LANG RES
soumise par les Romains après la défaite du fameux chef Sabinus (71 ap. J.-C.). Ravagée plusieurs fois par Les barbares, elle ne se releva que lentement et ne joua plus qu'un rôle secondaire dans l’histoire du pays. Elle fut occupée par les Autrichiens en 1814 et en 1815, mais elle ne l’a pas été par les Allemands en 1870-71. — Langres a vu naître le philosophe Diderot (1713-1784).
De la stat. principale, une route contourne le promontoire à l’O. 11 s’en détache à g. un chemin plus court, menant dans la direction de la cathédrale, et le chemin de fer à crémaillère monte encore plus à g. La petite chap. sur un mamelon à dr., avec une Vierge, a été érigée par les habitants en reconnaissance de ce que la ville fut épargnée par la dernière guerre. Le grand bâtiment avec un dôme, dans la ville, est l 'hôpital de la Charité', fondé en 1640. Il y a au dôme un observatoire météorologique.
La rue de la Crémaillère, en face du débarcadère du chemin de fer à crémaillère, et la seconde rue à g. au premier carrefour mènent à la cathédrale.
La ^cathédrale , St- Mammès , est un très bel édifice du style de transition (xn e s.), où le plein cintre et l'ogive sont heureusement combinés ; mais le portail, avec ses deux tours, a été reconstruit au xvm e s. dans le style gréco-romain. Elle avait d’abord 4 tours, qui ont été détruites en 1562, dans un incendie causé par la foudre.
L’intérieur est fort imposant avec les lourds piliers de la nef et les puissantes arêtes de la voûte, haute de 23 m. On remarquera les colonnes monolithes du chœur, avec leurs beaux chapiteaux, et les chapiteaux des piliers. Au maître-autel, une reproduction du crucifix de l’église St-Martin (v. p. 100). Dans le bras dr. du transept, un calvaire avec des statues remarquables, en marbre; une Vierge immaculée par J. Lescornel , de Langres (1843), une vieille tapisserie, le Martyre de St Mammès, et de belles boiseries du xvm e s. Dans le pourtour du chœur du même côté, à dr., une porte romane richement décorée, surmontée d’un buste du cardinal de la Luzerne (1738-1821). C’est l’entrée de la salle du chapitre , qui a un beau reste de cloître du xm e s. et qui renferme divers tableaux et des reliquaires. Plus loin dans le pourtour, de petits monuments avec bas-reliefs, restes de l’ancien jubé (sur l’un d’eux, buste en marbre de l’abbé P.-L. Parisis). Dans la chap. absidale, bel autel en bronze doré et statue de Notre-Dame de la Blanche (xiv l; s.). Dans le bras g. du transept, le beau monument de Mgr Guerrin (1793-1877), avec statue par Bonnassieux; de belles boiseries du xvm e s. et une tapisserie du xvi e s., la vie de St Mammès. Au bas côté g., près de la chap. des fonts, quatre basreliefs de la Renaissance. — A remarquer encore, au commencement du bas côté g., une chapelle de la Renaissance, avec une belle voûte à caissons.
En prenant à dr., de l’autre côté de la place devant la cathédrale, la rue St-Didier, on arrive au musée, établi dans l’anc. église St-Didier. Il est public en été (l er mai-l er sept.) les dim. de 2 h. à 4 h., et visible tous les jours. Catalogue de 1886, 1 fr. Conservateur, M. Royer.
Le rez-de-ohaussée est consacré à la sculpture-, il renferme, dans le vestibule et surtout dans l’abside de l'anc. église, autour du tombeau de St Didier, évêque de Langres au m e s. , quantité de monuments galloromains : statues, bas-reliefs, autels, monuments funéraires et inscriptions, fragments de mosaïque, trouvés dans la ville et aux environs, ainsi que des sculptures du moyen âge et de la Renaissance. — Au I er étage se voient une galerie d’histoire naturelle, intéressante par les spécimens
LANCRES.
de la faune de la moyenne et de la basse Egypte, donne's par M. Perron, longtemps directeur de l’école de médecine au Caire; une petite collection ethnographique, surtout une tète momifiée de bœuf Apis.
