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COMMENT LES PLANTES SE DÉFENDENT

Comment les plantes se défendent^'^

VoU comme les sorts sont di^^rents : ■ Je reste, tu t'en vas,

-disait la rose au papillon celeste. Et de fait T existence des plantes, par suite de leur impossibilité de se déplacer, paraît bien misérable. Il semble que, si un Jour une guerre à outrance éclatait entre les animaux et les végétaux, ceux-ct dussent périr jusqu'au dernier, anéantis par la dent des herbivores, lî ne faudrait pas croire cependant que les plantes soient co[pplètcmcnt dénuées de moyens de défense ; ceuxci, bien que peu connus, n'en existent pas moins et sont même très efficaces. Il y a d'ailleurs, sur cette question, un grand nombre de questions à élucider : les expériences sont, en somme, très faciles à exécuter, et chacun peut se livrer à "Ce genre d'études^ surtout en ce moment où les plantes vont abonder dans les champs et les bois.

Parmi les moyens de défense» les plus connus et les plus manifestes, sont certainement les aiguillons ou les piquants qui garnissent les tiges ou les feuilles et auxquels il est difficile de ne pas reconnaître une fonction protectrice. Jamais on ne verra un mouton ou un cheval devant uri Ajonc, une Épine-Vinettc ou une Ronce, parce qu* il en cuîrait trop à leur palais. Ces piquants protègent même la plante contre Vhommc. Combien de personnes renoncent ^ faire un bouquet de Pruncliicr dans la crainte d'être piquées!

Mais tous les végétaux ne peuvent pas se payer le luxe de se barricader avec de formidables piquants ; ceux-ci ab- 'sorbent, en effet, une masse relativement considérable du ^cbrps de la plante, sans servir à la nutrition. La Bourrache,

(i) Nous croyons être agréable à nos abonnes en leur faisant lire un article, emprunté du Naturaliste^ de Paris, où il est démontré encore une fois combien 4a Providence a su marquer son œuvre au coin d'une prévoyance et d'une saj^esse qui ne se démentent jamais, même dans les plus petits détails. Réd.

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LE NATURALISTE CANADIEK

la Grande- ConëoUdeJà Vipérine et bien d'autres ont trouva

plus économique de se recouvrir de poils acérés, véritable^ cuirasse hérissée qui les recouvre entièrement. Quand on cherche à les cueillir, on se pique les doigts de la belle façon et souvent on y renonce. Lorsque ces plantes se rencontrent dans un champ ou passent les bestiaux, on les voit rester intactes, alors même que l'herbe qui les entoure a été dévorée, montrant ainsi que leur cuirasse les a protégées" d'une manière efficace.

Quelquefois les poïh sont moins abondants, mais alorsdirigés vers le bas, de marbre à empêcher les fourmis et autres insectes de grimper : ces c'ievaux de frise se rencontrent, par exemple, chez la Scabieusc, au-dessous de la fleur^ Vorgane le plus important à prott-ger.

D'autres fois, les poils protecteurs deviennent encore plus méchants, ils se remplissent d'un liquide corrosif qui est projeté dans le corps de l'animal qui vient à les toucher. C'est le cas des Orties dont toot le monde connaît les piqûres brûlantes. Grâce à cette propriété, elles ont pu prendre l'extension qui leur a permis de devenir Tune des espèces les plus communes de notre flore. Le poil de l'Ortie est une véritable merveille de construction. Son extrémité présenteun petit bouton arrondi extrêmement fragile ; il se casse au moindre attouchement et de telle sorte que la partie qui reste est taillée eii biseau comme l'aiguille d*une seringue de Pravaz. Dès que le bouton terminal est brisé, le poil pénètre dans la plaîe et y injecte son liquide urticant.

