De Mâcon (Paris) à Genève
A. Par Bourg, Ambérieu et Culoz.
186 kil. Ligne desservie par les trains express, mais de 50 kil. plus longue que celle qui passe par Nantua et partant plus chère (v. p. 276). Trajet en 3 h. 40 à 6 h. 45. Prix : 20 fr. 95, 14 fr. 15, 9 fr. 15. — De Paris: 626 kil.; 10 h. 15 à 17 h. 36; 70 fr. 25, 47 fr. 40, :S0 fr. 95.
Outre la ligne par Dijon , Mâcon, Bourg et Nantua (p. 276), dont la longueur est seulement de 576 kil., il y a encore une ligne plus courte de Paris à Genève, par Dijon, St- Amour , Bourg et Nantua, sa longueur n'étant que de 555 kil., mais elle n’a que quelques trains directs. Par Dijon, Pontarlier et Lausanne, la distance de Paris à Genève est de 589 kil.
Principale cuhio8Ité de cette ligne, Bourg, avec son ‘église de Brou (p. 273 et 275).
Mâcon, v. p. 253. On laisse à dr. la ligne de Lyon et passe la Saône. Vue sur Mâcon à g. — 8 kil. Pont-de- Veyle; à 6 kil. au N., Bagé-le-Châtel, où l’on a élevé un monument avec buste au général Puthod (1757-1820).
Or Port - dr -Vbyt.b à St-Trivier - de -Courtes : 32 kil., en 2 h. 35 à 3 h. 25, pour 2 fr. 65 et 1 fr. 65. — Principale stat. : (20 kil.) Pont-de- Vaux (v. p. 253), petite ville riante de 2483 hab., la patrie du général Joubert (1769-1799; v. p. 274) et du peintre Chintreuil (1816-1873), auxquels on a érigé sur la place publique une statue et un buste. — 32 kil. St-Trivierde-Oourtes (p. 251).
De Pont-de- Vetle 4 Trévoux : 46 kil., en 2 h. 50 à 3 h. 15, pour 3 fr. 75 et 2 fr. 30. — 15 kil. (6 e st.) Thoissey. 1356 hab. — 39 kil. (16 e st.) Jàssans (p. 276). — 46 kil. Trévoux (p. 255).
17 kil. Vannas. — 22 kil. Mezeriat. O 11 distingue bien ensuite le Jura. — 28 kil. Polliat. Plus loin, à g., du côté de Bourg, la ligne de Lons-le-Saunier; à dr., celle de Chalon-sur-Saône.
38 kil. Bourg (buffet). — hôtels: de l'Europe (pl. a, Cl), place de la Grenette (eh. t. c. 1.50 à 3 fr., rep. 1, 3 et 3.50, om. 60c. ou 1 fr.); de France (pl. b, D 1), place Bernard (di. 3 fr.); de la Paix (pl. c, A3), à la gare (ch. t. c. 1 fr. 50 à 2.50, dé. 2.50, dî. 3); Grand-Café, près de l’hôtel de ville.
Poste et telésraphe (pl. C2), avenue d’Alsace-Lorraine.
Banques: B. de France (pl. A 3), rue Alphonse-Baudin ; Crédit Lyonnais, avenue d’Alsace-Lorraine, au coin de la place de l’Hôtel-de-Ville.
Bains, rue Voltaire, 3, au coin du boulevard Paul Bert.
Tram-omnibus de la gare (pl. A3), par le centre de la ville, à la rue Ch.-Kobin (pl. DEi), à l'entrée du boul. de Brou (p. 275).
Bourg (241 m.; pron. Bourque) est une assez belle ville de 18521 hab., l’&nc. capitale de la Bresse et auj. le chef-lieu du départ, de l’Ain, sur la Reyssoute. Elle n’est pas d’origine très ancienne, mais elle a eu une certaine importance à partir de la lin du xm e s., où la province passa par alliance à la maison de Savoie, qui ne la perdit définitivement qu’en 1601. C’est la patrie de l’astronome Lalande (v. p. 274) et peut-être du grammairien Vaugelas.
Pour aller de la gare dans la ville, on prend en face la rue Alphonse-Baudin et tourne plus loin à g. dansi’avenue d’Alsace-Lor-
Bsedeker. N.-E. de la France. 7 e édit. 18
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raine. Si au contraire on veut aller directement à l’église de Brou (V 4 d’h.; p. 275), on continue par la rue Voltaire et les boul. Paul- Bert et Victor-Hugo, et l'on tourne à dr. à celui de Brou.
