Besançon
Gares: de la Viotte (pl.Al; buffet), pour toutes les lignes; de la Mouillire (pl. Dl), pour la ligne de Morteau-Neuchâtel (R. 50), dont les trains se forment à la gare principale.
Hotels: *Gr.-H. de» Bains-Salins (pl. a, C 1), à côté du casino, à la Mouillère (p. 237 ; ch. t. c. dep. 3 fr., 50 °/q de plus si les repas sont pris hors de l’hôtel; rep. 1.25 ou 1.50, 3.50 et 4, pens. de 10 à 15); H. de Pari s (pl. c, C2), rue des Granges, 33, bon (ch. t. e. 2.50 à 5 fr., dé. 1 et 3, dî. 3, om. 50 et 75 c.) ; du Nord (pl. æ, C2), rue Moncey (dé. ou dî., 3 fr.); de l'Europe (pl. h, C 2), rue St-Pierre; de la Couronne (pl. d,B2), rue de Glères, près du musée (ch. 1 à 3 fr., 2 e dé. ou di. 2.50).
Restaurants: Colomat , rue des Granges, 28, bon ; Verguet , Grande-Rue, 86 et rue de la Préfecture, 4 (dé. 3.50, dî. 4fr.); Gavillon, rue St-Pierre, 18 (rep. dep. 2 fr.); bouillon Durai, Grande-Rue, 12. Café-rest. aussi aux bains salins (p. 237). — Buffet à la gare de la Viotte.
Cafés: C. Parisien, Gran telle, du Helder (brass.), tous promenade Granvelle (pl. D3); du Commerce, à côté de l’hôt. de Paris: de la Bourse , devant le musée (pl. B 2); Tav. Alsacienne, rue St-Pierre, 23 (rep. dep. 1 fr. 50); ferai*. Félix Brelin, square St-Amour, 1; brass. du Point-Central , rue St- Pierre, 12.
Voitures de place : le jour, à 1 chev., i fr. la l re i/s b-, 75 c. la suiv. ; la nuit, de 10 h. à minuit la l/î b. 1 fr. 50, l’h. 2 fr. 50, de min. à 6 h. 2 fr. et 3 fr. 50.
Voitures automobiles de Franche-Comté: pour Salins , 2 fois par jour, départ de la préfecture; pour Marchoux, 2 fois par jour, départ de Tarragnoz (tramway, v. ci-dessous).
Voitures publiques: pour Amancey, les lundi, mardi, jeudi, sam., 3 fr. • pour Alarnay , jeudi et sam., 1 fr. 50; pour Audeux et Recologne , tous les j., 1 fr. 50; pour Beure, toutes les 2 h., de 8 h. m. à 6 h. s., place St-Pierre, 40 c.
Tramways électriques: 1, de la gare de la Viotte (pl. Al) à Tarragnoz (v. pl. F 4), par la préfecture; 2, de SI- Claude (v. pl. Al) à la porte Révolte (pl. -E2), par la place Jouffroy; 3, de Chaprais (v. pl. Bl) à la préfecture (pl. CD4) et à la place Jouffroy (pl. B 3); 4, de la place Jouffroy (pl. B3) à St- Ferjeux (v. pl. B4). Prix: 10, 15 et 20 c., selon le nombre de sections parcourues; correspond., 5 c. en sus.
Poste et télégr. (pl. D3), Grande-Rue, 100, à côté du palais Granvelle.
Théâtres: Théâtre municipal (pl. D3), rue Mégevand (3 fr. à 60 c. ; location 25c. en plus); Théâtre du Casino, v. p. 238; Kursaal-Cirque (pl. D3), place Granvelle (2 fr. 50 à 60 c. ; loc. 25 c. en plus).
Bains: B. Salins, ouverts toute l’année, v. p. 237; B. Granvelle, rue de la Préfecture, 10.
232 III. R. 4i>. BESANÇON. Histoire.
Syndicat d'initiative , donnant gratuitement dos renseignements sur Besancon et la Franche-Comté (timbre pour réponse), aux hains.
Principale» curiosités: le site et l’aspect de la ville en général, puis la cathédrale (p. 234), le musée (p. 236), la porte de Mars (p. 233) et les bains salins (p. 237).
Besançon (250 m.) est une ville très ancienne de 55362 hab.< l'anc. capitale de la Franche-Comté si aujourd’hui le chef-lieu du départ, du Doubs , en grande partie datiR une presqu’île entourée par la rivière de ce nom, avec une citadelle au S.-E. , sur une hauteur au milieu de l’isthme (368 m.), et des forts détachés sur les hauteurs environnantes, ce qui en fait une place forte de l re cl. C’est aussi le chef-lieu du command. du vn e corps d'armée, le siège d'un archevêché, d’une université, d’une école d’horlogerie, etc. Besançon est un centre industriel très important , surtout pour l’horlogerie, qui occupe environ un cinquième de sa population et fournit plus des quatre cinquièmes des montres vendues en France ou env. 450000 par an, représentant une valeur de plus de 20 millions de francs. Elle fabrique avec succès même le chronomètre et la montre bijou. Son commerce est également considérable, par suite de sa situation près de la Suisse, à la rencontre de plusieurs chemins de fer et sur le canal du Rhône au Rhin (p. 185). Ce canal se confond ici avec le Doubs, sauf dans un tunnel de 380 m. sous la citadelle, qui épargne à la navigation un détour de 4 à 5 kil.
