MELUN
De Paris
ville devint résidence royale, et fut prise en 1358 par Charles le Mauvais de Navarre, en 1359 par B. du Guesclin, en 1420 par les Anglais, après une résistance opiniâtre des habitants, qui les expulsèrent dix ans plus tard, et en 1590 par Henri IV.
La rue de la Gare, à g., et la belle avenue Thiers, à dr., mènent au centre de la ville. Au coin de l’avenue Thiers et du boul. St- Ambroise, un monument érigé en 1899 aux victimes de la guerre de 1870-71, œuvre du sculpteur Desvergnes. Plus loin, dans une Ile de la Seine, se trouve, à dr., Y église Notre-Dame, des xi e et xn e s., mais remaniée plus tard et restaurée encore au xix e s. Elle a deux tours romanes au delà du transept. On en remarque particulièrement le chœur (goth.), et il y a de bons tableaux anciens: dans le bas côté de g., une Descente de croix de Jordaens, d’après Rubens; dans celui de dr., un Moïse sauvé des eaux, par le Primatice, une pierre tombale du xv e s. et un Ecce Homo de Se'b. Franck; dans le chœur, une vieille copie de la grande Ste Famille de Raphaël.
La rue principale de l’autre côté de l’île passe derrière Y église St-Aspais, surmontée d’une jolie flèche. C’est une église du xvi e s. assez riche à l’extérieur. Elle est de forme irrégulière, le vaisseau s’élargissant de façon à avoir cinq nefs au chevet. Sur le mur extérieur de l’abside, un médaillon moderne de Jeanne d’Arc, par Chapu, destiné à rappeler la délivrance de la ville en 1430. A l’intérieur, on remarque les beaux vitraux anciens du chœur, où l’on voit encore, à dr., six beaux médaillons, des Apôtres et des Pères de l’Eglise, en marbre, du xvn e s. Dans le bas côté de dr., 1” et 2 e cliap., une Cène et les Enfants (4) dans la fournaise, deux tableaux anciens; dans celui de g., un grand Christ moderne, par H. Schopin.
Devant l’église, une assez belle caisse d’épargne de construction récente. La rue du Miroir mène plus loin à la ville haute, où se trouvent le clocher St- Barthélemy, du xvm e s., et derrière, l&préfecture, grande construction moderne dans le style Louis XIII.
En deçà, à g., le boul. Victor-Hugo, où s’élève, du côté de la Seine, le monument de Pasteur (1822-1890), érigé en reconnaissance de la découverte qu’il fit dans le pays du vaccin du charbon. Il se compose d’un buste et d’un groupe en bronze par A. d’Houdain.
L’hôtel de ville, rue de ce nom, à dr. au delà de St-Aspais, est un assez bel édifice dans le style de la Renaissance, dont une partie même est ancienne. La cour est décorée d’une statue d’Amyot, évêque d’Auxerre et traducteur de Plutarque, originaire de Melun (1513-1593), marbre parGodin (1860), et il y a derrière l'hôtel une jolie petite promenade. A l’intérieur, un petit musée , comprenant des moulages de sculptures de Chapu, né au Mée (p. 193), des antiquités locales et des peintures : s’adresser au concierge.
La rue de l’Hôtel-de-Ville aboutit à la place St-Jean, où il y a une/onfaine moderne, en fonte bronzée, avec statues.
Plus loin, sur une colline, est le parc du château de Vaux - le - Pénil xvme g,), au-dessus de la rive dr. de la Seine, sur les bords de laquelle
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ou peut faire une belle promenade. On aperçoit déjà ce château du premier pont de Melun en venant de la gare.
Dans la même direction, à 6 kil. de Melun, par la route Qui part de la place St-Jean et tourne dans le haut à dr., se trouve le château de Vaux-Praslin ou Vaux - le -Vicomte , magnifique construction du xvn e s., avec un immense parc, qui coûtèrent 18 millions à JVie. touquet , surintendant des linances sous Louis XIV, et où il donna au roi des ietes somptueuses qui achevèrent de le perdre, de telles dépenses ne pouvant etre faites qu'au détriment de l’Etat. Il y a à l’intérieur des peintures de Lebrun et de Mignard, des tapisseries de grande valeur, etc. On le visite avec une autorisation du propriétaire, M. Sommier.
