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CONGRÈS PRÉHISTORIQUE DE FRANCE

© Cinquième session. — Beauvais (Oise) : 26-31 juillet 1909.

Les quatre premières sessions du Congrès préhistorique de France tenues à Périgueux (1995), à Vannes (1906), à Autun (1907), et à Chambéry (1908), ont eu un incontestable succès. Le nombre des adhérents, l'importance des travaux présentés, le résultat des excursions, ont pleinement justifié les prévisions des promoteurs de ces assises scientifiques nationales.

D'accord avec la Société préhistorique de France etavec la Municipalité de Beaix ais, le Comité d'organisation a décidé de choisir cetteannée, pour lacinquième session, la ville de Beauvais qui est le siège de Sociétés savantes et un centre important de belles excursions géologiques et préhistoriques.

Les assises du Congrès se tiendront du lundi 26 au samedi 31 juillet 1909 inclusivement. Les trois premières journées (26, 27 et 28 juillet), à Beauvais, seront consacrées aux présentations, communications et discussions scientifiques, ainsi qu'à des visites archéologiques (Musées Collections locales Monuments de la ville etc).

Les autres journées (29, 30 et 31 juillet) seront réser-

‘ vées à des excursions scientifiques, et notamment aux suivantes :

1° Dolmens et Menhire de Trie-Château, Boury et Sérifontaine ; dolmen et puits à silex de Champignolles. — 20 Camp de César à Hermes; dolmen de Villiers-Saint- Sépulcre; stations quaternaires du Mont-Sainte-Geneviève. — 2 Cuise-la-Motte, Margny-lès-Compiègne, musée de Compiègne, château de Pierrefonds, etc, — 4° Saint-Just-les-Marais, Bracheux, etc., etc.

Un programme définitif sera ultérieurement dressé.

Une Exposition spéciale de Préhistoire, comprenant deux sections l’une consacrée à la Préhistoire générale l’autre réservée à la seule Préhistoire du Département de l'Oise, sera installée à Beauvais, pendant toute la durée du Ve Congrès préhistorique.

Elle sera organisée par le Comité local, sous les auspices du ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts, de la Société préhistorique de France, et du Comité d'organisation du Congrès de Beauvais.

C'est la première fois qu'une exposition de ce genre, aussi complète, aura été tentée en France ; en dehors de ce qui a été fait lors des expositions universelles.

Parmi les Questions Inscrites à l’ordre du jour, figurent les suivantes, particulièrement intéressantes pour la région où se tiendra le Congrès :

1° Puits d'extraction de silex dans l'Oise.

2° Architectonique des monuments mégalithiques du bassin de la Seine.

3° Les Tourbières (Géologie et Préhistoire).

ACADÉMIE DES SCIENCES

Prix concernant les sciences naturelles, proposés pour les années 41909, 1910, 1941.

Prix Tchihatchef (3.000 fr.). M. Pierre de Tchihatchef a légué à l’Académie la somme de cent mille francs dont les intérêts doivent être destinés à offrir annuellement ure récompense ou un encouragement aux naturalistes de toute nationalité qui se seront le plus distingués dans l'exploration du continent asiatique. Les explorations devront avoir pour objet une branche quelconque des Sciences naturelles, physiquesou mathématiques.

Seront exclus les travaux ayant rapport aux autres sciences, telles que : Archéologie, Histoire, Ethnographie, Philologie, etc.

Prix Binoux (2.000 fr.). Ce prix biennal, destiné à récompenser l’auteur des travaux sur la Géographie ou la Navigation sera décerné dans la séance publique de 1910.

Prix Delafandé-Guérineau (1.000 fr.): Ce prix biennal sera décerné en 1910 « au voyageur français ou au savant qui, l'un ou l'autre, aura rendu le plus de services à la France ou à la Science ».

Prix Gay (1.500 fr.). Prix annuel à sujet variable. — Question posée pour l’année 1910: Recherches de Zoologie et d’Anthropologie dans l'Amérique du Sud et notamment dans la région des Antes.

Question posée pour l'année 1911: Etudier au point de vue géologique une de nos colonies africaines (Algérie et Tunisie excepltées).

Prix Delesses (1.400 fr.). Ce prix sera décerné dans la séance publique de l’année 1909, à l’auteur français ou étranger d'un travail concernant les sciences géologiques ou à défaut, d'un travail concernant les sciences minéralogiques.

