FORÊTS ET VERGERS
A la date ou nous écrivons (i6 juin), il nous revient de divers endroits du Sagucnay que nos prévisions de l^an dernier ne se réalisent que trop. Les chenilles du Ciisiocatnpa^ dont nous avons parié plusieurs fois, sont à l'œuvre un peu partout, détruisant la verdure de nos forets. On redoute inênne, en plus d'une localité, que ces insectes ne descendent dans les champs cultivés, où elles causeraient des dommages bien autrement lamentables. Car, dans les forêts, leurs attaques ne peuvent que ralentir un peu le mouvement de la végétation et ne sauraient faire périr les arbres qui pousseront, après leur disparition, de nouvelles feuilles. Dans une quinzaine, ces chenilles passeront à l'état de chrysalide ; et nous serons quittes pour cette année.
Nous voyons par les journaux que dans plusieurs endroits de la Province on se plaint aussi des ravages causés sur les arbres par d'innombrables chenilles. Il s*agit encore, croyons-nous, des chenilles du Clisiocanipe, Et comme elles s'attaquent de préférence aux arbres fruitiers, lesquels exis- 8— Juin 189S*
*i^2 LE NATURALISTE CANADIEN
**enl*j(iana ces autres regions, le dommage qu*cllcs y causeront prcbabîcnient aura beaucoup plus d'Importance.
Cc\f[ija.ix des chenilles nous est venu, cette année, bien gAii^ tôt q4i*en 1S97, parce que le printemps de 189 S a été jbeaucDup plus hâtif.
L'ABBE FBOVANCHEB
(Continué de la page 56)
En septembre 1858, M. Provancher écrivait ce qui suit tians la preface de son 7rai/c Hèmcnîaire de Botanique.
'* Si nos occupations nous permettaient de consacrer l^ïkis de temps l\ l'étude que nous avons entreprise des plan* ^.cs de notre pays, peut-être pourrions-nous assez prochainement publier le résultat de nos recherches en jetant les bases <*!'nne Flore Canadienne.'*
'* Assez prochainement '\., Il ne faut jamais prendre trop au pied de la lettre les promesses des auteurs ou des journalistes, ni, comme on sait, des imprimeurs, ni même lies tailleurs. Toujours est-il que, le 15 septembre 1859, la 'révérende Mère Saînt-Cypricn, supérieure des religieuses de Jl':^ Il s- Marie, du couvent de Saïjit-Joscph de Levis, écrivant ïi l'auteur du Traité de botanique, crut devoir lui rappeler l^c^(îcce d'engai^ement qu'il avait pris Tannée précédente. '•^ Je vous prierais^ lui dit-elle, de mettre à exécution ce que \x\wh laissez tant soît peu entrevoir dans votre préface (du 'TraiU' iihncnta'ux de Botanîtjiu), c'est-à-dire de faire une FIo- »c canadienne. Alors la science de la botanique ne serait dji^un amusement pour les élevés ; et vous en faciliteriez Ft^caucoup renseignement aux maîtresses. Veuillez donc y ;K*ngcr, monsieur le Curé, Je souhaite de tout mon cœur «^uc vos graves occupations vous permettent à la longue oT exécuter un si beau projet/'
l'abbé pkovancher S$
tl y avait alors à peine quatre ans qu'un rameau de la pieuse Congrégation de Jésus-Marie, se détachant de la maison nière de Lyon, avait traversé Tocéan Atlantique et avait d*abord pris racine à Saint-Joseph de Levis. Dès ces premiers temps, Taimable science de [a botanique avait créé des .relations entre M. Provancher et les Sœurs de Jésus-Marie, lesquelles se continucrent jusqu'à* la mort de notre savant canadien. J'eus deux fois le plaisir d'accompagner mon vénérable ami dans des visites aux couvents de Saint-Joseph de Levis et de Sillery, et de constater la respectueuse admiration dont il y était l'objet. On savait aussi profiter de r occasion, et l'on ne laissait pas partir le savant sans lui demander quelque éclaircissement sur un point obscur de la physiologie végétale ou sur îe classement d*une plante dans tel ou tel f^cnre ou espèce. ' |
