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DESCRIPTION D'UN PSEUDOLUCANIDE NOUVEAU

Pseudolucanus Busignyi-mihi (sp. nov.)

Depuis la date déjà éloignée (fin 1902), à laquelle a été publié le deuxième fascicule de mon travail sur les Lucanus (1), j’ai eu l’occasion de décrire et de figurer ici même, je veux dire dans le Naturaliste, deux espèces asiatiques nouvelles.

Ce sont, par ordre de dates :

1° Le mâle du Lucanus singularis (Naturaliste, n° 380 du 1e janvier 1903), qui m'a été communiqué par M. R. Oberthür.

2° Le Pseudolucanus Lesnei (Naturaliste, n° 445 du 45 septembre 1905), qui m'a été signalé par M. P. Lesne et qui fait partie de la Collection dr: Muséum de Paris.

La découverte de ce dernier insecte portait à dix le nombre des espèces de Pseudolucanus dont j'avais établi le releyé à la page 105 du deuxième fascicule dont il est question ci-dessus, mais à ces dix espèces il convient

Fig. 1, — Pseudolusanus Busignyi, mâle.

d'ajouter le Lucanus macrophyllus (Reiche), que je ne connaissais pas en nature à cette époque et que j'avais considéré, bien à tort du reste, comme une variété du Lucanus orientalis.

A la vérité, ce L. macrophyllus, dont j'ai eu depuis l’occasion de voir quelques spécimens dans la très belle collection de M. H. Borjeau, est un véritable Pseudolucane.

À ces deux représentants du genre dans notre faune européenne et circa-européenne, savoir :

Pseudolucanus barbarossa, Fabricius (Portugal, Espagne et Maroc);

Pseudolucanus macrophyllus, Reiche (Caramanie), vient se joindre une troisième espèce, assurément très voisine de la dernière par son système antennaire, mais cependant parfaitement distincte, laquelle a été recue tout récemment d'Asie mineure par MM. les Fils d'Émile Deyrolle et dont j'ai eu communication grâce à l’extrême obligeance de M. P. Groult.

La massue antennaire de cet insecte et sa conforma-

(1) Essai monographique sur les Coléoptlères des genres Pseudolucane et Lucane (Lesfils d'Emile Deyrolle, éditeurs).

tion générale le placent en effet tout près du Pseudol. macrophyllus, mais sa coloration l'en distingue, au premier coup d'œil, de la façon la plus évidente.

Seul en effet de tous les Lucanus de notre faune, cet insecte a tout le dessus du corps, ainsi que les trois paires de pattes, de la même belle couleur d’acajou poli qui caractérise le Pseudolucanus capreolus de l'Amérique du Nord. Le dessous est coloré de la même manière, mais la teinte en est beaucoup plus claire et l’aspect général, au lieu d’être brillant et poli, est plutôt comme légèrement émaillé; le dessous des mandibules, de la tête et du prothorax est faiblement rembruni.

Le seul spécimen que je connaisse de cette remarquable espèce est un mâle, en parfait état de conservation, qui mesure 4 cent. 3 mill. de la pointe des. mandibules à l’extrémité de l’abdomen.

La figure que j’en donne ici d’après nature (fig. 1) dispense d'entrer dans une description plus détaillée,

! mais, je le répète, la coloration de cet insecte rappelle,

‘à un très haut degré, le Pseudolucanus capreolus — Lin — dama Fabr. :

C'est au point qu'apercevant ces jours-ci, pour la première fois, ce nouveau Lucanide au milieu du lot de Coléoptères d'Asie mineure dont il faisait pertie, je ne pus, je l'avoue, m'empêcher de croire tout d'abord qu'un exemplaire de l’espèce américaine s'était trouvé glissé par mégarde au milieu de ce lot d'insectes asiatiques. Un examen plus attentif, en particulier des antennes (fig. 2),

Fig. 2. — Antenne grossie du Pseudolücanus Busignyi.

et des mandibules, eut vite fait de me dissuader et de me montrer les véritables affinités de cette très curieuse espèce, que je me fais un plaisir de dédier à mon ami, M. Emile Busigny, sous le nom de Pseudolucanus Busignyi

Je me propose de revenir ultérieurement surle Pseudol macrophyllus, et, par la même occasion, sur certaines formes extrèmes des Lucanes de notre faune, afin d’en dégager, s’il est possible, les affinités.

En attendant, il ne me parait pas superflu de faire remarquer ici que, si l’on en excepte le Lucanus cervus proprement dit, les Lucanes et Pseudolucanes de notre faune ont tous la massue antennaire penta et surtout hexaphylle, que cette massue atteint parfois un dévelop-

pement des plus remarquables, enfin que le Lucanus

Syriacus, qui est de beaucoup le plus grand et le plus bellement développé de toutes les espèces de cette faune, est vraisemblablement le type, la clef de voute de tout le genre Lucanus, de même que le Pseud. macrophyllus semble être le prototype du genre Pseudolucanus.

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