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Nantes-Etat.

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LES FILS D’ÉMILE DEYROLLE, 46, rue du Bac. Paris,

IDENTIFICATION DE QUELQUES OISEAUX

Représentés suries Monuments pharaoniques.

Avant de poursuivre plus loin ce travail d'identification, quelques remarques sur la façon d'opérer des peintres égyptiens sont ici nécessaires. Quand le ravalement d’une syringe était parachevé, qu'il ne restait à exécuter que la décoration peinte, les paroïs recevaient une couche gris-perle ou ocre jaune sur laquelle on gouachait en blanc les diverses figures; opération dont le but était de conserver aux couleurs tout leur éclat et surtout de n'en point changer la nuance (1). Le tableau ainsi préparé. chaque motif était peint suivant sa couleur naturelle et, comme l'on procédait par teintes plates, un repiqué brun-rouge, quelquefois noir, à défaut de modelé, servait à le détacher du fond. Ce procédé, pour mettre les objets en relief, fut, de longs siècles plus tard, employé dans l’art gothique. Avec le blanc et le noir, le bleu, le rouge et le jaune étaient les seules couleurs dont disposaient les artistes pharaoniques, lesquels, trop inexpérimentés pour obtenir par d’habiles mélanges ces mille nuances délicates où l’on excelle aujourd'hui, se bornaïent à combiner le bleu avec le jaune ou le rouge, suivant qu'ils voulaient produire du vert ou du violet. Lorsque l’objet à imiteravait une coloration inconnue de leur palette, ils y suppléaient par l’emploi d’une couleur conventionnelle, rappelant, autant que possible le ton voulu. Une fourrure ou ur plumage mêlé de jaune et de noir est parfois rendu par du vert; le rouge remplace fréquemment le jaune ou le roux ; le vert est quelquefois du bleu altéré, mais ce qui est bleu a réellement été peint de cette couleur.

Soit négligence, caprice ou toute autre cause difficile à préciser, les artistes ne coloriaient pas toujours leurs images et se bornaient parfois à nous en laisser un dessin minutieusement détaillé au trait rouge; souvent aussi dans un ensemble, en partie colorié, apparaissent, en blanc, des détails qui devraient, comme le reste, avoir une couleur déterminée, dans ce cas,le motif peut être considéré comme étant inachevé.

Ainsi s'expliquent ces anomalies de coloration que présentent certaines parties d’une même figure alors que les autres offrent la plus rigoureuse exactitude.

Et maintenant, reprenant nos identifications, examinons, tout d'abord, les autres pluviers qui figurent à Beni-Hassan.

LE PLUVIER DORÉ. Charadrius pluvialis, Linn. — L'une des caractéristiques de cette espèce est son changement de parure suivantles saisons. En été, le Pluvier doré a la tête et toute la partie supérieure du corps d'un brun sombre, admirablement pailleté de vert ou de jaune d’or. Le ventre et la poitrine sont couverts d'un ton noir, brusquement circonscrit par une ligne blanche qui, partant de la face, longe le dessus de l'œil, le cou et les côtés. Le bec est noir, les yeux brun-noisette, les pieds et les jambes d’un noir olivâtre; le pouce court et haut placé, quelquefois même non apparent. La livrée d'hiver ofire les mêmes couleurs à l'exclusion du ventre

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(4) Du bleu appliqué sur du jaune et vice versa aurait produit du vert; ce qui, d’ailleurs, malgré toutes les précautions, ne manque pas quelquefois de se produire.

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qui est d’un blanc pur; le cou et la poitrine sont blancs également mais tachés de gris jaunâtre (1).

La cause de ce changement de plumage, assez difficile à comprendre, serait produite par la mue du printemps et celle de l’automne.

Cet échassier mesure 28 centimètres de long et 60 d’envergure,

Il habite l’Europe, l'Asie et le nord de l'Afrique; assez rare en Egypte, il visite celte contrée en hiver seulement et encore n’arrive-t-il pas au sud du Caire. Dans le delta, on le rencontre par bandes sur la plaine découverte ou au bord des marécages ; il arrive vers septembre et repart en mars.

Sous le Moyen Empire, cet oiseau remontait, semble-t-il plus haut vers le sud et arrivait au moins jusqu’à Beni-Hassan où il figure sous le nom de Gaa.…bt (2)..Sur cette image, l’aile pliée est, comme dans l’oiseau vivant, de la longueur de la queue, le pouce n’est pas indiqué. La couleur du plumage, au lieu d’être d’un brun sombre mêlé de vert ou de jaune, est franchement verte, le bec et les pieds sont rouges (fig, 1).

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Fig. 1. — Pluvier doré (Beni-Hassan).

LE VANNEAU PLUVIER. Squatarola cinerea, Cuvier. — Cet oiseau, connu aussi sous le nom de Pluvier suisse, mesure 30 centimètres de longueur totale et, de même que le précédent, la couleur du plumage varie suivant les saisons. En hiver, le manteau et le dessus de la tête sont d’un gris bleuâtre avec une tache brun-sombre au milieu de chaque plume ; tout le dessous du corps est d’un blane pur, le bec noir, l'iris noirâtre, les pieds d’un noir olive. Les mêmes colorations se retrouvent dans la parure d'été, mais avec cette différence que le ventre et la poitrine sont, comme chez le Pluvier doré, couverts d'une teinte noire, brusquement limitée par un filet blanc qui couvre la face, court au-dessus de l'œil, le long du cou et des côtés (3).

Les caractères de cet échassier permettent de le placer

(4) Voir Gouzn, The Birds of Europe, vol. IV, pl. 294.

(2) Une lettre du nom a été effacée, nous l'avons remplacée par des points.