Besançon, Vesontio ou Hisontium , était la capitale des Séquanes lorsque César y vainquit, l’an 53 av. J.-C., Arioviste, roi des Suèves. Ce fut une cité florissante sous les Romains, grâce à son importance comme position stratégique, et elle fut la métropole de la Grande - Séquanaise. Plusieurs fois ravagée durant les invasions des barbares, elle appartint ensuite aux Bourguignons, puis aux Francs, fut successivement réunie aux royaumes de Bourgogne et d’Arles et à l’empire germanique, érigée en ville libre au xn e s. par Frédéric I er Barberousse, qui y tint plusieurs diètes, cédée à l’Espagne par le traité de Westphalie (1648), prise, perdue et reprise par les Français au xvn e s., et elle appartient à la France depuis le traité de Niinègue (1678). Elle fut assiégée inutilement durant quatre mois par les Autrichiens en 1814. En 1870-71, elle servit de base aux opérations de l’armée de Bourbaki contre celle de Worder assiégeant Belfort, mais elle ne fut pas attaquée. Besançon a vu naître le cardinal de Granvclle, le maréchal Moncey, le général l’ajol, Ch. Nodier, Victor Hugo.
De la gare de la Viotte (pl. Al), on se rend en ville en faisant un assez long détour à g., par le faub. de la Mouillère, où passent les omnibus, ou bien à dr. par le faub. de Battant. Dans le premier cas, on arrive par la rue St-Pierre à la place St-Pierre (pl. C2) , que longe la Grande-Rue, et dans le second, au delà du faubourg, au pont de Battant (p. 237), d’où part la Grande-Rue.
Près de la rue St-Pierre, le square St- Amour (pl.C2), où il y a un buste de l'amiral Detarenne (1830-1891), bronze par Delorme (1896).
L’église St-Pierre (pl. € 2), place de ce nom, est un édifice peu remarquable du xvm e s. Elle a. dans le transept, à dr. une Pietà en marbre par Luc Breton, à g. une Vierge avec l’enfant Jésus par Clésinger, deux artistes de Besançon.
L 'hôtel de ville (pl. C3), en face, avec sa façade à bossages toute
Pal. Granvelle. BESANÇON. III. R. 49. 233
noircie par le temps, est du xvi e s. — Derrière est le palais de justice, aussi du xvi e s., jadis le siège du parlement de Franche- Comté, construit par H. Sambin (p. 219). Il a une jolie façade, et la grande salle des audiences renferme de belles boiseries.
Plus loin à dr., dans la Grande-Rue, au coin de la rue de la Préfecture (p.237), l'anc. maison des Carmes et la fontaine des Carmes , avec un Neptune sous les traits, dit-on, du duc d’Albe, général de Charles-Quint et de Philippe II du temps du cardinal de Granvelle (v. ci-dessous), par Claude Arnould, dit Lulier (1570).
Le palais Granvelle (pl. D 3), à l’autre coin de la rue de la Préfecture, a été construit de 1534 à 1540 par le cardinal de Granvelle (1517-1586), le fameux chancelier de Charles-Quint, qui était de Besançon et qui en fut archevêque à la Un de ses jours. La cour, qui sert de passage, est entourée d’arcades comme un cloître, et l’on y a érigé eu 1897 la statue du cardinal de Granvelle, par Jean Petit, de Besançon. Le palais est le siège des sociétés savantes de la ville. Au delà de la cour se trouve la promenade Granvelle, l’anc. jardin du palais, où il y a uue statue de Victor Hugo, en marbre, par Just Becquet (1902) et où se donnent des concerts, en été, de 8 h. */ 2 à 10 h. du soir.
Un peu au delà du palais Granvelle, à g., Ve'glise St - Maurice (pl.D2), construite par les jésuites en 1712-1714. Elle a de belles boiseries et un riche autel tout doré, avec une grande gloire en bois sculpté représentant l’Assomption.
A quelques pas dans la rue à g. de cette église est la bibliothèque (pl. D2), qui possède env. 100000 vol. et compte parmi ses 2200 manuscrits 80 vol. in -fol. des papiers d’Etat de Granvelle. Elle a aussi un médaillier, composé de plus de 10000 pièces, et diverses autres curiosités. La biblioth. est ouverte tous les jours de 1 h. à 5 h. en été et de midi à 4 h. en hiver.
Au n° 140 de la Grande-Rue, la maison où Victor Hugo naquit en 1802, désignée par une plaque en bronze.