Les Sauges et plusieurs autres plantes de nos prés arrêtctit les insectes à Taîde d'un liquide gluant dont elles sont revêtues. Les rriàlheurcuses bestioles qui cherchent à les^ escalader s'empêtrent les pattes et ne peuvent plus se sauver—Le Dipsacus ou Miroir de Vénus arrive au même résultat d'uhe manière enco!^ plus curieuse. Les feùilles^ qui se font vîâ^à-Vîâ sont soUdéés de manière à cbnstïtiiër Un petit godet ûîi s'accùmùlè Teau de ptuîe. Ce lac empêché tota-

COMMENT LES PLANTES Sp PÉ^FÇ^DENT 6^;

lement l'accès des fleurs aux insectes non ailés. L'eau y est si abondante que les petits oiseaux y .viennent boire vo- Iqntiers : le Dipsacus e^ d'ailleurs appelé vul^'rement le /raôaret des oiseaux. La nature a-t-elle créé ce? lac? suspendus contre les insectes ou pour les moineaux ? CJU io sa f

Tous ces moyens de défense sont bien manifestes. Pas besoin d'être un botaniste exercé pour s'en rendre compte. Ceux dont nous allons parler maintenant soqt plus difficiles à chercher. Examinez comment, dans un jardin, les liqiaces let les escargots dont les ravages sont trop connus, se com* portent à l'égard des différentes plantes. Ils dévorent cert^nes d'entre elles et laissent les autres absolument indemnes. Parfois on voit un escargot chercher à manger une de ces dernières, mais s'éloigner bien vite, dès les premiers coups de dents, comme pris de dégoût. Or, quand on examine lea plantes ainsi mises à l'abri, on ne trouve à l'extérieur aucun moyen de défense, ni épines, ni poils, ni liquide corrosif. Le protecteur ne réside pas, en effet, à l'extérieur de la plante, mais à son intérieur.

Pour s'en convaincre on prend un fragment d'une plante que les limaces, même aflamées, refusent, et on le Isps^e ma* fcérer dans l'alcool. Au bout de quelques jours, on le retire «t on le lave à grande eau de manière à enlever le liquide •spiritueux. Le fragment ainsi traité est donné ensuite à des limaces qui le dévorent immédiatement. Conclusion : la plante vivante contient une matière soluble dans l'alcool^ qui déplaît souverainement aux limaces et la protège de leurs .attaques.

Ces substances protectrices internes sont e^trêmen^ent tiombreusefii. IL'vine des plus fréquentes est le tanin que l'on trouve presque toujpi^rs chez les plantes, e(& p)>is qu moins ;grande abondance. Une expérience sjinp^e ^^^ nous.pvpntrer cette action^ Prenons des fragments de carottes des* séchées au four et imbil>ons4es ensuite jde 8o)vitiO(i^ i p^. ^i^. 4?> % ^ * P- .^- PvflircMif is;es morç«art«c i,ui^ç,lifl[»cje ;

elle dévorera les morceaux sortant de la solution au milUè^ me, touchera à peine à ceux de la solution k yi p- %, et respectera la formule de la troisième solution. C'est pour cela^ que le trèfle n'est jamais mangé par les escargots ;^ mais laproportion de son tanin n'est pas assez forte pour le protéger contre la dent des bestiaux. Ceux-ci au contraire respectent les feuilles d'un certain nombre d'arbres, parce qu'elles sont riches en tanin.

On sait combien les ** essences " sont fréquentes chez les plantes de nos champs et de nos bois. C'est même pour cela que beaucoup d'entre elles, les " simples " comme on les appelait jadis, servent de médicaments ou sont utilisées comme aromates. Comme la nature n*a sans doute pas mis ces produîts-là dans le seul but de nous être agréable, il est probable qu'ils jouent un rôle dans la vie de la plante. Ce rôle serait de les protéger de leurs ennemis, les halidres. Ainsi les limaces ne mangent jamais la menthe, li rue, le géianium, le dictame^ mais les dévorent après leur traitement par Talcool^ c'est-à-dire après qu*on les a débarrassés de leurs huiles essentielles.

