ACTE CINQUIEME
[Lord Cecil s'est dressé sous la statue du Roi : sa main crispée accroche, derrière lui, les grands étendards anglais qui entourent le socle contre lequel il s'appuie. Il tombe sur un genou.
A l'orchestre on entend, sourdement, le God save the King!)
Lord CECIL. à voix basse et comme à lui-même, avec un hautain sourire, pendant les dernières mesures de l'hymne royal.
Je trouve les nouveaux venus bien sévères pour ceux-là dont le crime est de mourir fidèles.
( // tombe au pied de la statue sans lâcher les drapeaux, et, le corps étendu suites degrés ensanglantés, il meurt. — Vaudreuil se. découvre et, sur un signe de Stephen, tous l'imitent.)
VAUDREUIL, à lui-même, assombri
C'est autrefois qui s'éteint.
STEPHEN
L'heure lui appartient!... <A Ruth qui est demeurée immobile, ]f s yeux fermés :')
Lady Cecil, venez : vous êtes la veuve d'un héros : venez lui rendre les devoirs funèbres.
( Tête nue, il amène doucement Ruth vers lord Cecil. s'incline devant lui et revient seul au milieu de la scène. — Ruth s'agenouille, prend la main du comte, la baise silencieusement, puis ôte son anneau, le met au doigt de lord Cecil et reste à genoux, sans parole, le front courbé devant lui.
Au dehors, bruit de tambours et de trompettes sonnant aux champs, — lointain d'abord, puis se rapprochant très vite. — Cloches, clameurs, canon dans léloignement. — Les grandes portes massives s entr ouvrent au haut de l'esplanade et les flots de peuple, de soldats, de femmes, d'Indiens, se précipitent dans les trois escaliers.
On envahit la scène.
Parmi les femmes. Mary se fait place, arrive jusqu'à Vaudreuil et se jette dans ses bras.
On entend le Hail Colombia. Des palmes d'oliviers sont agitées au sommet de l'esplanade, avec des cris d'enthousiasme.)