II. De Soissons à Laon
35 kil. Trajet en 33 min. à 1 h. 11. Prix: 3 fr. 95, 2 fr. 65, 1 fr. 75.
La ligne de Laon laisse à dr. celle de Reims et traverse l 'Aisne. Beau coup d’œil à g. sur Soissons. — 109 kil. (de Paris) Crouy. 1385 hab. Puis l’arrêt de Braye. La voie monte et le pays est plus accidenté. A g., des villages sur des hauteurs. — 115 kil. Margival. — Neuville- La ff aux. Puis un tunnel de 640m. — 119 kil. Vauxaillon. Belle vue à g. — 123 kil. Aniey-Pinon, deux localités: Anisy (1106 hab.), patrie du sculpteur Carrier-Belleuse (1824-1887), situé à g.; Pinort, qui a un beau château du xviii e s., à 2 kil. à dr., dans la vallée marécageuse de la bette.
Ligne de Chauny, v. p. 15. — Correspond, pour Prémontré ( 8 kiL), jadis célèbre par son abbaye, maison-mère de l'ordre de ce nom, fondé eu 1120 par St Norbert. Les bâtiments qui subsistent encore sont du xvm® s. et transformés en asile d’aliénés. — St-Gobain (p. 13) est 7 kil. plus loin.
Ensuite on traverse la Lette et un canal de dessèchement. Encore des collines et des bois. — 130 kil. Chailvet - Urcel. Urcel, à V* h. au S., a une église fort curieuse des xi e -xui e s. — 135 kil. Claey-Mons. On aperçoit déjà à dr. la ville de Laon. — La Neuville-sous-Laon. On rejoint à g. la ligne de Tergnier.
140 kil. Laon (buffet-hôtel).
Laon.
La gare est dans le bas de la ville, à env. 1/4 d’h. du centre, par une montée fort raide, mais elle est reliée à la ville par un chemin de fer électrique (v. le plan) en partie à crémaillère (montée en 7 min. pour 40 c. et 25 c.; descente en 4 min. pour 25 c. et 15 c.). — Omnibus , oO c. — Voiture partie. : de la gare, 1 fr. ; course sur le plateau , 75 c. ; heure, 1 fr. 50, 2 si l’on sort de l’octroi, le double après 11 h. du soir.
Hotels: de la IJure (pl. a, 01), rue du Bourg, de 1 er ordre (ch. 4 fr., s. et b. 50c., 1 er dé. 1.50, di. 4); de r Ecu - de - France (pl. b, Cl), de la Bannière (pl. c, Cl), rue David, un peu en deçà à la montée (8 fr. parj.); H. du Bord (pi. d, Dl), en face de la gare (7 fr. 50 par jour). — Capes: de la Comédie, place de. l’Hôtel-de- Ville; à la gare ; etc. — Poste et télégraphe, rue Châtelaine (pl. D2), 45 47. — Crédit Lyonnais, rue St-Jean, 42.
Laon est une ville de 15434 hab., le chef- lieu du départ, de V Aisne et une place forte, qui commande la «trouée de l’Oise». Elle est curieusement bâtie, au milieu d’une vaste plaine, sur une colline isolée (181 m.), très allongée de l’E. à l’O., et qui projette au S. une sorte de promontoire, séparé du reste de la ville par la dépression dite Cave de St- Vinrent (p. 31).
C’est le Lugudunum Remorum antique, devenu ensuite Laudanum, d’où Loiin au xn e s. et auj. Laon. On a voulu y voir l'antique Bibrax Remorum, situé en réalité à Vieux-Laon, à 20 kil. à l’O. Ce fut la résidence de Brunehaut et des derniers rois carolingiens. Plus tard, son histoire est celle de l'institution de sa commune et de la lutte séculaire entre ses bourgeois et ses évêques. Elle lut occupée par les Anglais de 1410 jusqu'après le sacre de Charles VII ( 1429). Elle souffrit beaucoup des guerres de religion et Henri IV s’en empara en 1594. Napoléon 1 er y éprouva en 1814 un écbec qui le rejeta sur Soissons; en 1815, elle résista quinze jours aux coalisés. Hors d'état de se défendre, Laon capitula en 1870, mais un garde du génie At sauter la poudrière lorsque les Allemands entrèrent dans la citadelle, ce qui At 308 victimes, dont 223 parmi les Français, et de grands dégâts. Laon a vu naître les frères Lenain, peintres
S cassons
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dvi xvn e le maréchal Sérurier (1742-1819) et l’astronome Mtchain (1744-1805).
