‹ Le Nord-Est de la FranceChapitre 44 sur 270 · EPERNAY · texte numérisé non relu

EPERNAY

qui lui valut son surnom. — Un peu avant Port-à-Binson, à dr., Troissy, qui a une belle église du xvi e s. A g., l’anc. prieuré de Binson et le plateau de Châtillon - sur - Marne , où l’on a érigé en 1887 une statue colossale du pape Urbain II (1042-1099), né aux environs, par L. Roubaud. — 126 kil. Fort -à- Binson. Avant la stat. suivante, à dr., le *château de Boursault, moderne, du style de la Renaissance, à la duchesse d’Uzès. — 135 kil. Datnery- Boursault.

142 kil. Epernay. — Hôtels: de l'Europe, rue Porte-Lucas, près de la place du Marché; de Paris, place Auban-Moèt, en deçà, du côté de la gare (7 fr. 50 par j.); H.-rest. de la Gare, place Thiers. — Cafés: de Paris, rue Porte-Lucas ; Sparnacien , ete. , place Thiers. — Bon buffet à la gare.

Epernay («Sparnacum») est une ville de 20 478 hab. et un cheflieu d’arr. de la Marne, dans un joli site, sur la rive g. de la Marne, dont elle est séparée par le chemin de fer. C'est le centre du commerce de vin de Champagne. On estime à 5 millions le nombre de bouteilles de vin qui y sont entreposées annuellement, dont 800000 provenant de sa côte, et il y aurait là un mouvement d’affaires de 17 millions '/* de francs.

L’avenue en face de la gare mène à la place Thiers (square), à g. de laquelle est le nouveau théâtre, inauguré en 1902, œuvre de l’architecte Loison; derrière, à dr., la nouvelle église Notre-Dame est en construction, dans le style ogival. 11 faut prendre à cet endroit la rue du Collège pour aller à la place Auban- Moët (hôtels) et de là au centre de la ville. En continuant au contraire tout droit de la place Thiers par la rue Gambetta, on arrive à la place de la République , située entre la vieille ville, à dr. , et le quartier neuf surnommé faubourg de la Volie , à cause de ses maisons luxueuses de négociants en vins. On en remarque particulièrement plusieurs dans le style de la Renaissance, de chaque côté de la rue du Commerce, qui le traverse: le n° 2, dans le bas; le 13, plus haut à g., dit le château Février, et le 20, à dr. Les caves à champagne, qu’on peut obtenir de visiter, sont à la fois curieuses par leurs dimensions, leur aménagement pour les nombreuses et délicates opérations qui doivent s’y faire et la quantité de bouteilles de vin qui s’y trouvent empilées. Les galeries des caves Mercier forment, dit-on , une longueur de plus de 15 kil.

Le champagne, dont on fait remonter l’invention au commencement du xvm e a., mousse parce qu'il contient, sous une pression de 4 à 5 atmosphères, de l’acide carbonique à l’état dissous, produit par la fermentation. Les meilleurs vins mousseux se fabriquent avec des moûts provenant d’un mélange en proportions variables de raisins rouges (Pinot rouge) et de raisins blancs. Les vins dits »de cuvée» proviennent des moûts des premières serres, c’est à dire de ceux qui s'écoulent les premiers du pressoir. Après «débombage», on additionne ces moûts de sucre pour en augmenter le degré alcoolique et on les laisse fermenter dans des barriques. Au bout de deux à trois mois, généralement à la fin de décembre, on procède à un premier soutirage qui sépare les grosses lies; puis, dans le cellier des assemblages, on pratique le «coupage» ; on remonte en alcool, s’il y a lieu; enfin, apres «tamisage», on colle le vin. Au printemps a lieu le <tirage», après une nouvelle addition de sucre; on met alors le vin en bouteilles. Les bouteilles d’un verre épais et d’un poids

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de 8 à 900 grammes, sont après «bouchage», «agrafago», « entreillage » descendues dans des caves à température constante (8 à 10 degrés) et laissées sur pointe. Le «dégorgeage* sépare ensuite les dépôts accumulés dans le col de chaque bouteille; on remplit le vide qui en résulte par une «sauce» dosée rigoureusement, faite avec du vin vieux, du sucre et du cognac. Pour obtenir que le sucre de la liqueur s'harmonise avec le bouquet du vin, on laisse encore les bouteilles au repos pendant quelques semaines au moins. Le champagne peut être ensuite livré au commerce.

