‹ Le Naturaliste canadien (volume 3)Chapitre 143 sur 155 · C. virginiensis Drury. Cette espèce se distingue très · texte numérisé non relu

C. virginiensis Drury. Cette espèce se distingue très

facilement par les empâtements lisses de ses côtes élytrales.

Rencontré à Montréal, Mont St-Hilairc, Rîgaud.

C. angulicollis Lee. Je suis de l'opinion de Crotch, qui dît que cet insecte ne peut être autre chose qu'une variété de l'espèce précédente. J'en possède un spécimen vçj^ant de Levis ; il est absolument identique aux angulicollis ve* nant de la Colombie-Anglaise.

C liberta Fitcli. De taille généralement plus petite que les autres espèces et plu» enivré. Rencontré à Hull, à Rigaud et à Sherbrooke..

C./oriis Lee. De taille plus forte que l'espèce précédente, plus élancé. Ses côtes élytrales moins larges et les interstices plus rugueux. Rigaud, St-Jean.-

Genre Dicerca Esch.

Les insectes qui appartiennent à ce genre se reconnaissent immédiatement par leurs élytres aeuminés au sommet, souvent avec un prolongement eaudal très accentué. Comme les Chalcophora^ ils appartiennent aux régions tempérées, mais sont un peu plus nombreux en espèces que ceux ci. Ils sont tous d'un brun on noir plus ou moin» cuivré ou bronzé, et leur taille varie entre 14 et 22 mm.

Les espèces de notre faune peuvent se séparer les unes des autres par les caractères suivants ^

I Elytres avec un prolongement caudal, inermes à T extrémité ; Pronotum distinctement canaliculé au milieu, et une profonde fossette de chaque côté. D'un bronzé obscar,

proloîtgata, Pronotum indistinclement canaliculé, et fossettes nulles ou peu prononcées ;

Côtés du pronotum légèrement rétrécis en arrière du milieu. Ponctuation grossière. D*un bronzé plus brillant que Tespèce précédente. divaricata^

Côtés du pronotum droits en arrière du milieu ou se

LES BUPRESTIDES I5I

rétrécissant graduellement de la base au sommet. Ponctuation plus nombreuse et plus fine. caudaia.

2 Elytres peu prolongés au sommet, bidentés ;

Pronotum et élytres unis, obscura,

3 Elytres peu prolongés au sommet, inermes ; pronotum inégal ; élytres avec des petites lignes ou tubercules soulevés ;

Dernier segment ventral de la Ç tridenté. tenebrosa.

Dernier segment ventral de la 9 arrondi. tuberculata,

D. prolongata Lee. Cette espèce se distingue bien par la forme du pronotum ; elle est d'un bronzé plus obscur que la divaricata sa voisine. Je ne Tai pas encore rencontrée dans notre Province ; cependant Provancher la mentionne dans sa Faune. Tous les spécimens que j'ai sous les yeux viennent du Manitoba, Colombie-Anglaise et Yukon.

D. divancata Say. Espèce répandue dans toute la Province, et qui se distingue de \2. prolongata par la forme de son pronotum et par sa coloration d'un métallique plus brillant.

D. caudata Lee. Quelquesentomologistes voient en cet insecte une simple variété de l'espèce précédente; mais je pense qu'ij y a lieu de le considérer plutôt comme une espèce bien distincte de celle-ci. Les cinq spécimens que j'ai en mains proviennent des environs de Montréal, et j'en ai en outre deux autres venant de l'Etat du Maine.

D. obscura F. L'extrémité des élytres est bidentée, et ce caractère suffit pour la distinguer de toutes les autres. Le Professeur Swaine, du Collège MacDonald,m'en a montré toute une belle série venant de Hudson, situé sur la rive de l'Ottawa à quelques milles de Montréal.

Z>. tenebrosa Kirby. Cette espèce et la suivante sont bien différentes des autres par la sculpture grossière du pronotum et des élytres. Rigatid, Montréal.

152 LE NATURAUSTK CANADIEN

D, tuberculata Chev. Je n'ai pas encore vu cette espèce, que Provancher nous donne comme appartenant à notre faune.

Genre Poecilonota Escli.

Les insectes de ce genre ont le faciès des Dicerca^ mais ils ont nn écusson transversal.

