‹ Le Naturaliste canadienChapitre 92 sur 142 · A PROPOS DE "FICHES · texte numérisé non relu

A PROPOS DE "FICHES

ment pa" dangereuse pour nous, c'est que la sécrétion exter

ne du venin est faible On voit donc qu'il ne faut pas

considérer toujours comme absolument inoffensive la couleuvre. Certaines variétés pourraient très bien, dans quelques cas, nous jouer aussi de mauvais tours." (H. de Parville.)

Il s'agit, en toute cette affaire, des couleuvres de France. Quant aux nôtres,qui appartiennent pourtant au même genre Tropidanotus, elles passent pour absolument inoffensives. Qui 8ait,toutefoio,8i Ton ne constaterait pas aussi chez elles la présence de glandes à venin,et de principes toxiques dans leur sang si on les soumettait au même examen ? — Mais cela ne doit empêcher personne de dormir. Même les couleuvres d'Europe ne peuvent être accusées d'aucun homicide. On n*a sans doute encore aucun exemple de morsure provenant do la couleuvre, qui, en fait d'hostilité, ne fait qu'agiter vivement sa langue bifurquée en dehors de sa bouche : et cette langue offre SI peu de solidité qu'elle ne peut même attaquer l'épiderme de la peau humaine. Donc, le sang seulement de la couleuvre serait à redouter. Mais nous ne voyons pas cotnment le venin qui y serait contenu pourrait exercer son action dans nos veines, sans y être introduit avec le propre sang de la couleuvre : ce qui, on l'admettra, ne peut avoir lieu facilement, dans les conditions ordinaires. Eu d'autres termes, il faudrait le faire exprès, pour être empoisonné ^par la couleuvre.

A PROPOS M ' FIOliES"

^icAe^, "feuilles de cartDn, dit Littré, sur lesquelles on écrit des titres d'ouvrages, que l'on classe alphabétiquement dans des boîtes, et auxquelles ou recourt pour trouver le volume dans la bibliothèque." Il faudrait plaindre l'homme qui ne comprendrait pas une définition si claire. Eh bien, voilà le système de l'avenir pour les catalogues des grandes bibliothèques. On abandonnera de plus en plus le catalogue vieux genre, en forme de livre, oil il est impossible d'établir une classification correcte, que dérange l'acquisition de tout. nouveau volume.

Le système des fiches, au contraire, disposées par ordre

12 LE NATUlULlfcTE CANADIEN

alphabétique, n'est en rien bouleversé quand on doit y introduire l'indication d'un nouvel ouvrage : on met à sa place, tout simplement, parmi les A, ou les B, etc., la fiche correspondante à ce livre ; et tout est dit.

On comprend tout de suite si les recherches sont facile.s dans une bibliothèque où règne la tiche. Voici un botaniste étranger qui arrive à Québec. Tout ce qu'il sait d3 la bibliographie scientifique de notre Province, c'est qu'il exista ici un botaniste du nom de " Moyen ", et qu'un ouvrage intitulé ** FJoru canadienne " y fut un jour publié. Dites à notre homme de se rendre à la bibliothèque de l'Université Laval; on lui ouvrira les boîtes- casiers : dans la série alphabétique des fiches portant les vorns d'auteurSyW aura vite fait de trouver celle de Moyen, avec inscription de son ouvrage Cours élemeniaire de Botanique et Flore du Canada^ Montréal, 1871. Dans une autre série, celle des titres d'ouvrages, il trouvera aussitôt la fiche Flore canadienne, où il verra que ce livre est de Provancher, et qu'il fut publié à Québec, en 1862. En outre, sur chacune de ces fiches, il lira des indications qui lui apprendront dans quelle partie de la bibliothèque et sur quel rayon se trouve le volume désiré.

