‹ Le nord-ouest canadien: son évolution primitive et ses archives législatives: procès verbaux des Conseils de la Colonie de la Rivière Rouge et du Département du nord de la Terre de RupertChapitre 72 sur 177 · Extrait du journal de Kempt · texte numérisé non relu

Extrait du journal de Kempt

23 septembre—MM. Dickson et Musick m'ayant importuné tous les jours pour obtenir la liberté de vendre les vaches au-dessus de l’âge stipulé par le contrat, qu’ils avaient amenées dans l’établissement et comme je ne voulais pas prendre cette responsabilité sur moi sans l'avis des membres du conseil, après avoir examiné la lettre adressée par Lewis Musick au capitaine Bulger, j'ai écrit aux membres du conseil pour obtenir leur avis et leur décision et leur ai transmis en même temps des copies du contrat et de la lettre susdite.

Forr Dorcras, 28 septembre 1828.

Moxstur,—Je vous trangmets ci-inclus le contrat entre le capitaine Bulger et MM. Dickson et Musick et je désire savoir de vous si vous croyez où non que je suis Justifiable d'accorder à ces messieurs la liberté de vendre les vaches âgées de plus de six ans qui leur appartiennent.

Je suis, messieurs,

Votre très humble serviteur,

(Signé) WILLIAM KEMPT.

Au conseil d’Assiniboine. :

Et j'ai recu en réponse les avis suivants :—

Je suis d'avis que pour éviter un plus long retard à l'égard de la vente des bestiaux amenés par MM. Dickson et Musick, M. Kempt devrait choisir 60 bonnes vaches à lait et deux taureaux conformément au contrat, ct qu'après avoir fait ce choix, MM. Dickson et Musick vendent le reste.

(Signé) TIHOMAS THOMAS.

ÉTABLISSEMENT DE LA RIVIÈRE ROUGE, 23 septembre 1823.

Je suis d'avis que le contrat doit servir de gouverne à M. Kempt et que les bestiaux doivent être vendus le plus tôt possible. Je n'ai aucune objection à ce que Pon en passe par la manière de voir de MM. McDonald et Kempt qui correspond. entièrement à la mienne.

(Signé) W. H. COOK.

23 septembre 1823.

C’est mon avis que M. Kempt ia rien à faire à l'égard des vaches au-dessus de six ans auxquelles ne s'applique pas le contrat. Quant à celles qui n’ont pas encore six ans je crois qu’il ne peut être permis à M. Dickson de les vendre avant d’avoir rempli son contrat.

(Signé) JOHN PRITCHARD.

1 Archives du Canada, collection Selkirk, XXV, 8062 seq.

Je suis entièrement d’avis que M. Kempt devrait prendre possession immédiatement des soixante vaches à lait et des deux taureaux pour le compte de la colonie, conformément au contrat entre le capitaine Bulger et MM. Dickson et Musick.

(Signé) ALEX. MCDONELL.

25 septembre.—Je suis informé que le maître d'école a célébré un mariage dans l'église, ce qui est contraire à l’usage de l’église d'Angleterre et constitue un mauvais précédent dans cet endroit, d'autant plus qu’il n’a pas même consulté les membres du Conseil dont Pün est son voisin rapproché. Je lui ai écrit fa note suivante :—

Forr Douczas, 25 septembre 1823.

Moxsteur,--J’apprends que vous vous êtes permis de célébrer un mariage alors qu'à ma connaissance vous n'êtes revêtu de ce pouvoir ni par la loi ni par Pautorité de l'honorable compagnie de la baie dIludson. C’est pourquoi je désire, comme agent provisoire des fidéicommissaires de feu le comte de Selkirk, que vous me rendiez compte en vertu de quelle autorité vous vous êtes permis d'assumer {es fonctions d’un magistrat ou d’un membre du clergé.

‘ (Signé) WM. KEMPT.

(4) ROBERT PARKER PELLY.

l Mémoue pour Le capitaine R. Pelly relativement « l'établissement de la rivicre Rouge, janvier 1823.

