^ partagent en trois familles : Les Porcs-épics, les Lie^^res et les Dasipoïdes, \

Xies Porcfl-Epics. \

Corps armé de piquants roides et aigus. Langue hérvig. sée d'écaillés épineuses. *^

Genre Erethizon, Erethizon, Cuv. Ils ont 20 dents\ savoir : incisives, î, arrondies au devant ; molaires, 1-} > queue courte, pupille ronde ; oreilles courtes, arrondies ; 1^ paume et la plante des pieds entièrement nues. \

Coup d*œil sur l'Histoire Naturelle. 273

l'ErethiEon velu, Erethizon dorsatum, Cuv. Hystrix dorsata, Gml. — C'est notre porc-épic. 11 mesure de 20 à 24 pouces, non compris la queue ; piquants de 2 à 8 pouces, en partie blancs ou jaunâtres, cachés dans de longs poils roussâtres. Commun, dans le district de Gaspé surtout.

IiM Iiievres.

Les animaux de cette famille ont 4 incisives à la mâchoire supérieure. Leurs pieds de devant ont cinq doigts et ceux de derrière quatre.

Genre Lièvre, Lepus, Lin. Pattes de derrière trèslongues, ainsi que les oreilles ; queue courte et relevée.

Le Lièvre d* Amérique, Lepus ^mericanus^ Desm. L, Httd" sonius, Pali. — Il est d*un roux brun en été et blanc en hiver. Il ne creuse pas de terrier.

lies Dasirpoides.

Les Dasypoïdes n'ont que deux incisives à la mâchoire supérieure. Cette famille n'est représentée en Canada que par l'Apéréa qu'on rencontre assez souvent en domesticité.

L'Apéréa ou cochon d*Inde, Cavia cobat/a, Desm. Mus porcellus, Lin. mesure environ dix pouces ; corps gros et trapu, sans queue. De couleurs très variables en domesticité.

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