Enfin^ pour ne pas allonger indéfiniment cet aperçu, il nous reste à signaler la'présence, dans plusieurs plantes, de petits cristaux d'oxalate de chaux. Ces cristaux^ très nombreux, ont des formes variées, le plus souvent ils se présen* tent sous formes d'aiguilles terminées en pointe aux deu:C bouts* On comprend qu'un escargot qui rencontre un corps de cette nature sous sa dent n'y revient pas à deux fois- D'ailleurs l'expérience montre qu'un escargot ne mange pas les feuilles d*Arum mactdahim fraîches \ mais, si nous les trî-^ turons dans un mortier, c'est-à-dire si on détruit les cristaux, ou si on les traite par Tacide chlorhydrique étendu, qui dissout les raphides^ les limaces et les escargots les dévorent.

Tels sontj dans leurs grandes lignes, les moyens de défense, biologiques, anatomiques, chimiques et mécanîques« qui ont été observés jusqu'Ici. Mais il est bon de remar-

COMMENT LES PTj\NTES SE DÉFENDENT /t

querque ces moyens de défense soot loin d'être exclusifs les uns des autres, et même Ton peut dire que les^végétaux, chez lesquels on a constaté une seule catégorie de moyens de défeTi>e, constituent la minorité. On peut citer parmi elles VAnan, protégé par dos raphîdes, la saxifrage par le tanîn^ les Graminées par la silice. Parmi celles pour\'ues de deux moyens de défense, citons les Rumcx (tanin et acide oxalïqiie)j les Salvinîa (poils et tanin), les Chœrophylïum (poils et poison), etc. Enfin, parmi celles douées de trois moyens d^ç protection, l'Oxalîs (acide oxalique, poils, tanin), le Sniilax (épines, poisons et raphides), etc. Mais, en somme, presque tous les végétaux ont un moyen de défense quelconque, au moins contre certains animaux.

Il faut aussi remarquer que cette protection n'est jamais absolue, elle n*est que relative ; telle plante protégée contre les limaces ne le sera pas contre les insectes et réciproquement ; mais, pour une plante, un ennemi de moins c'est déjà beaucoup, si Ton songe qu'un Nc/îjt' hortcnsis^ par exemple, mange en douze heures pour un quart de son poids et que le nombre de ses individus est parfois énorme : aux environs de Genève, Yung a compté 1200 escargots de vigne sur un espace de I kilomètre carré. A Saint- Vaast la IIouguc, j'ai compté plus de 200 Hdtx acutus par mètre carré !

Mais icî une question du plu 5 haut intérêt se pose. Les divers moyens de protection que nous venons de passer en revue ont-ils été créés pour le rôle qu'ils jouent aujourd'hui, ou bien leur rôle n*est-il venu qu'après ?

La protection n'est pas douteuse ; les exemples sont suffisamment probants ; quant à la genèse de cette protection, elle est bien difficile à reconstituer. Cependant, iï est très probable que la sélection naturelle a joué un grand rôle : tel végétal qui Si'est trouvé pourvu de cristaux d'oxalate de chaux, je suppose, a pu se perpétuer à travers les temps, tandis que tel autre, non armé pour la lutte contre les limaces, a été anéanti par ces dernières;

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Une dernière remarque est nécessaire pour montrer le fout évident des moyens protecteurs ; puisque toute^î les plantes cultivées sont dépourvues de moyens protecteurs tandis que, comme nous l'avons dît, toutes les plaintes sauvages en sont pourvues. Le cas le plus net est celui de la laitue {Lactuca scarioia\ A l'état sauvage, si l'on casse une feuille ou une tige, on en voit sortir un suc blanc, un iatcx^ corps formé de matières diverses, qui, on Ta montré, défend vigoureusement la plante contre les atteintes des limaces. Au Contraire, dans l'espèce cultivée qui dérive de la précédente, Je latex fait presque défaut ; aussi la plante^ au grand désespoir Hes jardiniers, n'est-eîle plus capable de lutter et se laissc-t-eîle manger par les limaces. Il semble que^ lorsque l'homme cultive une plante, c'est-à-dire !a prend sous sa protection, la plante renonce peu à peu à ses armes défensives^ désormais inutiles, puisque, g^râcc à la sollicitude de rhomme, les ennemis sont écartés.

