DÉCEMBRE
NOTE AU SUJET DE L’'APTERYGIDA ARACHIDIS (versin)
(Orthoptères — Forficulidae)
Le genre Apterygida (Westwood), qui ne me paraît pas, d’ailleurs, très nettement délimité, est actuellement représenté dans notre faune française par deux espèces distinctes, savoir :
APTERYGIDA ALBIPENNIS, Mégerle.
APTERYGIDA ARACHIDIS, Yersin.
La première, quiest de beaucoup la plus élégante, surtout chez les mâles à grand développement forcipulaire, est la seule qui soit nettement indigène. Bien qu'elle ne soit pas une rareté, elle est assez inégalement répartie, et parait fréquenter de préférence la France centrale ou septentrionale.
Les différents auteurs qui s’en sont occupés l’indiquent comme se trouvant habituellement dans les localités humides, sur les hautes herbes ou les arbrisseaux, mais on la rencontre également au pied des arbres, et notamment des chênes, ainsi que l’a indiqué de Saulcy.
Enfin elle vit également en société avec d’autres espèces, notamment avec la Forficula Lesnei, Finot, ainsi qu’en témoignent les observations faites récemment par M. P. Lesne et consignées dans une note fort intéressante qui concerne cette Forficule. (Bulletin de la Soc. Ent.
de France. Séance du 28 avril 1909, p. 152-155.)
La seconde espèce, au contraire, À. Arachidis, Yersin, ne à fait pas partie intégrante de notre faune et c'est en 1867 seulement qu'elle a été décrite et figurée pour la première fois par Yersin (Ann. Soc. Ent. de France)
Fig.1. — Apterygida arachidis (mâle).
seille au milieu d’un chargement d’arachides.
Mais actuellement cette Apterygida parait avoir une tendance à se développer età s’acclimater en France. Non seulement, en effet, elle a été de nouveau, et à plusieurs reprises, capturée à Marseille dans de semblables conditions, mais on l’a observée de temps à autre, à Paris même, dans le pain, et les exemplaires qui ont donné lieu à ces observations étaient dans un état de conserva-
tion qui permet de penser qu'ils avaient dù élire domicile et vivre à l’état libre dans les boulangeries.
C’est M. Lesne qui a le premier appelé l’attention à ce sujet dans le Bulletin de la Soc. Ent. de France. (Séance du 22 novembre 1905, p. 258.) Les spécimens observés dans ces conditions, par ce savant auteur, figurent dans la collection du Muséum de Paris (fig. 1). L'un d'eux a été trouvé à Asnières en 1902, par M. Lesne lui-même, un autre en 1904, à Paris, dans le quartier des Gobelins, par M. Bénard, préparateur au Laboratoire d Entomologie.
« L'état relativement bon des exemplaires, dit M. Lesne « (loc. cit.) — l'un d’eux était complet, à part un ou deux
« articles des antennes — semble prouver qu'ils étaient « encore vivants au moment où ils furent noyés dans la « pâte. L'espèce aurait donc été importée à Paris aux « époques précitées, probablement avec des farines. »
M. P. Groult, à qui j'avais parlé récemment de ce qui précède, m’a dit avoir assez souvent, lui aussi, observé des traces de ce forficulide dans du pain provenant de boulangeries de Passy ou d'Auteuil. Au mois de juillet de cette année, j'ai trouvé aux fernes, également dans un morceau de pain, une femelle d’Apterygida A. qui était en parfait état de conservationet à laquelle, comme aux spécimens signalés par M. Lesne, il ne manquait que quelques-uns des derniers articles antennaires. Enfin M. Emile Busigny a, de son côté, observé ces jours derniers rue du Bac une femelle de la même espèce qui était, elle aussi, à peu près intacte (fig. 2).
Ce sont ces dernières observations qui m'ont engagé à dire ici quelques mots de cette espèce et à en donnerla figure.
J’emprunte à Yersin, mais en les groupant séparément, afin de les rendre plus faciles à discerner, les caractères principaux du mâle et de la femelle de l’Apterygida arachidis.