Dans l’avenue d’Alsace-Lorraine, à dr., un lycée de filles (1887- 1888), puis la ■préfecture (pl. BC 2 ), construction moderne qui a une belle façade et dont la cour est décorée d’une statue du général Joubert (v. p. 273; pl. 3), qui s’illustra dans les campagnes d’Italie et fut tué à la bataille de Novi, bronze par Aubé (1884). En face est la place Joubert, avec un petit obélisque, et à quelques pas de là la place du Quinconce, où se voit la statut d’Edgar Quinet (1803-1875; pl. 4, B 2), philosophe et écrivain, né à Bourg, bronze par Aimé Millet (1883). Plus loin, à g., à l’entrée de la rue Lalande, n° 22, la maison où est né l’astronome Lalande (1732-1807), désignée par un médaillon. Du même côté, le bel hôtel des Postes et Télégraphes (1897 ; pl. C2), puis la place du Greffe, à g. de laquellese voit, au n°2 de la rue du Palais, une vieille maison en bois (pl. 7, Cl). L’avenue d’Alsace -Lorraine aboutit à la place de l’Hôtel-de-Ville, d’où la rue Notre-Dame conduit directement à l’église (p. 275).
L 'hôtel de ville (pl. C 1 ), à g. ou au fond de cette place, renferme un petit musée (pl. 6 ), dit «musée Lorin», dont l’entrée est dans la rue Bichat, qui commence à dr. de là. Il est public le dim. de 2 h. à4h. et visible les autres jours. Catalogue de 1875, 25 c. Conserv., M. Loiseau.
Dans I’escaliek, quelques toiles peu importantes, parmi lesquelles: 73, Boucher , Déda; 138, A. Coypel , Hérode et Marianne ; 55, N. Coypel, Vénus et Vuleain.
1 er étage. Salle 1: ornithologie, minéralogie et conchyliologie; tableaux, à dr. : 133, d'après Léon, de Vinci , la Joconde (copie d'un artiste des Pays-Bas) ; 86, Maratta, Mariage mystique de 8te Catherine d’Alexandrie; 152, ic. esp., Christ à la colonne; 82, *120, le Guide , la Madeleine, sujet religieux. — Salle II, de dr. à g. : 17, Jacquand , Vert-Vert; 43, A. Duclaux , Intérieur de ferme; s. n°, Bidauld , Gardienne de chèvres; 29, Chardin, les Bulles de savon; 156, Ch. Landelle, Ste Véronique; — s. n°, Dallemagne, Après l’orage; dessins de Puvis de Chavannes; 163, J. -B. Vdnloo, Vierge; 90, Fragonard, Diane au bain; 11, Mignard (?), Ste Famille; 20, E. Blondel , les Savoyards; 142, Viot, vue du Bugey; 144, F. Girard , Sommeil de Vénus;
— s. n°, Bouché, le Hameau. — Au milieu, *148, Millet, la Gardeuse de vaches; 122, Chintreuil, paysage. Antiquités gallo-romaines. — Salle III: 23, A. Coypel, üacchus et Ariane; 93, 95, F. Desportes , natures mortes; 118, Gust. Moreau , les Athéniens livrés au Minotaure (1854) ; — 2, H. Itigaud, portr. d’homme; 96, J. Leclercq (1587-1633), Repos de Diane; 112, N. Coypel, Naissance de Bacchus ; — 157, J. André, paysage ; 94, Cl. Gellée (?), Port de mer ; — 33, S. Bourdon (1606-1671), Un corps de garde. — Collection numismatique; coffre en bois sculpté. — Salle IV; 108, Canaletto, le Palais ducal à Venise; 47, le Giorgione , Judith; — 117 (plus loin), J. Both, vue d’Italie; 27, Franck le J., Jésus au jardin des Oliviers; 75, A. Durer (?), Adoration des mages; 158, éc. fr. du xtr" s., volets de triptyque relatifs à la vie de St François;
— 80, van den Eeckhout, Homme avec bonnet fourrée ; 87, tan Goyen , paysage ; 16, Teniers, un Buveur; 98, ran de n Eeckhout, Jésus devant Caïpbe. Marbres et plâtres. — Salle V ; petits tableaux des écoles française et hollandaise, surtout 110. Brueghel de Velours, paysage: 54, Roos de Tivoli, Animaux; 111, van Balen, Baigneuses ; — *126, Wo/ilgemuth (plutôt école franç. du xvi e s. ?), triptyque relatif à la vie de St Jérôme, provenant de l’église de Brou ; 100,
C. Béga, Tabagie; *115, Wouwerman , Départ pour la chasse; — 113, van Kessel, vue de Paris; *4, J.-D. de Heern, Fruits. — Collection numismatique; coffres. — Salle VI: 146, A. Coypel, Evanouissement d'Esther; beau meuble.
