‹ Le Nord-Est de la FranceChapitre 237 sur 270 · II. D’Orléans à Bourges · texte numérisé non relu

II. D’Orléans à Bourges

113 kil. Trajet en 2 h. 10 à 3 h. 20. Prix : 12 fr. 40, 8 fr. 30, 5 fr. 45.

On retourne d'abord à la stat. de transit sur la ligne de Paris à Bordeaux, les Aubrais (2 kil.; p. 292), ou bien on passe, en train omnibus, par un tronçon de raccordement; puis on contourne Orléans au N. et on traverse la Loire sur un pont de pierre, d’où l’on a, à dr., une belle vue de la ville. — 132 kil. (de Paris). St-Cyr-en- Val. — 143 kil. La Ferte'-St- Aubin (hôt. de la Croix -Blanche), à g., localité fort ancienne de 3437 hab., avec une église du xii e s. — 152 kil. Vouzon.

159 kil. La Motte- Beuvron (hôt. Tatin; 2285 hab.), sur le Beuir on et à l’extrémité du canal de la Sauldre, long de plus de 43 kil., qui apporte du Sancerrois la marne nécessaire à l’amélioration des terres de la Sologne (v. ci-dessous). Château des xvi e xvn e s., transformé en colonie agricole.

Tramway de Blois , v. le Nord-Ouest de la France , par Bœdeker.

165 kil. Nouan-le- Fuzelier. On parcourt le plateau de la Sologne.

La Sologne, qui a env. 500000 hect. de superficie, était jusqu’en 1860 un pays couvert d’étangs et de marécages. On évaluait à 1200 le nombre de ses étangs, et la population n’y atteignait pas le chiffre de 100000 hab.

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BOURGES

ou moins de 30 par kil. carre'. Mais ce n’est plus aujourd’hui le pays marécageux et insalubre d’autrefois, depuis les guerres de religion et la révocation de l’édit de Nantes, qui en fit partir de nombreuses familles protestantes. L’Etat et un comité agricole, fondé dans ce but, ont transformé ce pays en y perçant des routes et des canaux, supprimant ou assainissant ses étangs et remplaçant ses bruyères par d’immenses forêts de pins et des cultures. Aussi la Sologne est-elle déjà redevenue un pays prospère et la population s’y est accrue deôO 0 /#. Elle fournit en grande partie le bois utilisé pour le four par les boulangers de Paris, et l’on fait du «charbon de Paris* avec les branches de pins, transformées, dans des fours spéciaux portatifs, en poussier de charbon, qu’on mêle ensuite à du goudron de houille.

On traverse la Grande-Sauldre avant Salbris. — 177 kil. Salbris , localité industrielle et commerçante, dont l’église a de beaux vitraux.

Lignes de 29 kil. sur Romorantin pour 2 fr. 15 et 1 fr. 45 (voir le Nord- Ouest de la France) et de 42 kil. sur Argent (p. 281) pour 3 fr. 20 et 2 fr. 05, continuation de la précédente.

190 kil. Theillay. Ensuite une rampe, un tunnel de 1230 m. (21 soupiraux), la forêt de Vierzon (5000 hect.) et un remblai.

200 kil. Vierzon ( buffet ; hôt. : des Messageries, du Bœuf, rue Neuve), ville de 11 796 hab., où se fabriquent des machines agricoles et industrielles. C’est aussi un centre pour la céramique. Elle est située sur le Cher et le canal du Berry, qui abrège la navigation entre les vallées supérieure et inférieure de la Loire.

Lignes de Tours, de Limoges et de Montluqon, v. le Sud-Ouest de la France , par Bœdeker.

On traverse plus loin VYivre, le canal du Berry et un tunnel, après lequel on quitte la ligne de Limoges et longe le canal sur la g.

210 kil. Foecy. — 215 kil. Mehun-sur-Yivre (hôt. Charles VII), ville de 6345 hab., avec des restes du château du xrv e s. où Charles VII fut couronné roi en 1422 et se laissa mourir de faim en 1461, de crainte d’être empoisonné par son fils, plus tard Louis XI. On doit y ériger, sur la place Charles VII, une statue à Jeanne d’Arc. Manufacture de porcelaine.

223 kil. Marmagne , où s’embranche, à dr., la ligne directe de Montluçon. On retraverse le canal du Berry et l’Yèvre. — 232 kil. Bourges (bon buffet), à dr.

