‹ Le nouveau monde industriel (volume 2)Chapitre 69 sur 120 · CHAPITRE VINGT-HUmÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-HUmÈME

Du germé de dùc&rde générale ou lieu de famiUe en

mode eimple»

En traitant des germes d'accords sociétaires, qui' occuperont toute la 4* section, il est nécessaire de définir celui de discorde générale , germe bien inconnu , c'est le lien de famille tant prôné par les moralistes. Le monde civilisé est si fortement prévenu en laveur du lien de famiUe, que pour le désabuser, il faut placer les preuves avant la théorie, et renvoyer les principes a la fin du chap. Exami* nons les vices les plus saillans de l'industrie £imi-

M NODfSAU MOTIBB

liale, êociàté ia pius petùê poinble, et par snite , la plas opposée aux vues de Dieu , à réconoraie , aux liens.

1^ UtHêtabililé : rien n*est stable dans notre industrie : la mort accidentelle du chef de f.imille peut d'un jour a l'autre désorganiser toutes ses entreprises ; les partages d'hoirie , les disparates de caractère du père au fils , Vinëgalîté de connaissances , vingt autres causes bouleverseront tout l'ouvrage du père. Ses plantations seront abandonnées, morcelées, dégradées; ses ateliers tomberont en désordre , sa bibliothèque ira au bouquiniste et ses tableaux au fripier : le contraire a lieu dans une corporation civile ou religieuse ; tout y est maintenu et perfectionné, l'inconstance ou la mort d'un individu ne troublent en rien les dispotitions industrielles.

2<> La contrariété en progéniture : un homme industrieux voudrait au moins un fils pour le remplacer et suivre ses travaux ; le sort ne lui donne que des filles en mariage , et il n'a de garçons que des illï^gitimes^ proscrits par la loi, son nom s'éteindra. Il trouverait en industrie des continuateurs passionnés, mais dans des classes disparates par la fortune et les conditions. D'autrefois ses enfans refusent de le seconder, ou bien ils en sont incapables. Souvent , c'est la surabondance d'enfons, la dépense d'éducation qui paralyse les entreprises du père ; son travail ingrat ne peut suffire à les élever et les

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établir. Et pour prix de tant de fatigues, il en voit plusieurs désirer sa mort par impatience de jouir de rtiéritage.

3** Dùgrâceê conjugaleê et domestiques : c'est un sujet si étendu qu'il convient de le franchir. (Voyez le Traité de l'Association domestique - agricole}^ L'homme industrieux sera rebuté par l'inconduite d'une épouse ou de quelques enfans, par les grive^ lages des coopérateurs , les calomnies et les procèâ des envieux ; par la perte d'un enfant sur qui repo* saient toutes ses espérances. L'on voit des pères et mères civilisés tomber dans le délire à la perte d'un enfant préféré ; ils n'ont aucun contre* poids à opposera cettedisgrâce ni à tant d'autres. G*est done un trébuchet que cet4tat de famille , c'est la boite de Pandore ; comment présumer que Dieu ait voulu fonder l'industrie sur un état si critique pour ceux qui la dirigent, et plus encore pour les subal* ternes qui l'exécutent.

4* Piège indusirieL La politique et la morale ne sachant pas créer l'attraction industrielle , ont recours à la ruse ; elles vantent les charmes du mariage sans fortune , et disposent tout le système social de manière à forcer le pauvre au mariage , afin que la surcharge d*enfans le force à travailler l>ottr nourrir de petits affamés. Aussi tous les pères de la classe pauvre, 4es 7/8 des pères s'écrient-ils : dans quelle galère je me suis fourré l Ce piège est le but secret des moralistes dans leurs éloges du

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dom% muriage ; ils y poasBeni le pea^e afia d'aToir abondanoe de oonscriu, el d'ouyriers faméliques traTaillant à Til prix poar enrichir quelques ohefii.

tf* Répugnance emnuiaiivs de Finduêinê, La repu* gnance est dqà bien forte ches TenfaBi; il ne tra* Taillerait pa^ sans la Araînte des châtimena : mais ce désordre s'accroit par FaTénement en puberté ; Tamoar vient ajouter au dégoût pour Tindustrie, le goût pour la dépense et pour les fréquentations contraires aux vues du père et à lliarmonîe de la iamille. Ce nouveau ressort qui intervient à Tâge de 15 ans , devrait améliorer le mécanisme indus* trtel 9 car lorsqu'on ajoute une pièce à une mécanique, c*est ponr en perfectionner le jeu. L'amouri chei les barmoniens renforcera l'attraction indus* frielle par double voie , par le charme nouTeau que trouvera l'adolescent dans les réunions des deux sexes, aux ateliers, étables, etc., et par riaitiationà la plus gracieuse des sciences , rAR&LOoit , dont on ne peut pas donner connaissanee aux impubères. Cette science très-séduisante excitera cbes les adultes une frénésie studieuse , qui ne s'amortira qu'au bout d'une vingtaine d'années, lorsqu'ils connattront Tensemble des règnes et des cent mille emblèmes de passions représentées dans les produits des différens règnes. Au Heu de ces deux stimulans à rindustric et à Fétude , les amours civilisés n'engendrent que les S vices opposés , et deviennent le tourment des