N'est-il pas piquant de faire remarquer qu'en entourant nos champs de grilles armées de pointes, en entourant d'eau les pieds de nos plantes de serres, en camphrant nos meubles et en empoisonnant nos herbiers, nous ne faisons qu'imiter les végétaux, qui pratiquent ces diverses méthodes depuis longtemps, bien avant que Thomme n'apparût sur la terre ? Avouons que c'est vexant I

Henri COUPIN.

Excursion en Egyj^e

C Be Marseillq à Alexandrie

(Continué de Ut pa^ 60.)

Préoccupé de connaître les changements qui 5e aont produits à travers les siècles dans la configuration dés teirres «et des mers, M. Èlanchard pouf^ arriver à son but cherche des

EXCURSIO» EN ÉGYFTS 7^

î^^tçç^, des probabilîtés et même des preuves dans la présence des espèces végétales et animales ; c'est, pour nous servir <l*une expression de Tauteur, de la géographie enseignée par la nature vivante.

En observant les côtes méditerranéennes, tout !e monde «st frappé de la physionomie particulière que la végétation Imprime à l'ensemble de la région. Le pourtour de cette mer intérieure présente partout la même physionomie. Faut-il redire que c^est sur ses côtes, presque toujours caressées par le tiède zépiiyr, que prospèrent les orangers et les oliviers, que croissent les myrtes, les cytises, les lentîsques, les caroubiers, les arbousiers, les câpriers, les lauriers-roses, le palmier nain, etc ? Un autre membre de l'Institut, M. Cosson, à qui ,nous devons pour la plus grande partie nos connaissances sur la flore algérienne, a mis en pleine évidence les res3emblances de la végétation des côtes africaines avec celles de la Sicile, de l'Italie, de la Corse, de la Sardaigne, des fies Baléares et de l'Espagne. La preuve frappante de cette ressemblance ressort de cette simple constatation que, sur quatre cent trente-quatre espèces de plantes recueillies sur le littoral de la province de Constantine, trente-deux seulement ne se trouvent pjis sur les rivages de l'Europe.

Les animaux qui peuplent les rivages de la Méditerranée ont été moins bien étudiés que les plantes dans la distribution de leur çiîre géographique. Cependant ils fournissent des renseignements d'autant plus précieux que souvent îl y a pour eux impossibilité absolue de franchir non seulement la mer, mais encore de très minimes obstacles.

Les mammifères ne nous offrent que peu d'exemples, parmi lesquels nous citerons Iç porc-épic qu'on rencontrç *ég^e.ment en Espa^^e, en Italie et en Sicile. Nous en avons yu un spécimen sur le marché d'Ôran pu cet animal est recKerché comme gibier, surtout par les étrangers qui y dét>ârciùe;nt. J-a géhette, aujourd'hui rare en Europe, se trauvé aàhs les mîêmes régions. Plu^ieur? reptiles sont caracté-

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rlstiques de la région médîterranéenne, Lecanniléon d'Afrique vit en Andalousie et en Sicile, Le beau lézard ocellé, commun dans les plus chaudes localités de la Provence et des Pyrénées-Orientales, est en Italie^ en Espagne et dans les États Barbaresques, Des sauriens à la peau verruqueuse, bien connus dans le midi de la France, les Geckos {Piatjh dûctyius mauritaniens et Hemidacfylus vcrrucatus) se rencontrent sur tout le littoral, de l'Espagne à la Grèce, du Maroc à TÉgypte et à la Syrie ; (je Tai vu en Palestine et c'est notre ami, le bon abbé Provancher^ qui me Ta fait connaître). Le gongyle ocellé, de la famille des Scinques, qui abonde dans la Sardaigneet la Sicile (on dit ravoir vu en France), existe sur tous les rivages africains et asiatiques ' de la Méditerranée,

