LES COULEUVRES SONT-ELLES UTILES
Non, au contraire, répond M. Paul Noël, directeur du' Laboratoire d'entomologie de Rouen, et voici pourquoi :
La Couleuvre passe l'hiver dans la terre, dans quelquetrou de mulot ou autre, elle teste enroulée en paquet sur elle-même.
Aux premiers beaux jours, elle sort de sa retraite,. maigre et effilée et mange successivement deux ou trois Grenouilles, rousses dans les bois, vertes dans les mares.
Puis elle recherche un endroit chaud pour y déposer ses œufs et cet endroit chaud est le plus ordinairement un tas de fumier de cheval, en fermentation. J'ai pu voir à Vascœuil (Eure), 82 Couleuvres à collier tuées en déplaçant un tas de fumier dans une ferme au moment de la ponte.
Il n'est pas rare de voir au marais d'Heurteauville (Seine-Inférieire), sur les fumiers des fermes des environs,, au mois de mai, des quantités de petites Couleuvres se chauffant au soleil, et n'ayant pas plus de 12 à 15 centimètres de long et de la grosseur d'un petit crayon.
Je n'ai jamaiis vu une Couleuvre mangeant un insecte,.
126 LE KATUKAUSTE CANADIEN
mais toujo;irs je les vois, même en captivité, manger des Grenouilles et de préférence la GreiiottiUe rousse des prai-' ries, ainsi que dés Crapauds.
Or, les Grenouilles et les Crapauds sont les plus utiles auxiliaires de l'horticulteur ; jour et nuit, ces animattx chassent les insectes et toujours leur estomac en est plein.
C'est même dans l'estomac des Crapauds que les entomologistes chassent certains petits coléoptères rares et nocturnes, qu'on aurait toutes peines du monde à se procurer si on n'avait pas pour s'aider ces utiles chasseurs des infiniment petits.
Eh bien ! Je suis persuadé que les Couleuvres, en mangeant ces animaux, nous rendent un très mauvais service, et je serais tout disposé, comme pour les Vipères, à mettre leur tête à prix.
Un riche amateur de fleurs des environs de Rouen avait mis dans sa propriété, entourée de murs, une grande quantité de Crapauds et de Grenouilles ; il vit immédiatement disparaître les bestioles ennemies. Limaces, Vers, chenilles, insectes ; puis l'idée lui vint de mettre en plus dans son jardin une douzaine de Couleuvres à collier. Aussitôt, il vit diminuer le nombre de ses Grenouilles, la totalité des Crapauds et, deux ans après, les insectes nuisibles avaient. repris le dessus.
Il fallut détruire les Couleuvres et remettre des Crapauds et des Grenouilles.
Cette expérience dispense de tous commentaires, ^et j'engage les cultivateurs à tuer les Couleuvres ; ellesjsont nuisibles et elles surprennent toujours désagréablement.
{Le Pèlerin.)
GLANURES D'HISTOIRE NATUREI<LE
Les chiens au Klondike
Des récits tellement brillants ont couru le monde au sujet des progrès en tous genres accomplis au Klondike, que beaucoup de gens sont sous l'impression que le règne des équipes de chiens et des traîneaux, comme celui des cowboys, y est maintenant relégué dans le domaine de la légende. Ceci est faux : car les chiens, dans la vie sociale et industrielle du Nord doré, jouent encore et joueront sans doute longtemps un rôle considérable, à cause de la nature du climat et du pays.
Pour les courses en des régions nouvelles, non encore battues, les chiens et les traîneaux sont d'une essentielle nécessité ; et il en sera toujours ainsi ; mais leur très grande utilité est incontestable même sur les routes ouvertes, pour ce qui regarde le trafic local, le transport du fret léger et des personnes.
Les vrais bons chiens en ce genre de services, au Klondike, sont plutôt rares qu'abondants, et la demande en est grande en proportion. Un bon chien vaut de $75 â $100. On trouve difficilement assez de sujets à $50 par tête pour former une équipe.
De tels prix ne sont rien, cependant, comparés à ceux qui prévalaient au temps de la précipitation. Dans l'automne de 1897, une équipe de cinq chiens, avec les harnais, fut vendue $1.500 à Port Yukon. Une autre équipe de sept chiens noirs de la rivière MacKenzie fut vendue $4000.
Ces chiens MacKenzie sont les meilleurs de tous en raison de leur taille et de leur force, pour tirer de lourds fardeaux et traverser les endroits les plus difficiles. On prétend qu'ils sont métis de loups et de Saint-Bernards. Leur pesanteur moyenne est de 125 livres. Après eux viennent
i2d tE itA'rÙRAUètE ICAiifADlEN
les chteiis sauvages tie la rivière Peel, plus légers, ressem* blant à des renards, et très résistables sur de longues routes^ s41s ne sont pas trop pesamment chatgés.