Ensuite, à g., le square archéologique Caslan (pl. D 2), sur l’emplacement duquel on a découvert des ruines qui sont probablement celles du the'âtre antique, auquel succéda un baptistère. Des colonnes entières ou en fragments et d’autres débris ont été réunis aux deux extrémités du square. Le gardien (rue des Martelots, 13) fait voir les marches du théâtre ainsi que des restes du «podium» ou soubassement intérieur et d’un aqueduc romain. Notre plan indique encore d’autres endroits où l’on a retrouvé des vestiges de monuments antiques, non entièrement déblayés.
La porte de Mars ou porte Noire (pl. D2-3), vers l’extrémité de la rue, est le principal monument antique qui subsiste à Besançon. C’est, dit-on, un arc de triomphe érigé par Marc-Aurèle en 167, comme témoignage de ses victoires sur les Germains. Elle se compose d’une seule arcade et mesure env. 10 m. de haut sur 5 m. 60 de large. Son principal ornement consiste en huit colonnes dispo-
234 III. R. 49. BESANÇON. Cathédrale.
sées en deux étages. Elle est fort dégradée, et une partie qui tombait en ruine a même dû être refaite en 1820.
La cathédrale, St-Jean (pl. E 3) , à l'extrémité de la Grande- Rue et de la ville, au S. -E., au pied de la citadelle, est le plus curieux édifice de Besançon. Elle manque en partie de dégagement et elle n'a qu’un portail latéral, sur la Grande-Rue, mais elle a deux absides. Sa fondation remonte au rv e s., cependant la plus grande partie de la construction actuelle date des xi e -xin e s., sauf l’abside de l’E., rebâtie au xvm e s. Elle présente donc un singulier mélange de divers styles. La nef a des arcades et des fenêtres romanes, ces dernières précédées de belles galeries gothiques. La grande abside, à l’O., avec de mauvais vitraux modernes, est aussi romane.
Cette église est assez riche en œuvres d’art, surtout en tableaux, dont les principaux sont: au delà de l’orgue, à dr., la Vierge, l'enfant Jésus et des saints, de Fra Barlolommto, avec le portrait de Jean Carondelet, archevêque de Palerme, le donateur; à g. de l’entrée, la Mort de Saphire, par Seb. del Piombo ou le Tintoret , au-dessus du tombeau de Ferry Carondelet (m. 1528), archidiacre du chapitre, frère de Jean, qui fit faire ce monument à Bruges; au fond de la petite abside, une Résurrection de J.-C. par Carie Vanloo , et quatre scènes de la Passion, œuvres remarquables de Notoire , sur les côtés de la même abside. A l'entrée se voient aussi, à dr., la statue du cardinal de Rohan (m. 1833), par Clésinger père; à g., celle du cardinal Mathieu (m. 1875), par Bourgeois. Dans un local spécial, à dr. de la petite abside (porte au-dessous d’un cadran ; 25 c.), se trouve une belle horloge astronomique , œuvre moderne de Vérité, de Beauvais (1860); elle compte 72 cadrans et elle est surtout intéressante au coup de midi. Dans la nef est une chaire goth. en pierre, du xvi e s. Derrière, une chapelle avec voflto à caissons et lambris à bas-reliefs.
h' archevêché', à côté de la cathédrale, possède aussi des œuvres d’art remarquables: scène de l’histoire de Venise par Paul Véronèse, Portement de croix par Cigoli, 2 paysages par Claude Lorrain, 4 marines par Jos. Vernet, 2 portraits par H. Rigaud, le dessin de l’Enlèvement des Sabines par Poussin, une mitre du xv e s., la croix processionnelle du cardinal de Granvelle, en argent, du xvi e s., etc.
La citadelle (pl.E F 3), qui occupe l’emplacement d'un «castrum» romain, à l’E. de la cathédrale, a été construite au xvn e s., en grande partie sur les plans de Vauban. Les hauteurs voisines la dominent en partie, mais elles sont aussi fortifiées. On a de belles vues du versant du plateau rocheux qu’occupe la citadelle (368 m.), de chaque côté duquel coule le Doubs, et des hauteurs environnantes, mais l’entrée des forts est interdite au public.
A peu <Ie distance au N.-E. de la cathédrale, à l’extrémité de la rue Uivotte (pl.E 2), se voient la maison Mareschal, construction goth. intéressante de 1520, à g., n° 19, et la vieille porte Uivotte. — A env. 10 min. de là, au pied de la citadelle et au bord du Doubs, est la Porte Taillée (v. pl. F 2-3), échancrure dans un contrefort de la hauteur de la citadelle, où passe maintenant la route de Lausanne. Elle remonte jusqu’au temos des Romains, qui la pratiquèrent pour y faire passer un aqueduc (p. 231), maintenant rétabli au-dessus. Jolies vues en deçà et au delà.
A l'extrémité de la ville du côté du pont de Battant se trouve la place Labourey, avec la halle (pl. B 2), bâtiment sans valeur architectonique, mais dont le premier étage est occupé par le musée.
Musée.