Les mollusques terrestres et fluviatiles, animaux en général fort sédentaires, sont arrêtés , dans leur dissémination par une infinité d'obstacles \ aussi offrent-ils de bons indices du caractère d'un pays. Or de nombre.uses hélices et quelques ménalopsis habitent toutes les contrées méditerranéennes et ne se trouvent jamais ailïeurs. L'Espagne, le Maroc et TAlgérie possèdent en propre une remarquable diversité d'hélices d'une forme particulière (la division des Macularia\ ainsi que plusieurs représentants d'autres genr^siCûf carina âœ^ tica, Mdanopsis atriûsa et Mdanopsis Dufouri). Plusieurs espèces paraissent ne vivre qu'en Sicile, en Tunisie et en Algérie {dandina algira^ etc) p'autres, en plus grand nombre, existent seulement sur les tçrres du bassin oriental de cette

men \

Le crabe d'eau douce {Ji'^A?/j^ fiiuviatUis) qui vît dans les torrents de tous les (Jt^tébarbaresques et dans les régions du sud de l'Espagne, de rkalie, de la Sicile et de la Grèce (je l'aï rencontré sur les boiflf du tac de Tibériade), offre des conditions de séjour qil.Wt font un des exemples les plus concluants pour cette l^monstratîon, car jamais il ne s'approche des rivages maritimes.

Les msectes que M* Blanchard a plus particulièrement étudiés, puisqu'ils constituent Tobjet spécial de son enseï* gnement public^ ont des conditions d'existence telles qu'ils fournissent une abondance d'informations que rien a'tî^ale. Or il y a une foule dMnsectes vivant spécialement sur toutes les terres méditerranéennes, car on ne les rencontre nulle part ailleurs^ En voici quelques exemples. Des hyménoptères industrieux, tels que des sphex et des anthophores, des cigales, le gros scarabée noir {Anîhcucits sater)^ sont disse-, minés sur toutes les terrjcs voisines de la Méditerranée,

Le Mcgaccphala eupkratica^ remarquable coléoptèrc carnassier qu'on a d'abord dccouvcrt en Orient, comme l'indique son nom scientifique, a été trouvé depuis dans TAsie mineure, la Syrie, la Grèce, certaines parties de Tj^Igérie, le Maroc et T Andalousie. Une cicindcle, d'aspect très particulier {Cicindda Jrt^Ji/r^),signale toute la côte méditerranéenne^ tandis qu'une espèce du même type (Cl iucînosa) paraît ne vivre qu'au Maroc et en Andalousie.

** Deux genres de mélolonthincs, les glaphyîres et les amphicornes, ne se rencontrent qu'au voisinage de la Méditerranée et de la mer Noire. Certaines espèces sont en Espagne, au Maroc et en Algérie ; d'autres à la fois en Grèce, en Turquie, dans l'Asie mineure et au pied du Caucase. Le genre Julodis, de la famille des buprestîdes, a une espèce qui vit en Algérie ( J, Onopordi ), en Espagne, en France et en Grèce ; d'autres sont en même temps en Grèce, en Syrie, en Egypte ; une en Crimée et dans l'île de Chypre. On cpmpte une quantité considérable de .chaj-ançons ou curculionides, caractéristiques de la région méridionale, plusieurs espèces du genre brachycère {Brachycerus algirus et B. transversus^ etc.) habitent l'Europe méridionale et l'Algérie, d'autres [Brachycerus ^gypHacus^ etc.)feabitent également la. Grèce, la Syrie, la Basse-Egypte. .. \

* (A suivre^

E!. Gasnault.

7Ô LE KATORALI$TE CANADIEIf

(Nous avons reçu dcl^iii de 0o> Icâenrf la cocnniuTikation suivâme, que ùQat publions nvtc pUmf*\

j^lonsieur le Directctir,

Dans le dernier numéro de votre intéressante revue^ vous demandez à monsieur Du mais, votre coHab orateur, " de démontrer la possibilité qu'il y a de rencontrer (dans I

le bassin du lac Saint-Jean) des dépôts de charbon et des ï

sources de pétrole." |

Inutile de vouç dire que la réponse de votre géologue |

intéressera vivement ceux qui s'occupent de géologie.

