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DANS LA VALLÉE DU JOURDAIN

Dans le courant de l’année 1908, M. Elias Sursock, riche propriétaire indigène et consul général de Perse à Beyrouth, fit faire, sur les conseils de quelques Syriens établis en Egypte, dont un est devenu depuis son associé,

un essai de culture du cotonnier sur une parcelle de 7 feddans qu'il prit à ferme dans le cheflik. de Bissan, domaine du sultan. Cet essai, dans une contrée à près de 300 mètres au-dessus du niveau de la mer, où la température atteint parfois 45 et 500 au-dessus de zéro, et qu’arrosent abondamment plusieurs affluents du Jourdain, a été, paraît-il, très'satisfaisant : le rendement par feddan a été égal àla moyenne obtenue en Egypte, et le coton de qualité supérieure puisqu'il a été vendu à Alexandrie, si mes renseignements sont exacts, plus cher que le coton égyptien lui-même.

Ce premier succès encouragea d’autres propriétaires à suivre l'exemple de M. Sursock, et celui-ci à donner à ses essais une plus grande extension; aussi la culture du cotonnier fut-elle tentée sur près de 1.500 à 2.000 feddans dans la plaine située près de Caïffa et dans le Ghor (vallée du Jourdain), et bien que la réussite paraisse moyenne, et même sur certains points médiocre, il est certain que la terre et le climat de ces régions sont tout à fait favorables à cette culture. En effet, là ou les semis ont été faits à une époque convenable, le cotonnier est très bien venu et porte un grand nombre de capsules qui promettent une récolte abondante. Sur d’autres points, soit que les semis n’aient pu être faits que très tard, en mai-juin, soit que des soins convenables de culture n’aient pas été donnés à la plante, la végétation de celle-ci est médiocre. Néanmoins, la chaleur dans le Ghor est très grande et se continue pendant les mois d'automne, de sorte qu’on peut espérer que les capsules en retard se développeront suffisamment et arriveront à maturité avant la saison froide. Si la récolte, comme il y a tout lieu de l’espérer, est bonne, elle peut valoir 4.200 à 1.500 fr. à l’hectare, dontil faudrait déduire comme frais 375 à 400 fr. C’est donc un bénéfice net d’un millier de francs par feddan.

Le mode de culture du cotonnier, soit dans la vallée du Jourdain, soit dans la plaine de Jethro, entre Caïffa et Saint-Jean d’Acre, est le même qu’en Egypte. — On fait des labours répétéset suffisamment profonds! de façon à pulvériser le plus possible la terre et à présenter aux racines du cotonnier le plus grand cube possible de terre meuble et exempte de mauvaises herbes. Cette préparation doit commencer en hiver dès que le temps le permet, de sorte que le terrain soit prêt dès les premiers jours du

printemps à recevoir la semence. Généralement on donne trois labours, puis on sillonne le terrain en espaçant les sillons de Om. 80 et en creusant entreeux des petites rigoles en vue de l’arrosage. — Le semis se fait de différentes manières : le plus employé consiste à faire déposer par des enfants 6 ou 8 graines dans un trou fait sur le côté dusillon qui est ensuite recouvert et arrosé légèrement. Au bout d'un certain temps on fait le réensemencement des places vides, où pour une raison quelconque la graine n’a pas germé. Quand les plantes ont atteint 0 m. 40 à O0 m. 15, on fait l’éclaircissage ou démariage qui consiste à arracher toutes les pousses, sauf deux dans chaque trou, qu'on choisit parmi les mieux développées. La première cueillette se fait vers le 20 septembre, c'est la plus abondante. On fait ensuite une seconde et une troisième cueillette, et après chaque cueillette on donne un fort arrosage. — Une forte fumure de fumier de ferme doit être donnée après le premier labour et mélangée à la terre par les labours suivants. On peut y mélanger 300 à 400 kilog. de superphosphate par hectare. Après l’éclaircissage et avant l’arrosage on donne également 200 à 240 kilog. de nitrate de soude par hectare. Le cotonnier cultivé dans le Ghor est le cotonnier connu sous le nom de « Afifi »; il peut donner jusqu'à 8 kantars (le kantar — 256 kilog.) par feddan égyptien de 4.200 mètres carrés de superficie. Dansles terres moyennes, le rendement est de 3 à 4 kantars par feddan. Cette variété « Afifi » est la plus cultivée dans la basse Egypte, elle est caractérisée par les particularités suivantes : la fibre du coton est longue, de couleur beurrée; la capsule se présente en trois lobes qui s'ouvrent à maturité, la graine est noire, allongée et présentant au bout un point verdâtre, généralement accompagné d’un peu de fil ou duvet cotonnier. Cette variété est la plus demandée par les filateurs.

En résumé, cet essai ayant pleinement réussi, il y à lieu de croire que la culture du cotonnier prendra une grande extension dans la vallée du Jourdain, où la température est suffisamment chaude et présentant une période de 7 à 8 mois de temps calme, sans orages n1 brouillards,où la terre est plutôt forte, riche et profonde, où enfin l’eau est plus que suflisante pour l'arrosage pendant tout le printemps et l'été.

CLASSIFICATION DES OISEAUX DE FRANCE

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