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NEVERS

Novell. — Hôtels: de la Paix (pl. a, A 2), à la gare, bon (eh. dep. 2 fr., rep. 3 et 3.50); de France (pl. b, Cl), à la porte de Paris, à l'autre l’extrémité de la ville, assez cher; de l'Europe (pl. e, C2),rue du Commerce 94, guère moins loin ni moins cher.

Café: Grand-Café, avec jardin, rue du Commerce, 65.

Poste et télégraphe (pl. C2), rue Gambetta, 25.

Nevers, inc. capitale du Nivernais et auj. chef-lieu du départ, de la Nièvre, avec une population de 26436 hab. , au confluent de la Loire et de la Nièvre, est une ville d’origine celtique, Noviodunum, l'antique capitale des Eduens. César y établit un campement considérable dont s’emparèrent les Gaulois, ce qui donna lieu à la lutte suprême dont Vercingétorix fut le héros (v. p. 163).

L’avenue de la Gare (pl. A 2), d’où on aperçoit à dr. la porte du Croux (p. 241) et la cathédrale (v. ci-dessous), mène à la place de la Halle (pl. B2), à g. de laquelle se trouve le parc (p. 241). Nous tournons à dr. de la place vers le centre de la ville.

Le *palaia de jturtice (pl. B2), à g., est l’ancien château ducal, dans le principe le château des comtes de Nivernais, dont le flef fut érigé en duché par François I er en faveur de François de Clèves, l’un de ses capitaines, et qui passa par alliance, en 1562, à la maison de Gonzague, fut vendu au cardinal Mazarin et appartint ensuite à sa famille, jusqu’à la Révolution. La partie postérieure rappelle encore le château féodal, tandis que la façade est une élégante construction du xvr e s. Elle a aux extrémités deux tourelles octogones et deux tours rondes, au milieu une autre tourelle très élégante décorée de bas-reliefs, retraçant la légende du chevalier du Cygne, fabuleuse origine des Clèves. Ces bas-reliefs ont été refaits de nos jours par Jouffroy; les originaux étaient dus à Jean Goujon. Au 2 e étage est le petit muse’e Nivernais, qui comprend surtout une collection très remarquable de faïences de Nevers des xvi e -xvm e s., des antiquités, des objets d’art du moyen âge, etc. Il n’est ouvert que le dimanche de 1 h. à 3 h. ; entrée par la tour du milieu.

Devant le palais s’étend la place de la République (pl.B2-3), décorée d’une fontaine avec la statue de la Ville de Nevers, etc., et de l’extrémité de laquelle on a une belle vue sur la vallée de la Loire. Les deux bustes dans un square sont ceux du poète -menuisier Adam Billault (m. 1662) et du pamphlétaire Claude Tillier, deux illustrations locales.

A l’E. du palais est le the’âtre et à l’O. l 'hôtel de ville (pl. B2), qui renferme la bibliothèque (20000 vol.).

La cathédrale, Sf-Cj/r(pl. B2), presque en face de l'hôtel de ville, date des xnx e -xv e s., mais elle en a remplacé une plus ancienne, dont il est resté l’extrémité O. Elle subit depuis longtemps une restauration complète. Elle a deux absides, l’une à l’E. , où est le chœur, dans le style ogival; l’autre à l’O. , transformée en chapelle. On en remarquera les ornements extérieurs. C’est du côté de l’abside occidentale que se trouve le transept. On entre par des portails latéraux, au N. et au S. de la nef, le premier du xn e s., le second de la

NEYERS.

Un du xv e et avec une tour très riche des xv e et xvi e s. , décorée de statues des prophètes, des apôtres et de divers saints. Dans la nef, on remarque surtout le triforium, avec ses faisceaux de eolonnettes et ses statuettes. Chaque bras du transept, à l’O., a une double arcade romane sous l’arcade goth. qui ouvre dans la nef. Près de là, à g., se voient une belle porte et un escalier du xvi e s., donnant entrée dans la salle du chapitre, des xiv e et xv e s. Il y a une crypte sous la chapelle de l’abside à l’O. Les chapelles latérales, du xv® s., ont quelques retables très mutilés, sauf celui de la chapelle St-Jean-Baptiste, à g. du chœur. Le chœur a un autel goth. moderne à baldaquin, derrière lequel est un grand crucifix en bois du xm e s.

Nous revenons maintenant à la place de la Halle et nous prenons à dr. la rue St-Martin. Dans une cour à g., n° 36, est la chapelle de la Visitation (pl. B2), qui a une fort jolie façade du xvm e s. Elle dépendait du monastère illustré par Gresset dans son «Vert -Vert».

