‹ Le nord-est de la France (volume 2)Chapitre 115 sur 226 · I. A la Schlucht par Gérardmer · texte numérisé non relu

I. A la Schlucht par Gérardmer

53 kil. de chemin de fer jusqu’à Oêrardmer, trajet en 1 h. 45 à 3 h. 10 pour 6 fr. 05, 4 fr. 10 et 2 fr. 65. — 15 kil. de route jusqu’à la Schlucht (Munster, v. p. 144), en 3 h. env. par la voit, publ., à 9 h. 1/î et à 3 h., pour 3 fr. Descente à Oêrardmer, en 1 h., pour 2 fr. ; 50 c. de plus quand on passe par Retournemer. Départs de la Schlucht pour Gérardmer à 9 h. l/a et 3 h. 1/4. On ne peut compter sur une place à la Schlucht, à moins qu’on ne l’ait prise à Gérardmer ou à Munster pour tout le trajet ou l'aller et le retour.

Epinal, v. p. 113. On suit d’abord un instant la ligne d’Aillevillers (p. 121), puis on la laisse à dr. pour continuer de remonter la vallée pittoresque de la Moselle, jusqu’après la deuxième station. — 6 kil. Dinozé. A g., des hauteurs fortifiées. Encore un viaduc.

12 kil. Arches (buffet- hôtel). Ligne de Remiremont-Bussang, v. p. 145.

Plus loin, à dr., est le fort de la Savonnerie. Notre ligne traverse la Moselle et remonte au N.-E. la belle vallée de la Vologne, rivière où l’on trouve des moules perlières et qui a même donné des perles pour les anc. couronnes ducales de Lorraine , aujourd’hui à la couronne d’Autriche.

16 kil. Jarmenil , au confluent des deux rivières et d’où l’on peut visiter, 1 kil. en aval, la chute de la Moselle dite 1 c Saut-Broc.

20 kil. Docelles-Chenime'nil. Docelles, à dr., est à l’entrée de la jolie vallée du Barba, dont un affluent, au S., au delà du village du même nom (6 à 7 kil. de la stat.) , forme la belle cascade du Tendon, une des plus importantes des Vosges , haute de 30 à 35 m.

138 I. R. 2fi.

KICHOMPRÉ.

Les Vosges.

24 kil. Deycimont. — 26 kil. Lépanges. — 29 kil. Laval. Le chemin de fer quitte la rive dr. de la Vologne, mais pour y revenir après la stat. suivante, qu’il atteint par un grand détour et un petit tunnel.

31 kil. Bruyères (hôt.: de la Renaissance, de l’Ange), ville de 4221 hab.. à g., dans un joli site, entourée de collines boisées. On y a érigé en 1893 un buste au Dr Villtmin , ancien professeur du Val-de-Grâce, à Paris, qui a découvert la contagion de la tuberculose. Ligne de Gerbéviller, v. p. 123.

35 kil. Laveline, d’où se détache, à g., la ligne de St-Dié (v. p. 130). Nous continuons par la vallée de la Vologne. Vue à g. — 38 kil. Aumontzey. — 41 kil. Oranges (hôt. & café de Lorraine), à dr. , localité industrielle de 3400 hab., qui a des filatures et des tissages. Ensuite la magnifique valle'e de Oranges (v. ci-dessous).

50 kil. Kichompre' (hôt. de la Vologne , à la gare), village industriel tout moderne, qui a surtout un établissement de tissage. Il est situé au confluent de la Vologne et de la Jamagne, décharge du lac de Gérardmer.

C’est d'ici, plutôt que de Gérardmer, que les piétons doivent visiter la ‘vallée de Granges, parce qu’ils s’épargnent ainsi 2 à 3 kil. de ehemin dénué d’intérêt et exposé au soleil (v. ci-dessous). Cette vallée est un défilé très pittoresque d'env. 7 kil., où la Vologne coule capricieusement entre des hauteurs rocheuses et boisées, un des plus beaux endroits des environs de Gérardmer. On fera une promenade charmante par la route de voit, de la rive dr. de la Vologne, surtout en amont. Des écriteaux, plutôt trop nombreux, indiquent une quantité de sites et de sentiers qui sont peu importants pour le touriste de passage. On laisse de ce côté à g. le sentier de la Basse de l’Ours (v. ci-dessous). A env. 10 min. de la stat., le pont Marie-Louise , par où l’on peut rejoindre la route de Kichompré à Gérardmer. A 10min. de là, le pont des Fées, vieux pont très pittoresque, où l’on peut aussi passer pour gagner Gérardmer, par la route de la Sehlucht. Enfin 10 à 15 min. plus loin le pont de Vologne, avec le saut des Cuves, qu’on aura du reste l'occasion de voir en allant à la Sehlucht (v. p. 140). — Du pont des Fées, un chemin de piétons remonte au N. la gorge des Roitelets , également pittoresque, par laquelle on peut aller passer à la grange de Chenil, pour redescendre au S. -O. à Kichompré (env. 1 h. l/a) , P ar la Basse de VOurs, gorge curieuse, mais où il est difficile de trouver un passage, au milieu des blocs de granit qui l'encombrent. Il faut même y marcher avec précaution, car la mousse y cache entre les rochers, déjà glissants, des anfractuosités dangereuses. — En aval de Kichompré, on visite particulièrement la glacière du Kertoff ( 1/4 d’h.), chaos de rochers dans le genre de celui de la Basse de l’Ours, où l’on trouve un peu de glace même en été. On en peut revenir par un ehemin sur les hauteurs de la rive g., conduisant en 1 h. 1/4 env. à Gérardmer et dont le point principal est le Haut de la Haie-Oriselle , non loin de Kichompré, d’ou l’on peut aussi y monter directement: la vue y est très belle.