A la suite de la place de la République (p. 39) se trouve le Jard , promenade décorée de deux fontaines, de statues et. d’un kiosque pour la musique et au delà, le palais de justice, édifice moderne assez remarquable.

La rue de Châlons, à g. de la place de la République et à l’opposé de la rue du Commerce; puis la Tue Notre-Dame, à g., mènent à la place de l’Hôtel-de-Ville, où l’on voit la vieille église Notre- Dame, rebâtie au xix e s., dans le style classique, mais qui a conservé, au bras g. du transept, un joli portail de la Renaissance, assez dégradé. Elle n'a d'autre intérêt à l’intérieur que ses vitraux (du xvi e s.), dont le plus célèbre, à dr., près du chœur, représente Noé foulant le raisin et, au-dessous, Noé en état d’ivresse.

La rue en face du portail latéral aboutit à la place Auban- Moët (p. 39). La rue St-Thibault, de l’autre côté de la place de l’Hôtel-de-Ville, conduit vers un faub. où l’on voit de loin la belle église St- Pierre-et-St- Paul, du style byzantin, achevée en 1897.

La rue des Archers, à g., à l’extrémité de la rue St-Thibault, ramène au Jard, près du palais de justice (v. ci-dessus).

IVEpernay à Châlons-sur-Marne , Nancy, etc., v. R. 15, 16 et 26.

ü’Epernay a Fèkb - Champenoise (Romilly): 41 kil.; 1 h. 15; 4 fr. 60, 3 fr. 10, 2 fr. 05. On continue de suivre la ligne de Strasbourg jusqu'à Oiry- Mareuil (7 kil.), puis on prend à dr., à travers une contrée uniforme. — 14 kil. Avize, petite ville de 2677 hab., dont le vin mousseux est renommé. — 23 kil. (4 e st.) Vertus, ville ancienne de 3116 liab., qui fut chef-lieu de comté. Kilo a aussi des vignobles importants. — 31 kil. Colligny , dont l’église a un très beau retable du xv e s. — 41 kil. (7 e st.) Père-Champenoise , 2211 hab., sur la ligne de Paris à Vitry-le-François (p. 83) d’où se détache, 10 kil. plus loin à 1*0., à Sézanne, un embranch. sur Romilly (p. 90).

L’embranch. de Reims longe à dr. le riche faub. de la Folie, quitte la ligne de Châlons -Nancy et tourne à g. — Halte de Vlle- Belon. On traverse la Marne.

145 kil. Ay (ou Aï; hôt. des Voyageurs), à g., ville de 7052 hab., dont les environs produisent un excellent vin mousseux.

Puis on croise le canal latéral. — 149 kil. Avenay. Pays montueux et boisé, la montagne de Reims, composée des dernières hauteurs à l’E. du côté des plaines de la Champagne. — 157 kil. Germaine. Puis un tunnel de 3250 m., dans le Mont- Joli (274 m.), point culminant de la montagne de Reims, et sous les étangs de la forêt de ltilly. — 161 kil. Rilly-la- Montagne, qui produit aussi de bons vins. Sablières importantes pour la verrerie. Ensuite, à dr., Reims et une hauteur fortifiée. On traverse à la fin la Vesle et le canal de l’Aisne à la Marne. A g., les lignes réunies de la Ferté- Milou et de Soissons. — 172 kil. Reims (bon buffet; p. 44).

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