A son arrivée à la rivière Rouge, le capitaine Pelly recevra du capitaine Bulger, où trouvera préparés pour lui à la rivière Rouge, divers documents ct des renseignements écrits en-même temps que les décisions déjà rendues à l’égard de plusieurs péti- Uonx présentées À différentes époques par les diverses classes de coluns. En sus d’une commission régulière de gouverneur du district d’Assiniboine délivrée par la compaguie de la baie d'Hudson, le capitaine Pelly sera investi par les fidéieommissaires de lord Selkirk du pouvoir d’administrer la colonie et de l’autorité de concéder des terres, conjointement avec le gouverneur Simpson, aux personnes qui peuvent y avoir droit ainsi qu'aux autres qui auront l'intention d'obtenir des concessions. Il devra veiller ävée un grand soin à ce que l'étendue des concessions n’excèdc pas cent acres dns aucun cas (sauf dans les cas de promesse réelle de la part de lord Selkirk ou de ses fidéicommissaires). Il est beaucoup plus important d’avoir des lots de 50 et même de 25 acres bien cultivés que de concéder de grandes étendues qui sont ensuite en grande partie laissées incultes. A l'égard de ces lots limités, il faudra voir à ce que le front de ceux-ci sur la rivière soit proportionné. Le front d’un lot de 100 acres devrait être de 8 chaînes, Dans le cas des lots. de 25 acres, il sera préférable de tracer un chemin perpendiculaire à la rivière; de chaque côté de celui-ci s’étendront ces lots de manière à former un village et leur front sur le chemin sera fixé en vue d’une protection mutuelle suffisante. Les propriétaires devraient être encouragés à construire leurs maisons les unes en face des autres afin qu’il y ait ainsi quatre maisons suffisamment rapprochées.

Il doit être particulièrement compris que les terres vacantes situées en face des lots présentement indiqués, savoir: celles qui se trouvent sur le côté est de la rivière, no pourront être concédées sans des instructions formelles des fidéicommissaires, et qu’il ne sera concédé aucune terre plus à proximité du fort Douglas que celles qui l'ont

1 Archives du Canada, collection Selkirk, XXV, 7791.

été déjà, parce qu’if peut être jugé très à propos d'établir la ferme pour l'usage du fort, précisément sur le terrain directement contigu à ce dernier.

Il faudra bien tenir compte de ce qui précède, car c'était le désir de lord Selkirk de rendre la colonie de la rivière Rouge aussi compaete et aussi à l'abri du danger que les circonstances le permettent, Les concessions de terre devraient s'étendre graduellement à partir du confluent (point de jonction des deux branches de cette rivière) comme d'un centre, c’est-à-dire soit en remontant ou en descendant le courant. Le capitaine Pelly devra autant que possible dissuader les colons de s'établir dans des endroits isolés. Il est entendu que ces instructions ne doivent pas mettre obstacle aux promesses réelles de feu le comte, mais le capitaine Pelly constatera bientôt qu’en donnant à l'établissement une forme aussi compacte qu’il sera possible, ‘celui-ci sera plus à l'abri des agressions de la part des sauvages, sans compter que ladministration de la justice en vertu de la charte de la compagnie y sera plus facile et plus efficace. Cette méthode aura aussi pour effet de favoriser les vues de la compagnie approuvées d’ailleurs par le gouvernement, relativement à l’organisation et au maintien d’un détachement militaire pour assurer la protection des colons et la stabilité de la colonie.

Comme les fidéicommissaires du comte de Selkirk ont décidé de réduire autant que possible les dépenses de l'établissement de la rivière Rouge, le magasin de la colonie sera dorénavant entièrement supprimé et les colons devront désormais se procurer les articles dont ils auront besoin, soit des magasins de la compagnie de la baie d'Hudson ou d’une autre manière régulière s'ils le jugent à propos. Par conséquent il sera nécessaire que le capitaine Pelly exige le paiement de toutes les dettes courantes dues au magasin de la colonie et qu’il preune des mesures raisonnables à cet effet; et que dans aucun cas il ne soit accordé définitivement aucun titre à des concessions de terre à ceux qui ne se seront pas au préalable acquittés de leurs dettes envers lord Selkirk.