Le chemin de fer tourne ensuite au S., le long de la Jamagne.

53 kil. Gérardmer. — Hôtels: Or. -Hôt. <fc H. de la Poste , place du Tilleul (dep. 11 fr. par jour); 77. des Vosges, en deçà, à g., plutôt pour les touristes et recommandé (ch. 2 fr., dî. 3); 77. Cholé, au chemin de fer, bon; Or. -H. du Lac, nouveau, près du lac; H. d'Alsace-Lorraine, II. Defranoux, plus modestes, au delà de la place. — Au fort de l’été, les hôtels sont souvent combles, et il n’est pas prudent d’y arriver le soir sans avoir retenu sa chambre et obtenu une réponse); mieux vaut alors s'arrêter en route, par ex. à Granges (v. ci-dessus).

Diqitized

Les Vosges. GÉRARD MER. I. R. 26. 139

Café, à l'hotel des Vosges. — Poste tout près de cet hôtel.

Voitures. Voiture » publiques pour la Schlucht et Munster, v. p. 137 et 144. — Voitures de louage (Defranoux, à la gare) à 1 chev. (2 pl.), 12 à 15 fr. ; à 2 chev. (4 pl.), 20 à 25 fr. par jour; 15 et 25 fr. pour la Schlucht, 6 et 10 fr. pour le tour du lac, 8 et 15 pour le Saut des Cuves et la valle'e de Granges jusqu'à la glacière, 16 et 25 fr. pour Cornimont, etc.: demander le tarif.

établissements hydrothérapiques à l’hôtel de la Poste et près de l’hôtel du Lac. — Bains du tac: bain, 50 c. ; entrée pour les promeneurs, 10c.

Gérardmer (671 m.; pron. «Gérardmé») est une ville moderne de 7197 hab., dans un beau site, au bord du lac de ce nom, le principal lieu de villégiature et point de départ des plus belles excursions de ce côté des Vosges. Elle s’est encore embellie et agrandie dans ces derniers temps. C’est en outre un centre assez important de tissages et de blanchisseries de toiles. Elle fait un commerce considérable des fromages renommés de la contrée, ditsde «Géromé». On fait remonter l’origine de Gérardmer à Gérard d’Alsace, qui construisit vers 1070 une tour au bord de ce lac (mer). On remarque sur la place publique, au centre, un tilleul du xvi e s., qui a 30 m. de haut et env. 6 m. de circonférence à 1 m. du sol, que surpassent cependant encore le chêne des partisans, près de Contrexéville (p. 120), et le peuplier de l’Arquebuse, à Dijon (p. 172).

Le lac de Gérardmer , à 10. de la ville, entre des montagnes couvertes de pâturages et boisées seulement au sommet, est de forme à peu près ovale et mesure env. 2 kil. */* de longueur sur 800 à 900 m. de largeur, soit 120 hect. de superficie, avec une profondeur atteignant jusqu’à 50m. On en peut faire le tour en 1 h. */* à pied, et l’on trouve des bateaux pour s’y promener (50 c. à 1 fr. 50 l’h.). Ses bords sont toutefois trop dépourvus d’ombre, comme la ville elle -même, et des villas fermées au public obligent à des détours du côté S. Il y a un établissement de bains du côté de la ville, au N. (prix, v. ci-dessus).

