RESUME HISTORIQUE BUT DE NOTRE TRAVAIL
Depuis bien longtemps les nitrites et la trinitrine sont employés en France et à l'étranger pour lutter contre l'hypertension artérielle. Mais en dehors des résultats cliniques si manifestes obtenus par la Trinitrine chez les angineux, on possède peu de documents précis sur l'action iminédiate ou prolongée de ces médicaments sur la tension artérielle.
Launer Brunron, en 1869, signale l’action hypotensive du nitrite de soude. I l’utilisait à la dose de o gr. 0 à o gr. 4o par jour associé au nitrate de potasse.
En France, Hucuanp faisait connaître en 1883 à la Société de Thérapeutique les résultats de ses recherches sur la toxicité du nitrite de soude, Il rejefait ce médicament, comme poison du sang, laccusant de produire une asphyxie en transformant l'hemoglobine en methemoglobine. Il l'a utilisé, il est vrai, sur des animaux de laboratoire à des doses qui nous paraissent considérables.
Comme agent thérapeutique possédant les mêmes indi-
CRT es
cations, il lui préférait la Trinitrine en sol. alcoolique à 1/100°, ou le Nitrite d'Amyle, quoique leur reconnaissant une action brutale et fugace.
Le 30 juin 1903, dans une communication à l’Académie de Médecine sur la médication hypotensive, Hucarp, après les essais de COLLIER et SCHWEINBURG, revient de son erreur, après avoir employé le Nitrite à doses plus modérées. RoBix, dans la même séance, én affirme les bons effets aux doses de 0,05 à 0,20 p. d.
Vaquez. en 1907, à la Société de Biologie, considère le Nitrite comme un hypotenseur très infidèle, à action tardive et inconstante, n’agissant qu'à la dose de o gr. 15. I l'intitule « médicament d'occasion » incapable de maintenir d’une manière persistante, dans ses limites normales, une pression anormalement élevée.
À l'étranger, d'importants travaux ont paru ces dernières années sur le Nitrite de soude en injections souscutanées ou intraveineuses., SCHLESINGER, de Vienne, administrant dans la claudication intermittente vingt à trente injections à o gr. o1 ou o gr. o2 par voie sous-Cutanée, a vu qu'il déterminait un abaissement de la pression artérielle de plusieurs centimètres (4 à 6). Nacy, de Budapest, d'autre part, constate un abaissement qui durait plusieurs heures et soulageait le malade sans inconvénient et sans accoutumance.
Lepeuxe, de Kôünigsberg, employant le Nitrite de soude par voie intra-veineuse à la dose de cinq milligrammes à un centigr., a obtenu chez les hypertendus dans 55 % des cas, une amélioration considérable et parfois la dis-
parition des troubles fonctionnels tels que : céphalées,
vertiges, bourdonnements d'oreilles, palpitations et insomnie. Dans cinq cas, les bons effets du traitement ont duré plusieurs mois. Les cas négatifs ont été dans la proportion de 1/6° environ.
En janvier 1925, DeLHayE fait paraître dans le Scalpel les résultats du concours de la méthode oscillométrique à l'étude de ces médicaments. Il conclut, contrairement aux auteurs précédents, qu'ils sont inutiles et même dangereux, | fr
D’après lui, chez les sujets normaux, le nitrite de soude ordonné à la dose de 15 ctgr., par voie buccale, en trois prises réparties en 12 hures, ne change guère ni la Maxima, ni la Minima, mais il augmente fortement l'indice oscillométrique ; la tonicité de la paroi artérielle change, le calibre augmente par relâchement des muscles vaso-constricteurs et les oscillations deviennent plus grandes par suite de la distension des parois vasculaires.
Avec une seule prise de 15 ctgr. (dose massive) les pressions baissent, mais ne se maintiennent pas.
Expérimentant la Trinitrine (VI gouttes de la sol. à r1/100°), chez les sujets normaux il constate la même action, mais plus brutale et plus fugace.
Chez les scléreux hypertendus, la dose massive agit sur la Mx en l’augmentant, sur la Mn, qui baisse un peu, puis revient, sur l'indice oscillométrique qui augmente fortement. Par conséquent, l'impulsion cardiaque devenant plus violente et agissant sur des parois artérielles moins solides et moins souples, il y a « risque de rupture ».
La dose thérapeutique (3 fois III gouttes en 24 h.) pro-
duisant le même effet, mais moins accentué, met à dure épreuve des parois altérées et sans obtenir de bénéfice au
point de vue de la circulation sanguine.
L'article de DELHAYE nous parvint alors que nous étions guidé dans nos recherches sur l’instigation de notre maître le docteur Guy LAROGRE, par un article de CHEINISSE, de la Presse Médicale d'août 1924. Et nous étions encou- ‘ragé par une communication à la Société de Biologie (décembre 1924) de Perzerakis qui affirmait les bons effets du Nitrite en injections sous-cutanées et intra-vei-
neuses,.
La publication de Dernaye à la Société de Médecine d'Anvers, est riche de faits constatés expérimentalement chez l’homme et présentée d’une façon claire et schématique. PEerzErTaKIs, après avoir observé l’action du Nitrite de soude sur les pressions Mx et Mn des suiets à tension artérielle normale, comme des hypertendus, cite des cas cliniques heureusement influencés quant aux symptô-
més variés accusés par les malades.
À ire les deux rapports, il est difficile d’avoir une idée exacte sur ce médicament, rejeté par le premier, redoutant la fragilité d'artères sclérosées, proné par le dernier qui en étend les indications jusqu’au Mal de
Bright.
Devant des résultats si discordants, il nous à paru intéressant de continuer nos investigations. L'action des hypotenseurs du groupe des nitrites sur la tension artérielle ; leur influence favorable ou non sur les symp-
tômes ; le bénéfice que les malades en retirent est-il seu-
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