Fusicladium pirinum, Lib. — Tavelure des fruits
Fruits crevassés, marqués de noir et déformés.
RS TL Les Argas de l’Instituteur
Tel est le titre d’un article sensationnel publié dans le journal le Matin du 9 août 1908, que je reproduis ici en entier. Les Argas de l'instituteur. Ils défient tout : administration et science, et envahissent la maison tout entière.
Moulins, 7 août. — Par lettre de notre correspondant particulier :
Un homme quise sent envahi de jour en jour par le plus sombre désespoir, c’est l’instituteur de La Chapelle — petite commune voisine de Vichy — qui, depuis plus de deux ans, lutte sans relâche et aussi sans succès, hélas ! contre d’étranges hordes d'insectes. Et voici comment.
Au début de 1906, alors qu'il dirigeait depuis peu l’école communale de garcons de La Chapelle, l'instituteur en question se vit en proie, chaque nuit, à des démangeaisons insupportables, douloureuses, et son médecin ne put arriver à le guérir de ce qu'il croyait être un état pathologique spécial. Il ne tarda pas à avoir la
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clef du mystère : tous les coins et recoins de son logement étaient envahis par des groupes d’animalcules à peine perceptibles et qui, à n’en pas douter, étaient les auteurs du mal dont il souffrait.f
Il prit immédiatement d'énergiques mesures de désinfection : les parois de sa maison furent par lui copieusement badigeonnés de pétrole, d’eau de javelle et de chaux vive. Mais rien n'y fit, et les bestioles se multiplièrent bientôt avec une si prodigieuse rapidité que, outrela propre maison du maître d'école, les locaux scolaires furent eux-mêmes envahis,
Désirant connaître l'identité du prolifique et mystérieux insecte, l'instituteur en adressa quelques échantillons à un entomologiste de Digoin, M. Pic, lequel, après un examen approfondi, déclara péremptoirement qu'on se trouvait en présence d'Argas reflexus colombal, un Arachnide de l'ordre des Acarides, qui affectionne particulièrement le pigeon et s'attaque aussi à l’homme.
Le maire de Vichy, appelé à la rescousse, envoya sur les lieux deux spécialistes nantis de l’important appareil de désinfection de l'hôpital de la ville. Il ne fallut pas plus de quelques jours pour constater que les colonies d'Argas avaient parfaitement résisté aux nauséabondes fumées des multiples denrées brülées à leur intention.
Le conseil d'hygiène de l'Allier, sollicité à son tour de trouver une solution au calamiteux problème, préconisa de nouveaux insecticides et désinfectants. Mais les Argas croissaient toujours, ils croissaient même à un tel point que la situation devint intenable et que l’instituteur dut abandonner son logement, cependant que l’école des garçons était transférée dans celle des filles et que l’institutrice aménageait à son tour les pupitres de ses élèves dans sa salle à manger.
En désespoir de cause, la préfecture de l'Allier, où s'accumulent, relativement à l'étrange invasion, rapports et dossiers, a décidé de faire expédier une boîte congrüment garnie d’Argas à M. le professeur Chantemesse, directeur du conseil supérieur d'hygiène publique de France, qui prononcera en dernier ressort.
Et si le moyen préconisé par celte docte assemblée reste encore inefficace, il ne restera plus qu'à mettre le feu à l'école, que chacun, à La Chapelle, fuit en ce moment comme un lieu pestiféré.
J'ai appris depuis que M. Chantemesse avait fait des essais qui étaient restés sans résultat.
J'ai déjà, dans le journal le Naturaliste, donné la description, les mœurs et les moyens de destruction de cet Acarien, je n’y reviendrai pas aujourd'hui; je tiens à dire cependant qu'on parvient très facilement à détruire ce parasite par l'emploi de l'acide sulfurique à l’état naïissant dont j'ai maintes et maintes fois entretenu mes lecteurs.
Il suffit de placer, dans les colombiers ou dans les chambres où se trouvent ces insectes, quelques kilogs de fleur de soufre mélangée d’un poids égal de salpêtre et d'y mettre le feu: cette opération m'a toujours donné de très bons résultats.
Les Argas deviennent de plus en plus communs; en voici la cause.
Beaucoup trop de petits propriétaires, d'amateurs, d'ouvriers veulent avoir des pigeons, et n’ayant pas les moyens de construire un pigeonnier propre, bien aéré, se contentent de mettre deux ou trois perchoirs et quelques boîtes à couver dans leur grenier.
Si les pigeons ne sortent pas ou peu, ils sont vite atta-
. qués par les Argas reflexus, et toutes les fissures du grenier en sont garnies; de là à descendre dans les chambres inférieures, il n'y a qu'un pas et beaucoup de colombophiles passent leurs nuits à se gratter.
Si les pigeons sortent, c’estune autre calamité pour les voisins : en peu de temps les gouttières sont remplies . de crottes et j'ai pu voir au Boisguillaume des citernes dont le fond était garni de plus d’un mètre cube de guano de pigeon.