Fromenadei et excuraiona. — On peut faire aux environs de Gérardmer un certain nombre de jolies promenades et de belles excursions; néanmoins il y a dans toutes les directions un bout de chemin découvert et à peu près dénué d’intérêt, que les piétons font bien d’éviter, lorsque c'est possible. Il y a partout des poteaux indicateurs du Club Alpin Français (C. A. F.) et une plaque du même genre à la sortie de la gare. — Vallée de Oranges, v. p. 138. — Tour du lac, v. ci-dessus. — Saut des Cuves et lacs de Longemer et de Retournemer , la Schlucht, etc., v. p. 140. — La vallée de Kamberobamp, au S. du lac, est un autre but de promenade recommandé. Le premier chemin à g. sur le bord du lac y conduit d’abord, en i/a b., à un écho, marqué par un poteau. 20 min. plus loin se trouve une petite gorge avec une cascade dite Saut de la Bourrique. A env. 15 min. de la à dr. , le Haut de la Charme (984 m.), beau point de vue d’où l’on peut revenir par un chemin plus long , mais également intéressant , sur les hauteurs à l'O. de la vallée. Toute la promenade prend env. 3 h. — Au S.-O. du lac, à l’opposé de la ville, le sapin géant, haut de 48m., qu’on visite en 1 h. l/îi aller et retour. — Vierge de la Creuse, v. ci-dessous. — La Basse des Bupts mérite encore une visite. C’est une gorge pittoresque où monte un chemin qui prend à dr. de la route de la Schlucht, au delà de l’église. En tournant à dr. dans le haut, on arrive au Biazot (900 m.), d’où la vue est très belle. Au retour, on prendra par les hauteurs de la rive g. ou par celles de la rive dr. La

140 I. R. 26. GÉRARDMER. L es Vosges.

promenade demande ainsi env. 2 h. on 2 h. Va- Du côté g., on passe à la Ttte du Costet (887 m.), qui offre aussi une belle vue. Du côté dr. (plus long), on passe par les Gouttes - Ridos, point encore plus renommé pour sa vue.

De Gérardmer à la Bresse: 12 kil. par la route; 2 b. Va par le chemin des piétons. Voit, partie., 15 et 26 fr., 18 et 30 par Retournemer (v. ci-dessous). — La boute, qui est peu intéressante, est le prolongement de la grande rue au S. -O., tournant au S. en deçà de la vallée de Rambercliamp (v. ci-dessus). A 4 kil., elle laisse à dr. une autre route menant à Rochesson (12 kil.) et Vagney (18 Kil. ; p . 148). Ensuite elle remonte le vallon de la Creuie-Goutte, arrosé par le Bouchot (cascade, à dr. ; 1 h. 1/4 de Gérardmer), passe le col de la Grosse - Pierre (8 kil. Val et redescend au S. -O. par le versant de la rive dr. de la Moselotte, jusqu’à la Bresse (p. 148). — Le chemin des piétons monte directement de la place du Tilleul par un vallon dans le haut duquel se trouve la Vierge de la Creuse (l/jh.), un rocher sur lequel est peinte grossièrement une Vierge. Ensuite il rejoint la route, qu’il quitte bientôt après, tout en remontant aussi le vallon de la Creuse-Goutte et passant au col de la Grosse-Pierre (v. ci-dessus; poteaux).

La boute de la Schlucht et de Munster, qu’on ne saurait conseiller de monter à pied (voit., v. p. 137 et 139), se dirige d’abord au N.-E., par la grande rue, vers la vallée de la Vologne. — 3 kil. 5. Pont de Vologne, en deçà duquel un chemin découvert conduit en Va h. au lac de Longemer (v. ci-dessous). En amont du pont, le *saut des Cuves, où la voiture arrête à la montée. C’est une triple cascade , ou plutôt une suite de rapides très pittoresques , formés par la Vologne. Vallée de Granges, v. p. 138. La route qui monte d’ici au N. est celle de St-Dié, par le col de Martimpre' (2 kil. V* ; 800 m. d’alt.), Qerbépal (7 kil.) et Anould (13 kil.; p. 136).

Du pont, on tourne à dr. dans la vallée. Au bout de V< d’h., à g., un chemin montant au Valtin (13 kil. de Gérardmer; Rudlin, lac Blanc; v. p. 136), et */< d’h. après, à dr.

6 kil. 1. Route des lacs de Longemer et de Retournemer, bifurcation près du premier de ces lacs.

