‹ Le Naturaliste canadienChapitre 24 sur 142 · NOMENCLATURE DES INSECTES · texte numérisé non relu

NOMENCLATURE DES INSECTES

Il y avait beaucoup de fantaisie dans le système de Linné. C'est ainsi qu'il donna à un groupe de Papillons le nom de Chevaliers (Equités), qu'il subdivisa en Grecs (Achi- . vi) et Troyens (Troës). D'autres naturalistes l'ont suivi dans cette voie ; et beaucoup d'espèces ont été désignées par le nom de personnages de l'histoire ancienne et de la mytholo-r gie païenne.

Par exemple,' dans le monde des insectes, nous retrouvons Pan, Protée et Vulcain, Cybèle, Bellone et Diane, La

déesse de Sîdon* a deux homonymes, Aatarté et Astaroth. Aphrodite, Paphia et Idalie ont charge de conserver le souvenir de la déesse de Tamour. Les Grâ e sy sont toutes trois, JEuphrosine, Aglaia et Thalia, Vitelliua représente le^ empereurs. Quant aux rois, ils sont en nombre : Daunus, Artaxercès, Numitor, Montezuma^ Agéailas, etc. Les reines y viennent avec la noble Antiope et la gracieuse Cassiopée. Parmi les gens d'épée, on voit Aja^ et Marcdhca. Il y a tout un essaim de gens de plume Cadmus, Avion et CatuUe, Juvénal de satirique mémoire, et Marcellinua l'historien, etc. Machaon et Codalirius représentent la Faculté. Les jolis garçons ont leur place avec Adonis, et Phaon, et " Bal' der le beau," tandis que les monstres sont représentés par PolyphèTne et Chiron, Nous avons encore le perfide Sinon et rhonnête Cincinnatus, Dorcus, retour de l'empire des morts, et Atropos qui coupe le fil de la vie.

On a donné des noms sauvages à quelques-unes de nos espèces de TAmérique du Nord, comme, par exemple : Massasoit, Pocohontas et Metacomet. D'autres espèces ont été nommées d'après certaines particularités de leur coloration, comme Flavofasciata, à téguments jaunes iJnterrogationis— ainsi appelées , du " point et virgule " d'or ou point dHnterro^ation grec que Ton voit sur leurs ailes postérieures. Il y a des espèces désignées, à titre d'honneur, pè^r le nom de naturalistes distingués ou des personnes qui leè^ ont découvertes ou décrites, comme : Boisduvallii, Leconièi, Provanchéri. D'autres encore reçoivent le nom des plant(^^ où leurs larves trouvent nourriture : Celtis, Betulœ, Quercus^ie. Enfin, quelques espèces sont nommées d'après d'autres insectes avec lesquels ils ont quelque ressemblance ; ainsi : Àjf^iformis, Tipuliforme, Ichneumoniforme, Culici/orme, dési^çnées respectivement d'après Yaheille, la tipule, Y ichneumon et ^. cousin.

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LA DiPHTERINE LACERTE (i)

Monsieur le rédacteur,

Lorsque le Moniteur publia uia correspondance, dans le mois de décembre dernier, j'étais loin de m'attendre à un accueil aussi cordial de votre part,parce que je suis habitué depuis longtemps à constater que l'on refuse de s'occuper de ce que j'avance, et même qu'un bon nombre méprisent ce que j'énonce de temps à autre au sujet de mon traitement de la diphtérie. Mais comme vous m'offrez si bienveillamment de me servir de votre intéressante publication scientifique, le Naturaliste ca^nadien, j'accepte avec reconnaissance l'hospitalité de ses pages, pour dire à vos lecteurs comment je traite et guéris cette maladie.

Dans les cas de diphtérie, je fais prendre ma préparation,qui a nom Liphtériney (une à trois cuillerées à thé) comme gargarisme toutes les heures, la nuit comme le jour, sans égard au sommeil. Les enfants trop jeunes pour se servir d'un gargarisme, doivent, bon gré mal gré, en avaler, une cuillerée à thé toutes les heures ; et ceux d'au-dessous de deux ans, une demi-cuillerée à thé. Lorsqu'il y a écoulement du nez, je fais injecter dans les narines une ou deux cuillerées à thé de ce liquide toutes les deux heures, en alternant avec les doses données par la bouche. Ces. injections nasales, qui constituent aussi le traitement le plus sûr de tous les catarrhes du nez, peuvent être faites avec un siphon ou une seringue.

Si l'on a affaire à des enfants qui ne peuvent se gargariser, on doit aussi toucher Téruption toutes les deux heures, autant que possible, avec une petite " lavette," ou mieux avec un pinceau de poils de chameau imbibé de ce remède, en alternant encore çivec les doses avalées.

Le vomissempnt, qui se rencontre parfois au début, est

[1] Voir le Natttbaliste de janvier, page 13, 7— Mars 1895.

promptement soulagé par Tusage de la glace, et en donnant d'heure en heure une cuillerée à thé de lait avec autant d'eau de chaux, mais toujours dix ou quinze minutes après l'usage du remède.

Ma diphtérine n'est pas incompatible avec le sérum immunisé du Dr Roux.

Quant à la diète, je fais prendre aux malades autant de lait que possible, du gruau, du corns-tarch et des bouillons. Je tiens surtout à l'usage du lait parce que c'est un aliment complet.

