‹ Le Naturaliste canadien (volume 4)Chapitre 44 sur 110 · INFORMATIONS · texte numérisé non relu

INFORMATIONS

Rectification. — Nous lisons dans le Bulletin des Sciences de la Société Belge de Microscopie, Procès-verbal de la séance du 26 Octobre 1876, présidence de M*. GK Michelet :

" Le Conseil propose l'admission de :

M. l'abbé Provancher, professeur à l'Université de Québec . (Canada), présenté par MM. de Borre et Cornet.

M. Donckier de Doncel, présenté par MM. Cornet et de Borre.

MM. l'abbé Provancher et Donckier sont élus membres effectifs de la société."

124 LI NATURALIST! A NAD 1*1».

Tout en témoignant notre reconnaissance à MM. les membres de la Société de Microscopic, pour nous avoir fait l'honneur d'être admis iians leur corps, nous devons à la vérité de déclarer que le titre de professeur universitaire que Ton nous donne ne nous appartient pas. Nous faisons de l'histoire-naturelle à notre propre compte et sans faire partie d'aucune institution d'éducation.

Calendrier de Flore.— Les Révds. MM. Burque de St. Hyacinthe et Huart de Chicoutimi ayant bien voulu consentir à tenir registre, dans leurs localités respectives, de la date de floraison de chaque plante, à mesure qu'elle se montrera suivant le cours de la saison, nous commencerons dans notre livraison de Mai, un calendrier de Flore, où nous mettrons en regard St. Hyacinthe, CapBouge et Chicoutimi. Cette dernière place offrira surtout un intérêt particulier au point de vue de la colonisation. On pourra d'un seul coup d'œil, au moyen de ce tableau, juger du progrès de la végétation dans chacune de ces localités, dont la différence en latitude est assez considérable.

Ce tableau ne pourra manquer aussi d'intéresser grandement messieurs les botanistes, par la constatation de la présence de telles et telles plantes dans chacune de ces localités.

Notre Flore et notre Faune n'ont encore été que superficiellement explorées, nos algues, nos champignons, nos hépathiques, nos lichens, comme nos crustacées, nos radiaires, nos polypiers, etc., sont encore pour ainsi dire, à être étudiés. Que tous les amateurs fassent en tout genre ample provision de spécimens» ce sera un puissant appoint pour l'histoire de ces différentes existences, lorsque des hommes d'étude sérieux et zélés se sentiront inspirés d'entreprendre de l'écrire, et que tous les amateurs observent scrupuleusement la nature autour d'eux et tiennent note de leurs observations, pour ne pas permettre à des étrangers de venir plus tard s'extasier sur l'abondance et la richesse de nos productions naturelles, en nous faisant rougir de ne pas les connaître nous-mêmes.

Le Jouknal d'AcJriculttoe — Il est enfin paru ce journal depuis si longtemps promis et si impatiemment attendu. Seize pages in-4, illustrées largement, profusément, trop même suivant nous. Dans quel but joint-on des illustrations au texte dans une publication ? C'est, ou pour inviter à la lecture des articles illustrés par l'apparence, l'éclat, l'originalité, le piquant des scènes représentées, ou pour faciliter l'intelligence du texte livré. Or nous trouvons que dans l'un et l'autre cas le Tournai manque son but. Dans le premier cas, ses illustrations^ pèchent du côté de l'exécution pour atteindre le but, comme celle, par exemple, représentant le palais de l'horticulture du Centenaire à Philadelphie ; et dans le second, elles manquent de la précision requise pour donner une juste idée de la chose représentée, comme dans la représentation de la Chrysomèle (Doryphore) de la pomme de terre.

Nous concevons que des gravures, comme celles de Y American Agriculturist ou du Scientific American puissent engager à la lecture des articles qu'elles signalent, mais ces illustrations sont de premier mérite sous le rapport de l'exécution. D'un autre côté, on sacrifie assez aisément l'élégance, le dernier fini, à la précision, lorsqu'il s'agit d'explications trop difficiles à comprendre avec le texte seul. Nous avons espoir que le journal pourra s'améliorer sous ce double rapport.

Le Journal est sous la direction du Conseil d'Agriculture, ayant pour rédacteur en chef Mr. E. A. Barnard, avec la collaboration de MM. J. M. Lemoine, du Dr. A. H. Larue, de G. Larue, de P. A. Landry, de l'abbé Audet, de D. McEchran et de H. Audrain.

Mr. Barnard a déjà fait ses preuves comme écrivain agricole, et il est déplus un agriculteur pratique, aidé de cette puissante collaboration, il n'y a pas de doute qu'il ne puisse faire un journal bien capable de répondre aux besoins de notre classe agricole.

126 L« NATURALIST! CANADIEN.

Mous félicitons fart le Conseil d'Agriculture de n'avoir pas obtempéré aux désirs de ceux qui voulaient donner des octrois à certains journaux déjà existants, sans faire un journal spécial, exclusivement dévoué à la cause agricole. 11 ne s'agit pas, pour le Conseil, de faire l'affaire de tel ou tel éditeur, mais bien de répondre aux besoins de la classe agricole, qui demande à être éclairée, avisée, dirigée par une publication compétente et acceptable par tons, surtout indépendante des coteries politiques.

