‹ Le Nouveau Monde;Chapitre 100 sur 140 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

WASHINGTON

Stephen Ashwell, je n'accuse pas sans preuves et mes paroles sont pesantes. J'affirme que cette prétendue jeune fille n'est autre que la femme du lord comte Lionel Raleigh Cecil, pair d'Angleterre, délégué plénipotentiaire du roi George III contre nous, chef de l'état-major ennemi.

J'atteste que divers rapports — et des avis réitérés, qui, depuis longtemps, me sont parvenus, — m'induisent à la soupçonner d'avoir trahi... jusqu'à la prière du soir, tout à l'heure. — Ecoute et rappelle-toi.

Plusieurs fois, déjà, nous avons subi des attaques imprévues, en dehors de tout calcul possible et dont la soudaineté prouvait une délation. „ , , , . •„ ■

1 (Mistress Andrews tressaille.)

Un soir, après une défaite, des sentinelles ont vu, de loin, une femme qui allumait un feu de signal, sur une hauteur, devant le camp ennemi. La distance empêcha de distinguer son visage... mais, enfin, qu'ai-je désormais, le devoir de supposer? que cette femme (Montrant Ruth :) était celle-ci !... IV . . . ,

( frémissement.)

Ah ! lorsqu'il s'agit du salut de l'armée, qui donc oserait prendre sur soi de me garantir le contraire?... Tu comprends, à présent, Stephen, pourquoi miss Ruth Moore refusait de t'épouser. , „ . ,

1 (Il se rasseoit.)

Comme je ne sais, même, sur quel point de nos opérations ont porté ses secrets messages, peut-être, — il convient que je l'interroge.

STEPHEN, hors de lui et qui s'est contenu jusque-là. regardant Ruth.

Mais parle donc!... Réponds-lui! Mais, par ma sainte mère! que signifie ce silence, Ruth?

RUTH, pâle et grave.

Je m'appelle, en effet, lady Cecil.

STEPHEX. bondissant.

Tu mens !...

RUTH, chancelante et fermant les yeux.

Ah ! Stephen !

I Elle s'appuie d'une main à la table i STEPHEN. hagard.

Lady Cecil ! — Mais je rêve!... Toi?... WASHINGTON

Elle avoue.

STEPHEN. tombant sur un escabeau et la regardant, interdit.

Lady Cecil !... quoi ! — vous êtes... Tu es la femme d un autre homme?

RUTH. à Washington en relevant la tète.

Ah ! quelque vraie que soit la première de ces accusations, les autres méritent-elles, même, d'être appelées des calomnies !

WASHINGTON

De telles calomnies, en temps de guerre, et ainsi fondées, valent d'être éclaircies.

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