Je ne sais pas quelle réponse reçut la Mère Saint-Cyprien du botaniste de Saint- Joachim, En tout cas, en 1859, elle en avait encore pour des années à attendre la publication de la Flore canadienne. C'est qu'il faut un bien autre travail pour préparer un in-octavo de huit ou neuf cents paces sur un sujet scientifique que pour composer quelque vaste roman d'une pareille étendue. Je dirai même que ce n'est rien d'écrire de T histoire^ quelque quantité de documents qu'il ait fallu préalablement compulser, en comparaison de ce qu'il faut d'études et de recherches pour la préparation d'un volume de classification scientifique. Sans doute, comme il l'a dit dans la préface de la Flore, Tabbé Provancher s'aida des travaux des botanistes des États-Unis, pays dont une partie au moins se rapproche beaucoup du nôtre dans le domaine végétal ; mais encore fallait-il contrôler le témoignage de ces savants, comparer avec les siennes leurs observations, en un mot '* retrancher, ajouter, corriger,'' suivant ses propres expressions.
Du reste, puisque l'occasion s'en présente naturellement ici, il vaut autant citer tout le passage où Tabbé Pro-
vancher rend hommage à ceux qui lui ont été utiles dans la' préparation de son œuvre :
"Nous mentionnerons d'abord comme ayant droit à notre reconnaissance et à nos remercîmcnts, Aug. Delisle, écnyer, notaire, de Montréal, pour une foule de remarques intéressantes sur les plantes des lieux environnant cette cité. Puis Son Honneur le Ju^q Roy, de la Malbaic, résidant cidevant à Chicoutimi, pour une liste de plantes de ces deux localités et des lieux cîrconvoisins. Bien que nous ayons visité nous-mcmc ces difTcrcntcs localités, les notes fournies par CCS savants amis ne nous ont pas peu servi pour indiquer un lieu précis pour chaque plante, et pour combler des lacunes auxquelles ne pouvaient manquer de donner lieu des visites trop rares ou trop promptcment faîtes. Nous avons été aussi heureux do recueillir de la bouche de Sa Grandeur Mgr Horan, évêque de Kingston, et de M. Tabbé Ferland, professeur à T Université Laval, plusieurs renseignements utiles sur les plantes qu'ils avaient rencontrées dans leurs pérégrinations, le premier à travers les forêts du Haut-Canada, et le second sur nos côtes labradoriennes. Pour le reste nous nous sommes servi de quelques rares articles de journaux canadiens et des ouvraf^cs des botanistes américains* Torrey, Gray, Nuttall, Wood, Carey, Flint, Sullivant, Browne, et de la F/ûra Borcaiî Americana de Sir W, Walker Hooker, de celles de Michaux, Pursh, etc, retranchant, ajoutant, corrigeant, etc.» suivant que nos observations et la confrontation avce des spécimens vivants ou pris dans notre herbier nous sufjgéraient de faire/'
Notre auteur a bien sujet de mentionner ses observations personnelles : car on ne sauraittraitcr des végétaux d'une con* trée seulement d'après ce qu'en ont dit les écrivains d'un pays voisin et îi^ans les avoir étudiés soi-même assez sérieusement. Aussi se croit- il en position d'afïirmer qu'on trouvera ses descriptions " beaucoup plus exactes que celles de ces divers au t'^urs/' dont *' la plupart ont décrit les plantes du
L*ABBÉ PROVANCHER 85
'Canada sans avoir jamais mis les pieds en ce pays ; or , (poursuit-il) personne n'ignore que les mêmes plantes peuvent affecter des formes, une taille, des nuances diffcrentea suivant les climats qu'elles habitent.*' Dès son enfance, qui se passa à la campagne comme à peu près toute sa xue, M» Provancher avait eu l'œil ouvert sur les productions naturelles du pays ; doué d'un rare esprit d'observation et d'une mémoire fort heureuse, on peut dire que rien de ce qu'il avait vu ne se perdait. Puis, durant les trois ou quatre années où il s'occupa plus prochainement de la composition de son ouvrage, il dut évidemment redoubler d'attention pour faire plus ample connaiïiisancc avec le rLîgne végétal du Canada. |En un mot, il utilisa tous les changements de résidence qui lui furent imposés par tes circonstances.
