‹ Le Naturaliste canadien (volume 3)Chapitre 16 sur 155 · PUCES SAVANTES · texte numérisé non relu

PUCES SAVANTES

Une troupe de trois cents Puces exercées — Puces qui font de Pescrime avec des sabres de papier, qui font les tours de magie les plus étonnants, qui se livrent à des semblants de batailles avec toute la précision militaire des armées du Kaiser ; qui, chose la plus merveilleuse, dansent des menuets et des mazurkas, affublées de tous les affutiaux conventionnels du ballet, juste-au-corps en gaze, jupes en tulle, chapeaux imagés : tel est le résultat des efforts de Herr Cari Aubrichtig et de sa nièce Franlein Anna.

L'exhibition a lieu dans un petit théâtre qu'ils ont érigé à l'ancienne façon dans un kiosque. La scène est naturellement une miniature ; elle est exactement d'un pied et demi carré. Elle est construite d'une seule feuille de papier buvard blanc, autour de laquelle est disposée une rangée de très petits bulbes de lumière électrique.

L'exercice a lieii une fois chaque demi-heure. L'auditoire est limitée à douze personnes qui s'asseyent sur trois côtés de la table où jouent les petites bêtes. L'exhibition commence lorsque Franlein Anna lève le couvert d'une petite boîte en avant de la scène : aussitôt un bourdonnement d'Abeilles et de Mouches, retenues sous un filet dans cette boîte, produit l'impression étrange et étonnante d'une ouverture d'orchestre. Puis vient Madame Flobia, qui marche sur la corde tendue ; Signera Loppa, sur le trapèze volant ; après quoi dix-huit danseuses de la troupe jouent l'une après l'autre en rapide succession.

• La nièce et son oncle portent fièrement deux médailles d'or qui leur furent décernées pour cette merveille, l'une

par le Kaiser d'Allemagne, l'autre par la reine de Wurtemberg.

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