Bourges. — Hôtels: de la Boule-d'Or (pi. a,C2), place Gordaine (rep. 1 fr. 25, 3 et 4); de France (pl. b, B 2), place Planchât (eh. dep. 3 fr., rep. 3 et 3.50) ; N. Jacques-Cœur (pl. c, B 3), rue des Arènes, 33 (30 ch. dep. 2 fr. £x>, rep. 1, 2.50 et 3, p. 8.50, oui. 40 c.); Central- Hôtel (pl. se, B 3), place des Quatre-Piliers et rue Jacques-Cœur.

Cafés: Grand-Café, rue Moyenne, 16; C ■ des Beaux-Arts, près de l’école de ce nom (p. 300).

Voitures de place: course, 1 fr. 50; l re h., 2.50; h. suiv., 3.25.

Tramways électriques, de la gare (v. pl. Al): à l’arsenal (v. pl. D2), par le boul. de la Képublique; à l’NcoJè de Pyrotechnie (v. pl. D4), par la rue Moyenne; au faub. de St-Amand, par la rue des Arènes 10 et la c.

Poste et télégraphe (pl. B 3), place Berry.

Banque de France (pl. 1)4), avenue Bourbonnoux.

Prihcip curiosités : cathédrale (p. 300) ; hôtel de Jacques Cœur (p. 302).

Bourges est une ville intéressante de 46551 hab., l’anc. capitale du Berry et auj. le chef-lieu du départ, du Cher et du command. du

BOURGES

De Paris

vm c corps d’armée, le siège d’un archevêché, etc. Elle est bâtie au confluent de l’ï'èvre et de YAuron et entourée de prairies. Il y a un grand arsenal, avec une fonderie de canons.

Cette ville est ï'Avaricnm gaulois , capitale des Bituriges « rois du monde» , qui opposèrent une résistance héroïque à Jules César. Après avoir été prise et saccagée par lui, l’an 52 av. J.-C., elle devint la métropole de l’Aquitaine l re . Elle fut ensuite prise par Euric, roi des Viaigotha; par Clovis, par Pépin le Bref et par les Normands. Puis elle obéit à des seigneurs particuliers, passa à la couronne, et devint même la capitale du royaume, sous Charles VII, jusqu’à la délivrance d’Orléans par Jeanne d’Are, en 1429. Elle resta encore importante comme capitale du duché de Berrv, fut le siège d’une université, où étudièrent, entre autres, Théodore de Bèze, Amyot et Calvin, et dont le jurisconsulte Cujas fut professeur. Beaucoup de ses habitants ayant embrassé la Réforme, Bourges soullrit considérablement des guerres de religion. I>es incendies et la peste l’ont ravagée également plusieurs fois. Louis XI y naquit en 1423; c’est encore la patrie de Jacques Coeur, argentier de Charles VII (p. 302) et de Bourdaloue (p. 301).

L’avenue de la Gare, qui traverse l’Yèvre, mène directement vers le centre de la ville. Elle passe, à g., près de Notre-Dame (pl. B 2), église du style goth. flamboyant, avec une tour de la Renaissance dont on peut faire l’ascension (s’adresser au sacristain, rue Notre-Dame, 18). A l’intérieur, on en remarquera les bénitiers. La rue des Toiles et la rue Mirebeau, qui partent de la place Notre- Dame, ont encore de vieilles maisons intéressantes, surtout le n° 15 de la première, l 'hôtel Pelvoysin, de La Renaissance.

La rue des Toiles aboutit à la place Planchât, près du musée (p. 3U2), et la petite rue du Commerce, à g., mène à la place Cujas, où est V Ecole des Beaux-Arts (pl. B 2), belle construction moderne de style néo-grec, à peu de distance de l’hôtel de Jacques Cœur (p. 302). On continuera de la place Cujas par la rue Moyenne, une des principales de la vieille ville, qui passe, à g., le long de l’hôtel de ville (dans le jardin, au coin de la rue Michel-de-Bourges, buste du compositeur L. Larombe, 1818-1884, bronze par J. Baffier) et amène du même côté près de la cathédrale.

La ‘"'cathédrale, ou St- Etienne (pl. D3), est le principal édifice de Bourges et l’une des plus belles églises de France. Elle date du xm e et du xiv e s., mais elle n’a été achevée qu’au xvi e s.