P, cyanipes Say. C'est Punique espèce de notre faune. Bien reconnaissable aussi par une étroite ligne polie au milieu du pronotum. Montréal, St-Hilaire.

Genre Buprfstis Lin.

Beaux insectes de 13 à 22 mm. Dhin noir plus ou moins cuivré ou d'un vert brillant variant au bleu, le plus souvent avec taches jaunâtres. On compte aujourd'hui une quarantaine d'espèces de Buprestis disséminées sur tout l'hémisphère septentrional. Nous en avons six dans notre Province.

Pro^ternuni sillonné ;

Elytres verts ou bleus avec la marge et la suture cuivrées.

striata.

Prosternum non sillonné :

Premier segment de l' abdomen non sillonné ;

D'un beau vert ou bleu, le plus souvent avec taches jaunes. Jasciaia,

Premier segment de l'abdomen Mllonué ;

D'un noir cuivré ou légèrement verdâtre. sans taches sur les élytres. maculiventris.

D'un noir plus ou moins cuivré, avec taches ou bandes jaunes sur les élytres ;

Prosternum entièrement noir. Nuttaiii.

G. Chagnon.

{A suivre.)

DE QUÉBEC AUX BERMUDES {Continué de la page fjj.)

Tout est bâti en corail, puisqu'il n'y a pas d'autre -pierre aux Bermudes. Mais tout est revêtu déciment. Les -intempéries ont donné à ce ciment des teintes foncées, qui ^feraient croire que la ville est âgée d'un bon nombre de «iècles. Sa fondation remonte d'ailleurs à l'année 161 2, et durant près de deux siècles elle fut la capitale de la colonie.

Des ruelles, bordées de murs en corail et ciment, séparent généralement les emplacements les nus des autres. C'est dire que ces emplacements sont enclos de murs sur tous les côtés. A part deux ou trois qui sont d'une largeur convenable, toutes les rues de la ville sont tellement étroites que deux voitures de place ne sauraient beaucoup -s'y croiser. Quelques fanaux au pétrole les éclairent faiblement.

On décore du nom de pire un terrain très vaste, touchant à la ville, parsemé de bouquets d'arbres peu intéressants, traversé de routes passables, et où l'on aperçoit partout le travail de la nature, beaucoup plus que celui de l'art qui est à peu près nul.

La marine britannique possède, sur l'un des quais, de •vastes entrepôts, qui sont des édifices en briques, à plusieurs «étao^es.

Vue dans son ensemble, la ville ne manque pas d'un •certain cachet agréable qu'elle doit à ses jardins et à ses îplantations d'arbres, du milieu desquels émergent ses loits peints en blanc. — Veut-on savoir pourquoi les toits en ciment ont un tel air de propreté? .C'est que l'on n'a pas d'autre moyen d'avoir de l'eau douce, aux Bermudes, que

de recueillir Teau de pluie qui s'écoule des toits. Et, m'at-on dit, le gouveruement, préoccupé des intérêts de la santé publique, oblige tous les propriétaires à tenir la couverture des maisons en excellent état, pour que Peau recueillie soit très pure. On ajoute que cette eau consetve bien sa condition de pureté, sinon par suite de l'action législative, au inoins grâce, cette fois, à l'intervention de la nature, qui maintient favorables les influences climatériques.

Saint-Georges est beaucoup une ville militaire, puisque la plus grande partie des troupes stationnées en ces îles y ont leurs casernes. Le canon du midi, et les sonneries de clairon qui retentissent an.x diverses heures, rappellent Gibraltar, et même le Québec du temps où sa citadelle était occupée par les régiments d'Angleterre.

Le port, utilisé surtout, à ce qu'il semble, pour le commerce du charbon, est très beau et très sûr; il a été creusé à même les bancs de coraux. Sa valeur serait fort augmentée, si l'on donnait une profondeur plus considérable au petit détroit qui lui strt d'entrée: car, pour ce port, comme pour bien d'autres endroits, le tout est d'y pénétrer ^ une fois qu'on est à l'intérieur, les choses vont très bien.