\ 3 kil. à l’O. do Melun, par le bord de la Seine, se trouve le village du Mfe (p. 191), patrie du sculpteur Chapu (1833-1891) , qui est enterré au cimetière (beau monument) et dont on a réuni un grand nombre de maquettes dans un petit musée, annexé à la mairie.
Tramw. à v*r. de Melun: 1, à Verneuil (p. 85) ; 19 kil. en 1 h., pour
1 fr 43 et 1 fr. 10; — 2. à Barbizon (p. 198), par Dammarie-les-Lys (1734 liab.) et Chailly-en-Bière (1298 hab.) ; 12 kil. en 40 min., pour 1 fr. 25 et 75 e.
Ligne de Paris à Montereau par Corbeil et Melun, v. p. 200.
Après la stat. de Melun, à g., le château de V aux-le- Fenil. Ou passe au-dessus de la ligne de Montereau paT la rive dr. de la Seine (p. 200), qui traverse le fleuve près de là à g. Plus loin, un petit tunnel. On revoit ensuite la Seine a g. Belle vue en arriéré de ce côté. — 51 kil. Rois- le- Roi. 1314 hab. Puis la forêt de Fontainebleau. — 59 kil. Fontainebleau (buffet).
Fontainebleau.
La gare est à 1/2 h. de marche du palais. Tramw. électr ., 30 c. Omnib. des hôtels, 30 c., 50 c. à domicile. c ,
Hôtels * de France A d'Angleterre, de l'Aigle- Noir (ch. t. c. dep. O fr., rep 1.25. 4 et 5, v. n. c., et à la carto, p. dep. 12), tous deux près du palais, où l’on fera prix; H. de la Ville- de- Lyon A- de Londres, rue Royale, 21, du même genre (p. dep. 12 fr.); H. du Lion-d'ùr, place Denecourt, 25 (22 ch. dep. 2 fr. 50, rep. 125. 3 et 3.50, v. n. c., p. dep. 8); de la Chancellerie, rue de ce nom et rue Grande, 2, près du palais (20 ch. dep. 2 fr. 50, rep. 1, 3 et 3 50 v c., p. dep. 8); de Moret A d' Armagnac , rue du Cliateau, 16 (40 ch. dep.' 4 fr., rep. 1, 3 et 3.50, v. c., p. dep. 10); du Cadran-Bleu, rue Grande, 9 (50 ch. de 2.50 fr. à 4, rep. 1,3 et 3.50, v. c., p. dep. 10); H.-Pens Launoy, houl. de Magenta. 37, recommandé (40 ch. dep. 3 fr. 50, rep. 1, 3.50 et 4.50, p. 10 à 13); H.- P. Victoria , rue de France, 112-114(16 ch., p. 8 à 10 fr.).
Restaurants: dans les hôtels, et Charny, rue Grande, 112 (déj. 2 et
2 fr. 50, dîn. 2.50 et 3).
Cafés: Naudin, rue dos Jtons-Enfants, 33; du Cadran-Bleu , à l’hôtel, rue Grande, 9; de l'Hôlel-de- Ville, même rue, 23; Henri II, id. , 65; etc.
Voitures de place: courses en ville, 1 fr. ; à la gare, 2, 2.50 si la voit, est demandée à domicile; do la gare en ville, même à domicile, 2 fr. ; . — à l’heure, 3 fr. ; en forêt, prix à débattre. Colis, 30 c. par 30 kilos.
Poste et télégraphe, place Denecourt et rue de la Chancellerie.
Pains: de la Salamandre, Grande-Rue, 78-, St-Sfcrri, rue Guérin, 18.
Banque: Société Centrale, rue de la Cloche, 22.
Temple protestant, rue Béranger. — Synagogue, rue du Parc.
Fontainebleau est une ville paisible de 14 160 hab. , chef-lieu d’arr. de Seine-et-Marne, à la mode pour la villégiature et où la vie est chère. En dehors du palais, on y remarque V hôtel de ville (pl. 2), d’origine récente, dans la rue Grande. Un peu plus loin, lemottwment de Carnot (1837-1894), un buste de l’anc. président sur une pyramide précédée d’une statue de la France, bronzes par Peynot (1895). Sur la place Centrale, derrière l’église, la statue du général
FONTAINEBLEAU
De Paris
Damesme, de Fontainebleau, tué par les insurgés en juin 1848, bronze par Godin (1881). Sur la place Denecourt (pl. 3), le monument de Rosa Bonheur (v. p. 199), inauguré en 1901 : un taureau en bronze, oeuvre de la grande artiste même, sur un socle avec quatre bas-reliefs représentant son portrait et trois de. ses tableaux.
