LA PHOTOGRAPHIE ARTISTIQUE
(Continué de la page 162)
Au point de vue esthétique, ce ne sont pas les objets reproduits, mais bien leur interprétation ou leur tniduction qui frappent. Deux photographes, ayant des connaissances égales, peuvent se mettre à l'œuvre au même endroit ; leur choix du sujet peut différer considérablement, et, une fois leur travail complété, on pourra admirer une œuvre d'art chez Tun et non pas chez l'autre. Celui-là aura résolu d'employer certains objets^, non pour en avoir une copie servile ou les lepro; duire njathématiquement, mais pour les faire servir a donner HU spectateur la sensation agréable que produit le choix judicieux de la disposition des objets, et l'arrangement heureux des lumières et des ombres.
Tel paysage paraît sans vie, uniforme, n'a pas de relief parce que le soleil Téclairait en plein, votre ombre étant projetée devant vous sur le sol ; tournez-vous à droite ou à gauche, et vous verrez graduellement les ombres s'accuser plus fortement, les premiers plans se détacher avec vigueur des loiii tains reculés.
Tel visage paraîtra inanimé et plat, presque difforme, étant éclairé directement : faites arriver les rayon>î lumineux plus obliquement, de manière à produire des oniLres et des demi-lumières, et l'expression naturelle reviendra vous aurez le sentiment de la vie.
En faisant des exercices répétés dft cotte étude (Vonibre et de lumière vous raisonnerez mieux les conditions favorables de l'opération, et vous verrez des tableaux inimitables Jà où vos yeux ne voyaient auparavant qa»^ des choses banales.
La re*"ouche du portrait est regardée comme une des opérations les plus artistiques de Tart photographique ; elle peut l'être en effet, mais il y a un écueil dans lequel bon nombre sont exposés à tomber, c'est celui d'altérer notablement les traits de la figure, particulièrement de la bouche, ou de donner une expression toute autre que celle de la nature, afin de complaire aux clients exigeants.
(D'après le Bulletin belge et d'autres revues).
L'abbé E. Poirier.
N. B. — Comme nous aurons plus de loisirs, à partir du mois prochain, nous reprendrons les expériences personnelles qu'il nous a fallu interrompre. Pourvu que chacun des abonnés y mette du sien et, ce qui est encore plui? parfait, amène des recrues, s'il en a l'occasion, l'administratif ^du journal fera la dépense nécessaire pour reproduire, par des gravures, quelques photographies d'objets vus au microscope.
L'abbé E. P.
BIfiLlOGRAPHIE
— Le livre des cercles agricoles — Manuel d'agriculture, par Ed.-A. Barnard, Montréal, 1895.— Tous les journaux de la Province ont déjà fait l'éloge de ce livre ; et, d'après le rapide examen que nous venons nous-mêine d'en faire, nous trouvons qu'on en n'a pas trop dit, si même on en a dit assez. Il y a là 500 pages bien remplies de tous les sujets qui peuvent être utiles au cultivateur ; non seulement les principes de hi science agricole y sont exposés, mais on y trouve aussi le^ plus sages conseils d'économie domestique. M. Barnard,
BIBLlOGlUPillE 195
qui est le bienfaiteur insigne de Tagri'^ulture canadienne, eu a fait comme le résumé des études et des expériences qu'il a poursuivies depuis quarante années. Une typographie soignée, de nombreuses et belles gravures ajoutent encore du prix à ce beau volume, qui a été publié par le gouvernement de la Province. — Nous prions l'honorable commissaire de l'Agriculture d'agréer nos remerciements pour l'envoi d'un exemplaire.
— L'éditeur du " Sténographe canadien " nous envoie un exemplaire du Tableau de La Sténograpkie Diiployé, à l'usage des écoles de la Province de Québec, et nous l'en remercions. Ce tableau, parfaitement imprimé sur beau papier, est destiné à être fixé au mur dé la classe,et permettra aux élèves d'avoir constamment sous les yeux l'alphabet sténographique et les principes essentiels de l'écriture abrégée. C'est, H nous semble, le moyen le plus pratique de vulgariser la connaissance dQ la sténographie, art que tous voudraient posséder en en voyant les avantages, et que beaucoup regrettent de n'avoir pas appris pendant leur péjour à l'école. Nous fé- . licitons sincèrement notre confrère du Sténographe canadien d'avoir publié cet excellent tableau, qui a été revu par l'abbé Duployé lui-mêm3, et qui a reçu l'approbation du Conseil de l'Instruction publique. Il serait bien à désirer que tous les petits Canadiens fussent initiés aux faciles secrets de l'art abréviatif.
— La Revue canadienne , dont nous publions ailleurs l'annonce, réduit à $2.00 le prix d'abonnement. Nous espérons que cette réduction lui vaudra le concours de beaucoup d'abonnés nouveaux. Cette excellente publication, si catholique et si canadienne, alimentée par nos meilleurs écrivains — Doin Benoit, LeMay, Routhier, Dion ne, l'abbé Bourassa, l'abbé Degagné, Leelaire, Royal, etc. — , mérite assurément les succès qu'elle remporte et dont nous nous réjouissons.
— Nous remarquons, dans Texcellent Jovrnal d'Agricul-
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ture illustré, un fori utile travail de M. J.-C. Chapais, sur les ** Plantes qui ont de rinfluence sur la vache et le lait."
— Nos rivières et nos lacs : Chasse et pêvhe dans la Province de Québec, C'est une jolie plaquette de 80 pages, que nous avons reçue du Département des terres de la Couronne- On y voit, par un simple coup d'œil, quelles sont les ressoudées de notre Province, en fait de poissons et d'animaux ou gibiers de chasse. D'utiles et intéressants détails sur lek clubs de pêche, les lois concernant Tatfermage des rivières et des lacs, des statistiques, etc., remplissent ce coquet petit volume. Mais le sportsman qui le lirait durant les époques de "prohibition" serait bien imprudent. . . .Ce serait s'exposer à la terrible tentation de désobéir aux lois qui protègent les hôtes des bois et des eaux.
"LA REVUE NATIONALE