En effet, il se trouva assez bien préparé pour parler avec connaissance de cause au moins des plantes des diverses parties de la province de Québec, ou plutôt du Bas-Canada, comme on disait alors. Elevé dans le district de Nicolet, il résida ensuite à la Beauce, sur la rive sud du Saînt-Laurent inférieur, sur la Côte de Beaupré, et enfin dans la région de Portncuf II faut aussi compter avec les voyages qu'il eut occasion de faire et dont il ne manqua pas de tirer parti pour le but qu'il poursuivait. C'est ainsi qu'en 1861 îl visita pour la première fois le Sagucnay et le lac Saint- Jean^ — excursion qu'il raconta, vers le milieu de septembre^ sur un journal de Québec, que je crois être le Courrier du Canada, Il se rendit aussi dans le Ilaut-Canada, à une époque que je ne puis préciser ; parlant d'une variété de l'Achilléc mîllefeuille, il peut écrire dans la Fhre : " Nous avons rencontré ^de magnifiques individus de cette variété dans les chemins a voisinant Tunivcrsité de Toronto." Il y a assez de localités mentionnées dans le cours de l^Fion comme habitat de telles ou telles espèces de plantes, pour juger que la plupart du temps îl devait en parler d*aprts ses propres observations- Enfin, moi qui, pendant les vingt dernières années de sa vie,
Taî sî souvent accompagné en divers voyages, je puis rendre témoignage de rardcur infatigable qu'il mettait sans ces* se à parcourir les champs et les bois à la poursuite des spécimens du monde entomologiqiie, qui absorbait en ce temps toute son attention. Quel ne devait donc pas être son zè!e pour l'étude du monde vcï^étal, lorsqu'il était beaucoup plusjeune, et que le dessein qu'il travaillait à réaHser lui faisait une nécessité de se renseigner le plus qu'il était possible ?
{A smiTc)
Excursion en JESgfypte
De Marseille à Alexandrie
{Co^ilinui de la p:igc 75)
'Tarmi les Tcncbrionidcs, les Pîniélîcs, les Ten ty ries,. lc\s E radies, dépourvus d'ailes et incapables de se porter à longue distance et, du 'reste, attachés aux localités arides et sablonneuses, dominent par le nombre des espèces au MaroCj en Algérie et en Espagne. Certains représentants de cesgenres se trouvent k la fois en Corsc^ en Sardaigne, en Sicile et probablement en Tunisie, Plusieurs ne se rencontrent que sur les entes du bassin oricTital de ta Méditerranée. Au genre Asida, qui est de la même famille^ s'appliquent [c:^ mêmes observations; mais la prédominance de ses représentants en Espagne, au Maroc et en Algérie est encore plus prononcée.
*' II est un genre de Coléoptères des plus étranges par la configuration des antennes, ceîui des Faussas, dont les espèces appartiennent, en général, à T Afrique et aux Indes-
EXCCURSION EN EGYPTE iîjT
orientales. A la grande surprise des naturalistes, on ovi découvrit une petite espèce aux environs de Tanger {Pau:j^ S14S Faincri}\ Tinsecte a été trouvé depuis en Algérie, dans^ l'Espagne méridionale et en Provence. XjXXQ espèce voisine est en Grèce et en Anatolic. Un type bien caractéristique^ le plus gros des Carabes, les Frocèrcs {Proccms scabrûmsi^ etc.) sont en Grèce, en Turquie, en Syrie, dans TAsie mtneurc et en Crimée. Une espèce (P. gtgas) se trouve it Torient de TAdriatique, dans la Carnîole et l'Illyric.