Le *palais ou château de Fontainebleau, au S. -O. de la ville, a été bâti sous François 1 er sur les plans de Gilles le Breton, Pierre Chambiges et Philibert Delorme. Il est des plus vastes, mais inférieur, comme ensemble, aux autres châteaux de l’époque. Ce qu’il a de plus remarquable, c’est sa décoration intérieure, dans le style de Jules Romain. Henri IV (m. 1610) et son fils Louis XIII (m. 1643) y firent des additions; puis Napoléon I er en fit une de ses résidences favorites. Négligé depuis 1815, il a été restauré à grands frais par Louis-Philippe et Napoléon III.
Parmi les souvenirs historiques qui s'y rattachent , outre les événements dont il sera question ci-après (abdication de Napoléon I er , ses adieux à la garde, captivité de Pie VII, séjour de Christine de Suède et assassinat de Monaldeschi, etc.), nous mentionnerons encore les suivants : François I er y reçut Charles-Quint en 1539-, Henri JY y üt arrêter en 1602 le maréchal de Biron , sou ami et son compagnon d’armes devenu conspirateur, pour le faire décapiter quatre semaines après à la Pastille; Louis XIII y était né l'année précédente; Louis XIV y signa eu 1685 la révocation de l'édit de Nantes; le Grand Condé y mourut en 1686; enfin le divorce de Xapoléon I er et de Joséphine y fut prononcé en 1809.
l,e palais se visite tous les jours gratuitement, de 10 h. à 5 h. en été et de 11 h. à 4 h. en hiver (oct. -avril), sous la conduite d’un gardien, qu’on trouve à l’entrée, au fond de la cour principale. La visite dure env. 1 h.
La cour du Cheval - Blanc , par où l’on entre d’ordinaire, doit son nom à une statue qui s’y trouvait anciennement. On l'appelle aussi la cour des Adieux, parce que Napoléon I er y fit en 1814 ses adieux aux grenadiers de la garde, qu’il y passa encore en revue à son retour de l’île d’Elbe, en 1815.
Le pavillon central est précédé d’un escalier monumental un peu massif, dit l 'escalier du Fer-à-Cheval. C’est au-dessous, en face, qu’est, l’entrée des visiteurs. L’itinéraire suivi par les gardiens est d’ordinaire celui que nous allons indiquer sommairement.
La chapelle de la Trinité, à g. au rez-de-chaussée, est ornée surtout d’un plafond, œuvre de Fréminet., imitateur de Michel-Ange et du Parmesan. Tableau d’autel par J. Dubois, une Descente de croix; statues par G. Pilon. Cette salle a vu le mariage de Louis XV en 1725, le baptême du prince Louis-Napoléon (plus tard Napoléon III) en 1810, et le mariage de Ferdinand, duc d’Orléans, en 1837.
On monte de là au premier, où l’on visite d’abord les appartements dits de Napoléon I er ou la galerie de François I er (p. 196), ou bien la galerie des Assiettes (p. 1 96) et les autres appartements du côté de la façade, en passant par le vestibule du Fer-à-Cheval.
Appartements de Napoléon I er , du côté du jardin de l’Orangerie. Antichambre : dessus de portes par Boucher; Scipion, par Vien ; les Daines romaines donnant leurs bijoux pour la patrie, par Brenet, etc. — Cabinet du secrétaire, avec d’autres tableaux. — *Salle de
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à Dijon. FONTAINEBLEAU. III. R. 45. 195
qains, qui a des glaces ornées de peintures, par Barthélémy, provenant de, celle, de Marie -Antoinette au Petit-Trianon. — Cabinet où Napoléon signa son abdication, en 1814, sur le petit guéridon du milieu, et son buste, par Canova. — Cabinet de travail, avec plafond par J.-B. llegnault, la Loi et la Justice. — Chambre à coucher, qui a une belle cheminée du temps de Louis XVI, de très beaux meubles avec bronzes, le lit de Napoléon, une pendule ornée de camées antiques, donnée par Pie VII, etc.
A g., la *salle du Conseil, de l’époque de Louis XV, décorée par Boucher, et dont les meubles sont en tapisserie de Beauvais. Grande table avec dessus d’une seule pièce, de 2 m. 10 de diamètre. — Puis la *salle du Trône, qui a un magnifique plafond, un lustre en cristal de roche et des boiseries faites sous Louis XIII et Louis XIV.