Les lacs de Longemer et de Retournemer occupent de ce eôté le fond de la vallée, entre des hauteurs boisées. Les piétons y vont de Gérardmer en 1 h. 1/* et 2 h. (7 et 11 kil.) par le chemin de la rive g. mentionné ci-dessus; les voitures, qui peuvent aussi passer par le même chemin , généralement par la rive dr. La visite en est plus agréable, à pied, en partant de la Schlucht, surtout en retournant a Gérardmer ou si l’on veut aller ensuite à la Bresse (v. p. 143). On les voit déjà assez bien de la route en montant à la Schucht. Le lao de Longemer (736 m.), ainsi nommé à cause de sa forme allongée, a env. 2 kil. de longueur sur 350 à 500 m. de largeur. Il y a à l’extrémité inférieure une maison dont le propriétaire interdit de ce côté le passage d’une rive à l’autre. — Le lac de Retournemer (778 m.), à env. 2 kil. du précédent, n’a que 300 m. sur 200, mais il est encore plus pittoresque. Son nom lui vient de ce que la vallée de la Vologne se termine au delà en un cirque où il semble qu’on soit obligé de retourner sur ses pas. La rivière forme une jolie cascade à son issue. Il v a sur le bord du lac une maison forestière où l’on peut avoir des rafraîchissements et même loger. On monte de là en 1 h. 20 à la Schlucht et 1 h. 45 au Hohneck (p. 141; poteaux).

La route monte ensuite par la forêt de la Br an de, sur le versant (le la montagne de ce nom (1127 m.), au N.-E. des lacs, qui se voient bien à dr. par différentes éclaircies. — 10 kil., un petit tunnel dans la roche du Diable, du sommet de laquelle on a une belle vue. La voiture s’y arrête un instant. Vue encore plus belle au delà du 12 e kil., où l’on se trouve en face de la vallée et de ses lacs.

LA SCHLUCHT.

Les Vosges.

13kil. Le Collet (1116 m.), passage où sont les sources de la Vologne, à dr., et de la Meurthe , à g. A dr., les chemins des lacs et de la Bresse (p. 143) et le chemin direct du Hohneck (v. cidessous et p. 142).

15 kil. *La Schlucht (1150 m.), col sur la frontière, entre les vallées de Gérardmer et de Munster. L’hôtel français de la Schlucht quifs’y trouve, à g., est à la limite du territoire français (ch., 2 à 8 fr. ; table d’hôte à 11 h. */* , 1 h. et 7 h. , 3 fr. 50 et 3 fr.). A dr. au delà du poteau, un poste de gendarmes allemands et le chalet Hartmann, l’ancien hôtel, maintenant fermé.

La *valle'e de Munster a un autre caractère que celle de Gérardmer. C’est une gorge rocheuse et boisée, mais où manquent les lacs. Le contraste est même général dans les Vosges, entre le versant français et le versant alsacien. Les hauts sommets sont plus nombreux de ce côté et les pentes plus abruptes. Même différence dans le climat et la végétation. Il pleut moins dans les vallées alsaciennes, exposées à des vents plus secs, et la vigne y prospère au S., tandis qu’elle ne réussit pas du côté de la France. La situation politique et les grandes voies de communication ont donné depuis longtemps aux villes du côté du Rhin une importance que ne pouvaient avoir celles du versant occidental, d’un accès plus ou moins difficile, entre de longues ramifications de la chaîne de montagnes; Enfin à ces particularités qui rendent le versant alsacien plus intéressant s’ajoutent encore de nombreuses ruines de châteaux forts.

Les touristes qui renonceront aux belles excursions du côté alsacien devront descendre sur la route jusqu'au premier coude (20 min.), d’où la vallée se présente sous un autre aspect, avec Hunster dans le fond. — On recommande aussi particulièrement, à eeux qui ne vont pas au Hohneck (v. ci-dessous), ni au lac Blanc (p. 142), l’ascension du Kruppenfels (1255 m.) f hauteur où passe la frontière, a dr. de l’hôtel (20 min.).

Route de Munster , v. p. 144. A /Votre, par le Valtin (env. 3 h. i/o), p. 136. A la Bresse , p. 143. A Gérardmer par les lacs (v. ci-dessus et p. 143), § h. l/a; au lac de Retovrnemer seulement, 1 h. à 1 h. 1/2 (v. p. 143), 2 h. par la roche du Viable (v. ci-dessus).

Excursions de la Schlucht.

Au Hohneck: 1 h. à 1 h. V 4 d’ascension facile et recommandée. 11 y a un sentier jalonné de poteaux indicateurs et tout entier sur le territoire français, où l’on n’a pas besoin de guide; le sentier allemand commence au delà du chalet. On monte d’abord sous bois, en face de l’hôtel. A V 4 d’h. de distance, à g., la roche de la Source, d’où l’on a une *vue magnifique de la vallée de Munster (v. ci-dessus). On passe ensuite par des chaumes ou pâturages et l’on aperçoit plusieurs des marcairerie s ou fromageries célèbres de ces hautes régions.

Le "Hohneck, Honeck ou Hoheneck (1366 m.) est le sommet le plus élevé des Vosges après le ballon de Guebwiller (p. 147). On y a un ■"panorama immense et fort beau, par suite de la position centrale de cette montagne; il embrasse toute la chaîne des Vosges et s’étend,

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