La rue St-Martin aboutit à la rue du Commerce, la principale de Nevers, où nous tournons à g., presque en face du beffroi (pl. C2), qui date du xv® s. et qui a deux belles salles. Plus loin, la place Guy-Coquille, que nous traversons, pour tourner à g. dans la rue St-Etienne.

L'église St-Etienne (pl. D2), dont l’entrée principale est dans une cour à dr., après le n° 29, est l’édifice religieux le plus curieux de Nevers pour les archéologues. La façade, non restaurée, est plus que simple, mais l’intérieur présente un beau vaisseau du style roman auvergnat, qui s’est répandu jusque dans le Nivernais. C’est une ancienne église abbatiale du xi e s. On devra en ressortir par une petite porte latérale à g. dans le transept, afin de voir l’extérieur de la nef et de l’abside, qui est très remarquable. Il règne à la hauteur des cintres des fenêtres et autour de ces cintres un cordon qui produit un bel effet : la toiture repose sur des modillons aux figures très variées ; les murs droits du transept, percés de cinq petites fenêtres à plein cintre et d’une fenêtre ronde, ont des arcatures aiguës alternant avec les pleins cintres ; l’abside est entourée de trois chapelles rayonnantes en hémicycle, et dans le haut est une sorte de galerie à eolonnettes. L’intérieur est divisé en trois nefs, la principale à voûte en berceau, les autres à voûtes d’arête, surmontées de tribunes voûtées en quart de cercle. Il y a une coupole sur la croisée et au milieu de chaque bras du transept une grande arcade, surmontée de cinq autres plus petites; derrière ces arcades, des chapelles, remplaçant les portails, et à l’E. des absidioles. Le chœur est plus élégant que la nef, ses colonnes sont moins massives et il a de jolies arcades surhaussées, ainsi qu’un beau triforium. Les chapelles, voûtées en demi-coupole, ont des arcatures alternant avec les fenêtres.

St-Etienne est près du lyre'e (pl. D2), situé entre les deux rues à dr. en revenant. C’est un anc. collège des jésuites, où Gresset fut professeur. Son e'glise St-Père ou St-Pierre (pl. CD2), de l’autre côté , à l’angle des rues de la Préfecture et des Ardilliers, est du

LE MORVAN. II. Ii. 40. 241

xvn e s. Les voûtes sont décorées de peintures par Batiste et Ghérardin.

A l’extrémité de la rue des Ardilliers, où se termine la ville proprement dite, s’élève la porte de Paris (pl. C2), arc de triomphe assez simple, en souvenir de la victoire de Fontenoy (1745), avec une longue inscription en vers médiocres par Voltaire.

La rue des Ardilliers nous ramène à la rue du Commerce, dont l’autre extrémité est près du confluent de la Loire et de la Nièvre. Il y a là une levée destinée à garantir des inondations les parties basses de la ville. Plus loin , le beau pont de Loire (pl. B 3), et au delà le viaduc, du chemin de fer, près duquel est une grande manufacture de porcelaine (pl. A 3). La fabrication de la porcelaine et de la faïence est une des principales industries de Nevers.

La porte du Croux (pl. A 2), déjà mentionnée p.239, est un reste curieux des fortifications de la fln du xiv e s. Elle est de forme carrée, avec échauguettes (tourelles) et mâchicoulis, et précédée d’un ouvrage avancé. Il y a un musée lapidaire , composé de sculptures galloromaines et du moyen âge. On y voit aussi une belle mosaïque, des inscriptions, etc. Il est ouvert le 1 er et le 3 e dim. de chaque mois à 3 h. , mais on peut toujours le visiter en s’adressant au gardien, qui demeure près de là, rue de la Porte-du-Croux, 3. A côté de la porte est une manufacture de faïence (Montagnon), qu’on peut aussi visiter.

Il y a encore sur les quais deux restes des anc. fortifieatious : la tour Ooguin (pl. A3), en partie du xi e s„ en aval du pont de Loire, et la tour St-Eloi (pl. CS), du xv e s., en amont, sur la rive dr. de la Nièvre.

Le parc (pl. B 1-2), anc. dépendance du château, près de la place de la Halle et de l’extrémité de l’avenue de la Gare, est une assez, belle promenade, bien ombragée, et il s’y donne des concerts.

Dans le voisinage est un petit musée de peinture (pl. Cl), installé depuis peu dans l’anc. église des Minimes. Il y a aussi des collections d’histoire naturelle.

De Nevers à Auxerre , v. p. 244-343; à Dijon (Mâcon) par le Creusot ou par Autun, R. 41; à Lyon, R. 43; à Viehy, etc., v. le Sud-Est et le Sud-Ouest de la France, par Bædeker.

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