‹ Le Nord-Est de la FranceChapitre 194 sur 270 · HT. R · texte numérisé non relu

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28 kil. Corgoloin. — 32 kil. Serrigny.

37 kil. Beaune. — hôtels: de la Poste , boul. de Bouze; du Chevreuil , rue Maufonx, 33-35, tous deux à l’opposé de la gare; H. de France , à la gare. — Buffet à la gare. — Poste et télégraphe, rue Thiers, 60, à g. de la rue du Château. — Crédit Lyonnais , place Monge, 34.

Beaune est une vieille ville de 13 887 hab. et un chef-lieu d’arr. de la Côte-d’Or, centre d’un vignoble renomme', déjà célébré par Eumène (iv® s.) et par Grégoire de Tours (vi e s.).

Beaune (ant. Belna) fut une des principales villes du duché de Bourgogne et le siège de son parlement avant Dijon. Les Ligueurs s’en rendirent maîtres en 1585, mais les habitants les en expulsèrent pour la remettre à Henri IV, eu 1595. Elle eut jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes (1685) d’importantes manufactures de draps. Elle fait surtout aujourd'hui je commerce des vins de la Bourgogne.

De la gare, on traverse d’abord un faubourg (3 min.) et l’on entre dans la ville en passant entre deux tour s rondes, restes de l’anc. château fort. Appuyant ensuite un peu à g. , on arrive par la rue des Tonneliers à la place Monge où est la statue de Monge (1746- 1818), le mathématicien, qui était de Beaune, bronze remarquable par Rude (1847). Derrière se dresse le beffroi de l'ancien hôtel de ville, de 1403 et restauré en 1897. En deçà, à g., l’anc. *hôtel de la Mare ou Roehepot, de 1523, maintenant occupé par une librairie; il a deux belles cours à arcades renaissance, où l’on peut entrer librement. Beaune a encore d’autres vieilles maisons intéressantes.

La rue de Lorraine , à dr. eu arrivant à la place, mène à l'hôtel de ville (p. 248); à g. à l’opposé, on va par la rue Carnot à la place de ce nom. Là est le monument de Carnot, érigé à l’anc. président Carnot (1837-1894), un buste et deux statues allégoriques, en bronze par Loiseau-Bailly (1896). Il y a au n° 18 une vieille maison , à l’entrée de la rue Rolin.

L’*hôpital, près de là, par la rue Rolin, est un édifice original du style flamand, qui a plutôt l’air d’un château. Il a été fondé en 1443 par Nie. Rolin , chancelier de Bourgogne (v. aussi p. 320) et par sa femme, Guigone de Salins. Entrée gratuite les dim. et fêtes, 50 c. dans la semaine. L’extérieur est simple et n’a de remarquable, en dehors de son aspect, que sa porte à auvent et le clocheton qui surmonte sa haute toiture. L’hôpital est desservi par des béguines, qui se recrutent dans les familles riches et ont conservé avec le hennin le costume du temps, blanc en été, bleu en hiver. On peut le visiter de 10 h. à 11 h. */ 2 et de 1 à 4. On en remarque particulièrement la cour, avec ses galeries en bois à deux étages (actuellement en restaur.) et ses lucarnes à frontons ; plusieurs salles dans le style de l’époque, Tune d’elles décorée de peintures murales de 1682; la chapelle, décorée d’une magnifique verrière, et la cuisine. Mais la principale curiosité, comme œuvre d’art, est le superbe **« retable» du Jugement dernier, tableau à volets donné par le fondateur de l’hôpital, œuvre de Roger van der Weyden. 11 se compose de 15 panneaux, dont 6 extérieurs, exposés à part, re-

lîEAUNE.

De Dijon

présentant les fondateurs et leurs patrons. Il est au 1 er étage, avec d’autres objets, qui forment un petit musée, surtout des ♦tapisseries d’Aubusson (xv e -xvn e s.) et des Flandres (xv e s.), de la vaisselle, des manuscrits à miniatures, des livres à reliures fort riches et des meubles. Là aussi est la grande salle du conseil, qui a de vieilles tapisseries des Gobelins (xvn e s.).

La rue où est l'hôpital aboutit à g. à la sortie à la petite place de la Halle, où il y a une belle caisse d’épargne, de 1894. l)e là, on traverse la place Fleury et prend l’avenue de la République, qui passe entre la rue et la place Maufoux. A g., à l'entrée de la première, vieille maison à tourelle, dite maison du Lieu-Dieu.

L’église Notre-Dame, anc. collégiale, sur la place Maufoux, à dr., est un édifice roman et goth. des xu e -xvi e s. Elle est surmontée d’une belle tour goth., basse, avec dôme et lanterne, et précédée d’un grand porche à trois nefs, du même style, avec de jolies portes; mais sa belle abside, à trois petites chapelles rondes, est romane. L’intérieur est à trois nefs, celle du milieu voûtée en berceau, les autres à voûtes d’arête. Il y a de beaux vitraux au chœur et d’autres (surtout des grisailles) dans les chap. latérales de la nef. On remarquera aux piliers de la nef l’opposition de pilastres cannelés et de colonnes engagées, comme à Chalon (p. 250); dans la 2 e chap. de g., restes de peinture ancienne; dans la 3 e de g. et dans la 2 e de dr., retables et bas-relief en pierre. Cette église possède de très belles * tapisseries du xv e s., dont on pare quelquefois l’abside; les sujets sont tirés de l’histoire de la Vierge.

La petite rue derrière l’église aboutit, à dr., près du beffroi et de la place Monge (p. 247). La rue St-Martin, à g. ou à l’opposé de cette place, mène, comme l’avenue de la République, aux boulevards qui marquent les limites de la vieille ville et forment de belles promenades. A cet endroit est le square des Lions, anc. bastion ainsi nommé de ses rampes ornées de lions. A g., dans un petit square, à l’endroit où aboutit l’avenue de la République, se trouve le monument de Joigneaux, l’agronome (1815-1892), buste avec figures en marbre par Math. Moreau (1898). On revient sur ses pas pour suivre les remparts au delà de la rue St-Martin. Après un tournant, à dr. , à l’extrémité de la rue de Lorraine, la porte St- Nicolas , arc de triomphe de 1761, et plus loin, la promenade du Jardin Anglais. Le faubourg voisin, St-Nicolas, a, en haut, à dr., une église du xiv e s. , à une seule nef et large transept, précédée d’un portail roman sous un porche délabré.

En rentrant dans la ville par la porte St-Nicolas et la rue de Lorraine (à dr., chapelle du collège), on a à g., à l’extrémité d’une petite rue, l 'hôtel de ville, un ancien couvent , précédé d’une cour où il y a un monument des combattants de 1870-71, avec une reproduction de la Jeunesse de Chapu (1896). L’hôtel de ville renferme un petit musée, qui comprend des peintures, des antiquités et des curiosités.

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