‹ Le Naturaliste canadien (volume 5)Chapitre 38 sur 122 · LE · texte numérisé non relu

LE

Natnralîste Canadien

VOIj- XKI V (VOL., iV DE LA DLUXIKMK aKRIB) Sa IS

Chiooutimij I >eeembre 1897 Directeur Pr^ïpriétaire ; l'albé V.A, HU ARD

Une offre extraordinaire

Noua somuiti8 ^nui^mi, im pdiicipe, du f-yatème de primes par leqii+*i dti voit. itivt*r.-^e< [jublk^atinus chtirchrr à racoler lie DOUVLninx souHcrijitdnr^ ; et iioiH t^stiitions qu'en géuérul uti doit encourager les journaux ut lea rerue^ eu. couâi^iorutbii de leur seule valeur.

£t cependant uous offrous aujourd'hui à uoa lecteurâ Tap* pât d'une ** prime *\.,

C'esi que la prime dont il s'ajçit .sort viaiin- ut de l'ordinaire. Voii'i tout d * suitH cf' que nous propo.sons.

Toute per smive qai.jiisq^ià la fin du mois de janvier^ nous eavei^a le mon tu ni de deux piastres, recevra durant toute Uannée 1898 la R vu»; cana'lienue (^i^) et le Naturaliste cana^lieii {SI). C ent donc un gain d\(^e pia-'^tre sur le prnx des deux abonnemen's réunis.

N«»us n'avons pas besoin de faire ici Téloge de la Rerue canadienne ; sea trentt^-quatre ann. es d'exisience proclament assez son mérite. Disons seulement qu'elle compte nos meilleurs écrivains canadiens pirmi ses collaborateurs, et que dans ces dernières années elle a pris un cachet aitistique qui en fait comme un bijou tyi)ograi^»hi4ue. Ajoutons que dans ^a livraison de janvier elle couuienceia la reproduction du fameux roman de M. Chuuveau, Charles Guérin, ouvrage presque introuvable aujourii'bui. De bulles gravures douuerout un mtérêt de plus à la reproduction de ce chef-d'œuvre.

La Revue canadieane est la stule grande revue iittérai- 23— Décembre 1807.

ItB LK NATURALISTE CAKADIE»

■Te du Canada frauçais, dont le Nat araliste canadien est aii8si l'uoique revue scientifique. Elles méritent donc toate* deux rencDurag^ment d^ notre public, àtiti-e d'œuvres nationalea, et aussi — noua tenons à Taffirmer — à titre d'œuvrea catholiques. Evidemment, ceux de nos abonnés qni voudraient profiter d^me prime aussi avantageuse et qtii auraient des arrérages d'abonnement an Naturaliste^ devront en môme tempaae mettre en règle pour le passé. Cat on ne saurait payer Tabonnement pour l'année 189S si Vùd. n'a pas soldé celui dus années précédentes. — De même, les personnes qui sont déjà abonnées aux deux publications ne ramaient se prévaloir de cette offre, ^0U3 prions instamment nos lecteurs de faire oonnattre autour d*eux Tavantage extraordinaire que noua offrons, de recevoir durant Tannée 1898, pour deux piastres seulement, et la Jtevue canadienne et le Naturaliste eanadien^

L'ABBE PROVANCHER(i)

(CoQtîiiué du Tolttm« précédent, page ISO)

J'ai parléj en ce« dernières pages, *des marguilliers de Portn eu f » Il au rai t Fa 1 1 n signal e r, n u crédi t d e T a. bbé Prora d cher, qu'il établit ce corps liélibérant dès la première année de son ^féjour en cette paroisiie. L'érection cauoni^u^ suivit donc de très près rérectiou civile de Portneuf qui, parfaitement organisé par M. Provancher dana le domnine religieux comme Bur le terrain profane, se trouva dès lors aussi paroisse qu'il est possible en ce pays d'être paroisse. "^Vous faites bien, écrivait ilgr Baillargeor} à M* Provancher, le 26 février 1863» vous faites bien de vous hâter de faire ci^tte élection (d^s marguilliers) afin de vous mt^ttrc sur le pied des anciennes paroisaes," liB document d*où jVxtniis ct^tte phrase fixe assez Tépoque de ce complément de Torganisation de la paroisse de Portneuf, et me diflptnse fort à propos d'uller à Québec et

(1) Noua «ap^roDi poussoir ûantlauûr, da.iis chaque numéro, ]m pubUo^tion 4b C4tle bio^rAphie, do façon à 1a tamimer le plus tôt powublf^

l'abbé phovanchkr 1^9

aill^irs computaer les archives où se conservent, euVi^Iopp^ei d^une pousaîère que les armées finissent par rendre vénértMo, tant de choses que les pluM lettréd de nos arrière-neveux «auront bien utiliser, tant pour instruire leurs cont*?niporains que pour s'amasser des lauriers dans la nable carrière de

I historien.