Prix Fontannes (2.000 fr.). Ce prix {riennal, attribué à l'au-

teur de la meilleure publication paléontologique, sera décerné, s’il y lieu, dans la séance publique de 1941.

Prix Desmazières (1.600 fr.). Ce prix annuel est attribué « à l’auteur, français ou étranger, du meilleur ou du plus utile écrit. publié dans le courant de l’année, sur tout ou partie de Ja Cryplogamie ».

Prix Montagne (1.500 fr.) M. C. Montagne, membre de l'Institut, a légué à l'Académie la totalité de ses biens, à charge par elle de distribuer chaque année, sur les arrérages de la fondation un prix de 1.500 francs ou deux prix : l’un de 1.000 francs, l’autre de 500 francs, au choix de la Section de Bolanique, aux auteurs, frasçais ou naturalisés français de travaux importants ayant pour but {’analomie, la physiologie, le développement ou la descriplion des Cryptogames inférieurs (Tallophytes et Muscinées).

Prix de Coincy (900 francs). M.A.-H. Cornut de Lafontaine de Coincy a légué à l'Académie des Sciences une somme de 30.000 francs, à la charge par elle de fonder un prix pour étre donné chaque année à l'auteur d’un ouvrage de Phanérogamie, écrit en latin ou en français.

Prix de La Fons-Mélicocq (900 fr.) Ce prix {riennal sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance annuelle de 1910, « au meilleur ouvrage de Botanique, manuscrit ou imprimé, sur le nord de la France, c’est-à-dire sur les déparlements du Nord. du Pas-de-Calais, des Ardennes, de la Somme, de l'Oise et de l'Aisne ».

Prix Bordin (3.000 fr.). Prix biennal à sujet variable : [/'Académie rappelle qu'elle a mis au concours, pour l’année 1910 la question suivante :

Etudier l'origine, le développement et la disparilion des Lissus transitoires qui peuvent entrer à diverses époques dans la struclure du corps végetatif des plantes vasculaires. Préciser, dans chaque cas particulier, le rôle éphémère du tissu considéré.

Prix Thore (200 fr.). Ce prix annuel est attribué alternativement aux travaux sur les Cryptogames cellulaires d'Europe et aux recherches sur les mœurs ou l'anatomie d’une espèce d'insectes d'Europe.

Il sera décerné, s'il y a lieu dans la séance annuelle de 1911, au meilleur travail sur les Cryptogames cellulaires d'Europe.

Prix Bigot de Morogues (1.700 fr.). Ce prix décennal sera décerné, dans la séance annuelle de 1913, à l'ouvrage qui aura fait faire le plus de progrès à l'Agriculture en France.

Prix Savigny (1.500 fr.). Ce prix annuel, fondé par Mie Letellier pour perpétuer le souvenir de Le Lorgne de Saxigny, ancien membre de l’Institut de France et de l’Institut d'Egypte, sera employé à aider les jeunes zoologistes voyageurs qui ne recevront pas de subvention du Gouvernement et qui s’occuperoné plus spécialement des animaux sans vertèbres de l'Egypte et de la Syrie.

Grand prix des sciences physiques. Prix du budget (3.000 fr.). Prix biennal à sujet variable : L'Académie met au concours, pour l’année 1911, la question suivante : Efude morphogenique des caractères d'adaptation à la vie arboricole chez les Vertébres.

Prix Da Gama Machado (1.200 fr.). Ce prix triennal, attribué aux meilleurs Mémoires sur les parties colorées du syslème tégqumentaire des animaux ou sur la matière fécondante des êtres animés, sera décerné, s’il y a lieu, en 1912.

Prix Montyon (150 fr). L'Académie décernera annuellement ce prix de Physiologie expérimentale à l'ouvrage, imprimé ou manuscrit, qui lui paraîtra répondre le mieux aux vues du fondateur.

Prix Philipeaux (900 ir.). Ce prix annuel est destiné à récompenser des travaux de Physiologie expérimentale.

Prix Lallemand (1.800 fr.): Ce prix annuel est destiné « à récompenser ou encourager Les travaux relalifs au système nerveux, dans la plus large acception des mots ».