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fères oUîgés de f nrveillec sans cesse , fournir k des frais de parure , de dot , et souTont à des dettes et attires écarts de la jeunesse. J\ est donc certain que Tétat Qonjugal est pour !ea pères nn sentier de ronoes, sauf rares exceptions dans les ménages riches ; et qae l'amour ne naît ches les adultes, que pour les dépraver.

Passons de ces indices a l'analyse régulière dn mal. J*obser?e que Fétat conjugal , base de notre aystème social , est la plus petite combinaison possiUe; on no saurait en imaginer de moindre que oelle d*un couple ooi^jugal ; si pourtant Dieu, comme Qons avons lieu de le présumer, veut former les plus grandes combinaisons sociétaires , et établir la plus grande liberté possible ; il en résulte que le germe da mal , Fétat le plus opposé aux vues de Bîeu, se ti^nve dans la plus petite et la moins libre des réunions; c*est le régime conjugal exclusif d'oà nait le lien de famille simpli, limité à one seule branche, lien homogène avec la civilisalkm , parce qu*elle est la plus discordante des sociétés*

Le germe du mal doit nécessairement résider dans Fune des IS passions; ce ne peut être que dans celle qui étaMU les dispositions les plus opposées aux vues de Dieu; il est ériilent par le méca^ nîsme de l'univers , que Dieu veut Ob^rié et com-. bmaiio» de PeMombk , selon des lois de justice' géométrique ; et nous adoptons un ordre familial où tout n'est qu'arbitraire , fausseté » injnstioe,

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I nion, oppression , eontraciétë des întëréts coHeottfs

[jet individuels de chaque ménage»

• Autre TÎce radical dans le groupe de famille : il n*e8t point libre et les S autres le soni; l'on peut à volonté changer d'amis, de maîtresse , d'associés en infiérét; mais on ne peut rien changer au lien dn sang , il est perpétuel, opposé au libre choix. C'est un vice qu'on n*a pas songé à remarquer, et qui est si grave que le régime d'harmonie lui opposera beaucoup de contre-poids absorbans , entre autres les adoptions industrielles et participations d'hoirie. ' Ces indices vont nous servir à expliquer le règne du mal : de tout temps il a dominé, son empire s'est mèaie accru de nos jours, par le triomphe de l'esprit mereantile qui a rendu les civilisés plus tUs et plus faux qu'ils ne l'avaient été dès l'origine. Sur ce, les sophistes mettent en problème si l'homme est vicieux de sa nature, et la plupart opinent affirmativement : c'est raisonner comme les fatalistes raahométans qui décident que la peste est un mal inévitable /parce qu'Us ne veulent pas prendre la peine d'établir des quarantaines sanitaires. Nos philosophes dcmnent dans le même travers : pour se dispenser- de trouver le remède du mal , ils le déclarent destin iaévîtaUe , et pourtant ils publient des milliers de systèmes curatiCB qui doivent petfeotibiliser la civilisation par l'amour dn commerce , et autres visions qu'ils donnent pour terrens de lumières et oracles de l'auguste vérité. Le moyen

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le plas SÛT d*embpoutllor une qaestioit ou une affaire , est d*y erttremettre les beaux esprits. Jamais les chenilles n*ont tant pullulé dans certains cantons de ta France , que depuis qu'elle a créé trots cents académies d'agricultiire.

Les lois du mouvement universel démontreront que le mal ou ardre faux , intervient pour un huitième dans le mécauisme de l'univers, que son règne embrasse le huitième des temps, des lieux et des choses ; et comme tout est lié dans le système de la nature , il faut bien que le mal se lie à feu- ■enMe du système par quelque point où il ait sa racine ; ce point en affaires sociales , ne peut être que le groupe de famille , assemblage le plus restreint et le plus contraint. Pourrait-on voir la source do mal dans l'un des 8 autres groupes ? non, car ils tendent tous trois à la liberté et aux vastes combinaisons, aux liens très-étendus et variables à volonté. La morale même nous van<e Textension de ces liens, car elle veut que notre amitié s*étendo philantropiquement à tous les humains transformés en une grande famille de frères, que notre ambition nous ligue avec les amis du commerce, par tout le globe; l'amour de son côté, ne connaît pas de bornes , dès qu'on le laisse aller à sa pente naturelle; un homme libre et opulent aura bientôt comme le sage Salomon, un millier de femmes, et une femme libre voudrait pareil assortiment d*hommes : cette pluralité d'amours est si naturelle que jamais

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on ne voit an sultan | inêiae dans la oadacité , se réduire à one seule ferame ; tous oonservent lear sérail. L*arooar tend donc comme les autres groupes , aux plus vastes combinaisons.

