INSECTES DES AGES DISPARUS
Un jour d'avril dernier, étant entré par hasard chez un cultivateur, à quelques milles de la ville de Winnipeg, pour m'y reposer après une longue course dans la prairie à la recherche de quelques canards sauvages, on me montra une superbe pétrification, un vrai trésor surtout pour un entomologiste. Datant probablement du miocène, cette pièce; à peu près de forme triangulaire, montrait sur une de ses faces trois Coléoptères dont les formes étaient restées à un haut degré de conservation. La texture des élytres de deux de ces insectes me rappelait le genre Microrhopala actuel de la famille des Chrysomélides ; et, par les formes générales de l'autre, je crus reconnaître un représentant du genre Goccinella. Mes hôtes me dirent que cette curieuse pièce, vestige des âges passés,leur avait été apportée par un membre de leur fais -JuUlet 1895.
mille, de Vancouver, Colombie Anglaise. L'offre de quelques pièces d*argent ne put décider la mère à s'en dessaisir ; c'était tout ce qu'elle possédait d'un fils depuis longtemps parti pour tenter la fortune quelcjue part.
Durant les époques primitives comme actuellement, les insectes ont toujours fourni le principal contingent du règne animal ; et malgré la fragilité de leur organisation, il nous est arrivé un si grand nombre d'espèces des différentes couches géologiques qu'il ne peut y avoir de doute à cet égard. C'est en frappant les terrains primaires que le marteau du géologue mita jour les premiers insectes; les Orthoptères, Névroptères, Hémiptères, inférieurs en organisation aux Coléoptères, Hyménoptères, Lépidoptères,semblent être les seuls représentants de ces âges. La faune se multiplie rapidement pendant l'époque secondaire et se développe vers les espèces plus parfaites. De la période j irassique, Oswald Heer, célèbre naturaliste, a mis à jour en Suisse seulement deux raille spécimens représentant 143 espèces, les Coléoptères y comptant pour la grande majorité Les Hyménoptères s'y rencontrent rarement, mais deviennent plus nombreux dans l'époque t jrtiaire qui semble être le berceau du Lépidoptère; on en a retiré quelques espèces seulement.
Gus. Chagnon.
LES DERNIERES DESCRIPTIONS .'DE L'ABBï PROVANCHER
OEDEE DES HYMÉNOPTÈEES
[Continué de la page 97]
FAM XI. MUTILLIDjE
SPH.EriOPHTHA.LME ALVÉOLÉE, Sphœrophthalma alveolata, n. sp.
? — L:)ng. .20 pce. D'un roux testacé,Ies yeux avec l'ex-
trémité des mandibules et des antennes, noirs. T<3be plus large que le thorax finement ponctué, se rétrécissant un peu en arrière des yeux; Tocciput léorèrement excavé et arrondi,mais se dessinant sur les côtés en une crête se terminant en avant par une épine ou mucron. Thorax anguleux en avant, régulièrement arrondi en arrière et tout couvert sur le métathorax de ponctuations profondes se traduisant en petites alvéoles. La tête et le thorax, à part une courte pubescence blanche peu dense, portent de plus longs poils blancs épars ; le vertex porte une bande brune entre les yeux. Pattes ronxtestacé, avec poils blancs, Textrémité des cuisses et des jambes postérieures plus ou moins obscure, leurs tarses jaunepâle. Abdomen en ovale conique ; le segment basilaire non resserré à son sommet et portant près de son insertion une petite épine de chaque côté ; son bord postérieur est marginé de brun ; le 2e segment finement ponctué est plus ou moins largement brun à son sommet ; les autres sont tous d'un roux brunâtre avec poils blancs ciliés au sommet d*une frange des mêmes poils plus longs et plus denses. — Cap-Rouge. (*)
Peut-êtrj la camidensis de Blake que nous n'avons point vue ; mais M. Blake ne mentionne pas les épines du dessous delà tête ni de la base de Tabdomen, et ne parle pas nou plus des reticulations si apparentes du métathorax.
FAM. XIL SPHEGIDjE
Ammophile a-nez-pointu, Ammophila nasalis; n. sp.
c? — Long. .72 pce. Noir avec Tabdomen roux. La tête et le thorax avec poils blancs, la tête excepté sur le vertex et le thorax excepté sur le dos, couverts d'un duvet argenté brillant, le chaperon se prolongeant en triangle aio-u en avant avec la pointe un peu relevée. Antennes entièrement noires. Le métathorax avec fines stries transversales. Ailes hyalines, les nervures noires. Pattes noires, les tarses avec les jambes a-itérieures brun-roussâtre. Abdomen avec le 1er article du pédicule noir, le 2e roux avec une ligne noire sur le dos, tout le reste roux avec une tache noire sur le dos des segments 1, 3 et 4, et quelquefois aussi sur le 53. — Los Ancreles (Coquillett). (*)
' FAM. XIV. POMPILID^E;
Pompile TRAPU", Pompilus compactiLi^, n. sp. — Lrrg.
(*) Type au Musée du Parlement, Québec.
.40 pce. Noir, rabdonien fort et brillant avec une obscuic reflexion de pourpre, la fac3 noiie sans aucune tache, le chaperon légèrement arrondi, antennes a^sez courtes à pubescence grisâtre à l'extrémité. Bord postérieur du prothorax anguleux, métathorax arrondi. Ailes fortement enfumées à nflets violacésjà 3e cubitale pédiculée, la 2e arrondie antérieurement. Abdomen poli, luisant, fusiforme, sans taches — Vancouver.
Voisin du sceleshis, Cress., mais en différant par Tabsence de. sillon sur le métathorax et par la nervation de ses ailes dont la 3e cubitale edt pédiculée. (*)
{A suivre)
MOUCHE-DES-CORlMES
Nos remerciements à M. L.-A. Bernard, pharmacien-chimiste (1882, rue Sîiinte-Catherine, Montréal), pour Tenvoi d'un échantillon d'une prép<Mration "infaillible pour la destruction de la Mouche-des-cornes." Nous allons tficher d'en faire l'uxpérience. Mais chacun peut aassi demander, à l'adresse indiquée, des échantillons que l'on enverra gratis.