** Il faut| de même que des oiseaux, toujours se défictr des Lépidoptères, qui ont des ailes capables de les transpoir=ter au loin ; cependant voici les Thaïs qui demeurent attachés à la région méditerranéenne. La plus commune (Thnis: rumina) se rencontre sur îc littoral de T Afrique et dans l'E^vpagne, la Provence, la Grèce, la Crimée. Une autre c?^pècc-: { T. Ci" ris \ 7 ) , ainsi q u * u n type très p p.r t î c u 1 i c r ( Duritis appi t/ina i^ demeure exclusivement dans les contrées orientales^ k^ Grèce, l'Archipel, la Syrie, l'Asie mineure, le Bas-Danubcv*^ {CûmpîiiS rendus^ t. CXIII, 1047, de l'Ac. des Sciences.;
Tels sont les faits dont M, Blanchard a conclu que, suit l'immense périmètre de la Méditerranée, la faune comme: la flore offrent un même caractère général, tandis qu'à faible distance, des les premiers reliefs du sol, ce caractère ccsic d'exister, II s'ensuit que si la Méditerranée n'existait pas^ un uatur?>liste observateur passerait de T Afrique en Europf: sans s'en apercevoir. Car si quelques différences daii5 la. flore et dans la faune se manifestent dans le sens de la lonr^jî-r tude quahd on va de l'ouest à Test, ces différences cessent oit sont peu sensibles dansée sens de la latitude du sud au nord- Or comme, d'une part, des obstacles très médiocres s'opposent à la dissémination d'une foule de végétaux et d'animaux, et que, d'autre part, la Méditerranée constitue wvl obstacle absolument infranchissable pour la plupart des êtres, il est donc permis de tirer, des considérations qui précèdent sur la faune et la flore de la région méditerranéenne^, fee.
preuve irri^cusable que la Méditerranée s'est ouverte dans l'âge actuel de la terre, les animaux et les plantes que nous observons sur ses rivag^es étant dans les niêmes conditions que celles où ils se trouvent de nos jours. Ces conclusions de M- Blanchard trouvent une éclatante confirmation dans les découvertes faîtes pendant la campagne du Travailleur, Ces découvertes ont démontré que la Méditerranée est pauvrement habitée dans les abîmes. D'après M. Blanchard, cette misère de la faune peut être attribuée aux conditions d'existence uniformes ou ingrates ; mais il est reconnu que la Méditerranée, dans ses profondeurs, nV pas d'espèces qui lui soient propres ; celles qu'on y rencontre sont toutes venues de rOcéan, Il est de la plus grande probabilité que la faune littorale sera Tobjet d'une remarque analogue, le jour où des investigations seront poursuivies sur les côtes du Maroc^ du Portugal et de l'Espagne. Les cétacés qui fréquentent la Méditerranée abondent dans TAtlantique.
M. Blanchard conclut ainsi : " Durant les âges géologiques, il y eut certainement une mer intérieure qui^ selon toute apparence, s'ouvrait du côté de l'orient ; cette mer a disparu. Pendant la période actuelle du monde, à une date ancienne, selon rhistoire des hommes, récente selon Thistoire du globe, par suite d'un affaissement du sol, un vaste bassin s'est constitué et, du côté de Toccident, les eaux de l'Atlantique y ont fait irruption."
Ces conclusions ont amené une discussion fort intéressante, une sorte de tournoi scientifique. MM. A. Milne Edwards, Daubrée et Flcbert sont, successivement entrés dans la lice, les uns pour appuyer ou expliquer, un autre pour combattre les idées de M. Blaîjchard.
ïl en ressort que la Méditerranée n'a pas toujours été ce qu'elle est de nos jours. Dis l'époque jurassique, une mer occupait cet emplacement. On la retrouve à la période crétacée et dans les temps tertiaires. Mais comme à cette dernière époque on voit des dépôts saumâtres et lacustres bien
caractérisés succéder à des formations marines, on est bien forcé d'admettre un exhaussement lent et progressif du bassin méditerranéen.