Prix Martin-Damourette (1.400 fr.). Ce prix biennal, destiné à récompenser l’auteur d'un ouvrage dePhysiologie thérapeutique, sera décerné, s'il y a lieu, dans la séance publique annuelle de 1910.

Prix Pourat (1.000 fr.) Question proposée pour l’année 1910 : Action qu'exercent les rayons X el les rayons du radium sur le développement et la nutrition des cellules vivantes.

Question proposée pour l’année 1911 : Influence des éléments minéraux et en parliculier du calcium sur l'activité des diaslases digestives.

Prix L. La Caze (10.000 fr.). Ce prix biennal sera décerné,

dans la séance publique de 19141. à l'auteur français ou étranger, du meilleur travail de Physiologie. Il ne pourra pas être partagé.

De l'influence de la déflation sur la constitution des fonds océaniques. Note de M. J. Trouzet.

A la suite de poussières recueillies au sommet de l'une des tours de la cathédrale de Nancy, l’auteur avait été amené à reconnaitre l’origine éolienne de la plupart des grains minéraux dénommés fins-fins, et même très fins particulièrement de quartz qu’on trouve dans tous les fonds marins.

Dans le dessein de confirmer ces conclusions, M. Thoulet a examiné et analysé de nouveaux échantillons de poussières éoliennes récoltées en trois localités situées dans des régions de constitution lithologique différente et toujours au sommet de clochers d'église : à Gérardmer (région granitique), à Cette et à Montpellier, l'analyse des nouveaux échantillons confirmel’hÿpothèse de l’origine cosmique et éolienne de la |majeure partie des minéraux fins-fins trouvés dans les fonds marins, surtout les plus éloignés de terre.

Quelle que soit la localité considérée, continentale ou océanique, le quartz constitue la portion de beaucoupla plus considérable des poussières éoliennes.

L'origine cosmique s'applique particulièrement à la magnétite qu'on trouve sur tout le lit océanique, et l’origine éolienne à l’argile en particules infiniment ténues qui, dans sachute très lente de la surface de la mer jusqu'au fond, apporterait peut-ètre aux diatomés et autres organismes siliceux des eaux superficielles la silice qui leur est indispensable pour fabriquer l’opale de leur squelette, ainsi qu'il résulte des belles expériences de Murray et Irvine.

Le carbonate de chaux des fonds éloignés de terre est presque uniquement d’origine organique et se compose des restes de foraminifères ayant vécu dans les eaux superficielles et qui arrivent presque intacts sur le sol sous-marin, après la mort de l'être dont 1ls constituaient la carapace. Ceux de ces restes qui servent à la nourriture des animaux du fond sont, après que ceux-ci en ont assimilé les portions nutritives, rejetés à l’état de poussière fine à laquelle se mélangent encore les particules du calcaire d'apport éolien et celles du carbonate de chaux d’origine chimique. «

Les poussières récoltées en une région continentale offrent, dans leur composition qualitative et quantitative, une relation avec la nature lithologique et topographique de la région immédiatement environnante et, quoique en moindre proportion, avec celle des régions situées au-dessus d’elle par rapport aux vents régnant le plus habituellement. Ce dernier cas s'applique aux localités océaniques.

Lèpre et Démodex. Note deM. A. Borrer, presentée par M. Roux.

Les Démodex, un peu trop oubliés peut-être, sont des parasites très fréquents chez l’homme et la femme, surtout à l’âge avancé ; 50 0/0 environ des humains sont parusités en des lieux d'élection : nez, oreille, face, mamelon.

Dans les cancers de la face au début (15 cas lexaminés), l'auteur a toujours trouvé des Démodex en grand nombre; cinq fois sur six leur présence a été constatée dans le mamelon des seins cancéreux.

Des parasites très voisins provoquent des galles et des tumeurs chez les végétaux. Mais actuellement, pour les cancers des animaux comme pour les tumeurs des plantes, on ne peut fixer exactement lerôle de l’Acarien.

Estil à lui tout seul capable de provoquer la formation des tumeurs? Est-il l’agent d’inoculation d'un virus encore inconnu ?

On nepeut faire que des hypothèses, mais il est une autre maladie humaine, la lèpre, avec laquelle on peut être plus affirmatifs. SATA

Pour la lèpre comme pour le cancer, on a jadis invoqué l'hérédité; il y a des familles lépreuses comme il y a des maisons à cancer ; c'est à la face, au nez surtout, que se développent les lésions initiales.