Que de chicanes, que de ‘procès cet oiseau a causés, d'autant plus que, lorsque vous le voyez sur votre toit, vous n'avez pas même le droit de le tuer!
Vous êtes condamné à boire l’infusion de ses excréments et la loi vous oblige à le respecter. Quand donc mettra-t-on un impôt sur ces éleveurs improvisés, qui, sous prétexte de patriotisme, propagent des Argas et contaminent les eaux potables ?
PauLzL NoEL.
LIVRES NOUVEAUX
Animaux de nos Pays (Animaux domestiques et sauvages, amis et ennemis). Dictionnaire pratique, par M. HENRI CoupiN, docteur ès sciences, lauréat de l'Institut. Un volume in-18, 500 pages, 660 gravures et 46 tableaux, relié toile, tranches rouges, 6 francs; franco, 6 fr. 60.
Ce très intéressant ouvrage, qui renferme la description des animaux les plus communs de France, de Belgique et de Suisse, rangés suivant leur ordre dans la classification scientifique, s’adresse au grand publie, et plus spécialement aux chasseurs qui veulent connaître le gibier qu'ils ont tué, aux pêcheurs curieux de savoir le nom du poisson que leur ligne ramène, aux instituteurs qui cherchent à déterminer les échantillons de leur musée scolaire, aux écoliers qui veulent avoir des renseignements sur les bêtes qui leur sont familières, aux agriculteurs désireux de connaître leurs amis et leurs ennemis, etc.
Il est divisé en deux parties d'importance et d’esprit différents :
41° L'étude des Vertébrés, c’est-à-dire des mammifères, des oiseaux, des reptiles, des batraciens et des poissons, où l'on trouvera :a description de, toutes les espèces de France, de Belgique et de Suisse ;
2° L'étude des Invertébrés, c'est-à-dire des insectes, vers; mollusques, etc., dans laquelle l’auteur a dû limiter ses descriptions aux espèces les plus communes, en s’étendant parfois sur quelques particularités de leurs mœurs,
Pour guider la recherche des noms des animaux, on a semé dans l’ouvrage de nombreux tableaux de classification qui amènent le lecteur à serrer la question de plus en plus près et, finalement, à arriver au nom désiré, Le « tâtonnement » de cette détermination est rendu facile par les. 660 gravures qui accompagnent le texte.
Enfin un index alphabétique très détaillé, dans lequel on a répandu à profusion les noms vulgaires des. principales éspèces, fait de cet ouvrage un véritable dictionnaire.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Sur le Lathræa Clandestina, L., parasite de la vigne dans la Loire-lnférieure. Note de M. Cor, présentée par M. Guicnanro.
Depuis 2 ans environ, les viticulteurs de Vallet, contrée qui fournit un des meilleurs crus de la Loire-Inférieure, constatent dans leurs vignobles la présence d’une plante, nouvelle pour eux, et à laquelle ils attribuent le dépérissement et même la mort de leurs vignes.
En avril dernier, voyant que l’arrachage de la plante incriminée était insuffisant pour la détruire et empêcher son apparition en de nouveaux points du terroir, les vignerons de Bonnefontaine, près Vallet, s’émurent et, le 2 mai 1909, chargèrent M. Cassard, qui porte le plus grand intérêt à la viticulture locale, de vouloir bien signaler ces faits aux autorités administratives et aux botanistes.
Des racines entremêlées et des fleurs, expédiées à M. Gouin, secrétaire général de la Société d'Agriculture du département, furent présentées à M. L, Bureau, directeur du Muséum d'Histoire naturelle de Nantes, qui reconnut, dans les fleurs, celles du Lathræa Clandestina L., plante commune dans le département. Sur les racines brunes étaient fixées, par des sucçoirs vésiculeux, les racines blanches ramifiées du parasite (les racines fraîches sont d'un beau jaune foncé).
L'étude histologique des crampons-sucoirs et des racines nourricières montre que les suçoirs sont bien implantés sur des racines de Wüfis vinifera, qu'ils ont la même structure que ceux décrits et figurés par Heinricher pour la Clandestine tixée sur le Saule. Ils sont du type dit suçoir compact ou en coin de pénétration, par opposition à ceux du Lathræa Squamaria, qui sont du type thalliforme ou ramifié.
Le nombre relativement faible de ces suçoirs etleur diamètre, très rarement inférieur à 1 millimètre,les différencient immédiatement de ceux du Lathræa Squamaria, toujours plus nombreux et plus petits, et qui forment, avec les radicelles du parasite, une véritable gaine feutrée autour de la racine nourricière. L’hôte nouveau n'a donc pas mocifié la structure du parasite,
Ce n’est pas la première fois que l’on constate le parasitisme accidentel d'Orobanchées sur la vigne : on y à déjà rencontré le Phelipæa ramosa,C,-A. Mey etsurtoutle Lathræa Squamaria, L. Dès 1850, Grenier et Godron, dans leur Flore de France, en parlaient comme d’un fait assez fréquent. Mais le Lathræa -Clandeslina n'avait jamais été observé sur cette plante.