Ensuite les appartements de Marie- Antoinette: boudoir avec deux vases en ivoire d’une très grande finesse; *chambre à tentures données par la ville de Lyon; salons avec table et vases de Sèvres et un serre-bijoux de Marie-Louise; salon de musique avec guéridon en porcelaine de Sèvres; salon des dames d'honneur.
Puis la galerie de Diane ou de la Bibliothèque (86 m. de long; 30000 vol.), construite sous Henri IV et restaurée, sous Napoléon I er et Louis XVIII. Peintures mythologiques modernes, par Blondel et A. de Pujol, et divers tableaux, en particulier un portrait de Henri IV par Mauzaisse. Epée et cotte de mailles de Monaldeschi.
Au-dessous se. trouve l'anc. galerie des Cerfs , qu’on ne visite pas. C’est là que Christine de Suède, qui recevait l’hospitalité à la cour do France et demeurait à Fontainebleau depuis son abdication (1654), fit tuer par jalousie et par vengeance, en 1657, le comte italien Monaldeschi, son grand écuyer, après l’avoir soumis à un simulacre de jugement et lui avoir donné un confesseur.
On retraverse d’ordinaire la galerie pour passer dans les salons de réception, parallèles aux appartements de Marie-Antoinette, du côté de la cour Ovale (p. 197). L’antichambre est ornée de gobelins du temps de Louis XIV, le salon suivant, de tapisseries flamandes (Psyché), de même que celui de François I er , qui a aussi une belle cheminée, en partie du xvi e s., et des bahuts en ébène des xvi e et xvn e s. — Le salon Louis XIII , où est né ce roi, est décoré de peintures par Ambr. Dubois (1543-1614 ou 15), tirées du roman de Théagène et Chariclée, et il a deux meubles sculptés en ébène du temps de Louis XIII. Dans la salle St-Louis, quinze tableaux dont les scènes sont empruntées à la vie de Henri IV, un bas-relief en marbre représentant ce prince à cheval, par Jacquet, etc. — Au salon des Jeux, une pendule Louis XIV, avec le «Char embourbé» (Versailles). — Dans la salle des Gardes, une belle cheminée, eu partie par G. Pilon, avec un buste de Henri IV, des statues de la Force et de la Paix, un plafond ancien et un plancher moderne.
Puis l’escaHer du Roi ou escalier d’honneur, une anc. chambre, avec pointures par Nie. dell’ Abbate et le Primatice, restaurées ou refaites entièrement par A. de Pujol: les sujets sont tirés de la vie d’Alexandre. On voit bien du palier la cour Ovale (p. 197).
FONTAINEBLEAU
De Paris
Les appartements de Mme de Maintenon, qu’on montre ensuite, sont moins remarquables. Dans le salon , une tapisserie faite par les demoiselles de St-Cyr, un meuble de Boule et des sièges à tapisseries au petit, point.
Un couloir conduit de là à la *galerie de Henri II on salle des Fêtes, construite sous François 1 er . Henri II la fit magnifiquement décorer pour Diane de Poitiers. Le croissant et le monogramme de Diane et Henri s’y voient dans beaucoup d’ornements. Les fresques, représentant des sujets mythologiques, sont du Primatice et^de son élève Nie. dell’ Abbate; mais elles ont été restaurées par Alaux et elles ont perdu une grande partie de leur originalité. A l’extrémité, une cheminée monumentale. Beau coup d'œil sur les jardins.
On revient au salon St-Louis et on entre à g. dans la galerie de François I er , parallèle aux appartements de Napoléon I er , du côté de la cour de la Fontaine (p. 197). A l’entrée, à g., un serre-bijoux du temps de Louis-Philippe, en porcelaine de Sèvres. La galerie est décorée de quatorze grandes compositions en majeure partie du Rosso , des scènes allégoriques et mythologiques ayant rapport à l’histoire et aux aventures de François I er . Elles sont séparées par des bas-reliefs, des cariatides, des trophées et des médaillons. La salamandre et le chiffre du roi s’y répètent souvent.
Le vestibule d'honneur, entre l’escalier du Fer-à-Cheval et la galerie François I er , a deux belles portes en chêne du temps de Louis XIII et quatre portes modernes du même genre.