Nous ignorons si d'autres hu liothèques ont adopté le système des fiches ; mais nous savons qu'à l'Université Laval on poursuit depuis bien des années l'txécution d'un catalogue de ce genre pour la bibliothèque ; et le savant Mgr T.-E. Hamel, bibliothécaire de l'institution, est devenu si enthousiaste du système, qu'il l'applique même à toute espèce de travaux avec les meilleurs résultats.

On comprend que dans une bibliothèque très considérable; disons de trois à quatre cents mille volumes, la série, par exemple, des noms d'auteurs prendra des proportions absolument énormes. Mais voici comment on a résolu le problème.

Un M. Dewey a proposé un système de classification décimale bibliographique, que l'Association des Bibliothécaires des Etats-Unis a adopté depuis une vingtaine d'années. On a réparti toutes les connaissances humaines en dix groupes numérotés de à 9, comme suit : 0, Ouvrages généraux ; 1, Philosophie ; 2, Religion ; 3, Sociologie ; 4, Philologie ; 5, Sciences ; 6, Sciences appliquées ; 7, Beaux-Arts ; 8, Littérature ; 9, Histoire.

Chacun de ces groupes étant encore très considérable, on

A PROPOS DE "fiches" 13

les a tous divisés respectivement en dix catégories Sicondaires, ilésignées aussi par les chiffres de à 9,, ajoutés à droite du chiffre de la première catégorie. Par exemple, '•* 5 6 " signifierait d'abord le groupe Sciences (5), puis la catégorie secondaire Sociétés (6). — Et ainsi de suite. On divise et on subdivise tant que l'on veut. Et les séries spéciales de tiches que l'on forme de cette façon ne sont plus disproportionnées ; les recherches n'en deviennent que plus faciles.

Pour faire un civet, prenez un lièvre. . .

Pour faire un livre, prenez un livre.. .

C'est l'histoire de tout le monde. Quand on veut écrire sur un sujet quelconque, on aitne bien à consulter ce qui s'est écrit déjà là-dessus. Il y a même eu des gens — on lit cela dans l'histoire ancienne — qui ne se contentèrent pas de consul tv'r les écrits de leur prochain .....

Quelle belle chose ce serait, mon cher ' écrivain, si vous n'aviez qu'à vous rendre à telle bibliothèque, et à parcourir une série de fiches qui vous indiqueraient les auteurs et \e^ ouvrages de toutes les époques et de tous les pays, qui > ont traité le sujet qui vous intéresse ! — Par exemple, vous voulez faire un travail sur ce problème difficile (dont les savants se sont naguère occupés) : " Que se passe-t-il pendant la chute d'un chat, pour qu'il tomba toujours sur ses pieds ?" De fiche en fiche, vous saurez que tel auteur allemand a écrit sur ce sujet un article de valeur qui se trouve à telle bibliothèque de Berlin. Vous n'avez plus qu'à écrire à Berlin pour vous procurer le savant mémoire,et qu'à apprendre l'allemand pour le comprendre (si vous n'avez pas d'ami parmi les gens qui entendent cette langue). Vous en tirerez ce que vous vou- <irez, sans craindre les indiscrétions de quelque malencontreux Chapman. Si c'est un savant japonais que vous pillez, vous n'en serez que plus en sûreté.

Mais, à parler sérieusement, ne voit-on pas de quel inapprieiable valeur serait, pour les gens qui s'occupent de sciences, de littérature, etc., l'organisation internationale de semblables séries de fiches, embrassant toutes les connaissances humaines ?

Eh bien, ce beau rêve a commencé à se réaliser.

En septembre dernier, il s'est tenu à Bruxelles un çon-

grès bibliographique international où Ton a adopté le système Dewey pour la classification des ouvrages, et prié le gouvernement de la Belgique de provoquer une organisation universelle par les soins de laquelle, en chaque pays, on établirait des séries de fiches indiquant, pour chaque ouvrage, les bibliothèques où il se trouve. Il y aurait ensuite échange de ces fiches entre toutes les bibliothèques de l'univers, et, dans chacune, Ton saurait ce qu'il y a dans toutes les autres. Et les facilités de Tétude en seraient décuplées et centuplées.