Comme les gens ne pourront obtenir des magasins de la compagnie les vêtements nécessaires sans les payer, il sera opportun de leur permettre de disposer en premier lieu d’une partie de leurs récoltes à cette fin. Bien que les fidéicommissaires ne veulent pas que les gens soient opprimés par suite de leurs dettes, il n’en faut pas moins leur faire comprendre qu'ils sont tenus de les payer et que s’ils ne font pas ce qui est en leur pouvoir pour s'acquitter ils seront dépossédés de leurs terres. Cette règle devra être appliquée avee modération en premier lieu car ils ne manqueront pas de s’alarmer en apprenant qu'ils ne pourront plus obtenir de marchandises à crédit et il faudra trouver le moyen efficace pour les induire fortement à payer leurs anciennes dettes, A cet effet les fidéicommissaires recevront en paiement le blé à 10/ par minot et l’orge à 7/6 tel que spécifié par M. Halkett quand il était à la rivière Rouge et à l'égard des dettes qui seront payées de cette façon ou autrement avant le ler juin 18%4 il sera accordé un escompte de 20 pour 100; il sera accordé aussi un escompte de 15 pour 100 pour celles qui seront payées avant le 1er juin 1825, de 10 pour 100 avant le ler juin 1826 et de 5 pour 100 avant le ler juin 1827. Un intérêt de 5 pour 100 sera chargé pour les dettes qui resteront non payées le ler juin 1824, mais il n’en sera pas requis dans l'intervalle.

Les conditions relatives aux concessions de terre, l'échelle de prix pour les céréales, ete., qui seront acceptées en paiement, sont spécifiées dans des documents déposés entre les mains du capitaine Bulger. Ces documents serviront de gouverne au capitaine Pelly à l'égard de son administration de la colonie, car il est impossible de donner des instructions à cet égard de manière à prévoir tous les cas. Parmi les documents laissés au fort Douglas, se trouvera l’acte passé entre le comte de Selkirk et les chefs Clippeway, Uree ct Assiniboine relativement à une concession de terre d’une certaine étendue faite à ceux-ci par lord Selkirk sur les deux branches de la rivière Rouge. Le capitaine Pelly devra s'occuper attentivement que les paiements soient effectués régulièrement tous les ans, ainsi que des autres conditions à cet égard.

Quant aux sauvages en général le capitaine Pelly ne pourra jamais être trop circonspect à leur endroit. Îls sont pour la plupart faciles à contrôler, et le meilleur moyen de les gouverner c’est d’avoir recours à la bonté et à la fermeté. Par-dessus tout il faut éviter avec soin de leur procurer des liqueurs spiritueuses, mais ils sont tel-

lement habitués à en obtenir des Européens, qu’il est nécessaire d’en abolir Phabitude avec précaution et dans la plupart des endroits de ne le faire que graduellement. A cet égard et dans bien d’autres cas le capitaine Pelly trouvera les principaux colons toujours bien disposés à le seconder et à lui communiquer leurs avis quand il y aura lieu.

Parmi les pétitions présentées par les colons à la rivière Rouge il s’en trouvait une de la part des soldats licenciés de l’ancien régiment de De Meuron, relativement à certaiues allocations auxquelles ils prétendent avoir droit en vertu de leurs engagements avec lord Selkirk. Par suite de leur demande M. Halkett (quand il était à la rivière Rouge en 1822) s’est adressé au gouverneur du Canada pour obtenir une copie de la liste des articles alloués habituellement aux soldats licenciés disposés à s'établir dans les Canadas. Or depuis son retour en Angleterre il à reçu de Québec une liste de ces allocations dont il a transmis récemment une copie au capitaine Bulger. Si toutefois le capitaine Bulger ne l’avait pas recue, il en sera trouvé une autre copie ei-incluse,

En 1822 MM. Logan, MeDonell et Pritchard proposèrent d'ouvrir un magasin dans la colonie pour fournir aux colons les articles dont ils avaient besoin, et ces messieurs ont adressé une demande à cet effet. Cette proposition fut soumise aux tidéicommissaires et lord Selkirk qui, par suite des nouvelles dispositions prises en vue d'obtenir ces articles de la compagnie de la baie d'Hudson, ne désirent pas que le capitaine Pelly fasse des démarches à l’effet de favoriser ces propositions.

Le compte rendu de M. Halkett en date du 16 juillet 1822, relativement au lot de terre réclamé par le capitaine Matthey et M. McDonell, a été confirmé par les exéenteurs testamentaires Or M. Pelly devra en faire fixer les limites et délivrer âu capitaine Matthey un titre en conséquence. Il devra aussi délivrer au capitaine Matthey un titre à l’égard du canton qui Jui a été promis par lord Selkirk, et la lettre de ce dernier que le capitaine Matthey produira en fera connaître l’endroit. Il sera nécessaire que l’arpenteur en détermine les limites d’une manière distincte.