Il y a mieux. A ces couches lacustres ont succédé des argiles, des graviers et des conglomérats ou se trouvent ces débris de mammifères dont M. Albert Gaudry a rétabli les types enfouis en Grèce, à Pikermi et au mont Lebcron, dans le département de Vaucluse. C'est parmi ces mammifères que vivait l'Hipparion que les évolutionnistes considèrent comme Tancé tre immédiat du cheval. L'Hipparion se distinguait par ses membres terminés par trois doigts, et non par un seul comme notre soltpède. Il est probable qu'à cette époque une notable partie de la mer Méditerranée ^tait émergée.
Puis est survenue la mer pliocène avec ses dépôts marins au-dessus desquels se sont déposés plus tard des conglomérats à galets roulés, dans lesquels abondent les mastodontes et ïEii'pIws merkiionaOs, C*cst donc encore une nouvelle faune terrestre qui, à son tour, a été ruinée par la mer qua* ternaire dont les sédiments ont recouvert le terrain pliocène. L'histoire de la Méditerranée possède donc un intérêt réel,
La campagne de Taviso le Travailiiur^ à laquelle j*ai fait allusion plus haut, a été entreprise en 1881, dans le but d'explorer le fond de la Méditerranée au point de vue des êtres vivants qui peuplent ses couches profondes.
16 MARS, — Le beau temps continue, aussi les heures passent vite. Un des passagers, qui habite depuis plusieurs années le Caire, a causé longuement avec nous ce matin, et nous a donné bien des renseignements intéressants et qui peuvent nous être utiles. Les officiers du bord sont toujours très complaisants et nous donnent tous les détails sur la marche du navire et sur les contrées du Levant que nous devons visiter. Nous avons aussi fait la connaissance d'un naturaliste anglais, M. FI. -A. Flurst, esq., qui a déjà fait plu-
sîcurs voyages en Egypte^ et a étudié le pays au point de vue botanique ; il a eu la bonté de me donner un exeniplaire de son ouvrage, publié en 187S et 1S80, et je conipte bien Tutiliser pendant mon séjour en Egypte.
Nous arrivons devant Alexandrie. Il est onze heures du soir ; mais comme les passes de l'entrée du port sont difficiles, nous ne pourrons y entrer que demain matin.
17 ^rARS. — Nous pénétrons dans le port sur les six heures, après avoir louvoyé une partie de la nuit aux alentours de la passe qui est fort dangereuse, et qu'il n'est permis d'aborder qu'en plein jour avec Taîde d'un pilote du pays. La côte d'Egypte se présente sous Taspect d'une longue bande de sable qui dépasse à peine la surface des flots. Peu à peu le décor se dessine^ sur un fond orange et pourpre,dans le plus beau lever de soleil qu'il soit possible de voir. On distingue d'abord le phare, puis le palais de Razel-Tia, résidence d'été du vice-roi,puis la masse du palais ruiné d'AbbaS'Pacha, puis la colonne de Pompée, enfin une rangée de moulins à vent. Sauf quelques palmiers, ce spectacle n'a rien de très oriental.
Une quantité de barques s'approchent du navire, montées par des équipages daiis tous les costumes et portant sur leur peau les nuances les plus variées, depuis le blanc Jusqu'au noir d'ébène. Chaque passager, chaque bagage, est saisi par quarante mains à la fois ; ce sont des cris, des hurlements, des disputes, des gourmades à donner le vertige. Heureusement prévenus par l'un de nos compatriotes, qui a fait plusieurs fois ce voyage, nous laissâmes, mon ami et moi, nos bagages dans nos cabines ; et ce ne fut que lorsque ce tumulte se fut calmé parle départ du plus grand nombre des passagers, que nous nous rendîmes tranquillement à terre sur une barque restée près du navire, et à sept heures nous étions à l'hôtel de risthme-dc-Sucz,
(A suivre.)
E. Gasnaut.