La *façade, bien que manquant d’unité, est d’un effet imposant et excessivement riche comme décoration. Elle a 55 m. de largeur et elle est percée de cinq portails, qui correspondent à autant de nefs. On remarque surtout parmi les sculptures celles du portail du milieu, dont le tympan représente le *Jugemeut dernier; les autres tympans représentent, à g., St Guillaume, la Mort et l'Assomption de la Vierge, à dr., St Etienne et St Ursin. Le portail principal et ceux de dr. sont du xm e s. ; ceux de g. sont seulement du xvi e s. Au centre de la façade est une magnifique rose de 9 m. de diamètre, surmontant deux grandes fenêtres à trois meneaux. Enfin sur les côtés s’élèvent deux tours. Celle de dr. ou du S., la tour Sourde, du xiv e s., mais inachevée, est haute de 58 m. et flanquée d’une construction qui détruit l’harmonie de la façade, l’anc.

à Netter*.

BOURGES

prison du chapitre. La tour du N. ou tour de Beurre, qui est plus remarquable, atteint 65 m. (ascension, 25 c. par personne). Elle a été construite au xvi e s., comme celle du même nom à Rouen, en partie avec les sommes payées par les fidèles pour obtenir la permission d’user de beurre en carême. L’église est sans cela fort simple à l'extérieur; elle n’a pas ùv. transept, mais elle a cependant deux portails latéraux, avec porches, d’une église plus ancienne, d’un style roman très riche, surtout celui du S., des xi e -xn e 8.

L’intérieur n’est pas moins imposant que la façade. Tout l'édifice mesure 118 m. de longueur sur 40 de largeur et 37 m. de hauteur sous voûte dans la grande nef. 31 m. et 13 m. dans les autres. Les fenêtres et le triforium de la première paraissent toutefois écrasés, étant donnée la hauteur des piliers. Des chapelles latérales ont été ajoutées au xv e et au xvi e s. Le pourtour est double. Les einq chapelles du chevet, fort petites, sont bâties en encorbellement sur des piliers. Les connaisseurs remarqueront surtout les *vitraux de cette cathédrale, en grande partie du xm e s., notamment ceux de l'abside et de la façade, qui comptent, dit-on, jusqu'à 1610 figures. Nous mentionnerons ensuite comme oeuvres d'art: dans la 3 e chap. à dr. de la nef, une Adoration des bergers, tableau de Jean Boucher, de Bourges (1563-1633); dans la chap. suivante, des tapisseries des Gobelins d’après les cartons de Raphaël, la Guérison du boiteux et la Mort d'Ananie; au chœur, des grilles modernes dans le style du XIII e s. ; à la chap. de la Vierge, les statues peintes du duc Jean de Berry (m. 1416) et de sa première femme (v. au musée); dans la chap. St-Ursin, la 2 e après la belle porte de la sacristie, à g. du chœur, 3 belles statues tombales en marbre des xvi« et xvn e s., auparavant dans la crypte, celles du chancelier de l’Aubespine, de sa femme et de leur fils (avec un livre), le marquis de Châteauneuf (m. 1653), qui fut garde des sceaux sous Louis XIII.

Sous le chœur se trouve une crypte romane où sont enterrés les archevêques (on ne visite pas). Bile est entourée d'une autre crypte circulaire, du commencement du xm e s. (visite, 15 c. par personne), où se voient quelques vitraux anciens, des pierres tombales, le tombeau du duc Jean avec une belle statue couehee en marbre blanc, un Saint-Sépulcre des xvi e -xvii e s. dans une petite chapelle. On remarquera que les nervures des voûtes du côté intérieur ont une forme hélicoïdale par suite de la disposition irrégulière des piliers.

A dr. ou au S. de la cathédrale est le jardin de V Archevêché (pl. D4), qui est une belle promenade publique. On y voit un obélisque élevé en 1802 aux vertus civiques du duc de Béthune-Charost, les bustes en bronze du prédicateur Bourdaloue (1633-1704) et du physicien Siyaud de Lafond (1730-1810), de Bourges, et deux vases modernes aussi en bronze. L’archevêché lui-même, qui datait surtout du xvn e s., a été incendié en 1871 et en partie reconstruit.

On prend ensuite les rues qui contournent le jardin au S. pour arriver à la grande place Séraucourt (pl. D 5), l’ancien Mail. Il y a à l’extrémité (5 min.) un château d'eau monumental, achevé eu 1867.