Le prix du passage de M. Dd. IToerner et de sa famille lui sera remis conformément À sa demande par sa letre à M. ITalkett en date du 18 juillet 1822.

Mémoire supplémentaire pour M. Pelly.

M. Cuddie restera une autre année comme chirurgien à la rivière Rouge s’il accepte les conditions suivantes, savoir: cent-cinquante louis par année, comme traitement avec une allocation de cinquante louis pour sa pension et son logement; qu’il devra se procurer lui-même ses médecines et retirer le profit de sa clientèle et donner ses soins aux pauvres qui ne pourront le payer.

M. Kempt, arpenteur recevra un salaire de cent-cinquante louis par année à partir du 1er juin 1828 et une certaine allocation “ p. his agreement for surveys”. Il devra recevoir la terre qui lui a été promise à Æagyfield farm avec les constructions qui sy trouvent et avoir le privilège d’acheter telle quantité de bestiaux actuellement sur la ferme, dont il aura besoin après avoir réservé la quantité suffisante pour la ferme du gouverneur Pelly.

M. Henderson, présentement commis et gardien des registres pourra être retenu vour une autre année moyennant son salaire actuel de £100. A la fin de l’année M. Pelly sera en état de décider s’il est nécessaire de le maintenir en charge ou si M. Kempt pourra s'acquitter de cette tâche tout en remplissant sa charge d’arpenteur.

Mitchell, constructeur de moulins.—-Voir conventions à son égard. Quand le moulin sera construit, il pourra être conclu avee lui un marché à l’effet de lui louer le moulin et par lequel il sera engagé de le maintenir en bon ordre.

Christie, forgeron.—Suivre les conventions.

Tully, forgeron.—Pourra être retenu une autre année.

McDonald, charpentier. Do do. -

Mitchell, jardinier. Do do Il peut se faire qu’il soit avantageux pour M. Pelly d'employer cet homme sur sa ferme. En ce cas il pourra l’engager, car il n’y a pas lieu de le maintenir à l'établissement.

M. Pelly prendra parmi les bestiaux apartenant à la succession de lord Selkirk la quantité requise pour son propre usage, mais il devra en laisser une proportion raisonnable pour M. Kempt. Le reste pourra être vendu aux colons qui sont capables de payer pour obtenir ces animaux ou être distribué à crédit parmi les colons les plus méritants suivant ce qu’il sera préférable de faire dans les circonstances.

Tous les autres gens qui retirent des salaires doivent être congédiés, mais M. Pelly devra se considérer autorisé à maintenir dans leur emploi ceux qu’il jugera nécessaires, tout en tenant compte que le désir des fidéicommissaires est de réduire les dépenses autant que possible.

2. Procuration accordée par les exécuteurs testamentaires de Selkirk à George Simpson et à Robert-Parker Pelly, en date du 19 mai 18234

SACHEZ tous que par ces présentes, nous Sir James Montgomery de Stanhope dans le comté de Peebles en Ecosse, baronnet, Adam Maitland de Dundvennan dans le comté de Kirkcudbright en Ecosse, Esquire, Andrew Colvile d’Ochiltree et Cromie dans le comté de Fife en Ecosse et de Leadenhall Street dans la cité de Londres, Esquire, et John Halkett autrefois de Seymour Place dans la paroïsse de St. George’s Hanover Square dans les limites de Westminster, maintenant de la ville de Brighthelmstone dans le comté de Sussex, Æsquire, considérant que: 7

Feu Thomas, comte de Selkirk par ses dernières volontés et son testament régulièrement attestés à la cour de la prérogative de Canterberry et régulièrement consignés dans les registres tenus à la rivière Rouge, district d’Assiniboine, dans les territoires de la compagnie d’aventuriers d'Angleterre faisant le commerce dans la baie d'Hudson, nous a autorisé à et enjoint nous les fidéicomnnssaires survivants qui ont accepté cette charge (les autres personnes y nommées ayant refusé d'accepter et ayant renoncé à ladite charge par actes consignés sur lesdits registres) de vendre et de disposer de tout le district d’Assiniboine ou de quelque partie que ce soit d’icelui, concédé audit Thomas, comte de Selkirk, à ses héritiers et avants, droit par ladite compagnie d’aventuriers faisant le commerce dans la baie d’Fludson, et comme il est nécessaire de rommer dans ledit district appelé Assiniboine, des personnes capables pour ces fins de vente:

Par conséquent nous lesdits Sir James Montgomery, baronnet, Adam Maitland, Andrew Colvile et John Alkett avons fait, constitué et nommé et par ces présentes, faisons, constituons et nommons George Simpson, Esquire, l’un des gouverneurs nommés par ledit gouverneur et ladite compagnie d’aventuriers faisant le commerce dans la baie d'Hudson, pour leurs territoires appelés terre de Rupert, dont ledit district appelé Assiniboine concédé par eux audit Thomas, comté de Selkirk, fait partie, et Robert-Parker Pelly, Esquire, gouverneur dudit district appelé Assiniboine, nos proeureurs véritables et légaux, leur cnférant et accordant conjointement plein pouvoir . et entière autorité pour nous et en nos noms, de négocier avec quelque personne où personnes que ce soit pour vendre ou disposer de toute partie des terres dudit district d’Assiniboine acquises par ledit Thomas, comte de Selkirk, dudit gouverneur et de ladite compagnie d’aventuriers faisant le commerce dans la baie d'Hudson à tel prix ou tels prix qui devront être payés à telle date ou telles dates qu’il sera convenu, entre lesdits George Simpson et Robert-Parker Pelly et toute personne ou toutes personnes consentant à faire ces achats et aux conditions et suivant les conventions que lesdits George Simpson et Robert-Parker Pelly jugeront à propos à cet égard; de faire tout acte et autre chose nécessaires pour compléter ces ventes ou pour compléter toutes conventions

1 Archives du Canada, collection Selkirk, XXV, 7868.

en vertu desquelles ledit Thomas, comte de Selkirk serait tenu de concéder ou de vendre quelque partie que ce soit de la terre dans ledit district appelé Assiniboine avant ou depuis sa mort, et à cette fin, de signer, sceller et délivrer pour nous et en nos noms tout transport, cession, translation ou promesse nécessaires à quelque personne ou personnes que ce soit, qui pourront avoir consenti à acheter en vertu de quelque conrat ou convention pour l'achat de quelque partie de ladite terre dans ledit district appelé Assiniboine, qui pourrait avoir été fait durant la vie dudit Thomas, comte de Selkirk ou depuis sa mort, ou tout transport, Cession, translation ou promesse nécessaires pour compléter toutes conventions pour la vente et l’achat de toute partie de la terre dans ledit district qui peuvent être faits par et avec lesdits George Simpson et Robert-Parker Pelly; de recevoir le prix ou l’équivalent qu’il est convenu de payer ou de donner et à l’égard de toute vente de ce genre, de demander, réclamer, de pourauivre pour et recouvrer lesdits prix ou équivalents ainsi que tous les argents, rentes et autres choses convenues, dues ou payables à cet égard; de demander, réclamer, poursuivre pour et recouvrer de toute personne et toutes personnes quelconques toute somme et toutes sommes d'argent qui étaient dues audit Thomas, comte de Selkirk dans ledit district appelé Assiniboine à l’époque de sa mort ainsi que celles qui sont devenues dues depuis sa mort et celles qui deviendront dues par la suite, pour ou à l'égard de quelque partie de sa succession dans cette région et de délivrer sur réception de ces sommes pour nous et en nos noms des reçus et quittances qui auront la même valeur que si nous les donnions nous-mêmes.

En foi de quoi ces présentes sont signées et «cellées par nous le 19e jour de mai dans l’année de Notre-Scigneur 1823.

Signé, scellé et délivré par ledit sir Jas. Montgomery (being the first duty stamped) en présencc de Peter Macarter, sommelier à Stobo Castle et Mark Hislop, serviteur à Stobo Castle.

(Signé) James Montgomery.

Signé, ete, par Adams Maitland en présence de John Thompson, M.D., d’Edimbourg, médecin; et de Jas T. Smith, d’Edimbourg, libraire.

(Signé) .

Adam Maitland.

Signé, etc, par Andrew Colvile et John Halkett, en présence de Wm. Smith, secrétaire de la compagnie de la baie d'Hudson.

| [ J } (Signé) { A. sorte (Signé) | J. Halkett.

Edw. Roberts, comptable de la compagnie de la baie d'Hudson.