Telle sera la marche du lien de famille , qnand on saura et qu'on pourra Télerer du mode simple au mode composé , du mode forcé au mode libre , et procurer à chacun tane famille aussi nombreuse que celle du sophi de Perse Fêth-AU-StAok ; dans fàge futur, après 3 ou 4 siècles d*harmonie, chaque viellard quoique borné à peu près à deux ou trois enfans directs^ aura en collatéraux et adoptiis plus de trois cents enfans , y compris ses petits*-fils et leurs rameaux. Alors les humains jouiront de tooii les charmes de la paternité qu'ils cherchent en rain dans rétat actuel; notamment le <^barme d'unité d'intérêts, conciliant la cupidité avec les sentimens honorables , et amenant Théritier à désirer, pour son propre bénéfice , la longéfité du donateur. (Voyez la 10* notice).

Les civilisés qui ne raisonnent que d'équilibre et contre-poids, auraient d& s'apercevoir que leur système familial est essentiellement dénué d'équilibre, car l'affection est toujours triple des asoendans aux descendans, et à peine tierce des descendans aux ascendnns. C'est une vérité dont se plaignent amère* ment tous les pères. Comment cette disproportion est^elle restée indifiGérente k nos équilibristes qui veulent tout balancer et pondérer; comment satis-

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férontHls les pères en leur procurant un retour d*amour filial , égal à la dose d'amour paternel ? La soiotîon dii problème est que Tamour filial doit pro* venir de ft branches.

1® Des consanguins ou fils et petits*fi1s directs sur qui repose aujourd'hui tout le domaine du père en affection.

2» Des adoptifs industriels ou héritiers des divers goûts du père , continuateurs de son industrie dans une trentaine de groupes et séries où ils ont été ses disciples.

8"^ Des sympathiques de double échelle ; ceux en identité de caractère , et ceux en contraste de caractère. Nos rêveurs de sympathies, ignorent cette dua« litë obligée.

Ces classes 2* et 3* qui obtiennent en harmonie une adoption et un legs , n'existent pas en civilisation , où Ton n'a point de continuateurs passionnés, et où l'on ne découvre point ses sympathiques d'un et d'autre genre , ( identité et contraste) , les caractères étant tous travestis par l'éducation morale qui les étouffe , ou par la grossièreté populaire : d'ailleurs les familles sont si égoïstes , si jalouses qu'elles ne souffriraient point de partage dans rattachement du père. Forcé de s'en tenir à ses enfans , il ne rencontre souvent en eux que ses antipathiques de caractère , que les ennemis , les destructeurs de son ouvrage. On peut démontrer , par calcul régulier sur l'échelie des caractères , que lorsqu'un homme

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a 8 enfans et 8 petita-enfans , total bîx descendant directs , il y a dkux cbnts à parier contre un , que sur les 6 il ne trourera ni un sympatiiiqae de caractère ni un sympathique d'industrie ou continnatear passionne , surtout lorsque cette industrie est bornée à un seul genre , comme il arrive en civilisation* Quelle triste perspective pour les pères civilises , quel trébuohet que cet amour paternel !

En conséquence de tous ces vices inhérens au groupe de famille , le régime sociétaire lui enlève toute influence en affaires d'intérêt et de répartition où il nHntroduirait que l'injustice et là rapine. Ce groupe doit être ABsoaii pour devenir apte aux accords généraux ; on doit nqyer Tégoïsme familial à force de ramifications et d'extension données aux 3 branches décrites plus haut. J'expliquerai cette méthode a la notice des ralliemens.

Quelques lecteurs, par un scrupule déraisonnable, repousseront cette doctrine qui place le •germe du mal dans le lien conjugal , s'il est l'arbre du mal y ce n'est pas a cause des vices qu'il engendre , (Voyez le Traité de l'Association domestiqueagricole) ; maiâ parce qu'étant le lien le moins nom* breux possible, il est par cette raison, le plus autt-éoonomiqne , le plus contraire aux vues d'un Dieu êupréme économe : à ce titre , il ne peut pas adopter pour pivot de système , l'eicès de complication et de morcellement, les 800 cabanes de familles hostiles entr'elles , au lieu d'un édifice de

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relations combinées. Lorsqu'on voie des sciences qai se disent économiques , pré€$rer obstinément cette réanion la pins ricieùse qu*on puisse imaginer , n'est-ce pas le cas de dire avec Beanmarcbais, c que hi gens d'esprit sont bèiesl »

Mais répliquent-ils, on n*en connaît point d'autre : il fallait donc en chercher : quceriie et invenietis ; et il faut examiner la théorie du seul homme qui ait cherché et trouvé.

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