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à Dijon.
SENS
La Grande-Ilue, qui traverse toute la vieille ville de l’O. à TE., mène ensuite vers St-Etienne, dont la façade est à g. un peu au delà de la seconde artère transversale, la rue de la République.
*St- Etienne (pl. D2), la cathédrale de Sens , est le plus remarquable de ses monuments. Il occupe, dit-on, l’emplacement d’un temple païen ; St Louis y épousa en 1234 Marguerite de Provence. C’est une église de différentes époques et qui a été maintes fois remaniée, mais le style qui y domine est le goth. du xn e s. Elle a été commencée en 1124, dans le style roman, et achevée vers 1168, sans transept ni chapelle absidale. C’est ici, dit- on, qu’a été inventée l’ogive, par l’architecte Guillaume de Sens, qui construisit aussi le chœur de la cathédrale de Cautorbéry (Angleterre), semblable à celle de Sens. La façade, assez sévère, présente trois portails décorés de belles sculptures, malheureusement mutilées. Les sujets des tympans sont tirés de la légende de St Etienne, dont on voit la statue au trumeau du milieu, de l’histoire de la Vierge et de la légende de St Jean-Baptiste. De chaque côté sont des tours sans flèches. Celle de g., qui ne dépasse pas le toit de l’église, date du xn e s. et a quelques arcades romanes. Celle de dr. , qui a un étage de plus et atteint 73 m., a été reconstruite au xm e s. et est surmontée d’un campanile de 1535. Elle renferme encore deux cloches anciennes, pesant 31 171 et 27730 livres. Dans le haut du portail et à cette tour se voient un Christ bénissant, entre deux anges en adoration, et dix statues de bienfaiteurs de l’église, refaites au xix e s. par Maindron. Pour le bâtiment à dr., l’üfflcialité, v. p. 204. Les portails latéraux du S. et du N. sont d’une architecture plus riche, le transept ayant été ajouté de 1490 à 1504, par Martin Chambiges, qui travailla aussi à Troyes (p. 93) et à Beauvais. Ils ont de magnifiques roses, mais leurs niches n’ont plus de statuettes.
L’intérieur présente une vaste nef et deux collatéraux avec de petites chapelles précédées d’arcades romanes, sauf les deux premières de dr., reconstruites dans je style goth., en même temps que la tour. Les collatéraux ont des fenêtres romanes; celui de dr. toutefois en a une gothique, décorée d’une belle verrière par J. Cousin (p. 204), la légende de St Eutrope, de la jeunesse de l’artiste (1630; autre, v. ci-dessous). Dans la nef et dans le chœur, les piliers alternent avec de doubles colonnes. Au 5 e pilier de g. se voit un beau retable goth. provenant d’un tombeau: les statuettes en ont été brisées, et les deux qui y sont ont été rapportées. La nef et le chœur ont un beau triforium, mais les fenêtres sont un peu basses. On remarquera surtout les "vitraux, les plus anciens du xn e s., à g. du chœur; ceux du chœur lui-même, du xm e s.; les plus beaux à la rose du N., un Concert céleste. Le maître-autel et son baldaquin, à colonnes en marbre rouge, qui jure avec le style de l’église, sont de Servandoni (1742). Dans la première chapelle absidale de g. se trouvent des sculptures, auparavant dans d'autres parties de l’église. C’est d’abord le "mausolée du Dauphin (m. 1765), père de Louis XVI, inhumé dans le chœur de cette église. Il est décoré de statues en marbre blanc de la Religion et de l’Immortalité, du Temps et de l’Amour conjugal, avec des génies, etc., par Guill. Coustou fils. Ensuite les bas-reliefs du mausolée du cardinal Duprat, archevêque de Sens, de 1525 à 1535, et les statues, aussi en marbre blanc, de Jacques et Jean Duperron, archevêques de Sens au xvn e s. Dans la eltap. du fond, un beau retable, le Martyre de St Savinien, apôtre de Sens, par Hermann
204 lll. R. 45.
sens.
