CORRESPONDANCES
Znsettes nommes.
Il n'y a encore que quelques mois que notre Faune est livrée au public, et des travailleurs infatigables, aussitôt à l'œuvre, ont déjà pu nous offrir de nouvelles additions. Le Rév. M. Huart nous écrit de Chicoutimi :
" Je vous envoie une nouvelle espèce de Baprestide, que je *e puis rapporter exactement aux espèces décrites dans votre Faune. Si c'était une espèce nouvelle ?.... Les élytres n'ont que six taches jaunes, et les anneaux du ventre ne portent que deux taches rouges chacun, et aucune sur le milieu. J'y joins aussi un Téléphoride que je pense bien ne pas se trouver décrit dans notre Faune."
t Le Bupreste est le Buprestis Nuttalli, Kirby, espèce fort variable dans la disposition et l'étendue des taches des élytTes. Votre variété est fort intéressante, elle prend un faciès particulier surtout dans la disposition des lignes soulevées des élytres.
Plus heureux avec le Téléphoride, vous avez là une espèce qu'il faudra ajouter à notre Faune, c'est le Podabrus lœvicolliSy Kirby, que nous n'avions encore jamais rencontré.
De son côté, le Rév. M. Burque nous écrit de St. Hyacinthe :
" Vous me nommez Xylotrechu* colunus, l'insecte que jo vous ai
envoyé ; je n'ai rien à dire, c'est très bien ; mais ça n'empêche pas qu'il se trouve encore quelque chose au fond du sac ; car un autre insecte que j'appelais auparavant Xylotrechus colonu$, se trouve bel et bien mis à la porte et dépduillé de son nom. Gomme vous êtes la cause de ce remue-ménage, vous y remédierez vous-même. Je vous envoie l'intrus, vous déciderez sur son sort.
" Je vous envoie aussi un Pythide non décrit dans votre faune, c'est peut être un Pr log na thus y mais il paraît bien différent du monilicornis. Enfin j'y joins deux autres individus qui se montrent aussi récalcitrants à l'identification."
Malgré votre répugnance, il faut vous résigner à prendre le No. 1 pour Xylotrechus colonus. Votre individu est une femelle un peu vieille ; cependant la tache roussâtre-pâle de l'extrémité des élytres est bien distincte. Mais voyez surtout les carènes frontales, comme elles sont absolument semblables à celles des autres individus de cette espèce. No. 2 est bien aussi un Xylotrechus, mais une espèce différente, c'est Yannosus, Say. Sa coloration et ses carènes frontales suffisent pour la distinguer. No. 3 n'est pas un PriognathuSy mais bien un Boros, c'est le Boros unicolor, Say ; enfin No. 4 est un Oistélide, c'est YJlndrochirus iutetpes ç , Lee. La femelle dans cette espèce est passablement différente du mâle. Les trois derniers devront tous trois être ajoutés à notre Faune, car ils ne s'y trouvent pas décrits.
Si en différents endroits de la Province on avait des travailleurs tels que MM. Burque et Huart, en bien peu de temps on parviendrait à obtenir les matéraux d'une faune complète de notre territoire.
NÊVR0PTÈRB8. 173
Fig. 4.
FAUNE CANADIENNE
LES INSECTES— NÉVKOPTÈRES* {Continué de la page 123).
La fig. 4, ci-dessus nous est parvenue trop tard porçr pouvoir prendre place dans le dernier numéro. Elle représente la Corydalis cornue, de grandeur naturelle, a, nous montre la larve parvenue à son complet développement. Ces larves se trouvent particulièrement dans les ruisseaux à courant rapide et à lit pierreux, elles se tiennent là,
Kig. 4— Corydalis cornuta, Lin., grandenr naturelle.
pour faire la chasse aux larves d'EphéméYides, de Phryganides etc. b, nous montre la chrysalide sortie du cocon qu'elle se construit dans la terre pour subir sa métamorphose. Cette chrysalide est, comme celles des papillons, immobile et ne peut prendre de nourriture. On roit en c, un mâle à l'état parfait. Les mandibules, énormément développées, nues comme des antennes, se croisent vers l'extrémité, d, nous montre la tête de la femelle avec ses mandibules beaucoup plus courtes que celles du mâle, mais armées de dents au côté interne.
Fam. IX. MANTISPIDES. Manlispidœ.
Les Mantispides avec les Hémérobides et les Panorpides constituent le groupe, des PlàniPENNES de certains auteurs ; par ce que, en effet, leurs ailes inférieures sont planes comme les supérieures, c'est-à-dire ne sont pas repliées à Tangle anal.
Les Mantispides se distinguent surtout des deux autres familles de ce groupe par leurs pattes antérieures qui sont ravisseuses, c'est-à-dire capables de saisir, de retenir, comme dans les MLantes parmi les Orthoptères.