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La rue Bichat aboutit un peu plus loin à la place de la Grenette, bornée au N. par la promenade du Bastion et où s’élève une statue de Bichat (1771-180*2; pl. 2, C 1), le célèbre médecin et anatomiste, qui étudia à Bourg, bronze par David d’Angers (1843).
Du côté E. de la place se trouvent la halle au ble' (pl. 1, Cl) et le théâtre et au delà, les places du Théâtre et Carriat. Sur cette dernière, l'Institution Carriat (pl. CDl), une école professionnelle. Derrière s’étend le champ de Foire, dans la direction de la Reyssouze. De la place Carriat on gagne aisément l’église Notre-Dame (pl. D 1), du style goth., de 1505-1545, avec une façade des xvi R et xvn e s. Elle possède un beau vitrail ancien dans la 3 e chap. de g. ; dans le chœur, des boiseries du xvi e s., dont 52 stalles; de beaux vitraux modernes, par Oudinot, à l’abside, qui a aussi une belle clef pendante; remarquer aussi la clôture de la chapelle à dr. delà; la chaire, du xvm e s. et l’orgue, dans une belle tribune en pierre.
Sur la place, à dr. de la façade, aboutit la rue Gambetta, où se voit, au n° 16, une vieille maison gothique (pl. 8, Cl), de 1496.
La rue Centrale, presque en face de la rue Gambetta, mène au boulev. de Brou, par lequel on va à l’église de ce nom. Au commencement de ce boulevard, à g., le monument de Ch. Robin (1821- 1885; pl. 5, D 1), professeur de médecine, avec un buste en bronze par Aubé. Plus loin, à g. du boulevard, Y Hôtel-Dieu (pl. E2-3).
L 'église de Brou se visite: les jours ouvrables, de 7 h. en été et 8 h. en hiver ( 1 er oct. -30 avr.) à 11 h. I/o et de 1 à 6 ou B; les dim. et fêtes de 7 ou 8 b. à 10 h., 1 à 3 et 41/4 à 6 ou 5. 15 e. par pers. au sacristain, pour les parties réservées. — Guide- Express, 5 e éd., 1899, 1 fr.
L’**éolisf. de Brou (pl. E3), la principale curiosité de Bourg, a été bâtie de 1511 à 1536 par Marguerite d’Autriche, épouse de Philibert II ou le Beau, de Savoie, en exécution d’un vœu de Marguerite de Bourbon, sa belle-mère. Elle est du style gothique flamboyant et a eu pour architectes Jehan Perréal , dit J. de Paris, puis Loys van Boghem. La façade principale est une merveille de grâce et d’élégance. Elle comprend d’abord un beau portail , en anse de panier, aux voussures richement sculptées, dont le tympan représente un Ecce Homo, et le trumeau St Nicolas de Tolentin, patron de l’église; il est surmonté d’une statue de St André, refaite en 1890. Au-dessus des grandes fenêtres qui dominent le portail se dresse un beau pignon triangulaire percé d’une roàace et de trois fenêtres et couronné d’un fleuron feuillagé, Il y a un autre beau portail à g. de l’église. Enfin, à dr. du chœur, une belle tour carrée sans flèche.
