Troyes
Hôtels: des Courriers (pl. a, B 2), rue de l’Hôlel-de- Ville, 55; du Mulet (pl. te, A3), place de la Bonneterie; du Commerce (pl. b, B 3), rue Notre- Dame, 35 (ch. t. c. 2 fr. 50 à 4, rep. 1. 25, 3 et 3. 50, p. 3.50, om. 50e.)j St- Laurent (pl. c, C3), même rue, 11.
Cafés : de Paris , du Nord, place de la Bonneterie; de la Ville , en face de l’hôtel de ville. — Bon buffet à la gare.
Voitures de plaoe: course, à 2 pl., I fr. 50; à 4 pl., 2; heure, 2 et 2.50.
Poste et télégraphe (pl. 7, B 2), rue Charbonnet, 1.
Troyes est une ville très ancienne de 50330 hab., jadis capitale de la Champagne, auj. chef- lieu du départ, de l’Aube et siège d’un évêché, sur la Seine , qui s’y divise en plusieurs bras, dont l’un est canalisé. C’est une des villes les plus curieuses de l’est de la France, par ses monuments et par l’aspect original que lui donnent ses vieilles rues étroites et tortueuses, aux maisons de bois. Troyes a pour spécialité la bonneterie, pour laquelle elle a une école spéciale depuis 1890, et sa charcuterie est renommée.
. Cette ville était la capitale des Tricatses à l'arrivée des Romains, qui la nommèrent Augustobona, puis Trecas. St Loup, un de ses premiers évêques, détourna d’elle Attila au v e s., mais elle fut saccagée par les Normands en 890 et 905. Elle eut plus tard des comtes, dont le plus connu est Thibaut IV, le Chansonnier (1201-1253). Puis elle fut réunie à la couronne par alliance; mais elle tomba au pouvoir des Bourguignons et des Anglais durant la démence de Charles VI, et c’est alors que fut signé, à Troyes même, en 1420, le honteux traité qui reconnaissait Henri V d’Angleterre régent de France et déclarait bâtard le dauphin , plus tard Charles VII. Le protestantisme y eut vite de nombreux partisans et la révocation de l’édit de Nantes fit beaucoup de tort à son industrie. Placée au milieu des opérations stratégiques en 1814, Troyes eut fort à souffrir de la guerre. Elle est la patrie du trouvère Chrcstien, du pape Urbain IV, des peintres Nie. et Pierre Mignard, des sculpteurs Girardon, Siroart, etc. (v. p. 95 et ci-dessous).
Le monument des Enfants de l’Aube (pl. A 2) attire bientôt l’attention quand on vient de la gare, sur les boulevards qui entourent une partie de la vieille ville. Il se compose d’un groupe en marbre en mémoire des victimes de la guerre de 1870-71, «Vaincre ou mourir», par A. Boucher, de Troyes, sur un piédestal de 7 m.50 de hauteur, en forme de tour, avec hauts-reliefs en bronze par D. Briden , aussi de Troyes.
En tournant à dr. sur le boulevard, nous rencontrons à quelque distance, à g. , St-Nicolas (pl. 3, A 3) , église goth. qui date seulement du xvi e s. , avec porche du xvn e s. Elle n’est guère remarquable à l’extérieur. L’intérieur présente d’abord, comme curiosité, une belle chap. au-dessus du porche de la façade, dite chapelle du Calvaire, avec des peintures murales par Nie. Cordouanier et un Ecce Homo par Gentil, deux artistes de Troyes du xvi e s. A g. de la nef est un St-Sépulcre fermé, surmonté d’un Christ du xvi® s.
tJfxuuioV^-
‘CsoJiaÛtf,
fb. (YanceÙ
îirifi/ir
■»» o s ■mu:
ntVlWrsr
.-.nui'i.) s-'ip 1 1: n ( )
ji ujjj^yî' *'h u [ ,j
uSoils , PiuLs , Chàlonsi
St- Jean.
TROYES
Devant ce St-Sépulcre, une belle sculpture de la renaissance, l'Adoration des bergers , et des fonts de la même époque. Les bas côtés ont des vitraux remarquables du xvi e s. Dans une niche sous un escalier, à g. du chœur, se voit une sculpture peinte, St Jérôme en prière, et au delà une vieille peinture sur bois.
Derrière cette église se trouvent la halle et la place de la Bonneterie (pl. A3) , et plus loin la rue Notre - Dame, qui est la principale de la ville.
St-Pantaléon (pl.4, A B 3), à quelques pas à dr., est aussi une église goth. des xvi e -xvu e s., avec façade dans le style du xvm e s. A dr. de la nef, un grand calvaire fort curieux par Gentil, avec scènes accessoires , même deux personnages à un balcon , et où l’on remarque surtout le groupe des Stes Femmes. Dans la chap. voisine, St Crépin et St Crépinien, groupe intéressant du même artiste. Les fenêtres du bas côté dr. sont garnies de belles grisailles du xvi e s. Les piliers de la nef ont chacun deux statues superposées, abritées de dais, qu’on attribue à Gentil et à son associé Dom. Rinucci ou le Florentin. La voûte, en bois, avec un beau pendentif dans le chœur, a 22 m. 70 de hauteur. Dans les arcades sont placés 8 grands tableaux, 6 de Carré , élève de Lebrun , représentant la vie de St Pantaléon, médecin né à Nicomédie et martyrisé vers 305, et 2 d’Herluison, représentant la Nativité et le Christ au tombeau. Des bas-reliefs en bronze, par Simart, décorent la chaire.
