‹ Le Népal: étude historique d'un royaume hindouChapitre 6 sur 85 · Gli Scritti..., p. 50 sq · texte numérisé non relu

Gli Scritti..., p. 50 sq

2. Le Cheng-ou-ki attribue au Népal une population de 54 000 familles estimation que M. Rockhill (T/^e/ frora Chinese sources, p. 129) juge beaucoup trop basse. Mais il ne s'agit évidemment dans ce nombre que des habitants du Népal proprement dit, et le chiffre semble avoir une origine officielle, car il correspond exactement au total des 3 nombres donnés séparément par les Capucins pour la population des trois villes (autrement dit, des trois royaumes) : Katmandou 18 000 + r*atan 24 000 -(- Bhatgaon 12 000 = 54 000. Kirkpatrick d'autre part adujet une

soil une densité de 700 habitants par kilomètre carré, dans une région sans industrie. Une moitié de la population vit rassemblée dans les villes et les bourgs ; Tautre moitié est dispersée dans d'innombrables hameaux, qu'il serait fastidieux et vain de prétendre énumérer.

La ville principale du Népal est Katmandou, séjour du gouvernement et capitale du royaume. Katmandou n'est pas la plus ancienne des villes du Népal ; sans parler des capitales antérieures qui ont disparu, Patan dépasse en antiquité sa rivale triomphante. La tradition fixe la fondation de Katmandou en Tan 3824 écoulé du Kali-yuga = 724 J.-C); et cette date semble plausible. Un jour, à en croire la chronique, comme le roi Gunakâma jeûnait en riionneur de Mahâ-Laksmî, la déesse lui apparut en songe, et lui prescrivit de bâtir une ville au confluent de la Visnumatî et de la Vâgmatî, sur un emplacement qu'avait consacré déjà la présence de nombreuses divinités. La ville devait avoir la forme recourbée du « khadga», le cimeterre que la sanguinaire Devî brandit dans une de ses multiples mains contre ses ennemis terrifiés * ; elle contiendrait 18000 maisons, et tous les jours il devait s'y traiter un chiffre d'affaires de 100000 roupies! La nouvelle cité reçut d'abord le nom de Kdnli-pura « Ville de Grâce" ». Elle eut à souffrir de la longue période d'anarchie féodale que le Népal traversa durant le moyen âge, et forma pendant plusieurs siècles une sorte de fédération oligarchique,

rnoyerme de 10 personnes par maison ou famille. L'évaluation oHicielle du siècle dernier parait donc bien se rapprocher de la vérité.

1. Les Bouddhistes prétendent que le cimeterre proposé comme modèle au roi était celui de Manju<;ri.

2. La Rrhat-Sarnhilâ de Varàha-Mihira mentionne une ville du môme nom, mais située dans le Dekkhan, car elle parait dans la même énumé. ration que Konkana, Kuntala, Kerala, Dandaka (XVI, 11). — LeKârtikamàhàtmya du Padmapuràna cite également une ville de Kàntipura ; Aufrecht (Oj?. Afs.ç. 16**) substitue par correction Kâfici-pura « Conjeveram ».

comme la célèbre Vaiçâlî au temps du Bouddha ; douze nobles {Thâkuris) y exerçaient Tautorité à titre de râjas. Ratna Malla s'empara de la ville à la fin du xv siècle, grâce au pouvoir magique d'une formule qu'il avait déloyalement apprise de son père et surtout grâce à une perfidie sans scrupules ; il gagna le principal fonclionnaire (« Kâjî » , cadi) des Thâkurîs, les fit empoisonner au cours d'un banquet, assassina son complice et se proclama roi. Il fonda la dynastie Malla de Katmandou, qui dura jusqu'à la conquête Gourkha. Un siècle après Ratna Malla, sous le règne de Laksmî Narasimha Malla, un édifice miraculeux s'éleva dans la capitale : un simple particulier avait reconnu, dans la foule qui suivait la procession de Matsyendra Nâtha, l'Arbre-aux-Souhaits [Kalpavrksà) en personne venu comme un vulgaire badaud pour admirer le spectacle ; il bondit surle visiteur divin, le maintint prisonnier et réclama comme rançon une faveur singulière ; son ambition était de bâtir avec un seul arbre un abri pour les religieux errants. L'Arbre-aux-Souhaits donna sa parole et la tint ; avec le bois d'un seul arbre on put construire un édifice spacieux, qui subsiste encore aujourd'hui et reste affecté à son usage primitif; il est voisin des temples élégants qui font vis-à-vis au Darbar, le long d'une rue pavée qui mène à la Bitsnumati. La célébrité légitime de ce hangar miraculeux valut à la ville un changement de nom ; on l'appela dès lors Kâstha-Mandapa (Halle-de-bois) en sanscrit, en langue vulgaire Kdthmando, d'où les Européens ont tiré Cadmendu (Grueber), Katmandù (Georgi) Khâtmdndù (Kirkpatrick), Kathmandu (Hamilton), etc. En dehors des langues indiennes, la ville est désignée sous des noms tout différents. Les Névars l'appellent Yin[-dahé)^ d'après Kirkpatrick ; Tinya^ d'après Bhagvanlal * ; les Tibétains, d'après

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