De Paris
(xvm e s.). Dans la chapelle à dr., une verrière de J. Coutin, moins ancienne que celle de la l re chap. de dr. (v. ci-dessus) et restaurée, la Sibylle de Tihur. Ensuite vient une élégante arcature, où est l’escalier du trésor (v. ci-dessous). Puis la chap. Ste-Apolline, où l'on a érigé un monument au cardinal Bernadou. I.a chap. de la Vierge, à dr. du chœur, du même côté, au transept, a une statue de la Vierge du xiv e s. A mentionner encore: de belles grilles en fer, au-dessus d’une sorte de retable de la Renaissance.
Le trésor de la cathédrale de Sens, dans une belle salle voûtée en berceau, dont l’entrée se trouve sous l’arcature à dr. du chœur, est très riche, le plus riche de France, dit-on. S'adresser, pour le voir, au frère sacristain (50 c., 1 fr. pour 2 à 5 pers.). Il en existe un catalogue. Il possède de magnifiques tapisseries des xv e et xvi e s., divers coffrets et reliquaires anciens, dont un en ivoire du xn e s., et un magnifique reliquaire moderne, contenant un reliquaire ancien en or, avec pierres prégieuses, dans lequel se trouve un grand fragment de la vraie croix; un rrand peigne en ivoire de St Loup, évêque de Sens au commencement du vn e s.; un calice du xm e s., un christ admirable en ivoire, par Girardon; le manteau du sacre de Charles X, des vêtements sacerdotaux de St Thomas Becket (m. 1170), provenant de l’anc. monastère de Ste- Colombe, à l/a h. au N. -O. de Sens, où le saint séjourna de 1166 à 1170.
L’Officialité (pl. 3, D2), à dr. de St-Etienne, est un autre monument digne d’attention, du xm e s. et bien restauré au xix e s., par Viollet-le-Duc. Elle a sur la façade six fenêtres doubles trilobées, surmontées de roses, et des créneaux. Il y a au rez-dechaussée un musée archéologique, composé de débris de la cathédrale, et au premier étage une grande et belle salle synodale voûtée. On y voit un grand tableau auparavant à la cathédrale, St Louis et son frère Robert entrant dans cette église avec la couronne d’épines, par Gaiilot (1826). Les cachots sont restés intacts. L’Officialité est reliée à Varchevêché (pl. 1, D2) par un fort joli bâtiment de la Renaissance, à frises sculptées, qui a une porte remarquable de la même époque, du style flamand, par où l’on arrive au portail S. de la cathédrale. 11 y a dans le passage de belles grilles de 1762, autrefois au chœur et aux chapelles de l’église.
Sur la place Drapés, à g. près du portail de la cathédrale, est la statue du baron Thénard (pl. 5, C'2), le chimiste (1777-1857), en costume de chancelier de l’université, bronze par Droz. — Au delà, le nouvel hôtel de ville (pl. CD 2), construit dans le style de la Renaissance sur les plans de M. Poivert; sur la tour principale, une statue de Brennus, par Guillot.
Prendre maintenant la rue de la République et la suivre au S., de l’autre côté de la Grande-Rue. Il y a vers l'extrémité une vieille maison en bois, dite la maison d’Abraham (pl. 2, C2), avec un arbre de Jessé, à dr. au coin de la rue Jean -Cousin, et cette rue en a une autre au n°8, l'anc. caisse d’épargne.
La rue de la République aboutit aux boulevards, dont une partie a été transformée en un square où l’on a érigé une statue de Jean Cousin (pl. 4, C3; m. vers 1589), artiste connu surtout comme peintre et verrier, marbre par Chapu (1880). En face, la nouvelle caisse d'épargne (pl. 1)3; 1901), dont la façade est décorée de deux statues par Peyuot, de Sens, le Travail et l’Epargne. Sur le boul. du 14 Juillet (pl. DE 3-2) a été conservée une partie pittoresque des
SENS