‹ Le Naturaliste (volume 2)Chapitre 139 sur 240 · LA HUPPE · texte numérisé non relu

LA HUPPE

An. XXX, cahier 6, pour 1889, qu’a publié M. l’aulLeverkühn, et que je résume ici.

Une croyance répandue chez les Arabes leur fait admetti’e que chaque genre animal possède une espèce dominante qui régit les autres. Les Crocodiles ont ainsi leur roi résidant avec sa cour près de Siout, dans le delta du Nil, tandis que le roi des Puces trône dans les jardins, aux environs du lac de Tibériade. Parmi les Oiseaux, nous savons que la Huppe ( Upupa epops L.) est commune en Egypte. Cette espèce européenne est d’ailleurs assez connue pour que je me dispense de la décrire en détail ; de la taille du Merle, elle a des LE NATURALISTE, 16, rue du Bac, Paris.

nie

saient le tapis et, suivant les ordres du roi, ils se mettaient en route.

Un jour, comme Salomon était assis sur son trône d’ivoire et qu’il voyageait de cette façon dans les airs, emporté très haut audessus des peuples de la terre, les rayons brûlants du soleil dardaient sur sa tète et sur sa nuque sans qu’il pût s’en préserver.

Vint à passer un vol de Vautours. Le roi apostrohales Oiseaux pour qu’ils volassent près de lui et l’ombrageassent de letirs ailes; mais ils s’y refusèrent, alléguant qu’ils suivaient une route différente. Alors le roi maudit ces Rapaces et les condamna à perdre les plumes qui garantissaient u’alors leur cou de l’ardeur du soleil et des rigueurs de l’hiver. Il y ajouta qu’à l’avenir, ils ne prendraient plus qu’une nourriture souillée, et la condamnation s’accomplit ju après, une compagnie de Huppes apparut à l’horizon, et, appelée, elle vint en rangs serrés ombrager la tète royale pendant le reste du trajet. De retour à son palais, Salomon fit mander le roi des Huppes et lui laissa le choix de la récompense qui lui était due, à lui et à sa nation. Le roi des Huppes, par courtoisie envers son épouse, laissa choisir la reine. Celle-ci réclama pour les Huppes une couronne d’or qui témoignerait de leur supériorité sur tous les autres Oiseaux. Le roi Salomon, tout en blâmant la reine de son ambition, lui accorda la récompense désirée.

A cette époque, comme un oiseleur se servait d’un miroir en guise de piège, une Huppe qui vint y admirer sa beauté fut prise. Grand fut l'étonnement de l’oiseleur

quand il vit la tète de l’Oiseau surmontée d’une couronne d’or; il tordit bien vite le cou à sa captive et il porta la couronne chez un orfèvre. Le large prix qu’il en reçut l’encouragea. Pour peu qu’une Huppe se montrât, elle était aussitôt prise et tuée. Alors le pauvre roi des Huppes vint porter ses doléances au roi Salomon. Le fils de David reprocha à l’Oiseau sa folie, « mais maintenant, lui dit-il, en souvenir du service que vous m’avez rendu, votre couronne d’or sera changée en une couronne de plumes, afin que vous puissiez vivre sur la terre sans être persécutés». Lorsque les piégeurs se furent aperçus de la métamorphose, ils cessèrent de poursuivre la gent des Huppes.

Ici finit l’histoire du roi de ces Oiseaux. L’Arabe nomme la Huppe Abu-hud-hud, et notre auteur fait remarquer avec intérêt que les habitants du département du Doubs la désignent sous le nom de .serviteur au roi.

Pour compléter l’historique de la Huppe, j’ajouterai que cet Oiseau a toujours été chez les Anciens l’objet d’idées superstitieuses. On prétendait qu’il reconnaît les herbes salutaires en maintes maladies ; on mangeait même dans cette intention certaines parties de son corps. Chez les Égyptiens, on tirait des allures et du cri de cet Oiseau des présages favorables aux récoltes. De nos jours encore, l’apparition des Huppes annonce un événement d’importance dans la fertile contrée du Nil, la retraite des eaux du grand fleuve.

