AVRIL
époques, des bancs puissants et les restes fossiles de ces mollusques sont aujourd'hui de précieux jalons pour l'étude stratigraphique de certaines régions.
La famille des Ostracées appartient, comme chacun sait, au grand groupe des Mollusques acéphalés monomyaires.
Les principaux caractères morphologiques de cette famille sont les suivants :
Le test est feuilleté ou papyracé, ia coquille est irrégulière, elle est inéquivalve et.ne présente jamais d’oreillettes.
La charnière est sans dents, mais possède une fossette cardinale oblongue, sillonnée en travers el donnant attache au ligament. Quant aux impressions musculaire et palléale la première est unique et la seconde n’est pas distincte.
Certaines espèces sont adhérentes, d’autres sont libres. sk
Cette famille, encore assez riche en espèces puisqu'on en compte une centaine d'espèces de toutes les:mers, chaudes et tempérées, a fourni aux différentes époques géologiques une variété de formes bien plus grande encore.
Les représentants actuels de cette famille, au nombre d’une centaine d’espèces, vivent dans toutes les mers, chaudes et tempérées; ils furent plus nombreux encore aux différentes époques géologiques qui précédèrent la période actuelle et le nombre des espèces est si grand (1) qu'il a nécessité la création d’assez nombreux genres qui de nos jours n’ont plus de représentants.
Le tableau suivant montre les divisions qui ont été établies dans la famille des Ostreidæ, telles que les
Fig. 5. — (Amphidonta) vesicularis Goldf. de la craie blanche aturienne de Meudon, près Paris.
comprend P. Fischer dans son Manuel de Conchyliologie.
Pour d’autres auteurs, les genres Pernostrea, Heligmus, Naïadina et Chalmatia ne doivent pas être compris
(4) P. Fischer en indique plus de 500 esnèces dans les terrains secondaires et tertiaires.
| Ostrea, s. str.
Chalmasia, Stol.
{ Actinostreon, Bayle.
Alectryonia, F.de W.+ Ostreola, Monteros.
| Heligmopsis, M. Ch.
Ostrea, L.. Gryphæa, Lmk.
Gryphæa, Lmk,....,..{ Liogryphæa, Fisch.
| Gryphæostrea, Cour.
Ostreidæ.
Amphidonta, F. de W.
{ Rhynchostreon, Bayle.
Ceratostreon, Bayle,
Exogyra, Say........
| Ætostreon, Bayle.
Heligmus, E. Desl, Naiadiana, M. Ch.
Pernostrea, M. Ch.
dans la famille des Ostreidæ et constituent des divisions de celle des Aviculidæ.| C’est ainsi que pour Zittel la famille qui nous occupe ici ne comporte que les six genres suivants : 4. Ostrea; 2. Alectryonia; 3. Gryphæa ; 4. Amphidonta; 5. Gryphostrea; 6. Exogyra ; qui, en réalité, sont les seuls importants
à connaître
arquée. Une seule impression musculaire sur chaque valve.
Genre Exogyra, Say.
Coquille inéquilatérale, inéquivalve, impression musculaire unique dans chaque valve ; valve inférieure, concave, adhérente, terminée par un crochet contourné latéralement en spirale ; valve supérieure plane, operculiforme.
Genre Alectryonia, Fisch.
Coquille allongée, souvent contournée, à charnière courte et crochet peu apparent. Les deux valves ont à peu près la même longueur;les bords sont fortement plissés, anguleux, s’emboitant l’un dans l’autre; une fossette cardinale triangulaire, sillonnée en travers, donnant attache au ligament.
Genre Ostrea, Lin, s, str.
Caractérisé par une coquille irrégulière fixée par sa valve gauche (inférieure) qui est très profonde et très lamelleuse ; la valve droite (supérieure) est plus plate et souvent ne présente ni stries, ni côtes rayonnantes,
Genre Amphidonta, Fisch.
Coquille libre, inéquilatérale,très inéquivalve, la valve inférieure très concave, à sommet très recourbé au crochet ; la supérieure operculaire, plane, petite, contournée un peu en spirale. Charnière et bords dentés des deux côtés ; ligament inséré dans une fossette allongée et transverse : deux impressions musculaires, l’une pro-
Fig, 6. — Exogrra couloni d'Orb. du néoconien,
Fig. 7. — (Rhynchostreon columba) Fig. 8. — Exogyra flabellata d'Orb. de Desh. des marnes à ostracées, Cé-
la craie cénomanienne,
nomanien du Maine,
pour le géologue, soit par le nombre des espèces qui s’y rapportent, soit à cause de la profusion avec laquelle leurs coquilles se rencontrent dans presque tous les terrains et sous ce rapport il convient de signaler particulièrement les terrains crétacés qui ne fournissent pas moins de 264 espèces, d’après Coquand (1).
Nous rappellerons seulement les caractères des quatre principaux genres de cette famille : Ostrea, Alectryonia, Gryphæa et Exogyra, les genres Gryphostrea et Amphidonta pouvant être considérés comme dérivant des deux derniers.
Genre Gryphæa, Lmk.
Coquille libre, inégale; valve inférieure grande, concave, terminée par un crochet saillant, courbé en spirale involute.
Valve supérieure petite, plane et operculaire. Charnière sans dents; une fossette cardinale, oblongue,
(1) Coquand, Monographie du genre Ostrea,terrains crétacés’ Marseille 1869.
fonde et conique, située immédiatement au-dessous de la charnière, l’autre ovale, moins profonde, placée sur le côté du milieu des valves.
Certains auteurs n’admettent point les genres précédents et ne conservent que le genre unique : Ostrea.
C’est ainsi que Coquand, dans sa monographie, n’a pas cru devoir adopter ces divisions, qui ne doiventêtre regardées, dit-il, tout au plus que comme coupes artificielles, parce que les accidents (ou caractères) invoqués pour la distinction de ces coupes n’ont aucune valeur et qu'ils ne persistent pas même chez les individus qu'on a considérés comme prototypes de ces différents genres.
Quelle que soit la valeur accordée à ces subdivisions, nous les conserverons dans le courant de cette étude, pour la commodité de l'exposition.
La première apparition de la famille des Ostreidæ a lieu dans des sédiments d'âge triasique, dans lesquels, d’ailleurs, elle ne parait représentée que par un nombre restreint d'espèces appartenant toutes au genre Alec-
trÿonia et parmi lesquelles nous citerons : Ostrea (Alec- -tryonia) subspondyloïdes, d'Orb.
Il convient de faire remarquer qu’à cette époque ces mollusques n’érigent point encore, par l'accumulation de leurs coquilles, de ces bancs plus ou moins puissants qui se rencontrent aux époques suivantes.
Dès la période liasique, en effet, les types se multiplient, les formes prennent plus d'ampleur et l’abondance d’une même espèce dans certaines couches est quelquefois si considérable qu'on s’est servi bien souvent de la présence de ces fossiles pour désigner la zone paléontologique où ils se rencontrent, ex. : couches à gryphées arquées (Gryph& arcuata); couches à exogyres (Exogyra virgula), etc.
Comme on peut le voir dans le tableau précédent, c'est le genre Gryphæ qui, pendant la période liasique, l'emporte de beaucoup, par son importance, surlesautres genres qui ne sont représentés que par des espèces peu