‹ Le Naturaliste canadienChapitre 96 sur 142 · C. H. Fernald · texte numérisé non relu

C. H. Fernald

lA PHOWRIPBIE PiR LES RAYONS Wmîf

Il n'est personne qui ne connaisse maintenant la fameuse découverte des rayons dits de Rxntgen, ainsi nommés du physicien de Wurtzbourg qui constata, par hasard, leur existence. Ces rayons lumineux, dont on ne connaît pas encore bien la nature, ont des propriétés étranges. Voici ce qu'en dit le Cosmos du 8 février :

"La science connaissait jusqu'à hier quatre espèces de rayons, dont Une seulement agit sur l'œil : les rayons lumî-; neux. Les trois autres sont invisibles ; ce sont : les rayons <ialorifl(jues ultra-rouges, les rayons actiniques ultra- violet» et les rayons electro- magnétiques de Hertz- Maxwell. Les nouveaux rayons de Rœntgen, invisibles aussi, se distinguent de tous les autres connus antérieurement par leur propriété de traverser presque tous les corps, transparents ou. non, compacts ou en état de poudre, sans réflexion ni réfraction aucune, c'est-à-dire sans déviation de la ligne droite de propagation, en subissant seulement une absorption plus ou moins grande. Ainsi, par exemple, l'ombre jetée par un livre d'un millier de pages n'est pas plus noire que celle que jette uiie plaque de verre dépoli. Cette ombre est visible sur une surface couverte d'une matière phosphorescente; elle peut être aussi photographiée, attendu que les rayons de Rœ itgen provoqueut la phosphorescence et impressionnent la plaque

photographique, quoiqu'ils n'agissent pas directement sur la rétine rie l'œil.

" On conçoit facilement l'émoi que causa, dans le monde savant, la publication de Rœntgen, en décembre dernier, sur sa nouvelle découverte. Au3si les physiciens du monde entier se livrent-ils actuellement à l'étude de ce nouveau phénomène qui est encore tout à fait problématique."

Le PUerin du 2 février avait fait connaître ce qui donna lieu à cette découverte. ** Lorsqu'on lance," dit-il, ** des décharges électriques dans la longueur d'une ampoule de Crookes (ces appareils sont aussi connus sous le nom de tubes de Hittorf ou de Puluy) et qu'on y fait le vide, au lieu d'étincelles, on voit par les yeux une belle lueur continue qu'on a nommée lumière cathodique, comme émanant de la cathode, c'est-à-dire du pôle négatif. Or, un jour, voulant faire de la photographie avec cette lumière, le hasard fit que, Lien qu'on la recou\ rît d'un carton noir, un papier voisin, enduit de cyanure de potassium et placé dans l'obscurité, brillait et devenait fluorescent à chaque décharge!

'' Donc certains rayons passaient à travers le carton, et, bien qu'invisibles à l'œil, agissaient sur le papier préparé. On a essayé alors, en entreposant du bois, des livres et divers corps opaques, et la lumière passait, chaque fois le papier photographique révélait une fluorescence.

" Cependant, cette lumière, qui traversait le bois comme du verre, ne traversait ni les métaux, ni les os, ni certains corps, ou ne les traversait qu'imparfaitement."

Inutile d'énumérer les nombreuses applications qui furent faites aussitôt par les chirurgiens au traitement des maladies des os : elles ont été publiées par nombre de journaux et de revues. Remarquons seulement encore, avec le Coamo», " qu'il ne s'agit pas de photographies proprement dites, en ce sens que ce ne sont pas des rayons réfléchis par les objets qui impressionnent la surface sensibilisée, mais les rayons émanés directement du foyer lumineux. Les objets interposés font ombre et se détachent, parconséquent,en clair sur la plaque noircie par l'action des rayons.

PUBLICATIONS REÇUES 31

"Diverses expériences paraissent éfaiblir que ces rayons ne sont ni des rayons ultra-violets, ni des rayons cathodi* ques. L'hypothèse de l'inventeur est qu'ils devraient être at* tribués à des vibrations longitudinales de Téther."

D*aprës des expériences faites par M. Gustave Lebon, on obtiendrait avec la lumière au pétrole ordinaire les mê< mes résultats qu'avec les tubes de Crookes. Nous en parlerons une autre fois.

L'abbé Em. Poirier.

PUBLICATIONS REÇUES

— A.-L. Hontand«Uy Hémipièret KHèropière» f Première liste et descriptionf «d'espèces noayellet). Les insectes dont il est qaestioa dans cette brochure sont d« la Bèpabliqae argentine et da Paraguay.

