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C. asparagi, Linné. Lac., loc. cit., 41, p

Ponte. — L'accouplement a lieu de jour sur l’asperge et dure la journée; du lendemain, la femelle fécondée procède au dépôt de sa ponte.

Œuf. — Longueur 1 mill. 2, diamètre 0 mill. 5.

Vert, olivâtre, cylindrique, enduit d’une matière agglutinative, à pôle antérieur arrondi, le postérieur aplati; noirâtre au voisinage du micropyle; devenant brun quelques jours après la ponte. Déposés isolément un par un et appliqués contre les feuilles de la plante nourriciere, l’asperge cultivée, sur les boutons à fleurs, sur les tiges, par le pôle aplati, l'autre restant droit.

Larve. — Bouché. Natur. Ins. Dents. 1834, p. 204.

Longueur 5 à 6 millimètres, largeur 2 à 3 millimètres.

Corps arrondi, arqué, charnu, olivâtre, lisse et luisant, couvert de poils épars, atténué en avant, épais et ventru en arrière.

Tête petite, cornée, hémisphérique, noirâtre, avec légers poils sur le front; mandibules épaisses, arrondies, quatre dentées, mâchoires allongées, avec palpes quadriarticulés, lèvre inférieure arrondie, palpes bi-articulés ; antennes courtes, épaisses, turbinées.

Segments thoraciques: le premier, avec plaque noirâtre, les deux suivants ainsi que les segments abdominaux transversalement incisés, par suite formés de deux bourrelets, les flancs garnis d’une série de mamelons, segment anal jaunâtre avec cloaque saillant.

Pattes noires, courtes, avec onglet tarsal noirâtre.

Stigmates flaves, à peritrème noirâtre, à leur place normale. 1

Provenant d'œufs éelos peu après la ponte, la jeune larve, dès lors peu agile, attaque de suite les jeunes pousses de l’asperge, à défaut la feuille, même la tige, change plusieurs fois de peau, sa couleur se rembrunis-

(1) Voir Le Naluralisle, no: 533 et suivants.

sant à chaque mue; — lente dans ses mouvements, quoique exposée aux ennemis et aux influences atmosphériques, son existence est épigée, elle ne couvre pas son corps d’une couche de déjections, sa vie durant elle reste nue, toujours d’une netteté parfaite; quand on la prend elle dégorge un liquide brunâtre inodore; lorsqu'elle veut se déplacer, elle jette avant tout mouvement la tête à droite et à gauche; son principal organe de locomotion est le segment anal qui est bilobé, susceptible de se dilater en un organe flexible qui enlace le rameau, soutient le corps qui peut ainsi se porter en avant à l’aide de ses courtes pattes et exécuter ainsi tous les mouvements nécessaires à son déplacement, elle aime à stationner au soleil sans se douter qu’à chaque instant elle est surveillée par un ennemi qui vit d'elle; — arrivée au terme de son accroissement, elle abandonne la plante, descend le long de la tige, plonge peu profondément dans le sol où elle se faconne une loge oblongue à parois intérieures lisses enduite d’une couche gommeuse parcheminée très consistante, à parois extérieures rahoteuses et terreuses, et s’y transforme.

Nymphe. Longueur 5 à 6 millimètres; largeur 2 millimètres,

Corps blanchâtre, testacé brillant, lisse, charnu, convexe en dessus, atténué vers l'extrémité postérieure dont le segment anal est prolongé par une apophyse arquée en dedans, à bout épineux et rembruni.

La phase nymphale a une durée de 12 jours, puis l’adulte s'échappe de son réduit en entaillant le pôle de la coque qui correspond à sa tête, apparait au dehors, grimpe le long de la tige et commence aussitôt son œuvre de destruction en mettant à nu les parties tendres de l’asperge qui dès lors souffre de ses attaques.

Adulte : il est très répandu, il n’est ni actif, ni agile, on s’en empare facilement; le nombre en est si grand en certaines années qu'il arrive à réduire à rien des carrés entiers d’asperges destinées à la consommation; au soleil, au repos, il s'appuie sur le segment anal, et relève la tête. ce qui lui donne un air particulier.

Diptère parasite de Crioceris asparagi.

Myobia pumila, Macquart.

La larve a pour parasite le ver d’un Diptère, le Myobia pumila qui vit au détriment du tissu adipeux de la larve et qui en réduit considérablement le nombre,-étant donné que le corps de cette larve est nu et se trouve ainsi sans protection contre les ennemis du dehors.

L'œuf pondu par la femelle de ce Diptère sur le corps nu de sa victime a la figure d’un petit point imperceptible blanc de lait, donne naissance vers la fin de mai à un petit ver qui, aussitôt éclos, pénètre dans le corps de la larve, vit du tissu adipeux tout en respectant les organes essentiels à la vie ; un mois après, la larve se flétrit, se ride, ses organes vitaux éteints, mettant à découvert l’un des bouts de la pupe du Diptère qui vient de se transformer et dont l’éclosion aura lieu quelques jours après.

Quoique la larve du Crioceris ait été plusieurs fois contaminée par le produit de plusieurs œufs de Tachinaires, un seul ver vient à bien, le corps de la victime ne pourrait en nourrir davantage ; — que se passe-t-il en ce cas ? Tous les vers faibles sont sacrifiés ; ils succombent sous l'attaque du plus fort.

Pour effectuer sa ponte, le parasite n'hésite pas; il vole dans un carré d’asperges habité par la larve du Crioceris,

| choisit sa victime, ce qui ne lui est pas difficile, se repose

lentement sur son corps, pond un premier œuf, passe avec les mêmes précautions sur le corps d’une autre larve, dépose un autre œuf, ce travail se continuant ainsi tant qu'il y a des germes dans l'ovaire et des larves pour les nourrir : — dans ce travail, le parasite ne cherche pas à savoir si la larve qu'il veut contaminer a déjà reçu d’autres œufs en partage, et ce genre d’extermination se continue tant que dure la phase biologique de la larve.

À la suite des saisons, lorsque dans une plantation d’asperges la génération du Crioceris a bien diminué, la génération du Myobia est bien réduite, il y a ainsi balance; précaution admirable sans laquelle une espèce tendrait à disparaître au détriment d'une autre; ce que e créateur n’a pas voulu.

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