Le Journal est distribué gratuitement à tous membres des sociétés d'Agriculture. C'est peut-être là une mesure qui lui fera tort. On est assez porté à ne priser une chose qu'en raison de ce qu'elle nous coûte. Or il est à craindre que le Journal distribué gratuitement à des milliers de personnes, ne serve bientôt aux enfants à orner les murailles des cuisines d'images de chevaux, de vaches, etc., qui y sont représentés, ou que la ménagère insouciante n'en emploie les feuillets à découper des patrons de mentelets ou de tabliers. Peut-être y aûrait-il eu avantage, et du côté de l'économie et du côté de l'efficacité, en exigeant un abonnement moyeq, un écu par an, par exemple.

Mais ce sont là des détails qu'il est bien difficile de juger aujourd'hui, l'essentiel est d'avoir un journal d'Agriculture, et nous l'avons, nous l'avons de plus avec toutes les chances de le voir opérer en grande partie, si non totalement, tout le bien que nous en attendons.

Revue de Montréal. — Le défaut d'espace nous a empêché de signaler, dans notre dernière livraison, l'apparition de cette Revue, dont le deuxième numéro est déjà entre nos mains depuis quelques jours. Théologie, philosophie, droit, économie sociale, politique, sciences, lettres, histoire, éducation, beaux arts ; comme on le voit le programme de la nouvelle publication est des plus vastes.

Les publications en notre pays ne sont généralement pas des affaires d'argent ; leur nombre est déjà trop grand pour celui des lecteurs. Nous nous sommes donc demandé de suite, pourquoi les directeurs de cette nouvelle Revue ne

s'étaient pas entendus avec les propriétaires de la Revue Canadienne ? Leur but étant identique, il est certain que les deux publications se nuiront réciproquement, en se partageant le nombre des lecteurs.

L'introduction, due, pensons-nous, à la plume de Mr. l'abbé Ghandonnet, nous expose l'objet, le but, les principes de la Revue, l'esprit qui l'animera, l'autorité qui la recommandera etc. C'est une pièce aussi bien écrite que bien pensée. Mais après avoir plané un instant avec le savant abbé dans les hautes sphères de la théologie et de la philosophie, on est tout étonné de tomber tout à coup, sans transition aucune, dans des frivolités telles qu'en étale Mr. Frechette dans les deux sonnets qui forment le second article. Les lecteurs sérieux, et nous avons cru comprendre que c'est à ceux-là seuls que s'adressait la Revue, prendront guère d'intérêt à voir Mr. Frechette s'extasier devant les beaux yeux de Madelle. Chauveau, et nous est avis que le poëte ne sera pas cru partout lorsqu'il annonce au public qu'il a trouvé un bonheur sans mélange en trouvant une femme. Nous voulons croire que l'admission de ces poésies légères est le fait d'une inadvertance, car les directeurs sont tous personnages assez graves pour s'inquiéter assez peu de savoir si Mr. Frechette est plus heureux en ménage qu'il ne Ta été célibataire, ou si Mlle. Chauveau a des yeux véritablement andalous, comme les qualifie le poëte.

M. Lemay nous fait une peinture très intéressante des poètes illettrés de sa paroisse, Lotbinière. M. Lemay nous dit qu'il fait l'histoire des poètes de sa paroisse parce qu'il a eu plus de facilité pour les connaître, mais qu'il s'en trouve tout autant ailleurs. Nous pensons cependant qu'il n'en est pas ainsi. Issu de la campagne nous-même, et à peu de distance de Lotbinière, du même côté du Fleuve, nous avons connu dans notre enfance plus d'un rimeur ou faiseur de chansons, mais pour des poètes comme ceux de Lotbinière, car ce sont de véritables poètes, point. Nous pensons que des poètes tels que ceux que nous fait connaître Mr. LeMay ne se rencontrent pas partout.

Tous les autres articles sont aussi fort intéressants.

Le Bureau de direction se compose de MM. R. Bellemare, N. Bourassa, L'abbé Chandonnet, L. S. Cherrier, Gust. Drolet, l'abbé L. O. G-odin, W. Marchand, l'abbé L. A. Valois, l'abbé H. A. Verreau. 64 pages in-8 par mois ; $3 par année. Longue vie et succès à la nouvelle publication.

La Scienceen histoires ; ou Science in Story, Sammy Tubbs, the Boy Doctor, and Sponsie, the Troublesome Monkey.— C'est ainsi que le Dr. E. B. Foote, de New- York, intitule une série de 5 beaux petits volumes, profusément illustrés et superbement reliés, dans lesquels, une foule de connaissances scientifiques, d'incidents et de drôleries excitantes sont inextricablement mêlées, pour servira l'instruction et à l'amusemeiit des jeunes gens, tout en profitant aux plus âgée. L'anatomie du corps humain, le jeu des veines et des artères, des capillaires, des vaisseaux lymphatiques çt lactifères, les procédés de la digestion, de la nutrition, de la respiration, le jeu du système nerveux, les déductions de l'histologie, de la composition du sang, et jusqu'aux questions les plus relevées de la science, tout est donné dans un style des plus attrayants aux milieu d'historiettes des plus comiques et des mieux choisies pour instruire tout en amusant. Prix de chaque volume $1. Voir t annonce.

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