Deux Parnassius nouveaux de l’Asie centrale

les noms de Staudingeri, Traulardinal. Nons n’insisterons pas ici dont le foi

iu s Delphius. Evers. Variété Infumata Staudinger (inlitteris).

assius Delphius se me quand on ne le

dance déplus9 en plus marquée à rapporter à celte ancienne espèce, comme de simples modifications locales ou géographiques, toutes les races particulières qui ont été découvertes sur les Alpes de l’Asie centrale pendant cès dix dernières années et qui siens, N cette vue qui

ment est subordonné, on somme, a tour attribue à l’idée de l’espèce. Nous avons expose ailleurs (dans la préface de notre monographie des Parnassiens Paléarctiqucs) l’opinion que nous professons à cet egard; nous préférons consacrer l’espace qui nous est gracieusement réservé dans cette revue à l’étude d’une nouvelle forme spécifique ou non de l’ancien Delphius, laquelle a été recueillie ment dans le Turkestan et que M. Staudinger pandre dans les collections sous le nom d'Inû nier venu dans le groupe spécial que terme de Cincti, se distingue au premier abord de tous ses aînés par sa couleur jaune ocracée, un peu terne, ou plutôt nébuleuse, plus vive cependant que celle de Cardinal qui est le plus chaudement coloré des Parnassius, si l’on en excepte le male typique d’Eversmanni. Ses dessins sont moins opaques, plus diaphanes que ceux dos autres espèces voisines, notamment les bandes marginales qui possèdent un ton enfumé tout à fait particulier. Sous le rapport de leur disposition, ils rappellent de bien près ceux de Trausicns avec lequel Infumata pourrait

Cependant lesditos marginales

être confondu à première qui encadrent les quatre ; plus translucides et surtout beaucoup plus étroites que celles de cette dernière espèce. Elles n’offrent guère plus d’ampleur aux premières ailes que les bandes similaires de Staudingeri ou de N aman garnis. L’anlémarginale des secondes ailes, toujours bien indiquée chez Trausiens par une suite.de taches irrégulières,

est réduite, chez la variété qui nous occupe, à l’état de vestige ; et les deux macules rondes qui la limitent vers l’angle anal sont fort restreintes, surtout celle qui avoisine le bord, laquelle [ne consiste plus qu’en un petit point. Il y a lieu d’ajouter que le lœvis basilaire, quoique peu chargé, couvre tout l’emplacement do la cellule; et que l’une des deux taches discoïdales des premières ailes, la plus proche de la base, au lieu d’étre ronde ou rectangulaire, ainsi qu’on le remarque invariablement chez tous les Parnassiens, est au contraire sur l’exemplaire mâle que nous avons sous les yeux, divisée en deux petites gales, bien espacées, dont l’une s’appuie contre la costale, et l’autre contre la médiane. Il est à présumer que les macules dont il s'agit doivent parfois disparaître complètement chez certains individus variables, ce qui arrive peut-être aussi pour celles de

Le dessous d’Infumata reproduit i

■ ; il n’existe de ce côté aucune trace des rouges qu’on remarque chez d’autres Cincti tels que Cardinal, Namang:

nouveauté qui nous occupe peut i modification géographique de Traus de cette dernière forme par son coloris ocracé, par la teinte nébuleuse de scs dessins et par la réduction de ses marginales; elle est bien tranchée du Delphius proprement dit; et elle s’écarte de tous les autres Cincti par la marginale des secondes ailes laquelle, pour être relativement étroite, n’entoure pas moins le bord externe de ces organes d’une manière continue de la côte à l’angle anal. On sait en effet que chez Staudingeri Namanganus et Cardinal ladite marginale n’est que faiblement indiquée; qu’elle expire .chez ces trois formes vers le milieu de la marge, circonstance qui établit, selon nous, une dé- «- le papillon qu

Linné. Variété Ochracea Stgr

parfois Staudingeri. En

Parmi toutes les variétés de Mncmosyne que nous sons il n’en est pas une qui, en changeant d’aspect, ait perdu la couleur blanche si constante des ailes. M. Staudinger vient de nous envoyer sous le. nom d’Ochracea une paire d’un Parnassien originaire du Turkestan où il a été découvert, croyons-

à l’ancien type linnéen, mais dont la teinte est d’un ocracé assez pâle, il est vrai, quoique pourtant très accusé. A part cette différence remarquable do couleur, autre particularité n’est digne d’être relevée chez cette c

t que, par l’ampleur et par la doit être rangée dans la race

disposition de ses dessins, i persane appelée Nubilosus, plutôt que dans celle de la vraie Mnemosyne typique. En effet, le sommet de l’aile supérieure de cette dernière est ordinairement occupé par une large tache obscure diaphane d’un ton uniforme; tandis que chez Ochracca de mémo que chez Nubilosus, cette même tache est divisée parallèlement au bord externe par une rangée de macules claires qui représentent un reste de la couleur du fond qui sépare les deux bandes marginale et antémarginalo. La vestiture du corps du papillon dont il s’agit de grise qu’elle est i ment est en outre devenue roussâtre, d’une i celle de l’espèce précédente. Ces deux singuliers : n’ayant encore été publiés nulle part, nous avons cru être agréable aux lecteurs du Naturaliste qui s’occupent de Lépidoptères on leur en offrant une courte description.

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