Il y a plus encore. En ce moment même commence à fonctionner, à Zurich, Suisse, un Bureau bibliographique international (*) pour les diverses branches de la Zoologie. On fait appel aux écrivains de tous les pays, qui publient quelque chose, concernant la Zoologie sous quelque rapport que ce soit, d'en informer le Bureau. Celui-ci publiera à mesure tous ces renseignements sur des fiches spéciales (de 5 pouces sur 3) qui seront envoyées à tous les souscripteurs. On s'attend ù publier, en cette première année, environ 8,000 de ces fiches, dont le prix est fixé à deux piastres par mille. L'ensemble de ces fiches constituera l'index bibliographique de tout ce qui aura été publié, en 1896, dans le monde entier, sur les mammifères,les oiseaux, les poissons, les insectes et les autres divisions du règne animal.

Et l'on continuera ainsi d'année en donnée. — L'on s'occupe déjà d'organiser une entreprise semblable pour la botanique.-T-Puis les autres branches des connaissances humaines auront leur tour. — Dans un quart de siècle, cela fonctionnera partout ; ce sera le règne international de la fiche, — Ce lien nou reau unira tous les peuples dans une fraternité sublime. — Plus de guerres pour désoler le genre humain. — Etc., Etc.

Malheureusement, cela va coûter cher. Seize piastres par année seulement pour la Zoologie î Quand même on occuperait la lucrative position de propriétaire dn Nataraliste^ canadien, on ne pourrait encore songer à l'acquisition de toutes ces fiches-là. Cest aux grandes institutions qu'il appartient de s'assurer la possession de cet outillage de Tavenir,

(*) En voici l'adresse exacte : Bubeac bibliographique, Uniyebsitats- Str. 8, Zubich-Obeb&tbass, Suissb. — Nous infarmoiiB 1«8 collaboratears dv NaHralibie qu^ls n'ont plui à se préoccuper du soin de leur célébrité» attendu que noas expédions notre revne a« Bnrefta de Zaricb ....—•

NOS CONFRÈRES DK LA PRESSE 15

€t nous espérons que nos universités, au moins, pourront ajouter de tels trésors aux richesses bibliographiques qu'elles possèdent déjà. — Et puis, il faudrait commencer tout de suite ; il lie faut pas risquer de voir l'édition s'épuiser avant que l'on soit pourvu. ..

Quant aux gouvernements, qui ne savent jamais que faire de leur or, ce n'est plus un souhait qu'il y a à formuler à leur sujet, en cette affiiire . Il faut dire : c'est de leur part un devoir de fournir à leurs administrés un tel seco»irs pour leurs études, A la bibliothèque du Parlement d'Ottawa, à la biblio^ thèque de la Législature de Québec, nous devrons trouver tout ce qu'aura produit cette organisation internationale.

Les gens de lettres et de sciences sont toujours plus ou moins gueux, — les exceptions confirmant merveilleusement la règle. De trouver à leur portée, à Québec, à Montréal, à Ot« tiwa, tous ces trésors de fiches, ce sera n'est-ce pas ? — comme chacun brûle de le dire— une fameuse ^cAe de consolation.

NOS CONFRERES DE LA PRESSE

Plusieurs journaux ont eu la bienveillance, durant l'année 1895, de publier les sommaires de nos livraisons. Voici, au meilleur de notre mémoire, les noms de ces confrères qui nous ont tant montré de sympathie : La Minerve, la Vérité, le Courrier du Canada, le Progrès du Sagueyiay, l'Ouvrier catholiqaey la Sentinelle, le Trijluvien, le Canada, le Franco-Canadien, V Enseignement primaire, le Courrier de Saint- Syahinthe, le Journal d'Agriculture illustré. Aux directeurs de toutes ces publications, nos remerciements les plus sincères.