L'étude microscopique des lépromes de la face ou du nez pourra peut-être donner la vraie explication étiologique. Pour cette étude, ilest indispensable d’avoir des lésions en pleine activité. ;

Le léprome du nez est une tumeur constituée par une accumlation de cellules lépreuses, bourrées de bacilles, situées immédiatement au-dessous de la couche malpighienne ;les nodules lépreux

entourent les follicules et les glandes sébacées, ils contiennent des milliards de.microbes. Les cavités des follicules et les orifices glandulaires sont extraordinairement dilatés et surtout infestés de bacilles lépreux parce que certaines glandes dans la profondeur sont comme efondrées. Or follicules pileux et glandes sébacées, chez le lépreux comme chez l'homme sain, contiennent de nombreux Démodex, et les Acariens sont couverts de bacilles visibles au microscope. Ces Démodex prennent, avec le sébum, des bacilles lépreux ; ils peuvent, en émigrant d'un nez lépreux à un nez sain, réaliser la contamination des glandes sébacées nouvellement envahies.

L'examen de ces préparations suggère l'idée que la contagion de la lèpre serait la contamination par des Démodex lépreux.

Dans la vie courante, rien n'est plus évident que la contamination réciproqne des membres d’une mème famille par les Démodex : il est non moins certain qu'un ensemble de conditions favorables doivent être réalisées et, pour. cela, la contagion demande une cohabitation prolongée, elle n’est pas fatale. Le milieu familial réalise au mieux ces conditions.

La démonstration expérimentale reste à faire ; elle ne sera pas facile à tenter, puisque seule l'expérimentation sur l'homme pourrait donner des résultats.

Mais une démonstration indirecte pourrait en être donnée si, dans les pays a lépre, il était entrepris de détruire, chez les lépreux et chez les perfiornes exposées à la contagion, l’agent supposé de l'inoculation: le Démodex.

La toilette des régions du corps infectées, celle de la face surtout, par le savon noir, ou le »ylol, ou le pétrole, donnerait peut-étre d'excellents résultats. Une telle prophylaxie qui paraît rationnelle n’offre aucun inconvenient.

Sur la digestion gastrique de la caséine.

Note de M. Louis GaucHEr, présentée par M. Guignard.

Les difficultés qu'on éprouve si souvent à faire tolérer le lait aux malades, les accidents plus fréquents encore qu'il provoque chez les nourrissons allaités artificiellement, ont engagé l’auteur à reprendre l'étude de la digestion du lait dont certains points sont encore insuffisamment établis. Les expériences entreprises à ce sujet l’ontconduit aux conclusions suivantes :

La caséine passe de l'estomac dans le duodénum d'abord sous la forme liquide, ensuite à l’état de caséum. Elle n’est jamais peptonisée dans l'estomac, contrairement à l'opinion admise encore par quelques expérimentateurs. Ce passage s'effectue assez rapidement quand l'estomac est vide et la digestion normale.

La coagulation du lait ’est donc nullement nécessaire; et, si le lait se caille dans l’estomac, ce n'est en tout cas, ni pour y être retenu, ni pour y subir la digestion peptique.

De ces deux conclusions découle la suivante : Dans certains cas, la coagulation intra-stomacale du lait peut même être nuisible à sa digestion. Gräce à l'insuffisance de la motricité gastrique ou à la fermeture spasmodique du pylore, la caséine coagulée forme, dans l'estomac, un bloc quise contracte de plus en plus-et s’y durcit. Alors, de deux choses l'une: oubien ce caillot, se comportant comme un aliment indigeste, sera délinitivement refusé par l'estomac et regurgité ; ou bien, il finira par passer, plus ou moins fragmenté, à travers le pylore et ses fragments, difficiles à désagréger et à dissoudre, améneront l'irritation de la muqueuse intestinale. Ainsi s'expliquent les deux formes les plus fréquentes de l'intolérance pour le lait : les vomissements et la diarrhée.

Bibl'ographie

Tous les ouvrages et mémoires ci-après indiqués

-peuvent être consultés à la bibliothèque du Muséum

d'Histoire naturelle, à Paris.

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