Cette famille se borne au seul genre qui suit Gen. Mantispe. Mantispa, Illig.
Tête transversale, courte ; yeux très gros. Ocelles o. Antennes courtes, fortes, filiformes. Prothorax très long, constituant un tube évasé en avant pour l'insertion des pattes antérieures. Celles-ci, vu leur distance des autres paires, paraissent attachées à la tëte y leurs jambes dilatées en disque armé de dents à sa partie inférieure, formant avec le taTse en opposition un organe de préhension. Tarses de cinq articles, leurs crochets dentelés à l'extrémité. Ailes ayant leurs 3 premières nervures plus épaisses que toutes les autres, la 2e se joignant à la 1ère vers le milieu. Abdomen court, assez robuste.
"One seule espèce dans notre faune.
ISantispe brune. Mantvtpa brunnea, Say; M. varia, Ëricks. ; M. Burquei, Prov. — Long. .75 pouce. D'un brun ferrugineux avec taches de jaune et de noir. Tête brun-rouseâtre avec une ligne tran»-
NfiVROPTÊRES. 175
versale noire à la base des antennes; celles-ci presque blanches à l'extrémité. Prothorax cylindrique, fort allongé, margin é de noir en avant et portant une bande noire en arrière divisée par une strie jaune arquée. Mésothorax marginé de noir en avant et de jaune en arrière ; écusson jaune. Meta thorax avec une ligne jaune au sommet. Abdomen brun, noir à la base, les segments 1, 2, 3 et 4 noirs à la base et marginés de jaune au sommet Pattes brunes, un peu plus claires que le corps, les jambes antérieures noires en dedans. Ailes obscurcies d'un brun roussâtre dans toute leur moitié extérieure et* leur extrémité.
Non encore trouvée à Québec, mais capturée à St Hyacinthe. Comme cette espèce est très variable dans sa coloration, et que Say dans sa description ne mentionnait pas les anneaux jaune-clair des segments abdominaux, nous avions cru avoir affaire à une espèce nouvelle, et l'avons décrite sous le nom de Burquei, à la page 247 du vol. VII du Naturaliste; mais le Dr. Hagen, nous dit qu'après l'avoir comparée avec plus de 50 autres specimens venant delivers points des Etats-Unis, il est positif à affirmer qu'elle est bien la brunnea de Say.
Ces insectes assez lourds, quoique carnassiers, se tiennent d'ordinaire sur les feuilles des arbrisseaux, guettant leurs proies au passage plutôt que de les poursuivre. Assez commune à St. Hyacinthe.
Fam. X. HÉMÉROBIDES. Hemerobidœ.
Tête perpendiculaire au corps, non prolongée en bec. Antennes variables, le plus souvent filiformes. Yeux hémisphériques ou oblongs. Ailes le plus souvent tectiformes dans le repos, les antérieures ordinairement plus larges que les postérieures, celles-ci sans pli à l'angle anal, la bande costale portant de nombreuses ner voies transversales. Pattes ordinaires; tarses de cinq articles. Larves terrestres ou aquatiques.
Une singularité propre aux larves de cette famille est que chez les aquatiques les mandibules et les mâchoires sont soudées en un crochet creux et acéré de manière à former un organe de succion.
256 LB KATffRA^lSM OAKADIW.
Museum, auquel il céda sa précieuse oolleçtion, consistant en 887S espèces, se partageant en 2505 bivalves et €368 uni-» Valves.
Après ces diverses publications en Europe, le Dr. Carpenter passa en Amérique en 1859, et fut de suite occupé à identifier et classifier les collections malacologiques de la Smithsonian Institution et autres institutions. En 1865, le savant Européen se fixa permanemment à Montréal, obtempérant aux pressantes sollicitations de nombreux amis qui voulaient utiliser ses profondes connaissances pour 1'ameti* ration de l'état sanitaire de cette ville, les questions hygiét* niques ayant été depuis longtemps l'objet d études particulières de sa part
Le Dr. était alors dans un état de fortune oui pouvait lui permettre de consacrer ses loisirs aux études philan* tropiques qui Pavaient déjà si fortement occupé précèdem* ment. Mais survint bientôt la faillite d'une institution monétaire d'Europe dans laquelle il avait placé ses fonds, ce qui l'obligea à travailler de nouveau pour son avenir ; et de ce moment il se dévoua à l'éducation de la jeunesse à l'Université McGrill, institution à laquelle il avait fait don, dès son arrivée en Canada, de sa riche collection de mollusques, à la condition qu'elle serait toujours conservée comme collection spéciale.