(3) Gouzn, The Birds of Europe, vol. IV, pl. 290.

entre le genre Charadrius et celui de Vanneau ; il présente pour les ornithologistes le plus grand intérêt, étant le seul exemple européen du genre squatarole.

Les peintres pharaoniques nous en ont laissé, à Beni- Hassan, une reproduction portant le nom de Ut. Par sa forme extérieure, l'image égyptienne rappelle assez l’oiseau vivant; pareillement à celui-ci le bec a le bout légèrement recourbé, l'aile pliée est de la longueur de la queue, le pouce court et haut placé. La couleur du plumage estici remplacée par du bleu, les pieds sont noirs, le bec est resté blanc (fig. 2).

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Fig. 2. — Vanneau pluvier.

Le Vanneau pluvier est presque cosmopolite; on le trouve dans toutes les contrées de l’Europe, jusqu'aux régions du cercle arctique, et se montre dansl'Inde pendant la saison froide. C'est également à cette époque qu'il visite l'Afrique; on le rencontre alors dans le Kordofan, à Zanzibar, au Transwaal, en Sénégambie. En hiver, ilest aussi très commun dans la basse Égypte et abonde en Palestine où il se montre par milliers dans les terres cultivées; on le voit aussi en Arabie, le long des côtes de la mer Rouge et du golfed’Aden (1).

(A suivre.) P. HIPPOLYTE BOUSSAC.

NOTES BIOLOGIQUES SUR LES LÉPIDOPTÈRES

DE BISKRA ET DESCRIPTION D'ESPÈCES NOUVELLES

? Eucrostes rhoisaria n.sp.— © Envergure 21 millimètres. Ailes supérieures larges, arrondies vers l’apex, bord externe un peu arrondi, très peu oblique, vert pâle, très finement strié de blanc dans le genre de pulmentaria, mais à stries beaucoup moins accentuées; côte blanc jaunâtre; dreligne ou extrabasilaire située au delà du 1/3, formant deux angles, l’un dans la cellule, l’autre dans l'espace dorsal; la 2e ligne ou coudée commencant à la côte au dernier quart, d'abord droite, puis coudée, de la nervure 5 à la 2 et faisant un angle rentrant dans l’espace

1) Dresser, History of the Büds of Europe, vol. VII, p. 455, (1) y P pl. 517, Squatarola Helvetica (Gnex PLover).

1 dorsal sous la nervure 2: elle est en outre bordée très

finement de blanchâtre ; subterminale à peine indiquée si ce n’est dans l’espace dorsal; points disco-cellulaires à peine distincts sur l’extrabasilaire ; franges vert très pâle avec une bandelette vert plus foncé, bordée d'une fine ligne blanc jaunâtre à la base.

Aïles inférieures larges, arrondies à l'angle et au bord externes ; angle interne aigu; avec les deux lignes des ailes supérieures, la 4re presque obsolète, la 2° mieux marquée faisant un coude très prononcé de la nervure 5 à la 1?; points cellulaires en forme de stries plus apparents qu'aux ailes supérieures et placés également sur la 1re ligne.

Dessous blanc soyeux, lavé de vert ciair.

Tête ocracé jaunâtre ; vertex, blanc de crème ; antennes blanc jaunâtre à la base, ocracé rosâtre aux deux derniers tiers; palpes ocracé rosâtre ; thorax et abdomen de la couleur des ailes ; pattes blanc de crème, lavé d'ocracé rosâtre.

Chenille courte, épaisse, arrondie sur le dos, carénée sur les côtés, aplatie sous le ventre, un peu atténuée aux deux premiers segments; incisions segmentaires bien marquées: plissée transversalement (4 plis sur chaque segment); granuleuse, à granulations spiniformes, mutiques, simulant une grossière pubescence excessivement courte; couieur verte; ligne dorsale géminée, obsolète, à peine distincte en plus sombre, au commencement des segments, avec la granulation apparaissant en une multitude de petits points brunâtres ; carène jaunâtre, tachée de rose; ligne ventrale fine, continue, jaune ; tête aplatie en avant, bifide, à sommet des calottes arrondi, granuleuse, verte, bordée de brunâtre ; ocelles noirs ; organes buccaux concolores ; écusson large, à bord antérieur relevé en bosse, mais non bifide, à granulation brunâtre; clapet concolore, pattes écailleuses granuleuses et membraneuses vertes, teintées de rosâtre à l'extrémité, avec crochets roux ; stigmates petits, bruns, peu distincts. :

Elle vit, en mai, sur le Rhus oxyacantha Cav. (dioica Brouss.) j

En l'absence du ©”, on ne peut dire au juste si la nouvelle espèce appartient au genre Eucrostes ou au genre Nemoria. Les longs palpes de la © paraissent semblables à ceux de Nem. pulmentaria © ; le papillon offre les plus grands rapports avec la faustinata Mill,, mais la chenille de celle-ci vit sur les Romarins.

Nemoria pulmentaria Gn. — La chenille de cette vulgaire espèce vit à Bukra sur les Acacia farnesiana, en mai. Comme ailleurs, elle doit y avoir plusieurs générations.

Acidalia lobaria n. sp. — Envergure 12,5-13 millimètres. Ailes supérieures un peu prolongées à l’apex, d'un argileux très pâle, irrégulièérement saupoudrées de rares écailles brun foncé; lignes transverses à peine indiquées, l'extrabasilaire indistincte, la coudée mieux marquée en argileux ocracé plus foncé et bordée de clair; la bande subterminale est la plus visible et se détache bien en blanchâtre sur le fond; elle est un peu sinueuse et forme un angle rentrant avant de toucher au bord interne; ombre médiane vague, en forme de bande étroite à peine plus sombre que le fond; franges concolores, mais claires à leur base.

Ailes inférieures assez fortement émarginées entre les nervures 4-6, de façon à former deux lobes larges et

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