—T. Wm Schaefisr, M. D., The poifonouê 9iing of the " Medrie light hug*^ or BdosUma. Ce court mémoire, publié d'abocd dans le Mtdical Index est très intéressant. Nous parlerons, dans un numéro prochain, des rapports plus ou moins agréables que le Dr Schaefer a eus déjà avec le Bélostome.

—The Steele, Brigçe Seed Co., Catalogue lti96. 130 A 13^ King Street Etat, Toronto, Ont.— 113 pages.

MaMê Seed Catalogue 1896. Wm H. Maule, P. O. Box 1296, Philadelphia» Pft., U. S.— 120 pages.

ChUd^ Catalogue ofêeeds, bulbe and plante for 189tf. John Lewis Childs, Flo* xal Park, Queens Go., N. Y., U. S.— 136 pages.

Viek^e Floral Guide, 18f6. James Vick's Sons, Rochester, N. Y«« U. S.— 112 pages.

Ces quatre catalogues sont de véritables joyaux artl8tique6,par leur perfection typographique, par le nombre et la magnificence des gravures qu'ils ren* ibrmeot. L'amateur y trouvera de quoi remplir son parterre, son jardin poia^ ger et les fenêtres de sa maison. On Vj renseignera aussi .sur les. exigences de culture de toutes les plantes d'appartement ou de jardin.

— C.- J. Magnan,ifantt«{ de VroU dvique. Notre eonetUution et nos inetUutUme, Québec, 1895. 60 cti en détail ; 50 cts en gros.

Le Pour la Pairie, de M. Tardivel, fut l'événement bibliographique de l'été dernier, à cause de la thèse, de capitale importance, que l'auteur se proposait de TUlgariser. Le Manuel de Droit civique, en un autre ganre, est l'événemen bibliographique de cet hiver.

Le petit Canadien qui a bien eompris et appris son Catéchisme, sera le ca.» tholique éclairé. Qu'il étudie bien le Manud de M. Magnan, et il deviendra le eitoyen capable déjouer un rôle intelligent dans les machines politique, muni eipale, judiciaire, voire paroissiale, dont chacun, bon gré mal gré, est un roua^ ^e plus ou moins important.

Droit ciTique...ce mot-là nous effarouchait un peu. H s'est passé de si joj|ies choses» dans cette chère France, sous prétexte de civisme ! Mais il suffit de

jeter un e3up d'œil dans le livre de M. Magnan, non seulement pour être Tassaré» mais mémo pour souhai ter que cet on vnigj soit enire toutes Us maius. Ce livre e&t si chrétiennement iuspiré» qu^^ii devrait être rauziliaire obligé da Catéchisme.

La note patriotique règne aussi dans toot l'ouvrage. Cela prouve encore une fois qu<: plus on est chrétien sincère, plus on aime vraiment sa patrie.

Plusif*urs cartes et gravures i^outent du prix à l'ouvrage, qui est trèj jolijnent relié en toile.

• Nous regrettons de n'avoir paa plus d'espace à notre disposition pour donner le plan de l'ouvrage, et montrer ainsi comme il est plein de cho^efc utiles et intéresSAutts ; pour publier les belles lettres d'approbatiou que l'auteur a reçues de S. G. Mgr l'Administrateur de Québec et de Thouorable M. T.-C. Casgraiu, Procureur général.

Que nos lecteurs se proturent cet ouvrage, qui leur apprendra, à tous, bien des choses. Il est destiné aux jeunes gens, sans doute ; mais h s vieux n'ont pas moins besoin que les jeunea d'être renseignés sur leurs devoir» *' civiques.''

Nos félic tations sincères à M, Magnan, pour le bon accueil que reçoit par* tout son exce.lent Manuel.

— Le Canada teclémaatiqne pour 1896. C'est la dixièn>e ann^e que la maison Cadieux & Derome, de Montréal, publie cet almanaoh-annuairevdu clergé canadien ; et nous espérons qu'une si utile publication rencontrera asse^d'eucouragement pour qu'on puisse la continuer d'année en année. Il y a, dansées 274 -pages iii-12, tous les renseignements possibles sur l'organisation de l'Eglise canadienne. Et nous ne voyons pas commeutél pourrait y avoir un seul bureau 'd'affaires» et même un seul presbytère, où l'on n'aurait pas, à un moment don» néy besoin de consulter cet annuaire.

**LA REVUE NATIONALE

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