QUELQUES NOTES SUR LA MIGRATION DE NOS OISEAUX
La température exceptionnellement belle que nous avons eue, cet automne, a permis aux oiseaux migrateurs de séjourner, sur nos plages et dans nos bois, plus longtemps que d'habitude, avant de s'envoler vers le sud, pour y passer la saison d'hiver; aussi, certaines espèces qui, d'ordinaire, ne se montrent qu'à de rares intervalles, ont été remarquées en nombre plus ou moins considérable cette année.
Parmi ces dernières, je mentionnerai particulièrement la Buse boréale ou à queue rousse, dont une quinzaine, au moins, ont été tuées cet automne, à ma connaissance, et il ne serait peut-être pas exagéré de supposer qu'un nombre égal ou même plus grand a été abattu par les chasseurs et^ naturellement, hors ma connaissance. Je ferai remarquer que d'ordinaire je ne vois qu'un ou deux spécimens chaque
12 — Décembre 1909.
année, et même il y a eu quelques années où je n'en ai vu aucun.
On sait que les oiseaux (}e proie ne sont jamais communs, et qu'ils ne se voient pas non plus en bandes : car ces rapaces ne peuvent souffrir dans leur canton aucun oiseau de leur espèce, ni même de leur famille ; ils les chassent, ou ils s'en vont eux-mêmes ailleurs s'ils se sentent plus faibles.
La Buse pattue, le Hibou à oreilles courtes, le Grand Héron bleu, l'Antour à tête noire, la Sterne de Wilson, la Mouette de Bonaparte et plusieurs autres plus ou moins communs se sont montrés aussi en plus grand nombre que d'habitude.
Parmi ceux que l'on voit accidentellement à Québec et qui ont été tués cet automne, je signalerai les suivants : La Macreuse à large bec, la M. d'Amérique, la Tourterelle de la Caroline, l'Etourneau des prés et le Labbe parasite.
La Tourterelle de la Caroline est le second spécimen qui a été abattu près de la ville, et c'est la sixième fois seulement que cette espèce a été signalée dans toute la Province. L'Etourneau des prés est le troisième que je vois ici. Le Labbe parasite, tué sur la grève de l'île d'Orléans, est le deuxième que je connaisse pour avoir fait son apparition ici. Cet oiseau est généralement rare, et il habite les régions nord de l'Atlantique.
De plus, je mentionnerai encore deux espèces d'oiseaux qui jusqu'à présent n'ont pas encore été signalées comme se rencontrant dans notre Province, et qui ont été abattues cet automne aux environs de Québec. Ce sont : le Goéland de Sabine et la Gallinule pourprée. Le premier, qui est facile à reconnaître par sa queue fourchue, habite en été les régions arctiques circumpolaires et à l'automne, sur le continent américain, il émigré au sud vers les grands lacs et même beaucoup plus loin, puisqu'on le voit accidentelle-