Si, demon c5té, je ne craignais pas d'être indiscret, je demanderais à monsieur Dumaîs de vouloir bien préciser • '

Tépoque géologique pendant laquelle s'est produite lagîgan- I

tesque fissure du Sagucnay, Je me figure que la réponse â |

cette question doit être plus facile que de prouver Tcxis- |

tence de la houille dans le bassin du lac Saint Jean. ,

Un CURIEUX-

Les çnnemîs dli Satimon

Le plus redoutable ennemi du Saumon adulte, c'est rhomme^qui par des engins divers sait fort bien en faire la capture. Quant aux autres habitants des eaux, sa force et la rapidité de sa course le mettent en position de peu les re* douter.

Mais il n^en va pas de Qiême des petits saumons ou ale^ vins, qui doivent servir de pâture à beaucoup de poissons plus g^os. Or, il parait que les jeuties fumons sont aus^ l'objet des j^ttaqqes de certains insectes aquiitîques. C'est le Dr Wiet qui sigpia^e ce fait isatis ïa Plscicùtitir/ pratiqtif (qitée par le Costnos du 23 avril.)

Deux coléoptères sept 4'ab(^rd indiqués comme promenaj^t le ravage jpj^urmi les acteyins : le Dytisque et l'Hydre-

LES ENÎÏEîilS 00 ^SAUMON ff

phïk. Le premier est un gros insecte, que Ton rencontre souvent en dehors de Tcau et qui, soit à l'ctat adulte, soit à sa période larvaire, ne respecte pas plus les alevins que les autres proies vivantes, et s'en nourrit avec délices, faisant fi dc^ lois très sévères édictées par le gouvernement fédéral pour la protection du saumon, L'Hydrophile, du moins à rétat de larve, ne le cède en rien au Dytisquc pour les instincts carnassiers.

Le Notonectc, hémîptère aquatique de taillé peu considérable, n*est pas moins redoutable que les précédents- S'il n'a pas à son service des tenailles bien dangereuses, celui-ct tue ses victimes par ses piqûres venimeuses.

Ce que ces insectes et divers monstres marins ont épargné de saumons, c'est ce qui reste pour la table du roi de la création. Et quand on capture des saumons de taiilc considérable, îlgés par conséquent et qui ont échappé à d'innombrables périls, on doit les regarder comme des héros, dont la gloire, pourtant, ne les sauvera pas de la mannite.

L'écrivain de la Pisckulture pratiçac s'occupait uniquement des alevins du saumon de la Californie. Mais il n'y a pas de raisons pour que le saumon du Saint- Laurent et de ses tributaires n'ait pas à souiïrir des inênu^ insectes, puisque nous avons dans la province de Québec et les Dy risques^ et les Hydrophiles et les Notonectes, lesquels à vrai dire ne sont jamais en notable ab oil dan ce.

Comme on le sait, il y a i Taidbiiiisac un établissement dé pisciculture. Oh Ton élè^e chaque année des millionst d'alevins que Ton distribue chàiiîté dkns tes principales rivières. Si tous ces jeunes poissons arrivaient à Tetat adulteries résultats ^raieht^vidènîirtiétfttVo^bb^x. Il^dt s^ fàfré te p^it dû féU; et i^gilMet< cbhiilfé^'bèl^ avantageux qu'uh ^i»tttth>èbhft>f%^^h^é^^ àttlj^^l^te ctàilèi^ entourent?. HCHé nblis rfb étbjhitoâspàii ^liélé^^ill^éetéldbdt ildùs avôriâ ^ârl^ itfe)(iVbies»»bc^ da

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rivières de notre Province ; ils sont îcî en quantité trop restreinte'pour causer des dommages sérieux, •••

Nous apprenons avec regret la mort, arrivée en Italie, au commencement de mat, de M. J.-AXintner^entomologistc officiel de l'Etat de New-York, avec qui nous avions eu quelques relations.On dît qu'il a écrit un millier de mémoires ^ur des sujets scientifiques. C'était l'un des plus forts entomo* logistes de l'univers.

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