‹ Le Naturaliste canadien (volume 3)Chapitre 98 sur 155 · DE LA LOCOMOTION CHEZ LES INSECTES · texte numérisé non relu

DE LA LOCOMOTION CHEZ LES INSECTES

{Suite.) Jambe ou tibia. — La jambe (Fig. 15,^) fait suite à la cuisse, au sommet de laquelle elle s'articule. Sa forme

varie beaucoup suivant les groupes d'infectes ; mais on peut dire que généralement elle est moins épaisse et moins arrondie que les cuisses. Comme ces dernières, et même plus fréquemment, 1 es

Fig. 17.— Jambe et tarse, chez plusieurs jambes OU tibias deS espèces d'insectes.

Fig. 17.— a, patte de la Chlœnius sericeus, où Ton voit au bout de la jambe une échancrure formée par deux éperons. — b^ Aphodius fossor^ oii l'extrémité de la jambe est armée de fortes dents. — c^ Saper da^ dont le 3e article du tarse est bilobé. — d^ patte de Coccinelle.—^, patte d* Abeille, dont le 1er article du tarse est disposé en corbeiUe. — /, patte de Bélostome, propre à la natation.

ENTOMOI.0GIE 9

insectes sont munis de divers appendices, épines, éperons, etc. Chez beaucoup d'insectes, la cuisse porte une sorte de rainure longitudinale, dans laquelle la jambe peut' se replier et presque se cacher. Cela se voit, par exemple, chez les Bélostomes et les Sauterelles (Pig. 17, /). — Comme Provancher en a fait la mention, il y a, au côté interne des jambes antérieures, chez la plupart des Carabiques, un ou deux éperons qui aident ces insectes à saisir leurs proies (Fig. 17, a)", les Aphodes, et autres fouisseurs, ont les jambes antérieures munies de forte? dents, qui leur servent à creuser le sol (Pig. 17, è).

Tarse. — On donne ce nom de tars<^ à l'ensemble des pièces ou des segments reliés entre eux par leurs extrémités et qui font suite à la jambe. On peut assimiler le tarse des insectes, en une certaine mesure, au pied des mammifères et autres vertébrés.

LfCS segments dont se composent le tarse se nomment articles. Le nombre des articles des tarses varie de i à 5, suivant les groupes d'insectes. Les insectes hétéromères sont ceux qui n'ont pas le même nombre d'articles à tous les tarses. On désigne sous le nom d'insectes homomères ceux dont les trois paires de pat'.es comptent le même nombre d'articles du tarse. Les homomères se subdivisent comme suit, d'après le nombre d'articles de leurs tarses :

1° Pentamères^ tous les tarses à cinq articles, Fig. 17, a (la plupart des lépidoptères et des coléoptères, les diptères, les névroptères, etc.) ;

2® Téiramères^ tarses à 4 articles. Fig. 17, ^ (partie des coléoptères et des Ephémérides, etc.) ;

3® Trimères^ tarses à 3 articles, Pig. 17, rf(Odonates, Perfides, Acridides, etc.) ;

4*^ Dtmères^ ayant 2 articles aux tarses (Psyllides, Aphides, etc.) ;

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5° Monomères^ n'ayant qu'un article aux tarses (Coccides, Ranatra^ Corisa^ etc.)

Pour ce qui est de la forme des articles du tarse, elle est fort variable d'un genre à Pautre, parfois même dUin sexe à Pautre en une même espèce. Par exemple, chez l'Abeille (Fig. 17, é) le premier article des tarses, aux pattes postérieures, est élargi et creusé en une sorte de corbeille, utilisée par Pinsecte pour la cueillette du pollen. Beaucoup d'insectes ont Pavant-dernier article des tarses (Fig. 17, c) bilobé ou fortement dilaté.

Au bout des tarses, et s'articulant avec l'extrémité de leur dernier article, se trouvent des crochets mobiles et plus ou moins recourbés (Fig. 17). Quelques espèces, comme les Bélostomes, n'ont qu'un crochet simple. Maif ce crochet, chez la plupart des insectes, est divisé en deux branches, dont Puue est même parfois mobile, étant articulée sur l'autre. Les crochets permettent aux insectes de se fixer soHdemenl le long des surfaces perpendiculaires, ou plus ou moins inclinées et rugue\ises.

Quatre autres sortes d'appendices (^///^'/7//) peuvent encore exister sur les tarses, et paraissent destinés à permettre aux insectes de marcher ou de se fixer sur les surfaces lisses et polies. Ce sont : la brosse, la pelotte, la sole et la ventouse. — La brosse est comme un velours formé de poils très serrés, et qui garnit le dessous des tarses ou du moins de quelques-uns de leurs articles. — La pelote^ fréquente chez les orthoptères, est « une membrane vésiculeuse, convexe, oblongue, "^di visée Ion ûritudinalement en deux par un sillon, et fixée à la plante de chaque article par sa partie centrale». (Provancher.) — La sole est une membrane, dont les bords sont souvent garnis de poils, et qui « se termine par un ou deux tubes qui débordent l'article du tarse ». {Idenuy- Enfin, la ventouse^ le plus remarquable des pulvilli^ rend les insectes qui en sont munis capables de se tenir ou mêuie

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