Presque au dernier moment de notre séjour à Saint- Georges, nous allâmes visiter la curieuse église Saint-Pierre^ la plus ancienne des Bermiides : la date de sa construction remonte à l'année 1620. S.i tour carrée, qui domine la ville» porte une horloge que l'on aperçoit de partout. Mais ce qui donne un intérêt particulier à ce vieil édifice, ce sont les tombeaux que l'on y voit, à l'intérieur et à l'extérieur de l'édifice : grands sarcophages en ciment qui. pour ce qui est de ceux du dehors, forment comme un étrange jardin autour du temple. Çà et là, des monuments funé' raires rongés par le temps.

Il faut ajouter qu'il y a dans la ville quelques autres-

églises protestantes, qui n^ont pas Pair d^être bien remarquables.

De Saint-Georges a Hamilton

30 mars. — Nous savions que les hôtels d'HamiltoD étaient bondés de touristes, et qu'il fallait choisir soa heure pour avoir chance de s'y procurer des logements convenables. Mais, le 30 mars, le Bermudian^ le grand steamer de la Quebec Steamship Co,, devait partir pour New- York, toutes ses cabines remplies aux dépens des hôtels d'Hamilton ; d'autre part, ce steamer serait arrivé,le 29, avec une... cargaison élégante et suffisante pour combler les vides qu'il produirait par son départ. En face d'une situation aussi menaçante, nous délibérâmes en assemblée plénière, et deux d'entre nous acceptèrent de se sacrifier pour le salut commun. Le sacrifice consista, pour les deux héroïques victimes, à partir dès le 29 mars au matin, dans une belle voiture de place, pour aller nous retenir des chambres à l*h6tel Hamilton avant même l'arrivée du Bermudian. Informés par téléphone de l'entier succès de leurs démarches, nous quittâmes à notre tour Saint-Georges, le 30 mars, pour Hamilton.

Hamilton, capitale de la colonie, est à 12 milles à l'ouest de Saint-Georges, mais sur l'île principale, nommée Mainland. Cette ville, dont l'existence officielle date de 1793 et qui fut nommée du nom du gouverneur qui était en exercice à cette date, est située au fond d'un immense bassin, « The Great Sound ». Ce n'est pas une tâche facile que de conduire un navire jusqu'aux quais d'Hamilton,. d'abord par le chenal qui se déroule à travers les récifs da large et ensuite à travers les îlots du Sound.

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Pour nous, ce fut par la voie de terre que nous allâmes à Hamilton. Ah ! le délicieux trajet ! Que Ton suive la ^ôte ou que Ton s'éloigne, on a presque toujours vue sur la mer : car les îles sont étroites, et leur plus grande élévation est seulement fle 260 pieds au-dessus des eaux. Le sol •est couvert de verdure, presque partout. Mais, surtout, les routes sont les plus belles et les plus propres que j'aie jamais vues. Cela s'explique par le fait qu'elles sont tracées à «travers les bancs de corail, et que leur surface, par suite de la température et de la circulation, devient rapidement unie, pas trop dure, blanchâtre. Il faut ajouter que l'administration paraît donner beaucoup d'attention au parfait entretien de ces routes, dont les trois principales : celle du nord, celle du milieu, celle du sud, courent tout le lonofdes îles. La longueur totale de ces beaux chemin«. auxquels ceux de l'île Bar bade peuvent seuls être comparés, est d'environ 145 milles. Ces voies se continuent à travers les •quatre îles principales de Tarchipel, au moyen de beaux ponts en corail et ciment.

Heureux donc, s'écrieront des âmes sensibles, heureux les chevaux, mulets et ânes des Bermudes, pour qui ce doit être un agréable délassement que de traîner des véhicules sur des chemins si parfaits et où les ornières sont absolument inconnues.

Heureux, s'écrieront les âmes éprises du sport, heureux les automobilistes des Bernjudes, qui ont 145 milles de chemin propice à leur disposition! Avec quel appétit ils doivent dévorer. . , . l'espace ! — Calmez, mes sœurs éprises du sport, calmez ce lyrisme soudain. Car. aux Bermudes, il n'y a pas une seule automobile. Et il n'y a pasd'au- >tomobile aux Bermudes, parce que le gouvernement de la •colonie a prohibé dans toute l'étendue des îles ce genre de véhicule, par un louable souci de la sécurité de ses admijiistrés. Ils sont déjà si peu nombreux, en effet, que legou-