3. Extrait d’une lettre de George Simpson à À. Colvile, en date du 8 sept. 18234

Je constate que M. Pelly cest autorisé à former un corps de milice. Il ne serait pas brudent de faire une telle tentative dès le commencement mais je crois que cela pourra être effectué vers le printemps. Je me permets de recommander de n’accorder de solde À personne qui fera partie de ce COTPS, car 8 ’il en est accordé à quelques- -uns il faudra l'accorder à tous. D'autre part je considère qu’il sera nécessaire dès notre arrivée,

Organiser une police d’après un système régulier; que tous les citoyens ou principaux

1 Archives du Canada, collection Selkirk, XXV. 8914, seq.

habitants devraient s’enrôler comme constables spéciaux, qu’ils soient ou non membres du conseil (sauf les gouverneurs naturellement) et que parmi les hommes les mieux disposés, les plus vigoureux et les plus déterminés, il en soit assermenté une vingtaine environ comme constables spéciaux qui devront être payés quand ils seront employés. Nous pourrons de cette facon découvrir tout complot qui pourra s’ourdir et avoir à notre disposition la force requise pour en prévenir les suites. Il serait désirable qu’il fût possible de prélever un fonds parmi les habitants pour payer ces hommes, sinon je crois que les exécuteurs testamentaires feraient bien de se charger de ce soin.

À mon avis, la conseil devrait siéger au fort Douglas régulièrement à des dates déterminées et que plus le conseil aura recours aux formes plus il aura de prestige. Je crois qu’il serait apportuu d’ajouter l’agent en chef du distriet et l’évêque catholique à la liste des conseillers, surtout le dernier vu que le nom de M. Jones ÿ est inclus; car autrement les distinctions feront naître de la jalousie. Je crois qu’il vaudra mieux que je n’assiste nullement aux séances du conseil, car lorsque je serai présent je devrai présider, ce qui pourrait diminuer jusqu’à un certain degré le prestige de M. Pelly aux yeux des basses classes. Afin de commander le respect il doit en toutes occasions être considéré comme le grand personnage, le chef de la colonie et c’est bien ainsi que je me propose de le traiter toujours.

4. Extrait d'une lettre de George Simpson à À. Colvile, en date du 1er nov. 1828.

Nous avons eu jusqu'à présent deux séances régulières du conseil ainsi qu’une réunion privée des messieurs du conseil et après de mûres délibérations nous avons considéré qu’il était urgent de former un corps de police puissant composé de M. McKenzie comme grand constable avec cinquante constables spéciaux qui rempliront cette charge gratuitement, puis de vingt constables réguliers et de deux baïllis. Tous les colons qui reçoivent des concessions sont de plus engagés par serment à contribuer à maintenir la paix et le bon gouvernement dans la colonie, ce qui est une condition formelle de leurs concessions,

6. Extrait d'une lettre de George Simpson à À. Colvile, en date du 31 mai 1824.

Je ne puis cependant accorder aucun mérite ni aux messieurs du conseil ni à aucune classe de colons, à l'égard de la tranquillité actuelle. Celle-ci est due uniquement à la bonne conduite et à la fermeté des serviteurs de la compagnie sous notre propre direction. Au contraire, le sentiment contre la compagnie est tel que j'ai raison de croire que la majorité des habitants auraient été heureux de voir se produire les maux qu’il y avait lieu de craindre.

Nos conseils ne valent rien récllement. MacDonell est détesté et c'est le pire ennemi des exécuteurs testamentaires dans cet endroit. Thomas est timide et faible comme un enfant; Cooke est comme Thomas et de plus ivrogne. Pritchard est léger; Matthey est mécontent et pervers; il désire se rendre populaire parmi ses compatriotes et il est hostile aux exécuteurs testamentaires comme à la compagnie. Quant à Logan il a pris part aux spéculations de McDonell quand celui-ci était au pouvoir; à mon sens ce sont ni plus ni moins qu’un couple de voleurs; ils sont étroitement unis et Jones bien que favorablement disposé manque d'expérience. ÆEn somme il n’y en a pas un parmi eux qui mérite le titre qui lui a été accordé; ils sont dépourvus d’esprit public, ne s'intéressent nullement au bien-être et au bon gouvernement de la colonie et leurs pensées, leurs paroles et leurs actes ne sont inspirés que par l'égoïsme. Quelques membres du conseil qui se croient plus éclairés que le reste des mortels sont allés jusqu’à discuter notre autorité de même que des points qui ont embarrassé les avocats les plus