Voilà mon traitement de la diphtérie, qui m'a valu un si beau succès dans les trois important3S maisons dont j'ai parlé. Dans ma pratique privée, tnes prescriptions ont été invariablement les mêmes ; mais, pour diverses causes que je ne pouvais contrôler, j'ai perdu dix-neuf à vingt pour cent de mes malades. Ce sont probablement ces insuccès, plus tôt connus que les guérisons, qui ont empêché un certain nombre de confrères de faire un essai judicieux de mon traitement, et ont par là même enrayé sa vulgarisation.

Dr N. Lacerte.

Levis, 16 février 1095,

Note de hA Rédaction.— Nous n'avons aucune compétence en la question, et ne pouvons par con8équent exprimer d*opinion autorisée sur la valeur de la Diphtérine. Cependant, il nous semble que, lorsqu'un médecin honorable expose des faits sous sa signature, et lorsque ces faits peuvent être facilement contrôlés, on ne saurait refuser de donner quelque attention à ce qu'il affirme ; la négation pure et simple n'est p;is toujours une réponse "victorieuse !

— Depuis que nous avons écVit ce qui précède, un ami nous communique la Presse du 23 février, où nous lisons, avec un véritable plaisir, une lettre du Dr A. de Martigny, précisément rédigée en réponse à la correspondance . adressée à divers journaux, en décembre dernier, par le Dr Lacerte. Nous reproduisons ici cette lettre, datée de Paris [où M. de Martigny étudiait la méthode Roux par mission du gouvernement de Québec] , afin de mettre nos lecteurs au courant de la question. Ils y verront que ce médecin distingué se proposait de s'occuper de la Diphtérine dès son retour au Canada, ce qui n'est pas pour déplaire au Dr Lacerte, croyons-nous, ni au public qui serait content de voir sa méthode soumise à un contrôle sérieux.

Paris, le 29 janvier 1895. Monsieur le rédacteur,

L' ^'Electeur", dans son numéro du 20 décembre 1894,

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publie une correspondance de mon honorable confrère, M. le docteur Lacerte.

Au cours de sa correspondance, M. le docteur Lacerte acr cuse la méthode employée par le docteur Eoux dans le traitement de la diphtérie, de donner des résultats pou satisfaisants, si on les compare à ceux qu'il a obtenus, lui, avec un médicament à lui connu et de sa composition.

"La mortalité, écrit il, est de 24 à 26 pour cent, avec la méthode du docteur Eoux, tandis que je n'ai eu qu'un seul insuccès sur deux cents cas que j'ai traités."

Chargé d'étudier la méthode du docteur Eoux, j'ai à cœur de réfuter l'attaque de mon honorable confrère. Je tiens à affirmer que je ne le voudrais blesser en rien. Je crois M. le docteur Lacerte de bonne foi dans tout ce qu'il avance. S'il a commis quelques erreurs, je suis convaincu qu'elles ont été involontaires. Mais, d'autre part, je crois de mon devoir de démontrer que la méthode employée par le docteur Eoux, dans le traitement de la iipthérie, a bien mérité l'attention que le monde civilisé lui a accordée, et la haute admiration que ses merveilleux effets ont inspirée à la profession médicale entière.

C'est vous dire, M. le. rédacteur, combien je vous serais reconnaissant d'insérer ma réponse. Comptant sur votre bienveillante hospitalité, je vous en remercie d'avance sincèrement.

Je ne discuterai donc pas la valeur du traitement préconisé par mon honorable confrère, contre la diphtérie. Je lui ferai seulement remarquer combien il est hasardeux et peu dans les mœurs scientifiques de notre époque, d'opposer à la méthode de traitement du docteur Eoux, un moyen de guérison inconnu, n'ayant subi aucun contrôle médical, et n'ayant, jusqu'alors, guéri que des cas dont le diagnostic bactériologique n'a pas éié fait, et dont la nature diphtérique ne peut être scientifiquement affirmée.

Car la méthode du docteur Eoux est décrite et connue

dans tous ses détails. Les statistiques citées ont subi un contrôle sérieux de la part du corps médical. De plus, de 26 pour cent qu'elle était au début, (alors que les parents faisaient traiter leurs enfants trop tard), la mortalité est tombée à 13 pour cent seulement.

Nous sommes en droit d'espérer que, bientôt, les parents soumettront leurs enfants au traitement dès le début de la maladie, et que nous verrons la mortalité devenir presque nulle. Car elle n'est actuellement que de un pour cent chez les enfants traités dès le premier jour.

N'est-il pas, au moins, téméraire d'opposer à une méthode qui présente de telles garanties scientifiques, un traitemeut absolument empyrique ?

Je répète que je n'ai pas absolument l'intention de blesser mon honorable confrère, au contraire. Mais je ne puis m'empêcher de lui faire remarquer que, dans une telle comparaison, il est absolument nécessaire de mettre les deux termes dans les mêmes conditions. Pourquoi le docteur Lacerte noffre-t-il pas son moyen de traitement au contrôle médical ? Je déclare que, pour ma part, je serais heureux de lui accorder toute mon attention lors de mon très prochain retour au Canada.

Agréez, monsieur le rédacteur, l'assurance de ma haute considération.

Dr Adelstan de Martigny,

Paris.

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