La nef et le transept sont d'une élégante simplicité; il n’y a pas de triforium , mais au-dessous des fenêtres règne une jolie galerie avec balustrade richement sculptée. Dans la nef, une statue de St Vincent de Paul, par Cabuchet (1850; v. p. 261). Le chœur est précédé d’un jubé très riche et on y visite des chefs-d’œuvre de sculpture : 74 *stalles goth., dont 42 magnifiques stalles hautes, à baldaquins, représentant des personnages de l’Aneien et du Nouveau Testament, et surtout les superbes * mausolées du prince et des princesses mentionnés ci-dessus, en partie d'après Michel Colombe et Perréal, exéeutés par Conr. et Thomas Meyt et d’autres sculpteurs moins connus. Au milieu se voit celui de Philibert (m. 1504), où il y a deux statues couchées du prince, dont l’une le représente vivant
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et l'autre mort; des génies, douze piliers tout couverts d'ornements et des statuettes de sibylles. A dr. est celui de Marguerite de llourbon (m. 1483), dans une niche, encore d’une grande richesse, avec des génies, des pleureuses, St André et plusieurs saintes. A g., celui de Marguerite d’Autriche (m. 1530), le plus beau et le plus complet des trois. Il a aussi deux statues et il est de plus surmonte' d’un riche baldaquin. On lit sur la corniche, comme du reste en d’autres parties de l’église, par ex. sur le grand bénitier à l'entrée, la devise suivante: «Fortune infortune (persécute) fort une», adoptée par cette princesse, qui fut fiancée à Charles VIII de France et se vit préférer Anne de Ilretagne, fut veuve de Jean de Castille à 19 ans, perdit peu après le fils qu’elle avait eu de lui, fut encore veuve à 25 ans de Philibert et devint ensuite régente des Pays- Bas, où elle mourut d’une blessure que rappelle le pied g. de la statue du bas. — Dans la chap. de la Vierge, à côté, se voit encore un grand retable en albâtre, de la même époque, à hauts reliefs représentant des scènes de la vie de la Vierge. I.es statues sur les côtés sont celles de St Philippe et St André. En deçà de la chapelle, l’oratoire de Marguerite avec cheminée; on remarquera que la paroi est ouverte en biais pour permettre à la princesse d’assister à l’office de sa place. Le chœur a un autel moderne en marbre, avec 15 statuettes en bronze doré. Enfin l’église a conservé des *vilraux anciens fort remarquables.
Devant le portail, sur le sol, est tracé un cadran solaire oval ; on y voit l’heure marquée par son ombre, en se plaçant sur la lettre du mois dans lequel on se trouve, plus ou moins près de celle du mois suivant selon la date du jour.
Le bâtiment voisin est l’anc. couvent dont dépendait l’église, maintenant un grand séminaire.
Lignes de Besançon-Lons-le-Saunier- Lyon, v. B. 53; de Chalon-sur-Saône , p. 251 ; de. Genève par Nantua , v. ci-dessous.
De Bourg à Trévoux: 54 kil., ligne à voie étroite dont la gare se trouve à g. en sortant de la gare principale (pi. A2), en 3 h. env., pour 4 fr. 45 et 2 fr. 75. — 25 kil. (7e st.) Châtillon-sur-Chalaronne (p. 261). — 43 kil. (12 e st.) Ars, qui a une belle église neuve, par Bossan, sur le tombeau du curé Vianey (m. 1858), devenu un lieu de pèlerinage. — 47 kil. (14 e st.) Jassans, où l’on rejoint la ligne de Pont-de-Veyle à Trévoux (p. 273).
La ligne principale, par Ambérieu-Culoz, continue dans la direction du S.-E. pour rejoindre celle de Lyon à Genève. A g., l’église de Brou et les montagnes du Jura. — 47 kil. La Vavrette-Tossiat. — 57 kil. Pont- d’ Ain , petite ville de 1722 hab. Restes insignifiants d’un château des ducs de Savoie. Un tramway à vap. (75 et 45 c.) conduit d’ici à (6 kil.) St-Jean-le-Vieux (p. 337) et à Jujurieux (9 kil.; 2652 hab.). On traverse l’Ain. — 62 kil. Ambronay, stat. à 2 kil. à l’O. de la localité (1278 hab.), où se voient les ruines d’une abbaye de bénédictins et une église goth. intéressante.
69 kil. Ambtrieu , sur la ligne de Lyon à Genève. 4023 hab. Suite, d’ici à Genève (116 kil.), v. p. 337-339.
B. 1 Par Bourg et Nantua.
136 kil. Ligue plus courte que la précédente de 50 kil. et en partie très pittoresque, mais sans trains express de Bourg à Bellegarde. Trajet en 4 h. 50 a 8 h. 10. Prix (pas de billets directs) : 15 fr. 30, 10 fr. 25, 6 fr. 65. — De Paris: 576 kil.; il h. 30 et 13 h. 5 ; 64 fr. 70, 43 fr. 60 et 28 fr. 45.
Principales curiosités.! de cette ligne: Bourg, avec son ‘église de Brou (p. 273 et 275) et la traversée du Jura (v. ci-aessous). Vue surtout ii dr. sur la gorge de l’Ain.