A l’entrée de l’avenue Séraucourt, qui ramène de la place dans l’intérieur de la ville, se voit, à g., la porte St-Ursin, du xii e s., provenant d’une église, avec des bas-reliefs représentant les mois de l’année, une chasse et des fables.

On continue tout droit de ce côté, où l’on passe à g. près de la préfecture (pl. C 4), le long de la maison natale de Jacques Cœur (p. 302) et devant le théâtre (pl. B 3).

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De Paris

Plus loin, sur une petite place en face de son ancien hôtel, la statue de Jacques (Jaur, marbre moderne par Préault (1875).

Jacques Cœur (1400V- 1456) , d’abord simple ouvrier à la monnaie de Bourges, devint rapidement un des premiers commerçants et financiers de son temps, ayant 7 navires à son service et 300 factoreries. Ses principaux comptoirs en France furent à Montpellier, Marseille, Tours et Bourges. Il fut en outre le plus grand propriétaire du pays, et il eut plus de 30 châteaux et splendides hôtels. Ses immenses richesses lui permirent de prêter 200000 écus d’or à Charles VII, qui le mit à la tête de ses linances. Le roi lui confia eneore d'importantes missions politiques. Aussi cette fortune extraordinaire ne fut pas sans lui susciter des jalousies, et on l’accusa, sans preuves, d'avoir empoisonné Agnès Sorel, maîtresse du roi, qui avait été sa bienfaitrice ; altéré les monnaies, contrefait le poinçon royal, etc. Il fut condamné à mort en 1453 et ne dut la vie qu'à l'intervention du pape. Banni de France, il se retira à Chypre et mourut à Chio.

L’*hôtel de Jacques Coeur (pl. B 3), maintenant le •palais de justice, est un édifice fort remarquable de la seconde moitié du xv e s., augmenté de nos jours, à dr., d'un lourd appendice dans le style de la Renaissance. Au-dessus de la porte goth. de la façade était une statue de Charles VII, et de chaque côté est encore, sculptée dans une fenêtre simulée, la tête d’un domestique qui regarde, dit-on, si son maître revient de l'exil. Les bâtiments de la cour ont mieux conservé leur caractère primitif. Il y a des portiques et des escaliers dans trois belles tourelles, ornées de bas-reliefs et de médaillons, dont les sujets se rapportent à la destination de chaque corps de bâtiment. La partie la plus remarquable à l’intérieur est la chapelle, au premier étage, au-dessus de l’entrée (s’adresser au concierge). Elle est précédée d’une belle salle des pas-perdus, l’ancienne salle d’armes, avec deux cheminées sculptées, et voûtée en carène. La chapelle même a pour principale décoration, à la voûte, des peintures du xv e s. , représentant des anges. Il y a de l’autre côté une salle voûtée comme la précédente.

On descendra à g. de l'hôtel de Jacques Cœur sur la place Berry, l’ancien jardin de l’hôtel, d’où se voit l’autre façade, construite sur un pan de mur romain de l’enceinte de la ville, dont on a utilisé deux tours, en les exhaussant.

L 'e'glise St-Pierre-le-Ouillard (pl. B 4), près de la place Berry, au S., présente à l’intérieur un vaisseau goth. des xn e -xv e s., à 3 nefs, sans transept. On y remarque les ogives surélevées du chœur.

Le musée (pl. A3), un peu au delà de la place Berry, rue des Arènes, 6, est installé dans l’ancien hôtel Cujas, bel édifice de la Renaissance, restauré et agrandi sur le derrière. C’est un musée intéressant par ses objets d’art, public le dim. , de 1 h. à 4 h., et visible les autres jours. Il n’y a pas de catalogue; conserv., M. Mater.

Dans la cour, une statue de Louis XI par Baffier et l'Kspoir, bronze par le même (1901).

K ez- de* chaussée. — l re salle, à g. dans le fond de la cour: cheminée de l’époque, avec restes de peintures; curieux plafond; sculptures provenant de la cathédrale, vieux portraits de Jacques Cœur et de sa femme; un St Sébastien, de J. Boucher; statue tombale d’évêque; modèle de l’anc. Ste-Chapelle de Bourges; ivoires, etc., dans la vitrine du côté de la cour; 11 belles statuettes en albâtre du tombeau du duc de Berry,

à Nevers.

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