La colline de Laon est particulièrement intéressante pour le géologue. Elle repose sur la craie blanche et elle est constituée par les terrains tertiaires inférieurs. La première couche est formée d'argile sableuse bleuâtre, dite argile de Vaux, dans laquelle il y a beaucoup de coquilles fossiles, des dents de squale, des ossements de tortues et du lignite terreux. Au-dessus est du sable jaunâtre et le plateau se compose de calcaire grossier. Ce calcaire a été exploité pour la construction et les carrières transformées en caves, qui ont jusqu’à trois étages et descendent jusqu’à 15 m. au-dessous du sol. Il y a de ces caves sous le palais de justice et les bâtiments voisins.
De la gare (pl. Dl), qui est au N., les voitures prennent, au bout de l’avenue qui y fait face, une route en lacets à g. ; les piétons montent directement par un escalier de 263 degrés, entrecoupés de plans inclinés. L’entrée de la ville est à dr. dans le haut ; il faut env. V4 d’h. pour y arriver. On atteint un peu plus loin à g. la rue du Bourg, près de la place de l’IIôtel -de -Ville (à g.).
En face, dans cette rue, est la bibliothèque communale, qui est ouverte tous les jours, excepté les dim. et fêtes et du 1 er au 15 sept., d’ordinaire de 1 à 4 ou 5 h. Elle possède env. 40000 vol. et 700 man., dont un évangéliaire du ix e 8. provenant de Notre-Dame (v. cidessous); plus une belle mosaïque romaine du 11 e s., représentant Orphée et les animaux, trouvée à Blanzy (Aisne).
La place de l’Ilôtel - de-Ville (pl. Cl) est décorée d’une statue du mare'chal Serurier (v. ci-dessus), bronze par Doublemard.
La rue Châtelaine, qui fait suite à la rue du Bourg, conduit de là à ••Notre-Dame (pl. D2) dite encore la cathédrale, bien que l’évêché de Laon ait été supprimé. C’est une des églises les plus remarquables du nord de la France et un monument très curieux, surtout des xn e et xm e -xiv e s. On travaille encore à sa restauration commencée par Em. Bœswillwald (m. 1896). Elle existait déjà au commencement du xn e s., et a encore des parties romanes ou de transition, mais elle fut incendiée en 1 1 12, dans les luttes qui signalèrent l’établissement de la commune. Sa longueur est de 121 m. hors d’œuvre, sa largeur de 30 m. 66 à la nef et de 53 m. 33 au transept et la hauteur de ses voûtes de 24 m. La façade est un chef-d’œuvre du style goth. le plus pur. Elle a trois portails très profonds, dont les sculptures ont été refaites de nos jours; au-dessus, une rose et deux fenêtres aussi richement décorées, puis une galerie et deux tours, d’une grande hardiesse et d’une légèreté merveilleuse, que surmontaient jadis des flèches et qui ont encore 56 m. de haut. Ces tours, carrées à la base et octogones dans le haut, ont aux angles des tourelles à deux étages avec des statues colossales de bœufs au second, placées là, dit-011, en mémoire des animaux qui ont monté sur la colline les matériaux de l’édifice. Il y a de plus dans une des tourelles do chaque tour un escalier d’une légèreté étonnante. 11 existe encore une tour du même genre, mais de 60 m. 50 de haut, à chaque portail du transept, où il devait d’abord y en avoir deux; enfin, sur la croisée s’élève une lanterne carrée, qui atteint 48 m. 50 et qui était jadis terminée