‹ Le Naturaliste canadien (volume 3)Chapitre 78 sur 155 · I.A LIBRAIRIE NATIONALE · texte numérisé non relu

I.A LIBRAIRIE NATIONALE

ALBERT FERLAND, éditeur

22, rue Notre-Dame Est, Montréal.

Tel est le prospectus — que nous avons beaucoup de plaisir à citer en entier — du bel ouvrage de vulgarisation entomologique qui a pour auteur notre ancien collaborateur M. Beaulieu, et qui est en cours de publication. C'est un tirage à part d'articles publiés d'abord dans la Revue canadienne.

Nous avons déjà reçu les deux premiers fascicules du Monde des Petits Etres. Nous pouvons donc juger que le volume appartiendra de plein droit à l'aristocratie des livres canadiens par son format de luxe, son papier très riche, sa belle impression, ses lettres ornées et ses vignettes si bien venues. En outre, M. Beaulieu, qui est l'un de nos littérateurs délicats, parlera de nos insectes en termes choisis ; et ce livre de science aura par là un attrait nouveau pour attirer les lecteurs et en faire, plus ou moins, et au besoin malgré eux, des candidats à l'entomologie.

Cette entreprise d'un grand volume de 500 pages est considérable, et nous souhaitons à M. Beaulieu tout le courage qu'il faudra pour la mener à bonne fin.

Comme il est dit dans le prospectus, notre littérature ne compte encore aucun ouvrage du genre de celuî-ci.

Nous n'avons pas besoin de dire avec quelle joie nous accueillons la nouvelle publication, qui amènera sûrement des adeptes à Pentomologie, notre science de prédilection. D'ailleurs, toute œuvre ou tout effort scientifique, qui se produit en cette Province, est assurée de notre vive sympathie : tellement s'impose, à nos yeux, l'urgente nécessité de diriger nos compatriotes vers les études scientifiques. Car notre peuple est déplorablement en arrière des autres pays en ce domaine devenu, à notre époque, d'une importance si considérable.

« Ce livre, dit l'éditeur, s'adresse à tout le monde : à l'écolier . ..; au professeur. . . ; au curieux. . . ; au cultivateur ...» Malheureusement, et avec l'expérience que nous avons dans la publication des livres, nous ne pouvons espérer qu'il se rende à toutes ces « adresses», ni qu'il atteigne beaucoup de « bibliothèques de familles.» Son prix de vente est trop élevé pour la plupart de nos acheteurs de livtes, déjà si peu nombreux. Nous espérons toutefois que l'encouragement suffira pour que l'auteur puisse mener aisément son œuvre à bonne fin. On ne paraît pas compter sur plus que 200 souscripteurs : ce nombre devrait être facilement atteint, surtout dans une région populeuse et riche comme celle de Montréal.

Tout cela étant dit, examinons maintenant d'un peu près les deux fascicules déjà publiés.

Dans le premier, après une Introduction qui est un plaidoyer en faveur de l'entomologie, l'auteur donne une Première Etude consacrée à "l'histoire naturelle et à ses divisions." Ce fascicule se termine par un bon portrait de feu le Dr Crevier, l'un de nos savants canadiens, et qui fut en son temps un actif collaborateur de cette revue. Nous remarquons que, dans sa classification du règne animal,

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