Il y a une autre omission que j'ai commise. Dans Tautomue de 1861, l'abbé Provancher faillit sortir du ministère paroissial pour se dévouera récJucation de ta jeunesse. Qui pourrait inia^iner quelle influence un pareil cHat^gement aurait eue sur le reste de sa carrière ! — Donc, cet automne-là, Tabbé Pi erre -Jacques Bédard (1), précédemment curé à Saint- Raymond (Portneuf >, mais voyagfuint alors pour rétablir sa santé, se trouvait en promenade à Stan fold (Ârthabiv^kaj. Or, dans le même temps, on projetait d'ouvrir dans cette paroisse un collège agricole et commercial, qui pourrait plus tard tourner au classique, comme cela s'est déjà vu dans le pays. Le projet était même si sérieux, que l'édifice était déjà iout bâti : une belle maison de pierre, à trois étages, et assez spacieuse pour loger une centaine de pensionnaires et des externes en quantité. Il ne manquait plus que le personnel, qu'il s'a^ssait de recruter pour ouvrir et faire fonctionner l'institution. Le curé de la paioisse, M. Narcisse Pelletier — qui y mourut en 1874. après y avoir exercé son ministère durant vingt-deux années, — proposa à son hôte, M. Bédard, Je prendre la direction du futur collège. Ce dernier, déjà un peu âgé et affaibli, ne crut pas pouvoir accepter une pareille tâche, qu'il ne jugeait guère d'ailleurs être beaucoup dans son genre ; et il proposa l'abbé Provancher pour occuper ce poste difficile.

II lui en écrivit même, le 2 novembre . " Vos études préalables, lui dit-il, un nom déjà fait, votre caractère d'autorité ferme et de ressource : on est unanime à dire que ce serait une providence pour cette maison et pour le pays."

L'abbé Provancher mordit joliment à l'hameçon, et sa réponse donna assez bonne espérance aux gens de Stan fold. Le 26 novembre, le curé Pelletier lui doana rendez-vous à Qaé-

(1) Décédé en 1876, dans le Dakota, B.-U.

180 Lï KATORÂLI3TE CANADIEN

bec pour Tun des jours auivaTits. On élevait, dans cette* entrevue, M'etittfïidre Htir l«e détails de leiitrtpriïie.

Et la suite de Thitifcoire ? Je no sais abaolumetit rien ni des négociations qui se poursuivirent, ni de la façon dont elles prirt^rit tin. 0/ir il eet bien aûr que l'abbé Provan^ht-r rewta C'Jré dtj Port neuf. Nous vciTona aiileure quti c^.* ne fut pa^ Tuniqift! circon?^timce où il pi^naa aêrieumjment à se cun nacrer à l'éiincation de la jeunesse.

Quant au collè^^e de Stanfold, il pivrviut à n'ouvrir en qualité de inaiaon d'étudea cominercialea, Mîiia il ne réussit pas à preridre place parmi lea ci>llè^^'i* cluH^'ii jueti de la t^rovinci^ ; il y réunyit d'autant nioiiiM qu'j. curtaintî épo.jue i"indu^'trle s en enipiira. Et même, a] mew souvenirs sont exacte, la cliuttr futsi pruftjiïile que, 'jini cet édi lice où Ion ^t'étuit d abonl occupé dr niuubk-r ncht^ment la tête des blonds enfantai, on en vint à fabriquer ces éuns de cuir. . . -destinés à protéger le pied des humaine CoJitre les pierres d*acboppement qui jonchent trop souvent te soi do cette vallée de iarmea.

ContinnoriH cepcndan*^ à étniliL^r laetion du curé de Purtneuf tlurant cette année 1865 que j ai quaiitiée de remarquable.

Voici Tœuvre principale de M. Provancher non seulement durant cette année, mai« ujême durant tout son séjour à Portneut'. Aussi bien, ce que j'en dirai montrera que ce dign»^ prêtre ne se contenta pas dï présider activement à l'admmistratic.n matérielle de la paroi^be, mais qu'en même temps il mit tout son zèle à promouvoir la piété et même la sainteté dans les âmes qui lui étaient confiées. Ou peut même dire que, lorsque le curé d'uïie toute jeune p?).roisse entreprend et mène a bonne fin une œuvre de cette sorte, qui ne peut après tout atteindre qu'une élite des fidèles, il faut en conclure qu'à plus forte raison il a dû avoir à cœur les intérêts spirituels de tous ses paroissiens.