1 Archives du Canada, collection Selkirk, XXV, 8078. 1 Archives du Canada, collection Selkirk, XXVI-XXVIT, 8221.

éminents d'Angleterre, entre autres, notre pouvoir de faire prêter serment et de rendre la justice. Ils ont même révoqué en doute la validité de la charte et soutenu que sans une commission régulière délivrée par le roi ou les cours du Canada nous n’avions pas ke droit d'agir

Il appert que Sa Seigneurie aurait une fois consenti à ce qu’il fût permis à des culonus de distiller des spiritueux; aussi ils ne se sont pas contentés de nous le rappeler mais ils ont insisté pour se mettre à l'œuvre. Cette demande ne vient pas seulement du bas peuple, elle a été mise de l’avant par les messieurs du conseil avec M. MeDonell en tête qui a démontré l'autorité de Sa Seigneurie, Connaissant les suites dangereuses d’une telle concession nous nous sommes fermement opposés à cela. Quand la distillation sera commencée, il ne sera plus prudent de vivre dans cette région.

Les titres en rapport avec les concessions ne donnent pas satisfaction et de fait il s'est élevé une clameur générale à cet égard à laquelle ont donné lieu les remarques du nos propres conseillers Thomas, Bird et Cook qui ont reçu gratuitement des concessions considérables, les deux premiers mille acres chacun et le dernier cinq cents acres, ainsi que MeDonell qui a recu deux mille acres. (Cependant ils refusent de signer leurs actes de concession et disent qu’ils se considéreraient des esclaves s’ils le faisaient. ...

4) Nous nous sommes occupés, le gouverneur Pelly et moi, d'établir des écoles, mais uous n’avons eu jusqu’à présent que peu ou pas de succès. Vous recevrez ci-incluse une copie d'une circulaire ou prospectus d’une école pour l'instruction des filles sous ha direction de Mlle Allez, laquelle école aura pour effet vraisemblablement de requérir et de faire circuler de l'argent dans la colonie et par suite d’attacher à celle-ci quelques-uns de nos agents eu chef, de nos trafiquants et de nos officiers. La seule vole que nous ayons pour les garçons est celle que dirige Iargrave envoyé par la Church Missionary Society; cet homme est stupide, ignorant, suffisant et illettré, par conséquent impropre pour remplir sa tâche. Quelques-uns de nos jeunes métis pourraient plutôt lui enscigner que d’en apprendre de lui. S'il est possible de trouver un homme compétent parmi les commis de la compagnie l’automne prochain, nous comptons pouvoir établir une école pour les garcons sous les auspices de notre conseil d'York, ce qui serait un bienfait réel pour ces enfants ainsi que pour l'établissement.

Vous vous rendrez compte par les procès-verbaux du conseil que nous avons dû nous occuper de Grant en rapport avec certains faits dont il aurait été la victime. Il a été assailli dans l’accomplissement de ses devoirs comme commis de la compagnie, et cela sans provocation et d’une manière prématurée, par quelques-uns des colons écossais, ce que le gouverneur Pelly et moi avons soutenu avee chaleur contre lavis intéressé de quelqu'un du conseil, car nous avions raison de craindre des conséquences graves, Après un examen long et impartial, l’aceusation portée par Grant a été trouvée entièrement et clairement fondée et les agresseurs ont été condamnés à une légère amende. Mais à la fin des procédures MeDonell ne put cacher davantage malgré toute sa duplicité et sa ruse, le rôle important qu’il avait indécemment et indignement joué dans cette affaire, et c’est avee une rage (qu’il ne pût dissimuler) qu’il affirma que Grant avait été amené à Fort Garry uniquement pour alarmer les colons et blesser lours sentiments et qu’il représenterait le cas at home.

6. Avis public à l'égard des concessions de terre, en date du 99 janvier 1825.

Avis est donné par la présente, que le registre de la colonie est maintenant prêt our l'enregistrement des actes de concessions de terres. Ceux des colons qui ont reçu leurs titres les apporteront pour les faire examiner et enregistrer la première fois

1 Archives du Canada, collection Selkirk, XXVI-XXVII, 8245, seq. 1 Archives du Canada, collection Selkirk, XXVI-XXVII, 8262, seq. 1 Hudson Bay Company's Land Tenures, Martin, p. 83.

qu’ils viéndront au fort, et ceux qui ne les ont pas recus peuvent les obtenir en s’adresgant au gouverneur au nouveau fort Douglas.

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