ACTE QUATRIEME
Mistress ANDREWS
Aujourd'hui, demain ! — Nous savons bien pourquoi nous sommes ici.
VAUDREUIL, souriant.
Ah ! ça, vous n'aimez donc personne, vous ?
Mistress ANDREWS, grave.
Monsieur de Vaudreuil !
VAL'DREUIL
Vous ai-je offensée ? La question est permise, à la guerre.
Mistress ANDREWS, après un instant.
C'est vrai, monsieur. — Eh bien... si, j'aime ! Et, celui que j'aime est l'un des nôtres.
VAUDREUIL, étonné.
L'un des nôtres?
Mistress ANDREWS, très simplement.
Oui, monsieur.
STEPHEN. surpris.
Gomment cela se fait-il? Vous êtes toujours seule?
Mistress ANDREWS, effilant son linge.
Quand je pâlis auprès de lui, je vous assure qu'il ne le voit pas ; quand mon cœur bat. lorsqu'il court un danger, il n'entend pas ; quand je lui prends la main pour lui dire adieu, avant la bataille, il ne sent pas ma main trembler. (Un silence.) De sorte que la mort... m'est, parfois, indifférente.
STEPHEN, affectueusement.
Je vous plains, mistress Andrews ; vous êtes fière et dévouée ; je vous plains d'aimer seule !
Mistress ANDREWS, à part.
Cette nuit, c'est moi qui te plaindrai.