Cette œuvre, dans l'annonce de laquelle je ne me défends pas d'avoir mis une pointe d'enthousiasme, ce fut la fonda-

l'abbé PROTÂNCHl^ 181

tion et la parfaite organisation, à Portneuf, d*«iie fraternité du TîerB' Ordre franc iscaiih

Même aujounrhui, où la sollicitude de S. S. Léon XIII a provoqué une diffusion nouv^'ile du troisième Ordre de «îunt François, de tells^ sorte (jue dans notre pfiyy it j ivfhs Tertiaires isolés dtina un grandi nombre de paroisses, même aujourd'hui, il n'existe peut-être paa, dauM la Province, de fraternité fonctionnant régulière merit en dehors de Portneufj pour ce qui ent defl paroisses rurales. Mais en 1SC5, k ce que pense, il n'en existait pas même dans nos villes, ni il n'en avait Bxîsté aucune auparavant. Sans doute, je n'ai gnère fréquenté les annales df notre histoire» et je ne sais p^is du pi^tit nombre de nos compatriott^s pour qui elles n'ont plus de se* creta Pourtant, je crois pouvoir affirmer que jusqu'à cette date personne à peu près ne connaissait le Tiers-Ordre en ce pays, A Tabbé Pro vancherre viendrait donc la p^loire d'avoir été en Canada le promoteur de l'institution frauciscaine.

Ce fat en 1864 que M. Provartcher fut atlniis au noviciat du TJerii- Ordre. Je n*aîj à mon n^r^nd regret^ aucun moyen de savoir à quelle date précise et par Tinter vention de quel prêtre séculier ou régulier il eut le bonheur d'entrer ainsi dans la grande famille franciscaine. Car, à cette époque et depuis longtemps, il n'y étvait plun en Canada de religieux de Saint -François.

Dès cette même année de son noviciat^ il s'occupa de la fondation d'une fraternité franciscaine dans sa paroisse. Le 23 novembre, il posait à ce sujet aux supérieurs de TObservance, de Rome, diverses questions auxquelles le Père Raphael Ci PonticidOf Ministre irénéral des Mineurs, répondait le 28 décembre suivant, du couvetit de TAra-Cœli. Par la dernière de ces questions, on voit que M, Provaneher ne trouvait pas expéJient d'attendre la fin de son noviciat pour se mettre à Tceuvre à Portnenf, et qu'il àéi^irait obtenir une dispense qui hiî permît de faire profession le plus tôt possible. Mais le Ministre général lui écrit que, à moins rie fort graves raisons, il oe faut pas abréger Tannée du noviciat; et que, du reste, on peut accorder même à un novice le pouvoir d'admet-

182 LI NATDHALISTE CAlîiDlïlîî

trti lea fidèlea à la vêture et à la profession. De fait, par un diplôme daté du mêiûB 28 décembre 1864, on Ttiutoriae à donner la vêture et à recevoir à la profe^aion daas le Tiers-Ordre de Saint- François, et même à diriger les fraternités franciscaines. Four ce qui est de ôa propre profession, le P. Raphaël lui permet de la faire en présente de son confesseur, dans le cas où il ne trouverait personne d'fcutorisé à la recevoir.

(A suivre)

Le Nord de la vallée du lac St-Jean

LA RIVIÈRE PÉRIBONCA

tCooitEiiié d« U pftgv 106]

D'un cîïté ou de Tautre de ce vaate eanoUj on voit dea filetfl d'argent qui s'échappent des hauteura surplombant les fières parois du précipice : îh «'évaporent en légères vapeurs k mi-chemin de Tabîme, et vont rafraîchir d'une rosée bienfaisante les feuillages verdoyants qui ombragent à demi les étroites plates-bandes modestement allongées au bord de l'eau.

Des réservoirs plus considérables, situés sur les haute plateaux, écoulent le surplus de leurs eaux par des créneaux discrets, ménagés ici et là au faîte de la muraille, et forment, en descendant, des chutes superposées, comme des escaliers géants, pleins de lumière, festonnés à chaque pas de guirlandes de verdure frangeant leurs rampes de haut en bas, et d'où ressort, de l'ensemble du coup d'oeil, une perspective ravissante qui vous éblouit et vous charme.

Plus loin à droite, entre deux caps élevés, la plate-bande

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