JUILLET
SUR UNE ANOMALIE DE LA FEUILLE Chez FICUS EOCENICA, Wat., des grés de Belleu
Dans la planche 43 de son mémoire intitulé : « Description des plantes fossiles du Bassin de Paris», Watelet figure, sous le n° #4, une feuille qu'il nomme : Ficus dinervis ; il en donne la description à la page 159, dans un appendice, et considère cette espèce comme douteuse. Voici d’ailleurs comment il s'exprime au sujet de ce fossile : « Dansles nombreuses recherches que nous avons « faites sur la flore de Belleu , nous avons rencontré « un échantillon qui nous aparu assez extraordinaire.
« Est-ce le produit d'une monstruosité?
« Notre échantillon est unique et nous.laisse dans
Fig. 1. — Feuille anomale du Morus nigra, Linn., correspondant au cas tératologique, observé sur une empreinte du grès de Belleu.
(Gr. nat.)
“« le doute. Voici la description du tronçon qui cause « notre étonnement.
« Il appartenait à une feuille ovale, oblongue (?), arron- « die par le bas, tout en s’atténuant un peu sur le « pétiole ; le contour, dans la partie connue, estentier, « quoique un peu onduleux.
« La nervure médiane se compose de deux branches « réunies à la base et qui divergent un peu en montant.
« Les nervures secondes inférieures suivent à peu « près le bord et s'élèvent assez haut; les suivantes « sont onduleuses et s’arrondissent très près du péri- « mètre, tout en restant libres.
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« Le réseau esi. bien analogue à celui des. feuilles de € Ficus, on le retrouve aussi entre les deux branches « de la médiane. »
Comme on le voit, Watelet soupconne, avec raison, que cet échantillon représente une anomalie; en effet, nous avons retrouvé sur plusieurs espèces de plantes vivantes, des feuilles présentant ce dédoublement de la nervure médiane; nous citerons entre autres des feuilles de Cinnamomum Zeilanicum (serres du Muséum national d'histoire naturelle de Paris) et Morus nigra, Lin. (fig. i.) (Ecole de botanique du même établissement). C’est ce dernier échantillon que nous présentons aujourd’hui aux lecteurs du Naturaliste. La figure que nous en donnons à côté de celle du fossile des grès de Belleu suffit pour expliquer cette empreinte qui étonnait Watelet.
Sur la même planche, sous le n°5, cet auteur figure un autre Ficus provenant du même gisement
et en donne la description à la page 155 de
. Son travail sous le nom de Ficus eocenica, Or, on est frappé, tout d'abord, par la similitude qui existe entre les figures 4et 5,
Fig. 2. — Feuille anomale décrite par W'atelet, sous le nom de Ficus binervis. grès de Belleu. (Gr. nat.)
de la planche 43 (anomalie à part), et quand on se reporte à la description des deux espèces on remarque qu’elles concordent point pour point.
En effet, Watelet assigne à son Ficus eocenica les caractères suivants :
« Une forme ovale, oblongue, un contour à peu près entier, des nervures secondes dont les deux inférieures suivent à peu près le contour de la feuille, les suivantes formant des angles plus ouverts et s'arrondissant brusquement très prés du bord. »
Comme on le- voit par ces quelques mots et par l’examen des figures de Watelet, que nous reproduisons fidèlement, on peut considérer le Ficus binervis (fig. 2), non pas comme une forme distincte, mais comme une simple anomalie du Ficus eocenica (fig. 3) en synonymie duquel il doit être placé. «
A notre avis il y a donc lieu de rayrede la] nomencla- | ture le Ficus binervis.
Quant au rapprochement, fait par Watelet, de sa feuille fossile avec celles des Ficus cordata, de Th., et Ficus apocynophyllum, Web., elle nous paraît très acceptable.
De notre côté nous ferons remarquer que le Ficus