CONCLUSIONS
1° C’est de cinquante à soixante ans que se rencontre le plus souvent le cancer du rectum ; mais, dans 3,90 p. 100 des cas, les malades qui en sont atteints n’ont pas plus de trente ans, dont 5 p. 100 appartenant au sexe masculin.
Les sujets de moins de trente-cinq ans, chez lesquels nous étudions le cancer rectal, revendiquent 7 à 8 % du nombre total des cas de cette localisation néoplasique.
2° En l’état actuel de la science, il n’est pas possisible de connaître l’étiologie exacte du cancer du rectum, quel que soit l’âge du sujet.
3° Comme chez les gens âgés, le néoplasme rectal des jeunes, le plus souvent ampullaire (dans 58 % des cas), peut être recto-sigmoïdien (17 %) ou sphinctérien (25 %). Il esf situé généralement sur la face antérieure du rectum (58 % des cas), et c’est, dans la plupart des cas, une tumeur volumineuse et bourgeonnante dont l’extension se fait plutôt en largeur vers l'utérus, le sacrum et les organes du petit bassin. His-
tologiquement, c’est un épithéliome typique, métaty-
pique ou atypique, toujours malin, et non un sarcome, comme on le voit plus fréquemment chez les malades
âgés. 4
4° Bien que la symptomatologie de début du cancer rectal chez les jeunes sujets puisse être fort variée elle ressemble à peu près à celle qu’on constate chez les malades plus âgés, si ce n’est qu’elle est moins nette et caractéristique. de
Les malades, le plus souvent, se plaignent de troubles rectaux : troubles de la défécation, constipation, diarrhée, hémorragies, faux-besoins, et, moins souvent, douleurs.
A la période d'état, ces symptômes s’accusent davantage, et par le toucher rectal, la rectoscopie, la biopsie complémentaire et la radioscopie, il sera facile d’être renseigné sur la tumeur et ses caractères.
L'évolution de la maladie chez les jeunes est extrémement rapide (de quelques mois à dix-huit mois au maximum), plus rapide que chez les gens âgés, d’où la nécessité d’un diagnostic et d'une intervention très précoces.
5° Le diagnostic du cancer rectal au début peut être délicat, mais est toujours possible. On éliminera les lésions susceptibles de le simuler en combinant le toucher rectal, la rectoscopie et la biopsie.
6° Le traitement de choix du cancer du rectum opérable, c’est-à-dire complètement extirpable, est l’amputation abdomino-périnéale, pérédée ordinairement d’un anus contre-nature, établi en un premier temps. Il faudra soulager le cancéreux non susceptible
d’une exérèse, après avoir essayé la radiumthérapie, qui donne parfois des succès, par un anus contrenature iliaque.
7° Le pronostic post-opératoire du cancer du rectum, plus encore chez le jeune, doit être toujours réservé, même dans les cas qui semblent favorables, et la récidive devra longtemps être crainte après son ablation chirurgicale,
8° Pour nous résumer : le cancer du rectum chez les jeunes sujets est beaucoup plus fréquent qu’on ne pourrait le croire, et son diagnostic, très précoce, étant d’une importance capitale en face d’une lésion dont l’évolution à cet âge est très rapide, il faudra que le médecin pense à sa possibilité chez le jeune, s’efforce de le dépister sous ses formes les plus masquées, et le fasse opérer sans attendre, chaque fois que l’intervention radicale paraîtra possible.
Le PRÉSIDENT DE LA THÈSE,
Vu : L. BÉRARD.
Le Doyex, Jeax LEPINE.
Vu el permis d ‘imprimer ; Lyon, le 7 Juin 1922.
Le Recreur, Présinent ou Conseil pe L'Univensiré.
JOUBIN.
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