A g. sont les appartements des Reines Mères et de Pie VII. Us ont été habités par Catherine de Médicis (m. 1588), Anne d’Autriche (m. 1666) et Pie VII, dans sa captivité (1812-1814). D’abord une antichambre, avec sièges et tentures en cuir dit de Cordoue et un très beau bahut Louis XIII; puis le salon des officiers de service, décoré de gobelins, l’Histoire d’Esther, de 1740; un salon de réception, avec des gobelins et des meubles en tapisserie de Beauvais; la chambre d’Anne d’Autriche, également ornée de gobelins et avec lit moderne; deux cabinets, le premier avec le portrait du pape d’après David ; la chambre du pape (modifiée) et deux salons avec des tapisseries. Enfin une antichambre, où il y a des biscuits et de petits vases de Sèvres, et la «galerie des Fastes», où l’on devait peindre l’histoire de Fontainebleau et où il y a des tableaux anciens.
Une dernière galerie de ce côté, par laquelle on entre quelquefois, est la galerie des Assiettes, ainsi nommée à cause de sa décoration bizarre, due à Louis-Philippe: des assiettes en porcelaine où sont représentées les résidences royales. On y a transporté des fresques de la galerie de Diane, par Ambroise Dubois.
Il y a encore, au rez-de-chaussée, à dr. dans le bâtiment principal, un muse'e chinois, qui est public aux heures où le palais est ouvert. L’entrée est dans la cour de la Fontaine (p. 197), où l’on arrive en passant par une grande porte à dr. de l’escalier du Fer-
FONTAINEBLEAU
à Dijon.
à-Cheval. C’est une riche collection, commencée à la suite de l’expédition de Chine en 1860.
I re salle: brûle-parfums, jardinière à émaux cloisonnés, lustre, dragons et pagode en cuivre, bas-reliefs en jaspe, panneaux en laque, défenses d'éléphant - , dans les vitrines, la couronne du roi de Siam , une belle aiguière, etc. — II e salle : pagode en bois, parures de grand prix, surtout une ceinture oui avait été donnée par Louis XV aux ambassadeurs siamois; une décoration de l’Eléphant, un collier de mandarin, en jade, etc. En outre des statues par Schœnewerk et Cordier et des portraits de Louis XV et de Marie Leczinska par C. Vanloo. — Ilie salle : palanquin, tamtams, armes et armures, drapeaux, etc.
Jardins. — La principale entrée des jardins est par la cour de la Fontaine, à dr. au fond de celle du Cheval-Blanc. Là se trouve, à dr., un étang avec un pavillon. Les carpes de cet étang amusent toujours, par leur gloutonnerie, les visiteurs qui ont des loisirs.
A dr. en deçà s’étend \e jardin anglais, planté sous Napoléon I er .
A g. après l’étang est la porte Dorée du palais, du règne de François I er . Elle est décorée de fresques, qui ont été restaurées.
C’est une des entrées de la cour Ovale ou du Donjon , la plus ancienne du palais, qui a subi plusieurs modifications et perdu sa forme primitive, mais qui n’en est pas moins intéressante par son architecture, notamment par son péristyle, dont les colonnes ont des chapiteaux charmants : elle n’est pas publique. A l’E. de cette cour se voit une porte curieuse surmontée d’un dôme, dite la porte Dauphine ou le Baptistère, parce que c’est là que fut baptisé Louis XIII; on peut y aller du parterre, plus loin à gauche. — La cour Henri IV, en face, et d’autres dépendances du palais sont occupées par Vécole d'application de l'artillerie et du génie , auparavant à Metz.
Le parterre, autre jardin public au delà de l’étang, a été dessiné sous Louis XIV par Le Nôtre. Il y a une pièce d’eau carrée et une ronde. Plus loin est un canal creusé sous Henri IV (1200 m.), précédé de statues et de groupes en bronze et en marbre. A g., le parc, avec la célèbre treille du palais, au mur de g. , et un labyrinthe, dans le fond.
La "“forêt de Fontainebleau, qui a 80 kil. de tour et une superficie de plus de 17 000 hect., est regardée avec raison comme une des plus belles de France. Elle est bornée au N.-E. par le cours sinueux de la Seine. Le sol en est très accidenté; il se compose surtout de sable et de grès, utilisé pour le pavage. Ses magnifiques futaies et ses gorges sauvages offrent des promenades aussi variées que pittoresques et de jolis motifs aux peintres, dont une colonie est établie au N. -O. à Barbizon (p. 198), et une autre au S. à Marlotte (p. 199). Cette forêt recèle des vipères, et il est bon de faire attention à soi, si l’on sort des chemins battus.