En face de cette église se trouve l 'hôtel de Vauluisant (pl. 6, A 3), édifice de la renaissance maintenant assez dégradé, où est installé le cercle du commerce. Il a une belle cheminée de l’époque. — Il y a encore non loin d’ici une maison remarquable du xvi e s. , Vhôtel de Mauroy, au n° 7 de la rue de la Trinité, la première au delà de la rue Turenne.
Revenus à la rue Notre-Dame, nous la suivons jusqu’à la 6 e rue à g., où nous tournons pour visiter St-Jean (pl.2, B 3), église des xiv e et xvi e s., englobée dans des maisons et de peu d’apparence à l’extérieur, mais qui possède aussi des œuvres d'art remarquables. Une partie des fenêtres des bas côtés ont de riches vitraux du xvi e s. A.U maître autel, dans un grand contre-retable de Girardon, du style corinthien , deux tableaux de P. Mignard , le Baptême de J. - C. (le St Jean critiqué quant à l’anatomie) et le Père Eternel, masqués par des rideaux: s’adresser au sacristain, dont la sonnette est à dr. à l’entrée du chœur. Dans la chapelle derrière le chœur, un ♦retable avec des hauts-reliefs et des bas-reliefs magnifiques en marbre, par Jacques Juliot (? 1530) et complétés par Girardon; ils représentent des scènes de la Passion (moulages au musée; p. 95). Dans une chap. à dr. du chœur, la Visitation, groupe du xvi e s. Dans une autre du côté g. , près de la sacristie, à l’autel, une Mise au tombeau de xv e s.
A peu de distance à g. au delà de St-Jean se trouve Vhôtel de ville (pl. B 2), construction peu remarquable et en mauvais état, du
TROYES
Cathédrale.
XVII e s. Il y a dans la façade une niche qui contenait primitivement une statue de Louis XIV et où se voit aujourd’hui une statue de femme , une Liberté datant de 1793 et dont la Restauration a voulu faire une Minerve. La grande salle du premier étage renferme une des œuvres principales de Girardon, un médaillon en marbre représentant Louis XIV.
"fit -Urbain (pl. C2), où nous conduit un peu plus loin, à l’E., la rue de l’Hôtel -de- Ville, est le monument le plus remarquable de Troyes pour la pureté du style. C’est une petite église du xm e s., aujourd’hui en restauration, un chef-d’œuvre de l’architecture ogivale, dans le genre de la Ste-Chapelle de Paris, Elle a été fondée en 1263 par le pape Urbain IV, né à Troyes et fils d’un cordonnier; mais elle est restée inachevée, la nef n’ayant que trois travées. Il y a de jolis portails latéraux précédés de porches. La nef a 26 m. de hauteur sous voûte. Les fenêtres sont admirables de légèreté et en partie précédées d’arcades à colonnettes très iines. Elles ont des vitraux des xm e et xiv e s.
A quelques pas à dr., la grande halle au blé, en pierre , et la préfecture, près du canal de la. Haute-Seine , que nous traversons pour visiter la cité. De l’autre côté dupont, à dr., Y Hôtel -Dieu (pl. C 2) , du xvm e s., avec une belle grille de l’époque.
La 'cathédrale, St-Pierre (pl. D 2), à dr. de la même rue, est un monument imposant et fort remarquable, malgré le manque d’unité dans le style, sa construction ayant duré du commencement du xm e s. jusqu’au xvi e s. Elle a été souvent restaurée et complètement de nos jours. La partie la plus ancienne et la plus belle est le ehœur ; la plus récente est le grand portail, dù à Martin Chambiget , qui travailla aussi à Sens (p. 163) et à Beauvais. Ce portrail offre toute la richesse de décoration caractéristique de l’art voisin de la renaissance, avec une rose magnifique. Il est flanqué de deux tours, dont celle du N. a été seule achevée dans les style du xvn e g. : elle a 74 m. de haut. Il y avait autrefois sur la croisée une flèche qui atteignait 60 m. L’intérieur de l’église, à 6 nefs jusqu’au transept, se distingue par ses belles proportions. On en remarque surtout les superbes "vitraux, du xm e s. Dans la l re chap. à dr. de la nef se voit un groupe polychrome du xvi e s. , le Baptême de St Augustin par St Ambroise; dans celle de la Vierge, une Vierge avec l’enfant Jésus, de Simart. — Le trésor de la cathédrale, à dr. du chœur, possède beaucoup d’émaux anciens.
En continuant de suivre la rue de la Cité , on arrive bientôt à St-Nizier (pl. D2), église goth. du xvi e s., qui a un portail latéral de la renaissance, au N., et surtout des vitraux du xvi e s.
Le musée-bibliothèque (pl. 1,D2), presque au coin de la rue de ce nom et de la place où est la cathédrale , est l’auc. abbaye de St- Loup, mais modifiée et avec de nouvelles salles construites depuis peu. Ou y entre par la rue St-Loup.
Le mcskk est public les dim. et jours fériés de 1 h. à 5 h. en été
3gle
Mutée.
TROYES