Feu d'hommes ont mené une vie plus occupée que ne l'a fait le Dr. Carpenter dans ces dernières années. Constamment attaché à son enseignement, il consacrait encore de longues heures d'étude à préparer des lectures sur l'hygiène, la tempérance etc., et se prêtait habituellement à l'examen de mollusques qu'on lui expédiait de toutes parts, pour s'appuyer de son autorité dans l'identification de différentes espèces.
Nous n'avons pas eu l'avantage de connaître person* nellement le Dr. P. Carpenter, mais la correspondance que nous avons entretenue avec lui, nous le faisait juger homme du commerce le plus facile, excessivement poli, et toujours disposé à mettre 6es nombreuses connaissances au service de la science. Pour un anglais pur sang, le Dr. Carpenter écrivait le français de manière à laisser à peine entrevoir que c'était pour lui une langue étrangère. Nous devons à son obligeance l'identification d'un bon nombre de mollusques de notre collection, et au moment de sa mort, nous avions encore une boîte toute prête à lui être expédiée.
Le Dr. P. Carpenter avait épousé en 1860, Dlle. Minna Meyer, de Hambourg, qui se mit de suite à l'aider dans ses travaux scientifiques. La mort prématurée de ee savant, endors peu avancé en âge, est doublement à regretter pour le Canada, qui compte encore 61 peu d'hommes dévoués à la science.
LE
Vol. IX. OapRouge, Q., SEPTEMBRE, 1877. No. 9
Rédacteur : H. l'Abbé PROVANCHER,
FAUNE CANADIENNE
LES INSECTES— NÉVROPTÈRES, (Continué <U la page 244).
Gen. 2. Sténophylax. Sténophylax, Kolenati.
Ailes antérieures larges, à bord costal légèrement arrondi/* ditaté es, arrondies ou paraboliques à l'extrémité, le plus souvent tachetées ou striées. Eperons des jambes 1, 8, 4 dans les deux sexes ; appendices supérieurs du mâle, petits. Pour le reste semblables aux Limnophiles.
Larves vivant dans les ruisseaux d'eau claire et courante, formant lenrs étuis de petites pierres ou de grains de sable, ces étuis le plus souvent cylindro-coniques, un peu arqués. On les trouve souvent sous les pierres. Trois espèces rencontrées.
Aile» lisses;
Ailes antérieures brunes aveo taches blanchâtres. 1. argus.
Ailes antérieures fauves avec taches brunâtres.... 2 gentiliâ. Ailes chargées de points rugueux .' 3. SCabripennifl.
L Sténophylax Argus. Sténophylax Argus, Harris. — Long. 1.30 pee. ; extension des ailes 2 pces. Corps brunâtre ; antennes noires à l'exception de l'article basilaire qui est jaune; tête et prothorax jaunâtres ; yeux et ocelles noirs. Mésothorax noir avec 2 lignes longitudinales jaunes. Ailes transparentes, les antérieures brunes aveo différentes taches hyalines, dont 7 à 8 oblongues, sur deux rangs, à Ten-
droit de l'anastomose ; nervures blanches marginées de brun jusqu'à l'anostomose, et de là à l'extrémité entièrement brunes. Ailes postérieures hyalines avec une tache carpale brune et les nervures aussi plus ou moins brunes à l'extrémité. — PC.
La plus grande et la plus belle espèce de toute cette famille.
2. Sténophylax payen. Stenophylax gentilis % McLachlan. — Long. .50 poe; extension des ailes 1.10 pce. D'uu fauve clair; tête et prothorax avec poils jaunes. Antennes annelées de brun. Yeux bruns, épines des pattes noires. Ailes antérieures lisses, médiocrement larges, élargies et paraboliques à l'extrémité, le bord apical, 2 petites taches ovales à l'endroit du thy rid ion, et une grande tache en triangle allongé au milieu du disque, ayant sa pointe près de la base, brun-fauve. Ailes postérieures fauve-clair, sans aucune tache. — PC.
3. Sténophylax à ailes SCabres. Stenophylax ëcabripennis, Ramb. — Long. .60 pce ; extension des ailes 1.25 pce. D'un fauve clair, le dessus avec longs poils jaunes. Antennes ferrugineuses, obscurément annelées de brun. Epines des pattes, noires. Ailes antérieures fauve-clair, obscurcies à l'extrémité et portant sur le disque 2 caches brunes en forme de lignes arquées, courbées l'une vers l'autre, l'extérieure, à l'endroit du thy rid ion, de moitié plus petite que l'intérieure ; toute la surface est aussi chargée de points bruns et rugueux distribués sans ordre. Ailes postérieures hyalines, lisses, légèrement jaunâtres, sans aucune tache. — PC*
Les points rugueux des .ailes de cette espèce la font distinguer à première vue.