Il y a des poteaux indicateurs à tous les carrefours. Des marques bleues et rouges , sur des arbres et des rochers, y signalent les endroits les plus pittoresques et les directions à suivre.
La m tour Denecourt, un belvédère qui offre le plus beau point de vue des environs de Fontainebleau, est à env. i j i h. de la gare. Pour y aller de là, on prend à g. à l’arrivée, traverse la voie, la suit à dr. et appuie bientôt à g., à un laboratoire de biologie végétale, par une bonne route qui mène à une colline où est le belvédère
FONTAINEBLEAU
De Paris
(buvette). Le panorama y embrasse une circonférence de plus de 60 kilomètres. On y voit, la tour Eiffel, à Paris, mais non Fontainebleau même. De la ville, on y va en 3 / 4 d’h. env., par la rue Grande, La route de Melun et, à dr. (2 kil. •/*)> le chemin de Fontaine-le-Port, jusqu’à un poteau (500m.) qui indique à dr. la tour Denecourt (v. la carte). C’est par là qu’on reviendra, si l’on est venu par la gare. — Plus près de la ville, à dr. de la route de Melun, la Croix du Calvaire, un autre belvédère. — Entre la même route et celle de Paris (v. cidessous), le Nid de V Aigle, un des plus beaux bouquets d’arbres de la forêt, et le Gros- Fouteau, endroit remarquable par sa futaie, à •/* h. du centre de Fontainebleau.
Si l’on a peu de temps à consacrer à la forêt, on se contentera de visiter les rochers et gorges de Franchard , à env. 1 h. de la ville (voit., v. p. 193). On prend, pour y aller, à l’extrémité de la rue de France, au N. -O. ('/« d’h.), la route qui se détache à g. de celle de Paris, par laquelle on irait au Gros-Fouteau et au Nid de l’Aigle (v. ci-dessus). Les voitures vont jusqu’à la route Ronde, où elles tournent à g., pour arriver bientôt au restaurant. Les piétons quittent la route au bout de 35 min. et prennent à g. la route sablonneuse du Cèdre, qui conduit à la Croix de Franchard; de là on arrive en 5 min. au restaurant de Franchard, lieu le plus fréquenté et le seul restaur. de la forêt (faire prix!).
Les rochers et gorges de Franchard consistent en un chaos de rochers de grès blanc et très dur, où croissent toutes sortes d’arbres et de broussailles. Le bassin, qui mesure environ une lieue de tour, commence à 5 min. à l’O. (restes d’un vieux couvent), près de rochers d’où l’on a un beau panorama de toute la gorge, qui a toutefois, comme les autres, perdu de son pittoresque, parce que l’Etat y a fait faire des semis de pins et par suite du terrible incendie de 1897. Si l’on est pressé, prendre un des guides qui s’offrent d’euxmêmes, mais faire prix d’avance (d’ordinaire, 1 fr. 50). On retournera alors à Fontainebleau par le même chemin.
Les gorges d’ Apremont et la haute futaie du Bas-Br/au, qui les avoisine, au N. des gorges de Franchard, sont également une promenade fort intéressante. L’excursion de ce côté demande 4 à 5 h., à partir de Fontainebleau. Des gorges de Franchard, on gagne env.
1 h., 2 h. sur les deux excursions (v. la carte). Entre les rochers d’Apremont et une autre chaîne de collines au S., appelées Monts- Girard, s’étend le Dorrnoir, un des plus beaux endroits de la forêt, le rendez-vous des chasses. Au sommet des gorges d’Apremont se trouve la caverne des Brigands, grotte où un industriel vend des rafraîchissements et des souvenirs (faire prix !). Plus au N. est la route de Paris déjà mentionnée, qui passe, du côté de Fontainebleau, près des hauteurs de la Solle, au Gros- Fouteau (v. ci-dessus), etc.
Barbixon (hôt. : de la Forêt, des Artistes , etc. ; pens. 6 à 8 fr.), desservi par un tramw. de Melun (p. 193), est à Va d’h. & l’O. du Bas-Bréau. C’est un rendez-vous d’artistes, illustré par Th. Rousseau et Millet, mais il n’y a d’intéressant que des souvenirs de divers peintres dans les hôtels.
à Dijon.