. Indépendamment du fait intéressant, à savoir l’envahissement, pour la première fois, de vignobles très anciens de la Loire-In{érieure par le Lalhræa Clandestina,L., plante commune dans ce département, il y a lieu de faire observer que cette plante des lieux humides à envahi cependant certaines vignes dont le sol est sec et le sous-sol pierreux,
Le parasitisme du Lathræa Clandestina, bien qu’accidentel, n'en est pas moins redoutable pour les vignes atteintes, qui devront être arrachées, au moins en partie,
Influence de l'acide borique sur les actions diastasiques, Note de M. H. AcuLxon, présentée par M. Roux.
L’acide borique n’a, sauf le cas de la lipodiastase du ricin, qu’une faible action paralysante sur les diastases : quelques-unes sont même activées pour certaines doses; pour l’une d’elles, la sucrase, cette dose activante est très élevée. Au point de vue pratique, on peut voir dans ces faits une explication dela faiblesse du pouvoir antiseptique de l'acide borique.
Nouvelles observations sur les uappes de la Corse orientale. Note de M. E. Maury, présenté par M. Pierre TERMIER.
Toute la région orientale de la Corse où existent les Schistes luslrés a élé recouverte complèlement par des nappes, au moins au nombre de deux, formées par du granile écrasésupportant des terrains sédimentaires non mélamorphiques. Le complexe des Schistes lustrés repose lui-même sur du granite alcalin laminé et sur des gneiss. Le granite écrasé des nappes se relie directement à la chaîne du granite alcalin laminé (proiogine des auteurs) qui, dirigée du Nord-Ouest au Sud-Est, par tage l’île en deux régions, géologiquement et minéralogiquement très différentes.
Sur ane écorce médicinale nouvelle de la côte d'Ivoire et son alcaloïde. Note de M. Em. PErroT, présentée par M. Guicxan.
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Au cours de son exploration de la forêt tropicale de la côte d'Ivoire, M. A. Chevalier remarquait un arbre connu seulement de certaines tribus d’indigènes qui lui attribuaient différentes vertus médicinales et dont l'écorce, particulièrement en infusion, était considérée par eux comme un excellent médicament fébri- La détermination spécifique de l'arbre producteur étant
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lui laisser le nom de
encore controversée, l’auteur propose de Pseudo-cinchona africana.
C’est un arbre dela famille des Rubiacées, élancé, de 15 mètres à 20 mètres de haut et de 25 à 35 centimètres de diamètre environ, avec jeunes rameaux et inflorescence glabres.
Les feuilles sont opposées, avec pétioles grêles de 10 centimètres à 20 centimètres de longueur, à limbe papyracé de 15 à 20 centimètres de long sur 5 à 7 centimètres delarge, oblongues, lancéolées, très atténuées aux deux extrémités, longuement acuminées, cünéiformes à la base,avec | sept ou huit nervures latérales, très saillantes en dessous et présentant ordinairement des acarodomaties à leur point de jonction avec la nervure. Elles sont accompagnées de stipules lancéolées linéaires, de couleur vert rougeâtre et caduques, de 12 millimètres de longueur sur 3 millimètres {de largeur à la base.
Les fleurs blanchâtres et petites, en panicules terminales de 5 à 10 millimètres, à rackis secondaires et tertiaires opposés le long des axes médians, forment une inflorescence pyramidale.
Le calice est à quatre lobes très petits, à tube urécolé, présentant quatre lobes très petits, blanchätres ; les quatre anthères sont insérées par un court filet à la base du tube de la corolle. Le fruit est sec, capsulaire, noirâtre à maturité, surmonté du calice persistant, et s'ouvre en deux valves avec de nombreuses graines ailées dans chaque loge.
-L'écorce est en fragments roulés ou cintrés, plus ou moins volumineux, de 2 à 5 millimètres d’épaisseur,couverts d'un rhytidome écailleux, avec plaques de liège mince se détachant très facilement; ces plaques tubéreuses sont férquemment recouvertes par un lichen crustacé blanchâtre: la cassure est fibreuse, assez courte : la face interne lisse, est de couleur acajou.
Au microscope, cette écorce est presque uniquement composée par un tissu libérien limité vers l'extérieur par de l'écorce secondaire mince, protégée elle-même du côté externe par un liège irrégulier, se détachant par plaques, et interrompu ça et là par des lenticelles.
De cette écorce on a pu isoler un alcaloïde. Cetalcaloïde nouveau, cristallise en longues aiguilles; peut être purifié par cristallisations répétées dans l'alcool ; il est insoluble dans l'éther acétique.et l'éther. Des expérimentations physiologiques en cours permettent de penser que ce produit nouveau pourra trouver place dans l'arsenal thérapeutique.
Bibliographie
-Tous les ouvrages ‘et mémoires ci-après indiqués-
peuverit être consultés à la bibliothèque du Müséum d'Histoire naturelle, \à Paris. $
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Le Gérant : PAUL GROULT.
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