Nos félicitations à la Sentinelle, de Mattawa, Ont., qui a commencé sa deuxième année en janvier dernier.

The Review (Arthur Preuss, 145 Schiller Street, Chicago, ÏU., XJ. S.— Hebdomadaire à 8 pages, $1,50). Nous cou-

eiHons à nos amis, curieux de suivre le mouvement catholique aux Etats-Unis,d'essayer une année d'abonnement à cet excellent jounii'il alleniand,pubiié en lan<(ue anglaise. Ils se di'sabonneront ensuite,.. .s'ils Je peuvent. Car c'^st Tune des pbis inti fessantes publication?^ que nous ayons jamais vues. Il y a tant de plaisir à (5(0ut(»r quelqu'un qui dit de toutes choses ce qu'il per.pe, avec franchibc «-t surtout avec sûreté de jagenjent. — M. Preu.'-s défend les intérêts religieux des Canadiens des Elats-Uni?, avec autant do vigueur qu'il en met à soutenir la cause des Allemanc^ aes compatriotes.

THE KIDOLOGIST

Nous avons déjà, il y a deux ans, signalé à l'attention dt3 nos lecteurs cette belle revue qui venait alors d'être f ndée. DeiiUis, elle n'a fait que croître en intérêt et en perfection artistique. Le numéro de déci^mbre,, que nous avons sous les yenx en ce moment, est particulièrement parfait sous le rapport de la rédaction et des illustrations que Ton ne ménage jamais, du reste.

C'est la seule revue — mensuelle et illustrée — qui traite de l'ornithologie américaine, et tous ceux qui s'occupent de cette intéressante classe des Oiseaux, auraient plaiwsir et profita suivre cette publication, qui est vraiment d'un genre très distingué. — Et cela coûte..? — Seulement Sfl.OO par année. S'adresser au Directeur-propriétaire, M. H. K Taylor, 100 Fifth Avenue, New-York City, U. S.

— Nos remerciements à la Librairie Rolland, de Montréal, pour renvoi d*un joli calendrier à effeuiller ; et à rétablissement (^imprimerie et de photogravure JDarvean, de Québec, pour Tenvoi du très artistique" calendrier qu'il apublié pour 1896»

N. B. — Le manque d'espace nous oblige à renvoyer à la livraison suivante le compte rendu bibliographique du oaois^"

LE

VOL. XXIIl (yOL. m DE UA. DEUXIEME SEBIE) No 3

Chicoutimii >'evrierl896 Directeur-Propriétaire : l'albé V.-A. HUARD

FORMATION DU SAGUBNAY

LE CATAOLTSME

(Continué de la page S)

^'Maintenant, voici Hébertville. Regardez, au pied des montagnes qui s'élèvent au sud des lacs Vert et Kénogamichiche, les éboulis énormes de terre qui sont encore là immobiles dans leur imposant désordre, comme si la glisssade venait de se faire.

" Ces masses d'argile, de sable et de gravier se sont échappées du flanc des hauteurs, après que leur base eût été lavée par les grands courants sortant du Bassin, et qui s'engouffraient dans la profonde fissure du Kénogami, resserrés qu'ils étaient, entre ces montagnes et les rochers qui se trouvent près d'elles, sur la rive nord, de Kénogamichiche, en approchant le Beau -Portage.

** Nous terminerons ici, M. rabbé,notre excursion un peu mouvementée. Il serait, tout de même, fatigant pour vous de pénétrer plus avant dans le pays, de parcourir tous les autres endroits remarquables qui se multiplient partout dans ce vaste champ inexploré, et qui témoignent si hautement en faveur de notre thèse, que vous ne pourriez faire autrement que de l'admettre franchement et sans scrupule.

*' Pardonnez-moi, s'il vous plaît, de vous avoir entraîné,

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