‹ Le Nitrite de Soude en Injections chez les HypertendusChapitre 40 sur 49 · TE WI · texte numérisé non relu

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retirent. Seule l'observation 1x nous fournit un type d'hypertension latente décelée au hasard d’un examen et le cas est presque rare en clientèle d’hopital.

Le type d'hypertendu qui se présente à nous est celui que l'on classe dans la phase troublée, avant d'entrer dans la phase de défaillance circulatoire confirmée. Ce sujet souffre ; céphalées gravatives, insomnie, vertiges, dyspnée d'effort, asthénie, ce sont là quelques-uns des principaux symptômes qui l'inquiètent, et permettent au médecin de découvrir des cas d'hypertension jusque-là méconnus. Ce sujet livré à lui-même est à la merci d’une complication cardiaque, respiratoire ou nerveuse; l’angine de poitrine, l'œdème aigu du poumon le guettent ; l'hémiplégie peut s'installer brusquement et faire de Jui un impotent pour de longues années peut-être. C'est pourquoi il est fort utile d'avoir entre tant d’autres, un autre médicament qui le soulage et le mette à l'abri d’accidents justement redoutés. .

Entreront les premiers en ligne de compte les troubles nerveux et psychiques, symptèmes souvent révélateurs de l'hypertension au début. Au premier rang de ceux-ci, examinons ce que devient la céphalée bien étudiée par Jaxeway, et plus récemment par RÉNON qui en à précisé le caractère matutinal, symptôme que nous relevons comme le plus constant. Chez la presque majorité de nos malades, elle est à localisation occipitale, avec irradiations le plus souvent periorbitaires ou temporales, et apparaît la nuit entre 1 heure et 5 heures du matin. Or, sans que le malade soit soumis à un régime alimentaire, sans

aucune médication déplétive accessoire, nous avons vu

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sous la seule influence du nitrite de soude, soit en injection, soit en ingestion, ce symptôme pénible, parfois atroce, souvent s’amender et fréquemment disparaître. Et ceci nous l'avons noté dans 50 % de nos observations, surtout dans les cas où la chute de la pression se maintient pendant plusieurs jours.

Quant aux petits accidents de courte durée mais impressionnants et si bien dénommés par DoxzerorT, « les éclipses cérébrales des hypertendus », nous ne les avons pas rencontrés aussi constamment. Mais il n'y a pas de doute que ces phénomènes qui traduisent ‘un angiospasme des artères encéphaliques ne soient aussi bien jugulés par le N. de $. que la souffrance aigue paroxystique des crises d’angor pectoris par la Trinitrine.

Plus fréqemment, les malades se plaignent de vertiges, sensations gyratoires apparaissant à l'effort, de bourdonnements d'oreilles, de points noirs, mouches volantes devant les veux, de crampes musculaires, de sensation de doigt mort, de cryesthésie. Il suffit de se reporter à nos Q premières observations pour voir combien peu à peu ces troubles diminuaient et laissaient la place à une impression de bien-être. Le sujet de l’obs. x, contrôleur aux chemins de fer, mis en congé pour perte de la mémoire et symptômes nerveux, a pu reprendre son service comme auparavant ; le malade de l’obs. 1v chez qui les cephalalgies provoquaient de pénibles insomnies, a recouvré au moins pendant dix mois un sommeil calme ; celle de l’obs. vr qui avait été contrainte de cesser son métier de couturière parce que « le point de cou-

ture semblait se mouvoir devant ses yeux », et que « ses

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doigts engourdis ne pouvaient plus tenir l'aiguille », ne connaît plus maintenant de tels ennuis, etc.

Un cas qui nous a vivement intéressé est celui de l'obs. xvir. Il s'agit d'une hypertendue ayant été hysterectomisée et présentant une néphrite chronique, à Îa suite peut-être de rhumatisme articulaire aigu franc et chez qui l'élément spasmodique se manifeste par des accès de dyspnée nocturne paroxystique. La chute de la pression ne fut que de quelques minutes, ne se maintint pas, et les chiffres tendaient à regagner ou presque le chiffre initial ; mais, après seulement deux piqûres, la malade affirme avoir mieux dormi et éprouver moins de dyspnée et de céphalées ; d'autre part à deux reprises nous avons noté une augmentation passagère de la maxima, phénomène qui à fait l’objet d'un paragraphe au chap. L. Pour cette raison notre intention était d’interrompre les injections, quoique de 27 E-13, la tension fut tombée à 25-13 après une cure de o gr. 06 de nitrite per os pendant ro jours en octobre. Plus tard, la malade ayant eu deux accès de dyspnée nocturne revient spontanément nous demander du N. de $. par voie sous-cut. Devant son insistance, nous consentons à les pratiquer ; aussitôt une grosse amélioration se manifeste, aussi bien en ce qui concerne les symptômes accessoires. qu'elle accuse (petits signes du brightisme de Dreuraroy) que les crises de pseudo-asthme ; celles-ci s'espacent de plus en plus ; en janvier sa T. A. est : 4-12, en mars 21-15 sans le secours d'autre médication.

A côté de 9 cas heureux, nous avons groupé 7 obser-

vations dans lesquelles, malgré la chute de la pression,

il ne se produisait aucune influence favorable sur les symptômes fonctionnels. Et parmi celles-ci, (obs. x, x11, xXI11, XVI) malgré le diagnostic de néphrite chronique évident, confirmé soit par une étiologie certaine, soit par les épreuves de laboratoire : il est possible que la céphalalgie atroce dont souffre M. Schwe... (obs. xr11) soit due, indépendamment de son intoxication tabagique à un processus de méningo-encéphalite d’origine syphilitique, le malade a été perdu de vue alors qu'on se proposait de lui appliquer un traitement spécifique ; l’aortite de M°° Deba.….. (obs. x111) répond classiquement à la dyspnée qui l'incite à consulter ; enfin les palpitations cardiaques éprouvées par M” Rouss. ne sont peut-être pas étrangères au syndrome de Basedow qu'elle présente.

Notre but ne fut pas uniquement, en administrant à ces malades des injections de N. de S., de chercher à atténuer de tels troubles qu'on peut rattacher facilement à une autre étiologie ; mais l'expérience poussée par la curiosité nous apprit que, mème chez les individus présentant une affection intercurrente, il nous était possible de faire baisser la T.A. Nous nous sommes attachés à un symptôme, l'hypertension, sachant fort bien que, s’il est des cas où il doit être respecté, il peut tantôt être compatible avec une longue survie, tantôt entraîner par ailleurs les accidents les plus néfastes dont il importe d’écarter ou de reculer l'échéance par les moyens dont nous disposons. Et nous préciserons au chap. III comment, à quelles doses et dans quels cas le nitrite de soude peut faite œuvre

utile en thérapeutique.

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