Dans I’escalieh, quelques tableaux : 122, R. Tassel (1588-1666, de Langres), Ste Famille; 128, J. Tassel, St Michel; s. n°, Schalken , les Buveurs. — Au 2° étage, l re salle : de dr. à g. : 115, Fie», Apothéose de Winckelmann; 155, Ziegler (de Langres), Daniel dans la fosse aux lions; 99. Prud'hon, le Zéphyr, pastel; t >8 b1 *, Lebrun , la Chute des mauvais anges; 118, Seghers , la Charité romaine; s. n°. Maignan , les Voix du tocsin; 152, Ziegler, la Vierge de Bourgogne; 26, Fr. Flore , Adoration des mages; 131, Tenter s le J., le Uenlment de St Pierre ; — 105 bi ", J. liane (1674-1735), portr. de femme; 149, Ziegler , l'immaculée Conception; 170, éc. fr. du XV i " s., StMaminès; — (plus loin) 107 bl, , Rougeron , Rixe dans une posada; 73, Luminais, Pillards gaulois; 39, Cl. Gillot (1673-1732, de Langres), une Scène de tréteaux; 96, Poelemburg, Enlèvement d'Europe; 14, le Guerchin, St Sébastien; — 8, J. Courtois, dit le Bourguignon , bataille; 123, R. Tassel, son portrait; 12, A. Carrache , tête de jeune fille. En outre des sculptures, des plâtres, des dessins, quelques petites antiquités, des spécimens de coutellerie langroise. — 2 e salle, à dr., 85, L. Oti'riV. Vieille Bretonne au marché; 81, Monnoyer, fleurs; 78, Mantegna , 1e Christ sortant du tombeau (sur bois); 130 bi “, Teniert , Scène de foire; — 121, P. Tassel, la Cène (s. cuiv.); 154, Ziegler , la Rosée; 80, Monnoyer, fleurs; 34, 35, Galli Bibiena, architectures; 105, F. Quentin (xvn e s.), Adoration des bergers, provenant de la cathédrale; 141, Fonloo, portr. de Diderot; 146, Watelet, paysage de Savoie; 127, .7. Tassel, Moïse frappant le rocher; — 171, inconnu, portr. de J. Racine; 72, Laminais , les Pêcheurs de homards en Bretagne; 16, Corot, Jésus au jardin des oliviers; 139, Valenciennes, paysage; 147, Ziegler, Giotto dans l’atelier deClmabué; 67, Laryillière, portr. de dame; 27, «S. Franck, David portant la tête de Goliath ; — 124, J. Tassel, Mort de St Joseph. Ensuite encore quelques sculptures, des antiquités, même égyptiennes, de petits objets d’art, 10 médaillons d’empereurs romains (émaux de Limoges), des ivoires, surtout, au milieu, un groupe du xv e s., l'Annonciation; un canon en bronze du xvn e s., des vases de Sèvres. — 3 e salle: tableaux moins importants et quelques sculptures.
En continuant tout droit au delà du musée, on passe devant une belle maison de la Renaissance, au n° 10 de la rue St-Didier, et à g. à l’extrémité de la rue Cardinal-Morlot, où il yen a une autre, au n° 15. Ensuite on arrive aux remparts, d’où l’on a une belle vue et d’où l’on gagne, en tournant à dr., le sommet de la porte galloromaine. Cette porte, maintenant bouchée, se compose de deux arcades et présente surtout, comme ornements, 5 pilastres corinthiens (pour la voir complètement, descendre au pied du rempart).
On suivra le rempart jusqu’à la porte du Marche', par laquelle on arrivera à la place de V Hôtel- de-Ville. La rue Vernelle ramène de là à la place de la Cathédrale qu’on traversera pour prendre à dr. la rue de Nevers, qui forme le commencement de l’artère principale de la ville. Près de là, sur la place qui porte son nom, s’élève la statue de Diderot, bronze par Bartholdi (1884). La rue Diderot, qui fait suite à la rue de Nevers, passe, à g., devant le collège, construction monumentale due aux jésuites (1746).
Plus loin à dr. se voit St-Martin, église basse à 5 nefs, des xm c , xvi e et xviii® s., dominée par un haut clocher.
L’intérieur est bien restauré depuis peu. On visite St-Martin surtout à cause de son beau *cruciftx en bois, attribué à Gentil (xvi e s.), élève du Primatiee. Il est derrière le maître-autel et on le voit surtout bien du fond du premier bas côté dr. Belle voûte à pendentif. Au commencement de
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