DE QUEBEC AUX BER]«rUDE3 I57

verneinent a sujet de faire ses efforts pour garder en vie tous ceux qu'il a déjà. C'est que, avec des routes si parfaites, les «chauffeurs» pousseraient leurs machines à des vitesses prodigieuses ; or, les chemins offrent tant de détours plus ou moins brusques, qu'à lout instant les piétons ou les équipages ordinaires pourraient s'attendre à subir, en tête ou en queue, le choc d'une automobile allant. .. à triple galop. Voilà, en tout cas, ce qu'il en est de la félicité sur cette terre. Dans la province de Québec, chacun peut avoir autant d'automobiles que cela lui plaît; mais les routes sont souvent dans un état lamentable. Aux. Bermudes, ou a les beaux chemins, mais pas d'automobilespou r en profiter.

Nous avions dit au cocher, à face d'ébène, qui avait accepté la charge de nous transporter à Hamilton, d'avoir soin de nous faire voir ce qui se présenterait d'intéressant en cours de route. Et voilà qu'à certain moment notre véhicule à*arrête : nous sommes près des fameuses Grottks DE- JOYCK. J'avcïis bien entendu mentionner ces grottes, mais seulement de façon vague. Et, bien que mou humeur voyageu>e puisse encore me pousser à parcourir je ne sais quels pays extraordinaires, jamais n'était entrée dans mon «stock» d'espoirs l'idée que j'aurais un jour l'occasion de visiter des grottes à stalactites. . Cette occasion se présentait en ce jour, sans que je l'eusse même prévue.

Laissant la grande route, notre voiture s'engage dans un chemin qui traverse des champs de lis en fleurs ! puis va s'arrêter près d'une jolie résidence. Un jeune homme vient à nous et nous conduit par un sentier jusqu'à l'entrée des grottes, qui est fermée par une porte cadenassée. Cette entrée se dissimule à moitié dans les feuillages. Notre gui-

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de, qui parait aimable et intelligent, descend les degrés €t nous précède dans la grotte, dont il fait rapidement le tour en allumant les becs de gaz à Pacétylèné qui sont fixés partout Et alors, c'est un merveilleux spectacle qui s'offre à nos 1 égards ..

Nous avons visité deux des trois ou quatre grottes qui existent en ce lieu. La plus grande paraît s'étendre loin ; la partie' préparée pour les visiteurs forme une so* te de salle d'environ 60 ou 70 pieds de diamètre, sur une hauteur -de 30 ou 40 pieds. L'eau de la mer, qui arrive là par des voies souterraines, fait le fond de la grotte ; cette eau paraît noire et réfléchit admirablement soit les lumières du gaz, soit les stalactites elles-mêmes éclairées. Un trottoir de ciment fait le tour de la salle et permet d'en admirer les beautés sous des aspects divers. Toute la voûte est constituée par des stalactites qui affectent toutes les formes, et viennent parfois rejoindre des stalagmites qui se sont formées sur les surfaces qui émergent de l'eau ou qui l'entou- Tent. Ces stalagmites surtout ont pris des formes plus ou moins extraordinaires, et le guide nous dit que celle-ci représente un ours polaire, celle-là un groupe d'enfants, -d'autres: Shakespeare, des Chinois, un alligator, etc. Il faut avouer que ces dénominations sont assez justifiées par l'apparence de ces amas de calcaire. — Combien de milliers d'années a-t-il fallu pour la formation de chacun de ces amas de calcaire, constitué par le résidu solide des gouttes qui une à une, et lentement, tombent de la partie supérieure du rocher et s'évaporent lentement dans ce milieu déjà humide. . . Ces stalactites et stalagmites sont recouvertes d'une sorte de croûte grisâtre. J'en ai vu, au musée ^'Hamilton, qui avaient une longueur de cinq ou six pieds, sur une épaisseur de deux ou trois ponces, et qui, dépouil. lées de cette croûte, étaient d'un beau blanc, au point qu'on les aurait prises pour des bâtons de quartz opaque. — Quand

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on sort de la Joyce's Dock Cave, il faut se prêter à une petite cérémonie qui n'a rien de compliqué : cela consiste à donner au guide les trois quarts de piastre qui sont le prix d'entrée. H.

(A suivre.)

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